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Léonard de Vinci

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Leonardo self.jpg

Léonard de Vinci (italien : Leonardo di ser Piero da Vinci, dit Leonardo da Vinci), né le 15 avril 1452 à Vinci (Toscane) et mort le 2 mai 1519 à Amboise (Touraine), est un peintre italien et un homme d'esprit universel, à la fois artiste, organisateur de spectacles et de fêtes, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, poète, philosophe et écrivain.

Citations[modifier]

Carnets[modifier]

Je me rends bien compte que, du fait que je ne suis pas un lettré, certains présomptueux croiront pouvoir me blâmer en alléguant que je suis un ignorant. Stupide engeance ! Ils ne savent point que je pourrais leur répondre comme Marius aux praticiens romains : « Ceux qui vont se parant des travaux d’autrui ne veulent pas me concéder les miens ». Ils diront que mon ignorance des lettres m’empêche de bien m’exprimer sur les sujets que je veux traiter. Mais mes sujets, pour être exposés, requièrent l’expérience plus que les paroles d’autrui. Et l’expérience ayant été la maîtresse de ceux qui écrivent bien, je la choisis pour maîtresse, et en tout cas, ferai appel à elle.
  • C.A. 327 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. Préambule, p. 108


Le désir de savoir est naturel aux bons.
  • C.A. 327 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de [Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. Préambule, p. 108


Philosophie[modifier]

Nous ne manquons point de systèmes ou de moyens pour diviser et mesurer nos misérables jours ; nous devrions prendre plaisir à ne pas les gaspiller, ni souffrir qu’ils se passent sans louange, sans laisser aucun souvenir dans la mémoire des mortels, afin que leur misérable cours ne s’écoule en vain.
  • C. A. 42 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 112


Dans la nature point d’effet sans cause ; comprends la cause et tu n’auras que faire de l’expérience.
  • C.A. 398 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 114


Alors que je croyais apprendre à vivre, j’apprenais à mourir.
  • C. A. 680 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 116


Qui attend de l’expérience ce qu’elle ne possède point, dit adieu à la raison.
  • C. A. 820 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 116


La passion intellectuelle met en fuite la sensualité.
  • C. A. 994 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 116


Observe la lumière et considère sa beauté. Cligne de yeux et regarde-la. Ce que tu vois n’y était pas au début, et ce qui y était n’est plus. Qui donc la renouvelle, si celui qui l’a faite meurt continuellement ?
  • F, 49 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 121


Toi qui médites sur la nature des choses, je ne te loue point de connaître les processus que la nature effectue ordinairement d’elle-même, mais me réjouis si tu connais le résultat des problèmes que ton esprit conçoit.
  • G. 47 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 121


La science est le capitaine, la pratique est le soldat.
  • I, 130 (82) 2.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 123


Étant donné une cause, la nature produit l’effet par la voie la plus brève.
  • B. M. 174 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 129


Qui méconnaît la suprême certitude des mathématiques se repaît de confusion et ne réduira jamais au silence les contradictions des sciences sophistiques, qui font un bruit perpétuel.
  • RL 19084 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 135


Que nul ne me lise dans mes principes qui n’est pas mathématiciens.
  • RL 19118 r.et 19119 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 137


La nature tend à accomplir tout acte par la voie la plus brève.
  • RL 19120 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 137


Rien ne naît là où il n’existe ni fibre sensitive ni vie rationnelle. Les plumes poussent sur les oiseaux et se renouvellent tous les ans ; le poil pousse sur les animaux, et change chaque année sauf en certaines parties, comme la moustache des lions, des chats, et créatures de même espèce. L’herbe croît dans les prés, les feuilles sur l’arbre, et chaque années elles se renouvellent en grande partie. Nous pouvons donc dire qu’un esprit d’accroissement anime la terre ; sa chair est le sol ; ses os sont les stratifications successives des rochers qui forment les montagnes ; ses cartilages sont le tuf, son sang, les eaux jaillissantes. Le lac de sang qui se trouve autour du cœur est l’océan. Son souffle se traduit par l’élévation et l’abaissement du sang dans le pouls, comme pour la terre le flux et le reflux de la mer. La chaleur vitale du monde est le feu, indus par toute la terre et son esprit créateur réside dans les feux qui sur divers points du globe s’exhalent en sources thermales, en mines de souffre et en volcans, comme le mont Etna en Sicile, et en plusieurs autres endroits.
  • Leic. 34 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. I. Philosophie, p. 138


