Jeremy Rifkin

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Jeremy Rifkin

Jeremy Rifkin (1945), est un essayiste américain.

La Troisième révolution industrielle (The Third Industrial Revolution, 2011)[modifier]

Deuxième partie - Le pouvoir latéral[modifier]

Chapitre 5 - Au-delà du clivage droite/gauche[modifier]

J'ai rappelé à David [Miliband, ministre de l'environnement britannique] qu'il n'y avait dans le monde que 442 réacteurs nucléaires, et qu'ils ne produisaient qu'environ 6 % de notre énergie totale. Pour avoir ne serait-ce qu'un impact minime sur le changement climatique, selon la communauté scientifique, l'énergie nucléaire devrait peser au moins 20 % de la production énergétique mondiale. Cela signifie qu'il faudrait remplacer toutes les centrales nucléaires vieillissantes et en ajouter mille. Autant dire qu'il faudrait construire trois centrales tous les trente jours pendant les quarante prochaines années — environ 1 500 centrales nucléaires au total, ce qui coûterait 12 000 milliards de dollars. Je lui ai demandé si, en tant qu'homme d'État, il croyait vraiment qu'un engagement de cette ampleur était politiquement réaliste et économiquement faisable. Là, il s'est un peu énervé […]
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 5, p. 209


Troisième partie - L'âge de la coopération[modifier]

Chapitre 7 - Mettre Adam Smith à la retraite[modifier]

Les lois de Newton sur la matière en mouvement ne nous aident pas vraiment à comprendre le fonctionnement de l'activité économique : c'est un bien frêle roseau pour y amarrer toute la discipline. En fait, elles nous en donnent une idée fausse, parce qu'elles ne prennent pas en compte le passage du temps et l'irréversibilité des événements. [...] Mais l'essence même de l'activité économique réelle est l'irréversibilité des événements : c'est la façon dont l'énergie et les ressources matérielles sont extraites, transformées, consommées, épuisées et mises au rebut.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 7, p. 277


Nous pensons le PIB comme une mesure de la richesse qu'un pays produit chaque année. Mais, du point de vue thermodynamique, il mesure plutôt la valeur de l'énergie temporaire intégrée à des biens et services produits au prix de la diminution des réserves d'énergie disponibles et de l'augmentation des déchets entropiques.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 7, p. 288


Rien ne traduit mieux ce grand tournant de la pensée que notre changement d'état d'esprit à l'égard de la propriété. A l'ère nouvelle, la notion de propriété, qui privilégiait l'acquisition des biens matériels sur des marchés et le droit d'exclure les autres de leur jouissance, cède la place à une conception tout à fait différente de la propriété : le droit de jouir d'un accès aux réseaux sociaux et de partager des expériences communes avec les autres. Nos idées sur la propriété sont si indissociables des notions traditionnelles de possession et d'exclusion qu'on a du mal à imaginer qu'il existait un droit de propriété plus ancien dont les gens ont joui pendant des siècles : le droit d'accéder à une propriété détenue en commun -- par exemple celui de naviguer sur un fleuve, de fourrager dans une forêt locale, de marcher sur un sentier de campagne, de pêcher dans un cours d'eau voisin et de se réunir sur la place publique. Cette idée plus ancienne de la propriété comme droit d'accès et d'inclusion a été progressivement marginalisée à l'époque moderne, où les relations de marché ont dominé la vie et où la propriété privée a été définie comme "la mesure de l'homme".
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 7, p. 304


Le tumulte des jeunes des pays autoritaires ne fera que s'intensifier dans les années qui viennent, car ils exigent le droit de faire partie d'une famille mondiale qui commence à partager le savoir, le commerce et la vie sociale par-dessus les frontières nationales. Internet a fait de la biosphère la nouvelle frontière politique et, ce faisant, révélé et accentué l'anachronisme de la géopolitique traditionnelle.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 7, p. 307


