Walter Isaacson
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Walter Isaacson, né en 1952, est un auteur, journaliste et biographe américain.
Citations
[modifier]Les Innovateurs
[modifier]L’ordinateur et Internet comptent parmi les inventions les plus importantes de notre époque, mais peu de gens savent qui les ont créés. Elles ne se sont pas matérialisées dans un grenier ou un garage sous la baguette magique d’inventeurs solitaires propres à être distingués sur des couvertures de magazines ou à être placés dans un panthéon aux côtés d'Edison, de Bell et de Morse. Au lieu de quoi la plupart des innovations de l’ère numérique ont été des œuvres collectives.
- Les innovateurs, Walter Isaacson, éd. JC Latès, 2015 (ISBN 978-2-7096-4870-7), chap. Introduction : Comment ce livre est né, p. 19
(Ada Lovelace) avait hérité de son père son esprit romantique, trait que sa mère essaya de contrebalancer en lui faisant donner des leçons de mathématiques. Cette combinaison produisit chez Ada un amour de ce qu’elle prit l’habitude de dénommer la « science poétique », qui associait son imagination rebelle à son enchantement vis-à-vis des nombres.
- Les innovateurs, Walter Isaacson, éd. JC Latès, 2015 (ISBN 978-2-7096-4870-7), chap. Ada, comme Lovelace, p. 27

Les conflits intérieurs que vit Léonard contribuent sans doute à sa faculté à dépeindre les émotions. […] Il griffonne cette phrase à de multiples reprises, dès qu’il étrenne une nouvelle plume ou qu’il a du temps à perdre : « Dis-moi si jamais rien ne fut fait […] Dis-moi […] Dis-moi. » Un jour, il couche sur le papier un cri d’angoisse : « Alors que je croyais apprendre à vivre, j’apprenais à mourir ». Dans ses carnets de l'époque, on retrouve des citations que Léonard a pris la peine de consigner. L'une est d'un ami, qui lui adresse un poème très personnel. « Léonard, pourquoi es-tu si troublé ? » écrit-il. Sur un autre feuillet, une autre citation, celle-ci d'un certain Johannes: « Il n'est pas de présent parfait sans grande souffrance. Nos gloires et nos triomphes s'effacent. » Sur le même feuillet, Léonard copie un vers de La Divine Comédie de Dante :
- « Maintenant il convient, dit le Maître, que tu secoues toute paresse : ce n'est point couché sur la plume, ni sous la couverture, qu'on acquiert la renommée sans laquelle celui qui consume sa vie, laisse de soi, sur la terre, le même vestige que la fumée dans l'air et l'écume dans l'eau! »
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 3. Seul, p. 97
Citation choisie pour le 17 août 2021.
Issu d’une longue lignée de notaires, Léonard de Vinci a naturellement tendance à prendre des notes. Il griffonne spontanément ses observations et ses idées, dresse des listes et dessine des croquis. Au début des années 1480, peu après son arrivé à Milan, il commence à prendre régulièrement des notes dans ses carnets, une habitude qui l’accompagnera tout au long de sa vie. Certains sont de simples feuillets volants de la taille d’un tabloïd. D’autres sont des volumes reliés en cuir ou en vélin au format d’un livre de poche ou plus petits. Il ne s’en sépare jamais et les utilise sur le terrain. Ces carnets lui permettent de consigner ses observations, et plus particulièrement les scènes impliquant des personnages et des émotions. « Amuse-toi, souvent en promenade », écrit-il, « à observer et à considérer les attitudes et les actes des hommes qui parlent, se disputent, rient ou en viennent aux mains. » Il capture ces informations sur le vif dans un petit carnet qu’il garde attaché à sa ceinture.
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 9782889152636), chap. 5. Les carnets de Léonard, p. 115