Aphorisme[modifier]

Effort persistant. Effort prédéterminé. Qui règle sa course sur cette étoile n’en est pas détourné.
  • RL 12701.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. II. Aphorismes, p. 145


Histoire naturelle[modifier]

Pourquoi le poisson est-il plus rapide dans l’eau que l’oiseau dans l’air, alors que le contraire devrait se produire, attendu que l’eau est plus pesante et plus dense que l’air, et le poisson plus lourd et muni d’ailes plus petite que l’oiseau ? Pour ce motif, le poisson n’est point entraîné par les rapides courants de l’eau comme l’oiseau par les vents furieux, en outre, nous voyons le poisson remonter à toute vitesse une eau dont la pente est très inclinée, d’un mouvement rapide, comme l’éclair parmi les continuels nuages, ce qui semble chose merveilleuse ; résultat dû à la vitesse considérable avec laquelle il se déplace et qui surpasse la cadence de l’eau au point que celle-ci semble immobile par comparaison.
  • C. A., 460 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. VI. Histoire naturelle, p. 275


Pour atteindre aux feuilles des plantes élancées, tels que les jeunes peupliers et autres similaires, les bœufs ont l’habitude de se dresser en entourant de leurs jambes le tronc de l’arbre, et exercent sur lui un mouvement continu de pression et une poussée ; de telle sorte que l’arbre, incapable de résister au poids qui l’oppresse, est forcé de céder et incline sa haute cime.
  • « Comment les bœufs se nourrissent de plantes hautes », C. A. 815 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. VI. Histoire naturelle, p. 276


Botanique[modifier]

Leonardo da Vinci - 19-550062.jpg
Toutes les branches d’arbres, à quelque degré de leur hauteur qu’on les réunisse, sont égales à la grosseur du tronc. Toutes les ramifications des eaux, douées d’un mouvement égal, à chaque degré de leur longueur égalent la grosseur du fleuve, leur père.
  • « Symétrie de la nature, Ramifications des arbres et de l’eau. » I. 12 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XII. Botanique, p. 396


Mathématiques[modifier]

La mécanique est le paradis des sciences mathématiques, car grâce à elle on recueille leur fruit.
  • E, 8 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XX. Mathématiques, p. 741


Chaque tout est plus grand que sa partie. Si [une chose] n’est ni plus grande ni plus petite, elle est équivalente.
  • M, 6 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XX. Mathématiques, p. 755


La géométrie est infinie parce que toute quantité continue est divisible à l’infini, dans un sens ou dans l’autre. Mais la quantité discontinue commence à l’unité et s’accroît à l’infini, et, comme il a été dit, la quantité continue croît et décroît à l’infini. Et si tu me donnes une ligne de vingt brasses, je te dirai comment en faire une de vingt et une.
  • M. 18 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XX. Mathématiques, p. 757


De la nature de l’eau[modifier]

Si une goutte d’eau tombe dans la mer calme, il est évident que la surface entière de la mer doit s’élever imperceptiblement, l’eau n’étant pas compréhensible comme l’air.
  • C. A. 64 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXI. De la nature de l’eau, p. 776


En discourant sur l’eau, qu’il te souvienne d’invoquer d’abord l’expérience, ensuite le raisonnement.
  • « Méthode. » H, 90 (42) r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXI. De la nature de l’eau, p. 848


Expériences[modifier]

Pour éprouver si quelqu’un juge avec justesse de la nature des poids, demande-lui en quel point il convient de couper l’un des deux bras égaux de la balance, pour que la partie tranchée, attachée à l’extrémité de son reste, forme au bras un contrepoids exact. La chose est impossible ; si donc il t’indique la position, c’est qu’il est un médiocre mathématiciens.
  • « Bon ou piètre mathématicien. » M, 68, v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXIV. Expériences, p. 938


Armement naval[modifier]

N’enseigne point ta science et seul tu excelleras. Fais choix d’un jouvenceau simple, et que le costume soit cousu main. Arrête les galères capitanes, coule les autres et tire le canon contre le fort.
  • C. A. 909 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXVII. Armement naval, p. 1016