Dans la révolution industrielle fondée sur l'énergie fossile, il fallait avancer des sommes considérables. La technologie de la vapeur propulsée au charbon était beaucoup plus coûteuse que celle du combustible bois ou du moulin à vent ou à eau. Les coûts élevés des nouvelles énergies et technologies et la spécialisation des tâches et compétences qui les accompagnait favorisaient la centralisation de la gestion et de la production sous un seul toit, ce qu'on appellerait plus tard le "système de l'usine". L'industrie anglaise a été la première à adopter le nouveau modèle. D'autres industries rurales à domicile l'ont vite suivie. Une nouvelle classe de riches marchands a réuni un capital financier suffisant pour posséder les outils de production, qui jusque-là appartenaient aux artisans eux-mêmes. On les a appelés "les capitalistes". Incapables de rivaliser avec les économies d'échelle et la rapidité des nouvelles usines, les artisans ont perdu leur indépendance : ils sont devenus des salariés dans les usines, et la main d'oeuvre de la révolution industrielle. L'historien Maurice Dobb résume toute l'importance de ce basculement de l'artisanat à la production industrielle et du travail à domicile aux entreprises capitalistes : "La subordination de la production au capital et l'apparition de cette relation de classe entre le capitaliste et le producteur doivent donc être considérées comme constituant la ligne de partage entre l'ancien mode de production et le nouveau."
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 7, p. 309


Dans une économie presque affranchie des coûts de transaction, la propriété existe encore, mais elle reste entre les mains du producteur, et le consommateur n'y a accès que pour une durée déterminée. Dans un monde où tout est mis à jour en permanence, où les nouvelles lignes de produits submergent le marché et s'en retirent en un clin d'œil, pourquoi quiconque voudrait-il posséder quoi que ce soit ? Dans une économie de troisième révolution industrielle, c'est le temps qui devient la denrée rare et l'unité de compte cruciale ; l'accès aux services l'emporte alors sur la propriété et devient le moteur essentiel de l'économie.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 7, p. 312


Nous assistons à l'émergence d'une nouvelle vision scientifique du monde, dont les prémisses et postulats sont plus compatibles avec les modes de pensée en réseau qui sous-tendent un modèle économique de troisième révolution industrielle. L'ancienne science voit la nature comme un ensemble d'objets ; la nouvelle science la voit comme un ensemble de relations. L'ancienne science se caractérise par le détachement, l'expropriation des ressources, la dissection et le réductionnisme ; la nouvelle science se définit par l'engagement, la reconstitution des ressources, l'intégration et l'holisme. L'ancienne science veut rendre la nature productive ; la nouvelle science veut la rendre durable. L'ancienne science cherche le pouvoir sur la nature ; la nouvelle science, un partenariat avec la nature. L'ancienne science valorise l'autonomie par rapport à la nature ; la nouvelle science, la participation à la nature. La nouvelle science nous fait passer d'une vision colonialiste de la nature, ennemie que l'on va piller et asservir, à une vision neuve où la nature est une communauté dont on prend soin. Le droit d'exploiter la nature, de la mettre au travail et de la posséder sous le régime de la propriété est atténué par l'obligation d'en être l'intendant et de la traiter avec dignité et respect. La valeur utilitaire de la nature cède lentement la place à sa valeur intrinsèque.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 7, p. 318


La troisième révolution industrielle nous ramène à la luminosité solaire. En comptant sur les flux d'énergie qui traversent la biosphère terrestre -- le soleil, le vent, le cycle hydrologique, la biomasse, la chaleur géothermique, les vagues et les marées des océans --, nous nous reconnectons avec les rythmes et périodicités de la planète. Nous nous réinsérons dans les écosystèmes de la biosphère et nous comprenons que notre empreinte écologique individuelle a un impact sur le bien-être de tous les autres humains et de tous les autres êtres vivants sur terre.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 7, p. 322


Chapitre 8 - La salle de classe change de visage[modifier]

Une nouvelle génération de pédagogues entreprend de déconstruire les méthodes d'apprentissage scolaire qui ont accompagné les première et deuxième révolutions industrielles et de restructurer l'expérience pédagogique pour encourager un moi écologique, élargi, imprégné de conscience biosphérique. Le mode d'enseignement vertical dominant, qui vise à créer un acteur autonome rivalisant avec les autres, commence à céder la place à une pédagogie distribuée et coopérative, qui a le souci de donner aux élèves le sens de la nature sociale du savoir. Dans le nouveau mode de pensée, l'intelligence n'est pas une qualité dont on hérite ou une ressource qu'on accumule, c'est une expérience commune que l'on partage.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 8, p. 343


