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Joseph Bertrand

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Joseph Louis François Bertrand

Joseph Louis François Bertrand, né le 11 mars 1822 à Paris et mort le 3 avril 1900 à Paris, est un mathématicien, économiste et historien des sciences français.

Les Fondateurs de l’astronomie moderne (1865)

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Il n’y a rien, disait le cardinal de Retz, qui soit si sujet à l’illusion que la piété ; toutes sortes d’erreurs se glissent et se cachent sous son voile. » La conduite de l’Église, au sujet de Copernic, n’a pas démenti ce jugement.

Le tribunal de l’Index fut assez téméraire pour condamner formellement la croyance au mouvement de la terre ; le livre des Révolutions fut interdit, donec corrigatur ; ce sont les termes de la sentence. Les diverses parties de l’ouvrage sont cependant tellement liées, qu’elles forment un tout indissoluble. Kepler a remarqué qu’il eût mieux valu dire : donec explicetur. Il eut mieux valu ne rien dire du tout, car la vérité est toute-puissante et invincible ; et si l’on peut, en la comprimant, retarder quelque temps son triomphe, c’est pour en accroître l’éclat.
  • Les Fondateurs de l’astronomie moderne : Copernic, Tycho Brahé, Képler, Galilée, Newton, Joseph Bertrand, éd. Hetzel, 1865, partie Copernic et ses travaux, p. 57 (texte intégral sur Wikisource)


Une vingtaine de jeunes gens, choisis parmi les plus habiles des universités danoises, étaient employés aux observations et aux calculs. Véritables apprentis astronomes, ils s’instruisaient en voyant travailler leur maître ; guidée par l’esprit ardent et communicatif de son chef, la petite colonie sembla bientôt ne former qu’une seule famille ; sans inquiétude comme sans ambition, ces jeunes gens d’élite, unis par le même lien qui les attachait à la science, préoccupés des mêmes problèmes et attentifs aux mêmes phénomènes, s’animaient les uns les autres en se prêtant une mutuelle et cordiale assistance.

Tout semblait autour d’eux conspirer au même dessein et les inviter au travail ; respirant pour ainsi dire l’amour de l’astronomie, ils s’empressaient d’apporter au trésor commun leur butin de chaque jour, heureux de penser qu’il devait vivre à jamais, et sans se soucier d’y attacher leur nom.
  • Les Fondateurs de l’astronomie moderne : Copernic, Tycho Brahé, Képler, Galilée, Newton, Joseph Bertrand, éd. Hetzel, 1865, partie Tycho Brahé et ses travaux, p. 82-83 (texte intégral sur Wikisource)


Hooke se plaignit plus fort, non sans quelque raison cette fois, et se proclama, avec plus d’amertume et d’impatience encore, le premier et unique inventeur. Il oublia que, par une loi aussi certaine que celles de la mécanique, nul ne peut, quelque estime qu’il ait de lui-même, diriger, en y mêlant sa voix, le concert des louanges qui le rendent illustre.
  • Les Fondateurs de l’astronomie moderne : Copernic, Tycho Brahé, Képler, Galilée, Newton, Joseph Bertrand, éd. Hetzel, 1865, partie Newton et ses travaux, p. 309-310 (texte intégral sur Wikisource)


Plusieurs se sont étonnés, sans le lire, de voir un tel livre signé par Newton ; d’autres lui ont reproché avec amertume d’avoir signalé l’Église romaine dans la onzième corne du quatrième animal de Daniel. Il est juste d’ajouter que, ridicule ou non, l’interprétation n’est pas de lui. L’obscurité de l’Apocalypse a permis de tout temps à la ferveur des sectaires d’en tourner le sens à leur fantaisie.
  • Les Fondateurs de l’astronomie moderne : Copernic, Tycho Brahé, Képler, Galilée, Newton, Joseph Bertrand, éd. Hetzel, 1865, partie Newton et ses travaux, p. 350 (texte intégral sur Wikisource)


L’indécision ne pouvait se prolonger : l’observation en de telles matières est, quoi qu’on fasse, la seule règle supérieure et infaillible ; elle parle plus haut encore que les raisonnements les plus subtils. La théorie newtonienne, conférée aux astres eux-mêmes avec un succès toujours croissant, devait ébranler peu à peu et condamner enfin à un éternel oubli ce pompeux édifice sans solidité comme sans fondement, qui n'a pas même laissé de ruines.
  • Les Fondateurs de l’astronomie moderne : Copernic, Tycho Brahé, Képler, Galilée, Newton, Joseph Bertrand, éd. Hetzel, 1865, partie Postface, p. 370-371 (texte intégral sur Wikisource)