Comparaison des arts[modifier]

Comment le peintre surpasse toute œuvre humaine, par les subtiles possibilités qu’elle recèle : L’œil, appelé fenêtre de l’âme, est la principale voie par où notre intellect peut apprécier pleinement et magnifiquement l’œuvre infinie de la nature ; l’oreille est la seconde et elle emprunte sa noblesse au fait qu’elle peut ouïr le récit des choses que l’œil a vues. Si vous, historiographes, poètes ou mathématiciens, n’aviez jamais vu les choses avec l’œil, vous seriez en peine de les relater dans vos écrits. Et si toi, poète, tu peins une histoire avec ta plume, le peintre la figure avec son pinceau, de manière plus satisfaisante et moins ennuyeuse à comprendre.
  • Ms. 2185.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXVIII. Comparaison des arts, p. 1029


Quand le poète renonce à figurer, au moyen des mots, ce qui existe dans la nature, il n’est plus l’égal du peintre : car si, abandonnant cette description, il reproduit les paroles fleuries et persuasives de celui qu’il veut faire discourir, il deviendra orateur et non plus poète ou peintre. Et s’il parle des cieux, il devient astrologue; et philosophe ou théologien en dissertant des choses de la nature ou de Dieu. Mais qu’il retourne à la description d’un objet, il serait l’émule du peintre, s’il pouvait avec des mots satisfaire l’œil comme fait avec la couleur et le pinceau le peintre, qui grâce à eux, crée une harmonie pour l’œil comme la musique, en un instant, pour l’oreille.
  • « De la poésie et de la peinture », RL 19101 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXVIII. Comparaison des arts, p. 1034


Préceptes du peintre[modifier]

Si tu veux, ô dessinateur, étudier bien et utilement, applique-toi à travailler avec lenteur quand tu dessines, et à déterminer entre les diverses lumières, lesquelles possèdent le plus d’éclat ; et de même, quelles ombres sont plus obscures que les autres, comment elles se confondent, et [apprends] à comparer leurs dimensions.
  • « Comment il faut apprendre d’abord à travailler soigneusement plutôt que vite », Ms. 2185, 27 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXIX. Préceptes du peintre, p. 1066
  • « Dans les carnets de Léonard », CNRS/SagaScience, CNRS, 2019 (lire en ligne)


Paysage[modifier]

La vraie méthode de figurer des scènes rustiques, ou, dirais-je, des paysages avec leur végétation, consiste à choisir le moment où le soleil étant caché au ciel, les champs reçoivent une clarté universelle et non la lumière directe du soleil qui fait des ombres tranchées en grande opposition des lumières.
  • « Des arbres et leur éclairage », G. 11 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXXI. Paysage, p. 1115


La ligne de l’égalité et celle de l’horizon ne font qu’un.
  • M. 36 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXXI. Paysage, p. 1125


Ombre et lumière[modifier]

Les ombres des végétaux ne sont jamais noires, car où l’atmosphère pénètre, il ne saurait y avoir de ténèbres absolues.
  • G, 6 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXXII. Ombre et lumière, p. 1165


Souvent le peintre se trompe dans sa figuration des principales lumières.
  • « Des lumières sur les corps ombreux. » G, 13 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXXII. Ombre et lumière, p. 1168


Perspective[modifier]

La véritable connaissance de la forme d’un objet se perd peu à peu, à mesure que la distance réduit sa dimension.
  • « De la peinture », C. A. 480 v. b
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXXIII. Perspective, p. 1181


Parmi les choses d’égale grandeur, la plus éloignée des yeux semblera la plus petite.
  • C. A. 978 v. a
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXXIII. Perspective, p. 1186


La perspective nous vient en aide, là où le jugement est en défaut à propos des choses qui vont en diminuant.
  • C. 27 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXXIII. Perspective, p. 1191


Entre choses égales, la plus éloignée semblera la moindre ; et le rapport entre les dimensions sera le même qu’entre les distances.
  • RL. 19115 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXXIII. Perspective, p. 1199


Musique[modifier]

La musique, qui se consomme dans l’acte même de sa naissance.
  • Trattato della Pittura, I, 27.)
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XXXIX. Musique, p. 1260


Facéties[modifier]

Pourquoi les Hongrois portent la croix double.
  • « Plaisanterie », H. 62 (14) v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XLI. Facéties, p. 1271


