François-Xavier Verschave

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François-Xavier Verschave (1945-2005) est l'auteur de plusieurs livres dénonçant la politique française en Afrique. Il a popularisé le concept de Françafrique pour désigner les réseaux occultes associant politiciens et hommes d'affaires français et africains qui gouvernent l'Afrique francophone.

Noir Silence, 2000[modifier]

De nombreux Congolais nous l'ont dit ou écrit, en cette année 1999 : "Le Congo-Brazzaville, c'est le Kossovo, sinon pire". Viols et exécutions de masse : Sassou Nguesso n'est pas plus défendable ni fréquentable que Milosevic.
Le 18 juin, l'ambassadeur de France Hervé Bolot célèbre l'appel gaullien de concert avec le ministre de la Défense de Sassou II. Puis il s'affiche auprès du Président-général lors de la Fête de la musique, le 21 juin. Elf sponsorise en grande pompe le rafistolage de la basilique Sainte-Anne du Congo, et une opération de protection des chimpanzés. M6, dans l'émission Pourquoi ça marche du 1er juin, s'épanche sur l'écotourisme dans le parc de Nkonkouati (non loin du port pétrolier de Pointe-Noire) en compagnie d'attachants primates préservés par Elf : "Banane", "Choupette", "Jeannette" et "Pépère". Tandis que des dizaines de milliers de réfugiés meurent de faim et de dénuement dans les forêts voisines. Voilà le téléspectateur français bien informé sur le sort des Congolais.

  • sur le régime Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville
  • Noir silence, François-Xavier Verschave, éd. Les Arènes, 2000  (ISBN 2-912485-15-0), chap. 1 Horreurs planifiées au Congo-Brazzaville, p. 32


Le passage de kalachnikov entre Hissène Habré et Idriss Déby se déroule sans trop de casse. Le premier, trop irritant, trop ostensiblement cruel, est chassé comme par réaction à un accès de démangeaison. Le second bénéficie quelque temps du lourd passif de son prédécesseur - qu'il avait pourtant férocement servi lors des massacres du "septembre noir", en 1984. Ses conseillers français s'efforcent de lui construire un apparat démocratique à travers une Conférence nationale souveraine (1993), puis une élection présidentielle truquée (1996), avec un impressionnant soutien logistique de l'armée tricolore. Mais rien ne pouvait tempérer l'irrésistible attirance de Déby et des chefs de son groupe tribal, les Zaghawas, vers le pillage de l'État, la mise à sac des populations "adverses" (celles du Sud, surtout) et leur "terrorisation". Un cocktail de criminalité économique et politique dont le bilan, au bout de neuf ans, rivalise avec celui du régime Habré.

  • sur le régime Déby au Tchad
  • Noir silence, François-Xavier Verschave, éd. Les Arènes, 2000  (ISBN 2-912485-15-0), chap. 8 Tchad, pétrole et dictature, p. 154


Après le soulèvement de Port-Gentil, en 1990, il a fallu cependant lâcher du lest aux revendications démocratiques. Jusqu'à l'automne 1998, le processus a pu être tenu en main : il suffit d'alterner la corruption d'opposants (en nombre limité du fait de la démographie du pays, qui ne compte guère plus de 700 000 nationaux) et la fraude électorale massive.
Les Gabonais signifient dans les urnes leur rejet du système Elf-Bongo. Mais leur volonté en sort transformée. Lors de l'élection présidentielle de 1993, supervisée par les "coopérants électoraux" du réseau Pasqua, Bongo n'est pas seulement devancé : selon des sources locales, les décomptes réels l'auraient carrément relégué en quatrième position ! Évincé du second tour, il trouve plus simple de se proclamer vainqueur du premier, avec 51% des voix... Les habitants de Libreville sortent dans les rues pour manifester leur colère. Les troupes françaises sortent de leur base, montrer que cette colère est vaine.

  • sur le régime Bongo au Gabon
  • Noir silence, François-Xavier Verschave, éd. Les Arènes, 2000  (ISBN 2-912485-15-0), chap. 10 Scrutins de pacotille à Libreville et Djibouti, p. 198


Noir procès, 2001[modifier]

M. Monfort, Président : C'est une allégation de fraude électorale massive à l'encontre du Président Bongo, dans la mesure où vous évoquez un trucage éhonté du scrutin. De quoi s'agit-il ?
F.-X. Verschave : Nous avons établi un certain nombre de dossiers sur la cinquantaine d'élections majeures qui se sont tenues en Afrique francophone entre 1990 et 2000. À part quelques surprises dues à la résistance des citoyens - les Sénégalais, par exemple, ont réussi à mettre fin au système de fraude en élisant Me Abdoulaye Wade en 2000 -, la plupart des élections ont donné lieu à une fraude électorale massive, avec un système qui est toujours le même. D'une part, la Coopération française paie des urnes transparentes, d'autre part les réseaux françafricains envoient des équipes, au niveau de la centralisation des résultats, qui font en sorte, avec leurs logiciels, que la totalisation des bordereaux donne exactement l'inverse de ce que la population a voté. C'est un phénomène constant que l'on a retrouvé au Cameroun, au Togo, au Gabon, au Niger, au Tchad, etc.

  • Noir procès, François-Xavier Verschave, éd. Les Arènes, 2001  (ISBN 2-912485-31-2), chap. Audience du 7 mars 2001 (Gabon), p. 279


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