Cornelius Castoriadis

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Cornelius Castoriadis (1990).

Cornelius Castoriadis ( - ) est un philosophe, économiste et psychanalyste français d'origine grecque, défenseur du concept d'« autonomie politique ».

L'Institution imaginaire de la société, 1975[modifier]

La politique n'a pas cessé d'être une manipulation qui se dénonce elle-même, puisqu'elle reste la poursuite par des couches particulières de leurs fins particulières sous le masque de l'intérêt général et par l'utilisation d'un instrument de nature universelle, l'État.
  • L'Institution imaginaire de la société (1975), Cornelius Castoriadis, éd. Seuil, coll. « Points essais », 1999  (ISBN 2-02-036562-6), chap. Marxisme et théorie révolutionnaire, p. 94


Devant la Guerre, 1981[modifier]

Le Parti ne peut disposer de la Terreur que si tout le monde croit que le Parti dispose de la Terreur.
  • « Devant la guerre », Cornelius Castoriadis (1981), dans Écrits politiques, 1945-1997, Cornelius Castoriadis, éd. Éditions du Sandre, 2016  (ISBN 978-2-35821-113-0), t. VI. Guerre et Théories de la guerre, p. 93


Le Parti ne vit que sur le truquage perpétuel de la réalité ; et la carrière de tout bureaucrate individuel dépend, non de ses « rendements » réels, mais de son efficacité quant à ce truquage.
  • « Devant la guerre », Cornelius Castoriadis (1981), dans Écrits politiques, 1945-1997, Cornelius Castoriadis, éd. Éditions du Sandre, 2016  (ISBN 978-2-35821-113-0), t. VI. Guerre et Théories de la guerre, p. 97


À supposer même qu'il puisse surgir au Sommet de la bureaucratie un nouvel autocrate audacieux et « éclairé » — hypothèse absurde —, il ne trouverait dans la bureaucratie du Parti/État aucun groupe qui pourrait et voudrait le soutenir.
  • « Devant la guerre », Cornelius Castoriadis (1981), dans Écrits politiques, 1945-1997, Cornelius Castoriadis, éd. Éditions du Sandre, 2016  (ISBN 978-2-35821-113-0), t. VI. Guerre et Théories de la guerre, p. 281


La Russie est vouée à préparer la guerre parce qu'elle ne sait et ne peut rien faire d'autre. Il est absurde de se demander pourquoi un lutteur de sumo ne fait pas de tennis, pourquoi un champion de poids et haltères ne s'adonne pas au saut en hauteur.
  • « Devant la guerre », Cornelius Castoriadis (1981), dans Écrits politiques, 1945-1997, Cornelius Castoriadis, éd. Éditions du Sandre, 2016  (ISBN 978-2-35821-113-0), t. VI. Guerre et Théories de la guerre, p. 283-284


L'idéologie marxiste a le même rapport avec les dirigeants russes que la morale des Évangiles avec Alexandre Borgia — avec, au surplus, cette différence de taille : à l'époque de Borgia, les grandes masses de la population restaient, tant bien que mal, « chrétiennes » ; sous Brejnev, la masse des « hommes socialistes » n'a rien à voir avec le socialisme.
  • « Devant la guerre », Cornelius Castoriadis (1981), dans Écrits politiques, 1945-1997, Cornelius Castoriadis, éd. Éditions du Sandre, 2016  (ISBN 978-2-35821-113-0), t. VI. Guerre et Théories de la guerre, p. 294


Quelle est la différence entre Caligula décrétant que son cheval est consul, et Brejnev se faisant décerner le prix Lénine de littérature ? C'est que Caligula était fou, et les Romains le savaient. Brejnev n'est pas fou, et les Russes le savent.
  • « Devant la guerre », Cornelius Castoriadis (1981), dans Écrits politiques, 1945-1997, Cornelius Castoriadis, éd. Éditions du Sandre, 2016  (ISBN 978-2-35821-113-0), t. VI. Guerre et Théories de la guerre, p. 303


Quelles sont ces activités et aptitudes nécessaires pour survivre et monter dans l’Appareil ? Il faut savoir mentir astucieusement et efficacement. Pouvoir flairer ceux qui montent et ceux qui descendent, s’attacher aux premiers, s’éloigner des seconds. Flatter les supérieurs, se montrer, selon les cas, protecteur, dédaigneux ou méprisant envers les inférieurs. Bien choisir la clique à laquelle on va s’agglomérer, y repérer exactement les forts et les faibles. Être prêt à en changer rapidement si le vent tourne, négocier son adhésion aux nouveaux puissants en trahissant, dénonçant, noircissant ses protecteurs et alliés d’hier. Former, quand les temps sont mûrs, sa propre sous-clique ; avoir assez de conscience de soi pour pouvoir repérer chez ses propres protégés les manœuvres qu’on pratique constamment soi-même au sein de sa sur-clique, pour les bloquer ou les écraser dans l’œuf.
  • « Devant la guerre », Cornelius Castoriadis (1981), dans Écrits politiques, 1945-1997, Cornelius Castoriadis, éd. Éditions du Sandre, 2016  (ISBN 978-2-35821-113-0), t. VI. Guerre et Théories de la guerre, p. 312


Le mensonge parfait exige la connaissance parfaite.
  • « Devant la guerre », Cornelius Castoriadis (1981), dans Écrits politiques, 1945-1997, Cornelius Castoriadis, éd. Éditions du Sandre, 2016  (ISBN 978-2-35821-113-0), t. VI. Guerre et Théories de la guerre, p. 316


Une Armée sans perspective de guerre et de victoire, c'est un curé qui ne croit pas à la résurrection des morts.
  • « Devant la guerre », Cornelius Castoriadis (1981), dans Écrits politiques, 1945-1997, Cornelius Castoriadis, éd. Éditions du Sandre, 2016  (ISBN 978-2-35821-113-0), t. VI. Guerre et Théories de la guerre, p. 341


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