On demandait à un peintre pourquoi il avait fait ses enfants si laids alors que ses figures, choses inanimées, étaient si belles. Il répondit qu’il faisait ses tableaux de jour, et ses enfants de nuit.
  • « Plaisanterie », M. 58v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XLI. Facéties, p. 1271


Fables[modifier]

Le cèdre ambitionna de porter à sa cime un grand et beau fruit ; et de toute la force de sa sève il s’efforça de réaliser son désir. Mais une fois développé, ce fruit fut cause que la cime haute et élancée se ploya.
Le pêcher, envieux de la grande quantité de fruits qu’il voyait à son voisin le noyer, décida de l’imiter et chargea ses branches de fruits au point que leur poids le jeta, déraciné et brisé, au ras du sol.
  • Le Cèdre - Le Pêcher, C. A. 207 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XLII. Fables, p. 1278


La lumière au haut de la chandelle est du feu dans les chaînes : en consumant elle se consume.
  • Forster III. 21 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XLII. Fables, p. 1284


La plante se plaint du tuteur sec et vieux placé tout contre elle et des bâtons desséchés qui l’entourent ; or, l’un la maintient droite et l’autre la protège contre les mauvais compagnons.
  • Forster III 47 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XLII. Fables, p. 1284


Bestiaire[modifier]

Il vit d’air et il est à la merci de tous les oiseaux. Pour plus de sécurité, il vole au dessus des nuages, où l’air est si raréfié qu’un oiseau qui l’aurait suivi ne pourrait s’y soutenir. À cette hauteur n’atteint que celui à qui le ciel en a donné permission ; c’est là que vole le caméléon.
  • « Le Caméléon », H 13 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XLIII. Bestiaire, p. 1294


La morsure de la tarentule fixe l’homme dans son propos, c’est-à-dire dans la disposition d’esprit où il se trouvait au moment où il fut piqué.
  • « Tarentule », H, 18 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XLIII. Bestiaire, p. 1297


Allégories[modifier]

La patience sert de défense contre les injures, comme les vêtements contre le froid. Si tu multiplies tes habits à mesure qu’il augmente, il sera impuissant à te nuire. De même, redouble de patience en face de grandes injures, elles n’auront pas le pouvoir d’affecter ton esprit.
  • C. A. 323 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XLIV. Allégorie, p. 1309


L’araignée croit trouver le repos dans le trou de la serrure, et y trouve la mort.
  • C. A. 820 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XLIV. Allégorie, p. 1309


À mettre dans la main de l’ingratitude. Le bois nourrit le feu qui le consume.
  • Ms. 2185, 34 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XLIV. Allégories, p. 1312


Le feu détruit le sophisme, c’est à dire la fausseté, et épargne la seule vérité, l’or. La vérité ne saurait être dissimulée en fin de compte. La dissimulation ne sert à rien. La dissimulation revêt un masque. Rien de caché sous le soleil. Le feu est mis pour la vérité, parce qu’il détruit tous sophismes et mensonges ; et le masque pour la fausseté et le mensonge, par quoi la vérité est dissimulée.
  • RL. 12700 v.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XLIV. Allégories, p. 1314


De ce côté-ci, Adam ; de celui-là, Ève.
Ô misère humaine ! de combien de choses tu te rends esclave pour l’argent.

  • RL. 12698 r.
  • Carnets, Léonard de Vinci [édition présentée et annotée par Pascal Brioist / Texte établi par Edward MacCurdy, traduit de l’italien par Louise Servicen, préface de Paul Valéry], éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2019  (ISBN 978-2-07-284486-7), chap. XLIV. Allégories, p. 1314


Sur les Carnets[modifier]

Seul un travail d’équipe difficile, réunissant de multiples spécialistes, pourra un jour prochain proposer une traduction en français de la totalité des manuscrits léonardiens.
  • « Léonard de Vinci: ses précieux carnets réédités chez Gallimard », Pascal Brioist, Le Figaro et AFP, 1 octobre 2019 (lire en ligne)