Comment pouvons-nous attendre des générations actuelles et futures qu'elles prennent en charge l'intendance à long terme de la biosphère, qui exige de la concentration et de la patience pendante toute une vie d'engagement, alors qu'elles sont si facilement distraites à chaque instant par un brouillard de signaux, d'images et de données qui hurlent pour attire leur attention immédiate ? Le bien-être de la biosphère se mesure sur des millénaires et nécessite une conscience humaine dont les réflexions et les projets puissent se situer à la même échelle. Comment élargir notre sens du temps pour y inclure le souvenir de notre passé le plus archaïque et l'anticipation d'un avenir très lointain ? Selon certains pédagogues, la réponse est d'immerger les élèves, au moins pendant de longues périodes, dans des environnements naturels et dans les rythmes du monde naturel, avec les cycles récurrents des saisons.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 8, p. 358


Chapitre 9 - Passer de l'ère industrielle à l'ère coopérative[modifier]

La troisième révolution industrielle est, indissociablement, la dernière phase de la grande saga industrielle et la première de l'ère coopérative émergente. C'est un interrègne entre deux périodes de l'histoire économique, la première caractérisée par le comportement industrieux et la seconde par le comportement coopératif. Si l'ère industrielle mettait l'accent sur les valeurs de discipline et de travail acharné, l'autorité hiérarchique, l'importance du capital financier, les mécanismes de marché et les rapports de propriété privée, l'ère coopérative privilégie le jeu créatif, l'interactivité pair à pair, le capital social, la participation à des communaux ouverts et l'accès à des réseaux mondiaux.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 9, p. 365


Comme l'ère industrielle a mis fin au servage, l'ère coopérative mettra probablement fin au salariat de masse. La quasi-totalité des entreprises mondiales avec lesquelles je travaille prévoient ques des technologies intelligentes remplaceront les gros effectifs de travailleurs au cours des prochaines décennies. Si les XIXe et XXe siècles ont été caractérisés par une main-d'oeuvre de masse faisant fonctionner des machines, le XXIe siècle sera celui des petites équipes ultraspécialisées et ultracompétentes qui programment et surveillent des systèmes technologiques intelligents. D'où la question : comment maintenir employées des centaines de millions de personnes quand nous avancerons dans le siècle ? La troisième révolution industrielle sera probablement la dernière occasion dans l'histoire de créer des millions d'emplois de travailleurs salariés -- sauf scénario catastrophe qui ferait dérailler le progrès technologique pour des décennies ou même des siècles.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 9, p. 371


La société civile est le lieu où nous créons le capital social -- qui est en réalité de la confiance accumulée --, et c'est ce capital qui s'investit dans les marchés et les Etats. Si ceux-ci détruisent la confiance sociale qu'elle a mise en eux, la population cessera de les soutenir ou imposera leur réorganisation. La société civile est aussi une force économique émergente.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 9, p. 375


La société civile va probablement devenir une source d'emplois aussi importante que le marché au milieu du siècle. Pour une raison évidente : le capital social se crée par l'interactivité humaine tandis que le capital de marché se créera de plus en plus par la technologie intelligente. Mais cet essor de l'emploi dans la société civile fournira une part croissante du revenu nécessaire pour acheter les biens et services d'une économie mondiale toujours plus automatisée.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 9, p. 377


Comme les révolutions industrielles des XIXe et XXe siècle ont libéré les humains du servage, de l'esclavage et de la corvée, la troisième révolution industrielle et l'ère coopérative qu'elle fait naître les libère du travail mécanique pour les faire entrer dans le jeu profond -- qui est la raison d'être de la sociabilité. J'emploie l'expression jeu profond car je ne parle pas ici d'un divertissement frivole mais d'une interaction empathique avec nos semblables. Dans le jeu profond, nous faisons l'expérience de l'autre, nous nous transcendons et nous nous connectons à des communautés de vie toujours plus larges et englobantes, dans notre aspiration commune à l'universalité. Le tiers secteur est le lieu où nous participons, même au niveau le plus simple, au plus important voyage de la vie -- l'exploration du sens de notre existence.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 9, p. 377


C'est seulement quand nous commencerons à penser en famille étendue mondiale -- famille qui ne comprend pas seulement notre propre espèce mais aussi tous nos compagnons de voyage dans cet habitat évolutionniste qu'est la Terre -- que nous serons capables de sauver notre communauté biosphérique et de régénérer la planète pour nos descendants.
  • La Troisième Révolution industrielle (2011), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Actes Sud, coll. « Babel », 2013  (ISBN 978-2-330-02462-8), chap. 9, p. 380


