Bridget Riley

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Bolt of Colour, Bridget Riley.

Bridget Riley, née en 1931 à Londres, est une artiste peintre britannique.

Citations[modifier]

L’Esprit de l’œil[modifier]

Le désir d’être peintre peut indifférement jaillir de plusieurs sources. L’une pourrait être le fait d’être ému par d’autres peintures vues dans une galerie d’art ou dans une collection privée – ou bien vouloir s’exprimer, évoquer un ressenti profond. Cela pourrait venir d’un besoin de créer un artefact, de construire, fabriquer, donner forme, organiser afin de donner naissance à une nouvelle entité ou bien tout simplement du fait de prendre du plaisir à peindre. Toutes ces raisons peuvent jouer, mais dans mon cas il en existe une autre – et celle-ci est la vue.


Les plaisirs de la vue ont une chose en commun – ils vous prennent au dépourvu. Ils sont soudains, rapides et inattendus. Si on essaie de les prolonger, les retrouver ou les faire venir volontairement, leur pureté et leur fraîcheur sont perdues. Ils sont essentiellement énigmatiques et élusifs.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. Les plaisirs de la vue, 1984, p. 35


J’ai découvert que je peignais afin de « rendre visible ». D’un côté, je devais créer quelque chose qui avait cette qualité essentielle de précipiter comme « surprise » et, dans le même temps, il n’y avait aucun moyen de savoir par avance de quoi il s’agissait avant que cette chose existe ; pour qu’on voie, on était obligé de peindre, et à travers cette activité on trouvait ce qui peut être vu.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. Les plaisirs de la vue, 1984, p. 35


Plus que tout, j’aimerais que mes tableaux existent selon leur propres critères. Ce qui implique qu’ils doivent vous attaquer par surprise et vous désarmer. Vous les voyez accrochés de façon bien tranquille, apparemment simples – pour ainsi dire sans histoires à raconter – ils résistent bien sagement à toute tentative de questionnement, d’exploration, de regard inquisiteur, et puis, pour ceux qui ont les yeux ouverts, ils dévoilent sereinement quelques indications des splendeurs dont seule la pure vision détient la clé.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. Les plaisirs de la vue, 1984, p. 36


Il y a de grands artistes que l’on vénère et qu’on admire, mais à qui on ne demande pas d’être des maîtres. Georges Seurat a créé une œuvre qui n’est pas seulement belle, mais qui inspire. Elle a inspiré Van Gogh, Matisse, Delaunay, les futuristes et beaucoup d’autres ; elle m’a aidée à commencer. Même aujourd’hui, je frisonne en lisant le premier essai de Félix Fénéon sur Seurat, qui se termine ainsi : « que la main soit gourde, mais que l’œil soit agile, perspicace et savant ».
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. Seurat comme mentor, 2007, p. 53


Bridget Riley, Complete Prints.jpg
La base de ma peinture est celle-ci : dans chaque tableau une situation particulière est posée. Certains éléments de cette situation restent constants. D’autres précipitent l’inévitable destruction d’eux-mêmes par eux-mêmes. De manière récurrente, en tant que résultat du mouvement cyclique repos, perturbation, repos, la situation d’origine est réaffirmée.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. La perception est le médium, 1965, p. 80


The Poetics of Music […] qui, avec une édition anglaise des écrits de Paul Klee intitulés The Thinking Eye […], est devenu une de mes bibles dans les années soixante, et ce paragraphe en particulier a fait résonner une corde très puissante : « Ainsi ma liberté consiste en ma façon d’évoluer dans le cadre étroit que je me suis assigné pour chacune de mes entreprises. J’irai même plus loin : ma liberté sera d’autant plus grande et plus significative, plus je limiterai étroitement mon champs d’action, plus je m’entourerai d’obstacles. Tout ce qui diminue la contrainte diminue la force. Plus on impose de contraintes, plus on se libère des chaînes qui entravent l’esprit. » Je pense que c’est un très beau texte, et c’est devenu pour moi un principe directeur.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. Perception et emploi de la couleur. Conversation avec Ernst H. Gombrich, 1995, p. 99-100


Je ne suis pas allée vers l’architecture par le constructivisme. Mon travail a ses racines dans la perception, dans notre manière de voir les choses, j’ai trouvé ma « famille » historique la plus proche chez les impressionnistes et les post-impressionnistes français. Vers la fin des années cinquante, je travaillais toujours dans un style figuratif très influencé par Seurat. De sa peinture, j’ai appris l’étroite connexion entre la couleur et la lumière.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. Un voyage en Égypte et la décoration de l’Hôpital Royal de Liverpool, 1984, p. 118


Pour faire mes tableaux, j’avance par étape et je teste le terrain avant d’avancer. C’est peut-être cela qui donne à mon approche un air programmatique. En vérité, il s’agit d’un processus d’essai et d’erreur, en général et en particulier pour trouver ce que sera la prochaine étape.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. L’expérience de la peinture. Discussion avec Mel Gooding, 1988, p. 133


Le Pont de Courbevoie, Georges Seurat.
Copier c’est apprendre à l’ancienne. En 1959, j’ai copié Le Pont de Courbevoie de Seurat. « Faire pareil », c’est vous approcher plus près de la peinture que vous ne pourriez l’être par la simple observation. J’ai beaucoup appris en copiant, et quelques-unes des implications de ce que j’expérimentais alors ne me sont devenues claires que bien plus tard. À cette époque je suis tombée sur une critique de Félix Féneon, dans laquelle il écrit : « Ici, en effet, la pâte est inutile, le trucage impossible; nulle place pour les morceaux de bravoure; que la main soit gourde, mais que l’œil soit agile, perspicace et savant ».
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. L’expérience de la peinture. Discussion avec Mel Gooding, 1988, p. 134