Issu d’une longue lignée de notaire, Léonard de Vinci a naturellement tendance à prendre des notes. Il griffonne spontanément ses observations et ses idées, dresse des listes et dessine des croquis. Au début des années 1480, peu après son arrivé à Milan, il commence à prendre régulièrement des notes dans ses carnets, une habitude qui l’accompagnera tout au long de sa vie. Certains sont de simples feuillets volants de la taille d’un tabloïd. D’autres sont des volumes reliés en cuir ou en vélin au format d’un livre de poche ou plus petits. Il ne s’en sépare jamais et les utilise sur le terrain. Ces carnets lui permettent de consigner ses observations, et plus particulièrement les scènes impliquant des personnages et des émotions. « Amuse-toi, souvent en promenade », écrit-il, « à observer et à considérer les attitudes et les actes des hommes qui parlent, se disputent, rient ou en viennent aux mains. » Il capture ces informations sur le vif dans un petit carnet qu’il garde attaché à sa ceinture.
  • Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019  (ISBN 9782889152636), chap. 5. Les carnets de Léonard, p. 115


Ses carnets ne composent ni un journal intime ni des Mémoires. Lorsqu’il se met, vers l’âge de trente ans, à noter systématiquement ses pensées - à observer et réfléchir par écrit - sur de petits cahiers qu’il emporte partout avec lui, il n’a pas l’idée de se raconter. Les milliers de pages que noircit son écriture inversée de gaucher, si difficile parfois à déchiffrer, forment, a-t-on pu dire, les vestiges d’une vaste encyclopédie en gestation.
  • L’auteur cite Marc Curdy, introduction aux Carnets de Léonard de Vinci, 1942. « Nous somme en présence d’ébauches d’un plan immense, approfondi, médité, mais jamais réalisé, et dont les traités - sommes de recherches anatomiques, physiologiques et géologiques - ne forment qu’une partie, l’esquisse d’une vaste encyclopédie de la connaissance humaine. »
  • Léonard de Vinci : une biographie, Serge Bramly, éd. JC Lattès, 2019  (ISBN 978-2-7096-6323-6), chap. IV. La peur et le désir, p. 133


Traité de la peinture[modifier]

Autres citations[modifier]

Citations rapportées[modifier]

Je doute, ô Grecs, qu’on puisse faire le récit de mes exploits, quoique vous les connaissiez, car je les ai fait sans témoin, avec les ténèbres de la nuit pour complice.
  • Tirée d’un des Carnets, empruntée aux Métamorphoses d'Ovide. Forme une sorte de devise d’après l’auteur.
  • Léonard de Vinci : une biographie, Serge Bramly, éd. JC Lattès, 2019  (ISBN 978-2-7096-6323-6), chap. I. Un cercle de miroirs, p. 11-12


Ne pas mentir sur le passé.
  • Léonard de Vinci : une biographie, Serge Bramly, éd. JC Lattès, 2019  (ISBN 978-2-7096-6323-6), chap. IV. La peur et le désir, p. 133


Je sais par expérience, écrit-il , l’intérêt qu’il y a, quand tu es au lit dans l’obscurité, de repasser en imagination les contours des formes déjà étudiées ou autres objets remarquables conçus par une subtile spéculation ; c’est là un exercice à recommander, très utile pour imprimer les choses dans la mémoire.
  • Léonard de Vinci : une biographie, Serge Bramly, éd. JC Lattès, 2019  (ISBN 978-2-7096-6323-6), chap. VIII. L’homme universel, p. 371


Que nul ne me lise qui n’est pas mathématicien.
  • L’auteur précise : « il met principalement dans ce mot des notions de rigueur, de cohérence, de logique. »
  • Léonard de Vinci : une biographie, Serge Bramly, éd. JC Lattès, 2019  (ISBN 978-2-7096-6323-6), chap. VIII. L’homme universel, p. 409


La bonne littérature a pour auteurs des hommes doués de probité naturelle, et comme il convient de louer plutôt l’entreprise que le résultat, tu devras accorder de plus grandes louanges à l’homme probe peu habile aux lettres, qu’à celui qui est habile aux lettres mais dénué de probité.
  • Léonard de Vinci : une biographie, Serge Bramly, éd. JC Lattès, 2019  (ISBN 978-2-7096-6323-6), chap. Bibliographie, p. 599


Maints événements eurent lieu il y a bien des années, qui me semblent toucher au présent, et beaucoup de choses récentes nous font l’effet d’être anciennes et de remonter à l’époque lointaine de notre jeunesse.
  • Léonard de Vinci : biographie, Charles Nicholl, éd. Actes Sud, 2006  (ISBN 2-7427-6237-X), p. 26


Si ta liberté t’es chère, puisses-tu ne jamais découvrir que mon visage est la prison de l’amour.
  • Codex Forster III, 115 r.