Dans quelle mesure cet Homme de Vitruve est-il un autoportrait ? Léonard enjoint à ses lecteurs de se garder de croire que « tout peintre se peint lui-même ». Pourtant, dans une partie de son traité sur la peinture intitulée « Comment les figures ressemblent souvent à leurs maîtres », il affirme que c'est une tendance bien naturelle. Le regard de l'Homme de Vitruve est intense, comme s'il s'observait dans un miroir. Toby Lester, auteur d'un livre consacré au dessin, a son avis sur la question. « Il s'agit d'un autoportrait idéalisé de Léonard dans lequel le maître, réduit à sa plus simple essence, prend ses propres mesures et en vient ainsi à incarner un espoir humain sans âge, celui de pouvoir, par la puissance de l'esprit, découvrir sa place parmi toutes choses. Il faut voir ce dessin comme un acte spéculatif, une sorte d'autoportrait métaphysique dans lequel Léonard – en tant qu'artiste, philosophe de la nature et représentant de l'humanité – s'observe, les sourcils froncés, et tente de pénétrer les secrets de sa propre nature. »
- Toby Lester, Da Vinci's ghost, 2012
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 8. Homme de Vitruve, p. 162-163
Léonard prend progressivement conscience de l’importance des mathématiques, langage des lois de la nature, pour passer de l’observation à la théorie. « Il n’est point de certitude scientifique là où les mathématiques ne peuvent être appliquées », déclare-t-il. Il a raison. Le recours à la géométrie pour comprendre les lois de la perspective lui montre comment les mathématiques permettent d’extraire les secrets de la beauté de la nature et de mettre en lumière la beauté de ces secrets. […] Cependant, son aisance à manipuler les formes ne trouve pas son égale dans le domaine arithmétique, qui lui est nettement plus obscur.
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 13. Mathématiques, p. 203
Léonard défend l’expérience comme base de la connaissance, mais se laisse aussi aller à son penchant pour la fantaisie. Il se délecte autant des merveilles visibles que des délices de l’imagination. C’est ainsi que son esprit peut se jouer, tantôt magiquement, tantôt frénétiquement, des limites floues séparant la réalité de la fantaisie.
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 17. La science et l’art, p. 262
Léonard est l’un des observateurs de la nature les plus disciplinés de l’Histoire, mais ses talents d’observateur s’allient à son imagination au lieu de la réprimer. À l’instar de son amour pour l’art et la science, ses facultés d’observation et d’imagination s’entremêlent pour constituer la trame de son génie.
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 17. La science et l’art, p. 263

Dan Brown, dans son roman Da Vinci Code, puise dans La Révélation des Templiers de Lynn Picknett et Clive Prince pour élaborer une théorie conspirationniste s'appuyant notamment sur l'idée selon laquelle l'apparence efféminée de Jean [dans La Cène] constitue en réalité une référence secrète à Marie Madeleine, la fidèle disciple de Jésus. S'il s'agit là d'un formidable rebondissement dans un roman exubérant, il ne résiste pas à l'épreuve des faits. L'un des personnages du roman argue que l'apparence féminine du personnage est un indice volontairement placé parce que « Léonard peint habilement les différences entre les sexes ». Cependant, Ross King souligne dans un livre sur La Cène que « Léonard sait, au contraire, habilement brouiller les différences entre les sexes ». Ses personnages androgynes envoûtants sont une constante, de son ange dans le Baptême du Christ d'Andrea del Verrocchio au Saint Jean Baptiste qu'il réalise durant ses dernières années.
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 18. La Cène, p. 281-282
Dans les marges d’une page très fournie du Codex Leicester, Léonard dessine 14 magnifiques croquis montrant comment différents obstacles peuvent perturber l’écoulement de l’eau. En associant textes et illustrations, il explore la manière dont le détournement d’un cours d’eau peut contribuer à l’érosion des rives et comment la présence d’obstacles perturbe l’écoulement des eaux sous la surface. […] Mais plus il plonge dans le sujet, plus il cède à sa curiosité pour le mouvement de l’eau, hors de toute autre considération.
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 28. Le monde et ses eaux. Détournements, tourbillons, turbulences et vortex, p. 425

Léonard trace d’abord les courbes entrelacées de l’eau dont le débit s’accélère au contournement des obstacles. Les courant ressemblent à des fanions qui s’entremêlent dans le vent à l’occasion d’un cortège, à la crinière d’un cheval au galop ou encore aux boucles de cheveux angéliques […] il établit une analogie, en comparant les forces qui créent les tourbillons d’eau à celles qui créent une boucle de cheveux : « observe le mouvement de l’eau à sa surface, combien il ressemble à celui de la chevelure […] ». Cette brève note contient l’essence de ce qui motive Léonard : la joie de découvrir les correspondances entres deux choses qui l’enchantent, en l’occurrence, les boucles de cheveux et les tourbillons dans l’eau.
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 28. Le monde et ses eaux. Détournements, tourbillons, turbulences et vortex, p. 426-427

- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 29. Rome, p. 439
C'est ce qu'on pourrait appeler « l'effet Léonard ». Sa capacité d'observation est si aigüe que même une obscure anomalie dans ses peintures, telle qu'une dilatation inégale des pupilles, nous pousse à nous interroger, peut-être trop, sur ce que le maître aurait pu remarquer ou penser. Si tel est le cas, c'est une bonne chose. En côtoyant Léonard à travers son œuvre, les spectateurs sont incités à observer les petits détails de la nature, comme les raisons pour lesquelles les pupilles se dilatent, et à retrouver leur capacité de s'en émerveiller. Son désir de saisir chaque détail nous inspire, et nous tentons de l'imiter.
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Quanto, coll. « Quanto Poche », 2025 (ISBN 978-2-88915-664-1), chap. 31. La Joconde, p. 475
La Joconde devient le tableau le plus célèbre non seulement en raison du battage médiatique et du hasard, mais aussi parce que les spectateurs ont su établir un lien émotionnel profond avec elle. Elle provoque une série complexe de réactions psychologiques qu'elle semble manifester également. Chose miraculeuse, elle semble consciente tant de nous que d'elle-même. C'est ce qui la fait paraître vivante, ce qui fait d'elle le plus animé des portraits jamais peints.
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Quanto, coll. « Quanto Poche », 2025 (ISBN 978-2-88915-664-1), chap. 31. La Joconde, p. 483-484
L’intérêt de Léonard pour l’art et la science du mouvement, et en particulier pour l’écoulement et les tourbillons de l’eau et du vent, culmine dans une série de dessins impétueux qu’il réalise durant ses dernières années en France. […] Profondément personnels mais froidement analytiques par endroits, ils fournissent une expression puissante et sombre de plusieurs thèmes qui lui sont chers : l’art et la science, la frontière floue qui sépare expérience et fantaisie, et le terrifiant pouvoir de la nature.
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 32. La France. Les dessins du Déluge., p. 494-496

L’observation attentive et détaillée du mouvement est l’une des spécialités de Léonard, tout comme l’extension de ses observations dans le domaine du fantastique. Ses dessins du Déluge s’appuient sur des tempêtes dont il a été le témoin et qu’il décrit dans ses carnets, mais ils sont aussi le produit d’une imagination enfiévrée et frénétique. Il est le maître dans l’art de brouiller les lignes, comme en témoignent ses dessins d’inondations qui oscillent entre réalité et fantaisie.
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 32. La France. Les dessins du Déluge., p. 497
Les dessins du Déluge évoquent le récit de la Genèse, un sujet traité par Michel-Ange et beaucoup d’autres artistes au fil des ans. Léonard choisit de l’envisager différemment en ne faisant pas mention de Noé et d’aller bien au-delà du conte biblique en ajoutant à la mêlée des dieux grecs et romains : « L’on montrera, au milieu des eaux, Neptune avec son trident, Éole et ses vents qui enchevêtrent les arbustes déracinés et confondus au sein des ondes immenses. »
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 32. La France. Les dessins du Déluge., p. 498

À aucun moment dans ses écrits ou ses dessins représentant le Déluge, Léonard n’évoque la colère de Dieu ni ne laisse entendre qu’elle puisse être à l’origine de l’événement. Il exprime davantage sa conviction que le chaos et la destruction sont inhérents au pouvoir de la nature. Le résultat est plus poignant du point de vue psychologique que s’il s’agissait d’un simple récit de la punition d’un Dieu en colère. Léonard nous transmet ses propres émotions, suscitant ainsi les nôtres. Hallucinatoires et hypnotiques, les dessins du Déluge marquent le point d’orgue d’une vie entière passée à dépeindre la nature, depuis cette esquisse du placide Arno s’écoulant près de son village natal.
- Léonard de Vinci : La biographie, Walter Isaacson, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019 (ISBN 978-2-88915-263-6), chap. 32. La France. Les dessins du Déluge., p. 499