La nouvelle société du coût marginal zéro (The zero marginal cost society, 2014)[modifier]

Introduction[modifier]

Chapitre 1 - Le grand changement de paradigme : du capitalisme de marché aux communaux collaboratifs[modifier]

Les plates-formes technologiques des première et seconde révolutions industrielles aidaient à trancher les innombrables liens d'interdépendance écologique de la Terre, à tout séparer et enclore pour l'échange sur le marché et le profit personnel ; la plateforme de la troisième révolution industrielle, l'Internet des objets, fait l'inverse. C'est pourquoi cette technologie perturbe notre façon d'organiser la vie économique : l'Internet des objets aide l'humanité à se réinsérer dans la chorégraphie complexe de la biosphère et, ce faisant, il accroît considérablement la productivité sans compromettre les relations écologiques qui gouvernent la planète.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 1, p. 28


L'Internet des objets permet à des milliards de personnes de s'engager dans des réseaux sociaux pair-à-pair et de collaborer à la création des multiples activités et pratiques économiques nouvelles dont est faite la vie sur les communaux collaboratifs émergents. La plate-forme transforme tout participant en prosommateur et toute activité en collaboration. L'Internet des objets connecte potentiellement chaque être humain à une communauté mondiale, ce qui permet au capital social de fructifier à une échelle sans précédent et rend possible une économie du partage. Sans la plate-forme Internet des objets, les communaux collaboratifs ne seraient ni réalisables, ni imaginables.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 1, p. 36


Deuxième partie - La société du coût marginal quasi nul[modifier]

Chapitre 5 - La productivité extrême, l'Internet des objets et l'énergie gratuite[modifier]

L'effet sur la société est encore plus prononcé quand nous pensons à l'immense potentiel du solaire comme future source d'énergie. Les rayons du soleil envoient sur terre 470 EJ [exajoules] toutes les 88 minutes -- c'est l'ensemble de la consommation énergétique de l'humanité en un an. Si nous pouvions mettre la main sur 0,1% de l'énergie que la terre reçoit du soleil, nous aurions six fois celle que nous utilisons aujourd'hui dans l'économie mondiale.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 5, p. 125


Comme les rayons du soleil, le vent est omniprésent et souffle partout dans le monde, même si sa puissance et sa fréquence varient. Selon une étude de l'université de Stanford sur la capacité éolienne mondiale, si 20% du vent disponible dans le monde était collecté, il produirait sept fois plus d'électricité que nous n'en utilisons aujourd'hui pour alimenter l'ensemble de l'économie mondiale.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 5, p. 127


Chapitre 8 - Le dernier des travailleurs[modifier]

D'abord, l'économie du coût marginal zéro qui se dessine change radicalement notre idée du processus économique. Le vieux paradigme du propriétaire du capital et du travailleur et celui du vendeur et du consommateur commencent à s'effondrer. Des consommateurs deviennent leurs propres producteurs, ce qui supprime la distinction. Les prosommateurs seront de plus en plus à même de produire, de consommer et de partager entre eux leurs propres biens et services sur les communaux collaboratifs à des coûts marginaux décroissants jusqu'à approcher de zéro, ce qui va mettre sur le devant de la scène de nouveaux modes d'organisation de la vie économique, au-delà du modèle traditionnel du marché capitaliste.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 8, p. 200


Chapitre 9 - L'ascension du prosommateur et la construction de l'économie intelligente[modifier]

Nous nous éveillons à une réalité nouvelle qui est difficile à cerner. La science économique de la pénurie nous a paru si convaincante que nous avons du mal à croire qu'une économie de l'abondance soit possible. Mais elle l'est. Les nouvelles technologies de communication ont transformé le spectre des fréquences radio : il est une ressource non plus rare mais abondante, et c'est exactement ce qui est arrivé à l'information, aux énergies renouvelables, à l'impression 3D et aux cours universitaires en ligne.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 9, p. 226


Troisième partie - L'essor des communaux collaboratifs[modifier]

Chapitre 11 - Les collaboratistes se préparent au combat[modifier]