Le peintre est maître de toutes choses qui peuvent frapper la pensée de l’homme [...] il en est maître et créateur.
  • L'esprit et la matière, précédé de L'Elision, par Michel Bitbol, Erwin Schrödinger, éd. Seuil, 2011  (ISBN 978-2-7578-2496-2), partie L'Élision, chap. 1. La modestie du peintre, p. 27


Citations sur Léonard de Vinci[modifier]

Daniel Arasse[modifier]

  • Léonard de Vinci : le rythme du monde, Daniel Arasse, éd. Hazan, 2002, p. ..


Serge Bramly[modifier]

Il ne note pas ses souvenirs; il évite d’en parler, mais, ne pouvant leur échapper, s’interroge, comme pour les conjurer, sur le mécanisme de la mémoire : « notre jugement n’évalue pas dans leur ordre exact et raisonnable, dit-il, les choses qui se sont passées à des périodes différentes, car maints événements ayant eu lieu il y a bien des années semblent toucher au présent, tandis que beaucoup d’autres, récents, nous font l’effet d’être anciens et de remonter à l’époque lointaine de notre jeunesse. »
  • Léonard de Vinci : une biographie, Serge Bramly, éd. JC Lattès, 2019  (ISBN 978-2-7096-6323-6), chap. IV. La peur et le désir, p. 136


Mais ces phrases ne révèlent-elles pas, à son insu, son système de défense, la méthode qu’il a élaborée pour réduire une pensée importune? Plutôt que de donner prise, de se laisser atteindre, de s’apitoyer, il retourne cette sorte de pensée, en fait son champ d’étude ; il va du rôle passif au rôle actif : il neutralise tout sentiment succeptible de l’affecter en lui opposant un œil froid de philosophe, d’homme de science. « Les sens appartiennent à la terre, avoue-t-il ; la raison, à l’écart, demeure contemplative ». Serait-ce, en partie, le premier moteur de sa quête intellectuelle, la genèse de ses carnets ?
  • Léonard de Vinci : une biographie, Serge Bramly, éd. JC Lattès, 2019  (ISBN 978-2-7096-6323-6), chap. IV. La peur et le désir, p. 137


« Toutes nos connaissances, dit Léonard, découlent de ce qu’on ressent ». Éprouver par les sens - au premier rang desquels il place la vue - et discerner, juger, réfléchir, tels sont pour lui les vecteurs fondamentaux de la sapieta - de la « sapience », qui est à la fois savoir et sagesse.
« Ce qu’on acquiert dans sa jeunesse, écrit-il, permet de lutter contre les misères du grand âge ; et si veux que ta vieillesse se nourrisse de sapience, fais en sorte, tant que tu es jeune, que ta vieillesse ne manque pas de vivres. »
  • Léonard de Vinci : une biographie, Serge Bramly, éd. JC Lattès, 2019  (ISBN 978-2-7096-6323-6), chap. VIII. L’homme universel, p. 369


il est facile de devenir universel, dit-il, car la Nature obéit dans tous ses développements à des lois similaires et invariables, de sorte que connaissant l’un de ses processus on peut comprendre les autres par analogie.
Se perfectionner en jouant : il indique ainsi des « récréations profitables » par lesquelles on s’entraîne « à bien juger de la longueur et de la largeur des choses », à comparer les proportions, à évaluer les distances.
  • Léonard de Vinci : une biographie, Serge Bramly, éd. JC Lattès, 2019  (ISBN 978-2-7096-6323-6), chap. VIII. L’homme universel, p. 370


Pascal Brioist[modifier]

  • Les Audaces de Léonard de Vinci, Pascal Brioist, éd. Stock, 2019, p. ..


Martin Clayton[modifier]

  • Léonard de Vinci anatomiste, Martin Clayton, éd. Actes Sud, 2019, p. ..