Comme disait Paul Klee : « L’art créatif ne commence jamais avec une humeur poétique ou une idée, mais avec la construction d’une ou plusieurs figures, l’harmonisation de quelques couleurs et tonalités… » Pour moi cela veut dire que je ne commence pas avec l’apparence de la forme et de la couleur en tant que telles, mais avec leurs propriété spatiales. C’est la première étape, et en construisant un ordre spatial cohérent des sensations diverses et variées émergent. J’essaie alors de les trier et leur assigner la place qui leur revient. […] Si ce « placement » se passe bien, la sensation devient une partie intégrante de la structure formatrice du tableau. Mais jusqu’au moment où l’ensemble est réuni, tout est incertain, sujet au changement.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. Quelque chose à regarder. Conversation avec Alex Farquharson, 1995, p. 138


[…]Comme Mondrian, l’œuvre de Klee a toujours été centrale pour moi. On peut être influencée de plusieurs manières. Simplement par l’apparence de quelque chose, ou par la possibilité d’atteindre à travers l’apparence la pensée qui est derrière, comme j’ai pu le faire avec le travail de Seurat. À d’autres moments, on est influencée par les idées et non l’apparence. Ce fut comme cela pour moi, avec Klee. Il m’a montré ce que signifie l’abstraction dans la peinture et comment questionner d’une manière artistique.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. L’esprit de recherche. Conversation avec Jenny Harper, 2004, p. 160


Les premiers travaux d’un artiste sont inévitablement faits d’un mélange de tendances et d’intérêts, quelques-uns compatibles les uns avec les autres et d’autres en conflit. Quand l’artiste choisit son chemin, rejetant ceux-ci et acceptant ceux-là tandis qu’il s’y engage, certains types de questionnement ressortent. Ses échecs ont autant de valeurs que ses succès, parce qu’en méjugeant une chose, il en confirme une autre, même s’il ne sait ce qu’est cette chose. Dans un sens, bien que Mondrian échoue parfois, il ne commet jamais d’erreur, tout dans son évolution est à utiliser et contribue à cette évolution.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. Mondrian perçu, 1995, p. 237


Dans L'Arbre rouge (1908), la sensation de la lumière du soir répand son aura sombre et Mondrian fait crépiter la peinture vers la vie avec des équivalents de rouge et de bleu et des coups de pinceau courts et énergétiques. De là il n’y a qu’un pas pour que la couleur soit libérée d’une quelconque fonction représentative ou descriptive. Cette approche fauviste est toujours visible dans Moulin au soleil de la même année. La chaleur et la lumière éblouissante du plein été sont redistribuées en touches qui sont comme des coups de couteau, et des taches de rouge et de jaune striées de bleu pâle et de violet.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. Mondrian perçu, 1995, p. 238-239
Quand Samuel Beckett était jeune homme dans les années trente, et qu’il essayait de trouver une base à partir de laquelle il pourrait évoluer, il écrivit un essai intitulé Proust (1931), dans lequel il analysa les idées de Proust sur la création, et il cite le credo artistique de Proust tel qu’on le lit dans Le temps retrouvé : «  le devoir et la tâche d’un écrivain (non pas un artiste, un écrivain) sont ceux d’un traducteur ». On pourrait aussi dire cela pour un compositeur, un peintre ou pour quiconque pratique un métier artistique. Un artiste est quelqu’un avec un texte qu’il ou elle aimerait déchiffrer.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. La peinture maintenant, 1996, p. 253


Puisque mon travail est basé sur l’investigation, les études sont ma principale méthode d’exploration et ma voie vers la peinture. C’est-à-dire, que quand je commence, je n’ai pas de but ou d’image en tête de l’aspect final du tableau. J’explore le potentiel d’un élément, et progressivement de plusieurs éléments.
  • L’Esprit de l’œil, Bridget Riley (trad. Emmelene Landon), éd. Beaux-arts de Paris, 2008  (ISBN 978-2-84056-282-5), chap. Conversation avec Lynne Cooke, 2005, p. 274


Autres citations[modifier]

J'ai conçu Continuum en 1963 pour ma deuxième exposition personnelle à la Gallery One. Il s'agissait de la plus grande peinture que j'avais jamais faite et je voulais que le spectateur soit « dans » l'œuvre, qu'il en fasse partie. […] Cette expérience indiquait une direction que je ne voulais pas emprunter. Elle était trop littérale, puisque le spectateur se trouvait « dans » l'œuvre au sens propre alors que je ne souhaitais qu'une absorption visuelle. J’abandonnée Continuum et celle-ci se détériora. Je comprends pourtant qu’elle peut présenter un intérêt aujourd’hui.
  • Exposition, « L’œil moteur. Art optique et cinétique, 1950-1975 », musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg, 2005.
  • L’œil moteur. Art optique et cinétique, 1950-1975, Collectif, éd. Musées de Strasbourg, 2005  (ISBN 2-901833-92-6), p. 50


Citations rapportées[modifier]

Citations sur[modifier]

Formalistes, les œuvres de Riley conservent néanmoins la faculté de créer l’illusion ou, pour paraphraser Ernst Gombrich, une puissance magique de métamorphose, que les mots ne peuvent exprimer.
  • L’Art et l’Illusion, trad. remaniée dans Gombrich : l’essentiel, 2003.


Voir aussi[modifier]

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