Les communaux sociaux, qu'est-ce que c'est ? Simplement l'habitat de notre espèce et une sous-région de la biosphère -- et il s'avère que les lois de l'énergie qui déterminent le bien-être optimal des écosystèmes mûrs de la nature sont aussi à l'œuvre dans le domaine public. Dans un écosystème climax comme l'Amazone, l'efficience énergétique est optimisée. La consommation de matière n'excède pas sensiblement l'aptitude de l'écosystème à absorber et recycler les déchets et à renouveler le stock. Dans un écosystème climax, les relations symbiotiques et synergiques réduisent la perte d'énergie, optimisent l'usage des ressources, et satisfont ainsi en abondance les besoins de chaque espèce. De même, dans l'économie, l'état d'efficience optimale est atteint quand les coûts marginaux approchent de zéro. C'est le point où la production et la distribution de chaque unité et le recyclage des déchets exigent le moins de dépenses d'énergie sous forme de temps, de travail, de capital et de production d'électricité, ce qui optimise la disponibilité des ressources.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 11, p. 280


Chapitre 12 - La lutte pour définir et contrôler l'infrastructure l'intelligente[modifier]

En reliant toutes les activités humaines dans un réseau mondial intelligent, on engendre une entité économique entièrement neuve. L'ancienne entité des première et seconde révolutions industrielles comptait sur une matrice énergie / communication et sur un réseau logistique qui exigeaient d'énormes capitaux ; il fallait donc l'organiser dans des entreprises centralisées à intégration verticale pour réaliser des économies d'échelle. Le système capitaliste et le mécanisme du marché se sont révélés les meilleurs outils institutionnels pour promouvoir ce paradigme. Mais la nouvelle entité économique de la troisième révolution industrielle est de nature très différente : elle exige moins de capital financier et davantage de capital social ; elle intègre latéralement et non verticalement ; c'est lorsqu'on la gère par des communaux, et non par un mécanisme de marché strictement capitaliste, qu'elle fonctionne le mieux.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 12, p. 334


Si l'ancien système favorisait l'intérêt personnel autonome sur le marché capitaliste, le nouveau favorise la collaboration approfondie sur les communaux en réseau. A l'ère qui vient, le vieux partenariat entre l'Etat et le secteur privé pour organiser la vie économique de la société va céder la place à un partenariat tripartite : les communaux joueront un rôle toujours plus important, l'Etat et les forces du marché feront figures de compléments.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 12, p. 334


Quatrième partie - Le capital social et l'économie du partage[modifier]

Chapitre 13 - Passer de la propriété à l'accès[modifier]

L'automobile est l'ultime enclosure. Possédée à titre privé, elle reflète le désir de s'insulariser, d'être indépendant, de n'être gêné par rien. La liberté est alors synonyme de mobilité sans entrave. [...] A l'ère capitaliste, nous en sommes venus à définir la liberté en termes négatifs : le droit d'exclure. L'automobile est devenue le symbole de notre conception de la liberté. Mais la génération Internet ne définit plus à présent la liberté négativement -- le droit d'exclure les autres ; elle la définit positivement : le droit d'être inclus. Pour ces jeunes, la liberté, c'est la possibilité d'améliorer sa vie, en diversifiant ses expériences et en démultipliant ses relations dans les diverses communautés auxquelles on s'affilie au cours de sa vie. La liberté se mesure davantage à la capacité de se connecter aux autres sur des réseaux qu'à la possession de biens sur des marchés. Plus ces relations sont profondes et inclusives, plus on se sent libre.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 13, p. 337


L'automobile privée, pièce maîtresse du marché capitaliste pendant la seconde révolution industrielle, est en train de succomber aux offres de transport distribuées et latérales de l'autopartage sur les communaux collaboratifs en ascension, mieux adaptés pour améliorer le bien-être général de la société. Ce n'est pas le marché qui dompte les communaux, ce sont les communaux qui domptent le marché -- réalité que n'ont pas encore pleinement saisie ceux qui continuent à postuler que l'économie du partage est une opportunité de marché, alors qu'en fait elle dévore le capitalisme.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 13, p. 343


Cinquième partie - L'économie de l'abondance[modifier]

Chapitre 15 - La corne d'abondance durable[modifier]