Vincent Delieuvin[modifier]

Martin Kemp[modifier]

Walter Isaacson[modifier]

Léonard prend progressivement conscience de l’importance des mathématiques, langage des lois de la nature, pour passer de l’observation à la théorie. « Il n’est point de certitude scientifique là où les mathématiques ne peuvent être appliquées », déclare-t-il. Il a raison. Le recours à la géométrie pour comprendre les lois de la perspective lui montre comment les mathématiques permettent d’extraire les secrets de la beauté de la nature et de mettre en lumière la beauté de ces secrets. […] Cependant, son aisance à manipuler les formes ne trouve pas son égale dans le domaine arithmétique, qui lui est nettement plus obscur.
  • Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019, chap. 13. Mathématiques, p. 203


Charles Nicholl[modifier]

Leonardo da Vinci - RCIN 912697, Pictographs c.1487-90.jpg
Aucune composition de Léonard ne nous est parvenue, mais certaines devinettes, qu’il a inventées, conservent la trace de phrasés musicaux : dans le recueil de Windsor, une demi-douzaine d’entre elles comportent des notes de musique. Elles combinent généralement des signes graphiques, musicaux et verbaux. L’exemple suivant se comprend aisément, sachant qu’en italien hameçon se dit amo : "Amo [dessin d’un hameçon] ; re sol la mi fa re mi [notes de musique] ; rare [écrit] ; la sol mi fa sol [notes de musique] ; lecita [écrit]". Ce qui donne la phrase suivante : "Amore sola mi fa remirare, la sol mi fa sollecita" : "Seul l’amour me fait revoir [l’objet aimé], lui seul m’exalte."
  • Léonard de Vinci : biographie, Charles Nicholl, éd. Actes Sud, 2006  (ISBN 2-7427-6237-X), chap. Le Musicien, p. 195


Paul Valéry[modifier]

Il y eut une fois quelqu’un qui pouvait regarder le même spectacle ou le même objet, tantôt comme l’eût regardé un peintre, et tantôt en naturaliste ; tantôt comme un physicien, et d’autres fois, comme un poète : et aucun de ces regards n’était superficiel.
  • « Les "Carnets" de Léonard de Vinci réédités pour les 500 ans de sa mort », Rédaction, francetvinfo.fr, 29 septembre 2019 (lire en ligne)


C’est à l’univers qu’il songe toujours, et à la rigueur.
  • La rigueur est une allusion à la devise de Léonard de Vinci, Hostinato rigore ("Rigueur obstinée").


Carlo Vecce[modifier]

Alessandro Vezzosi[modifier]

Les aspirations rationnelles cohabitent chez Leonard avec l’irrationnel de la vie : ses manuscrits attestent de la variété et de la profusion des sujets qui le préoccupent et sont constamment parcourus de contractions, passant des préceptes moralisateurs aux mouvements d’humeur incontrôlés, des notations sèches à une véritable poésie de l’ambiguïté.


« L’expérience ne se trompe jamais, seuls vos jugements errent, qui se promettent des résultats étrangers à notre expérimentation personnelle » (Codex Atlanticus, 471, r.) « Encore que la nature s’inspire d’abord de la raison et finisse par l’expérience, nous ferons le contraire, c’est-à-dire nous commencerons par l’expérience et de là nous irons à la recherche de la raison »(Ms. E. 55 r.) « Les choses de l’esprit qui ne sont pas passées par le sens sont vaines et n’engendrent qu’une vérité visible » (Windsor RL 19070 v.). Léonard est évidement en contraction avec sa notation du Codex Atlanticus 398 v.


Frank Zöllner[modifier]

Autres[modifier]

Curiosité, désir de beauté – les voilà bien, les deux forces élémentaires du génie de Léonard : une curiosité souvent en conflit avec son désir de beauté, mais capable d’engendrer, quand ils s’unissent, un modèle de grâce étrange et subtile. Le mouvement qui anime le quinzième siècle est double […] Raphaël représente le retour à l’Antiquité, Léonard celui à la nature. Et par ce dernier, il cherchait à satisfaire une curiosité infinie pour les surprises perpétuelles que cette nature pouvait lui offrir.
  • « Discours critique et fiction biographique dans les Portraits imaginaires de Pater et les Vies imaginaires de Schwob », Agathe Salha, Recherches & travaux, nº 68, 2006-04-15 (lire en ligne)


Notes et références[modifier]

Voir aussi[modifier]

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