Quand les coûts marginaux s'effondrent à un niveau proche de zéro, les profits disparaissent, parce que les biens et services sont affranchis de la fixation des prix par le marché. Ils deviennent fondamentalement gratuits. Quand presque tout devient quasi gratuit, l'ensemble de la logique opératoire du capitalisme, en tant que mécanisme d'organisation de la production et de la distribution des biens et services, devient absurde. Pour une raison simple : le dynamisme du capitalisme se nourrit de la pénurie.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 15, p. 405


Les biologistes évolutionnistes et les spécialistes des neurosciences nous apprennent actuellement que la nature humaine n'est pas ce qu'on en dit depuis quelques centaines d'années. Nos philosophes des Lumières, au tout début de l'ère moderne, l'ont présentée comme rationnelle, intéressée, matérialiste, utilitariste et mue par un besoin d'autonomie -- toutes choses qui nous prédisposent à accumuler des propriétés et à devenir nous-mêmes une île. Les nouvelles études scientifiques racontent une toute autre histoire. Les humains sont les plus sociaux des êtres vivants. Nous aspirons à la compagnie, nous désirons ardemment l'insertion sociale. Cette sociabilité est en grande partie un acquis déjà intégré dans notre système nerveux, et notre acculturation soit l'alimente soit l'étouffe.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 15, p. 413


Ce qui nous rend heureux, une fois satisfaites nos exigences minimales de confort matériel, c'est l'affection et la compagnie. Nous cherchons à nouer des liens affectifs, pas à posséder et à dévorer -- et tout cela remet en cause les deux postulats directeurs de la science économique : les choses auxquelles nous aspirons le plus dans la vie sont rares et nos désirs sont illimités. En réalité, les choses auxquelles nous aspirons le plus ne sont pas rares, mais d'une abondance infinie : l'amour, l'acceptation et la reconnaissance de notre humanité. La publicité le comprend, même si les économistes ne le voient pas. On dépense chaque année des centaines de milliards de dollars pour faire appel dans les messages publicitaires à ces motivations profondes, et suggérer, en toute mauvaise foi, que la meilleure façon de les satisfaire est d'acheter, d'accumuler et de consommer davantage de biens matériels, alors qu'on sait très bien que ces désirs fabriqués nous éloignent en fait encore plus de notre quête de la communauté.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 15, p. 421


Nous commençons à comprendre que la clé de la stabilisation démographique sur terre, c'est l'accès à l'électricité. C'est pourquoi Ban Ki-Moon, le secrétaire général des Nations unies, a fait de l'accès universel à l'électricité la pierre angulaire du programme de développement économique de son mandat. C'est l'électricité qui a libéré les femmes en Europe, aux Amériques et dans certains autres pays au 20e siècle. Elle les a affranchies des corvées ménagères qui les enchaînaient au foyer à peu près comme des servantes. L'électricité a permis aux filles, comme aux garçons, d'avoir assez de temps pour étudier et d'améliorer leur situation professionelle et leurs conditions de vie. Lorsque les femmes ont été plus indépendantes et ont gagné de quoi nourrir leur famille, leur vie est devenue plus sûre et le nombre de naissances a considérablement baissé.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 15, p. 423


Chapitre 16 - Un style de vie biosphèrique[modifier]

Le nouvel esprit d'entreprise sociale, qui anime une génération insérée dans les réseaux collaboratifs des communaux, passionne autant ceux qui l'embrassent qu'a pu le faire l'esprit d'entreprise commerciale inséré sur les marchés, mais il est d'un autre ordre. L'esprit nouveau est moins autonome et plus interactif ; moins soucieux de faire avancer l'intérêt financier et plus attaché faire progresser la qualité de vie ; moins passionné par l'accumulation du capital de marché et davantage par celle du capital social ; moins avide de posséder et d'avoir et plus désireux d'accéder et de partager ; moins prompt à exploiter la nature et plus engagé pour la durabilité et l'intendance de l'écologie de la Terre. Les nouveaux entrepreneurs sociaux sont moins guidés par la main invisible et davantage par la main secourable. Ils sont beaucoup moins utilitaristes et beaucoup plus empathiques.
  • La nouvelle société du coût marginal zéro (2014), Jeremy Rifkin (trad. Françoise Chemla et Paul Chemla), éd. Les Liens qui Libèrent, 2014  (ISBN 979-10-209-0141-5), chap. 16, p. 457