Alain Finkielkraut

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Alain Finkielkraut (2013).
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Alain Finkielkraut est un philosophe français, écrivain et auteur de nombreux essais, né à Paris le 30 juin 1949.

Le Juif imaginaire, 1980[modifier]

Seul dans son coin, le gamin hébété contemple sa blessure. Il n'est pas le semblable de ses semblables, il a reçu en pleine figure le choc de son appartenance à une tribu méprisée. Juif : il n'aura pas trop de sa vie entière pour apprivoiser la violence de cette révélation.
  • Le Juif imaginaire, Alain Finkielkraut, éd. Seuil, 1980  (ISBN 2-02-006416-2), p. 10


La Sagesse de l'amour, 1984[modifier]

Il existe, dans de nombreuses langues, un mot qui désigne à la fois l'acte de donner et celui de prendre, la charité et l'avidité, la bienfaisance et la convoitise - c'est le mot : amour.


Même disponible, même à portée de caresse, le visage aimé manque, et ce manque est la merveille de l'altérité.


L'amour fait de vous l'otage d'un absent que vous ne pouvez ni fixer, ni esquiver, ni éconduire. Cette emprise est le désespoir de l'amoureux, et son trésor le plus cher.


La perception démocratique libère les fous de la différence dont ils étaient prisonniers, ce qui fait que pour la première fois, ils dérangent la société, et, en même temps, ils lui incombent. De ce malaise et de cette responsabilité est née l'institution asilaire, formation de compromis entre le souci de prendre en charge la folie et le besoin de s'y soustraire.


Et c'est parce que la sagesse et l'amour ne sont pas des divertissements, mais des vocations indésirables, des charges lourdes à porter, que l'humanité oscille entre les deux pôles d'une morale sans délibération et d'un impérialisme sans morale.


L'Humanité perdue : essai sur le XXe siècle, 1996[modifier]

Améry est payé pour connaître le risque mortel que fait peser sur le monde le culte de l'appartenance, la segmentation de l'humanité et l'enfermement des individus dans leur race ou dans leur culture.
  • L'Humanité perdue : essai sur le XXe siècle, Alain Finkielkraut, éd. Le Seuil, 1996, p. 147


L'Ingratitude. Conversation sur notre temps, 1999[modifier]

“Réforme” est le maître mot du langage politique actuel, et “conservateur” le gros mot que la gauche et la droite s'envoient mutuellement à la figure. Concept polémique, le conservatisme n'est plus jamais endossé à la première personne : le conservateur, c'est l'autre, celui qui a peur, peur pour ses privilèges ou pour ses avantages acquis, peur de la liberté, du grand large, de l'inconnu, de la mondialisation, des émigrés, de la flexibilité, des changements nécessaires.
  • L'Ingratitude. Conversation sur notre temps, Alain Finkielkraut, éd. Gallimard, 1999  (ISBN 2-07-075478-2), p. 136

Nous autres, modernes, 2005[modifier]

Il faut être sourd, aveugle et amnésique pour croire qu'il y a encore une fracture sociale. Les barrières ont cédé : l'indifférenciation règne. Du bas en haut de l'échelle, des marges à la jet set, le même homme démocratique, soucieux d'être authentiquement ce qu'il est par-delà le rôle, le rang ou le moment, déchire le voile des convenances et s'exprime avec la même décontraction, dans le même idiome relâché.


Tout est télé à l'âge de la télé. La présence devient télé-présence; la réalité, télé-réalité; le travail, télé-travail; le lointain, télé-prochain; la compassion, téléthon; la liberté, télé-liberté c'est-à-dire impatience, caprice, boulimie du zappeur; l'égalité, enfin, télé-égalité c'est-à-dire équivalence généralisée et liquéfaction des différences entre le Même et l'Autre, le privé et le public, l'art et le babil - dans l'océan audiovisuel.


Faut-il être moderne ? À cette question, suscitée par une confidence inattendue de Barthes, Arendt et Péguy nous commandent de répondre par une autre question : comment lorsqu'on est attaché à la promesse moderne de ne laisser personne à la porte du monde hérité, ne pas être anti-moderne ?


Ce que les anciens appelaient démesure ou péché façonne notre paysage quotidien et nous avançons, nous avançons tout le temps. À la limite, nous répliquons automatiquement par l'enjambée. Mais le lyrisme, la fierté et la joie conquérante accompagnent-ils encore ces sauts et ces bonds ? Où est, aujourd'hui, pour nous le destin ? Dans les frontières ou dans leur dépassement ? Dans ce qui nous est donné pour impossible ou dans l'impossibilité où nous sommes de nous arrêter, de faire le point et même de ralentir ?


L'homme, ce vivant à brève échéance, ce perpétuel mourant, entreprend l'infini.


Un cœur intelligent , 2009[modifier]

Ce livre dont je caressais l’idée depuis des années serait resté dans les limbes si Nicolas Guerpillon ne m’avait fait, un jour, l’irrésistible proposition de construire ma bibliothèque idéale et si Shlomo Malka n’avait accueilli nos entretiens sur RCJ, la radio qu’il dirige.
  • Un cœur intelligent, Alain Finkielkraut, éd. Stock/Flammarion, 2009  (ISBN 978-2-234-06259-7), p. 10


Interviews[modifier]

Nous avons la preuve effarante que l’équipe de France n’est pas une équipe, c’est une bande de voyous qui ne connaît qu’une seule morale, celle de la mafia… On a rêvé avec l'équipe de la génération Zidane, aujourd'hui on a plutôt envie de vomir avec la génération caillera…Il est temps de ne plus confier le destin de l'équipe à des voyous arrogants et inintelligents et de sélectionner des gentlemen… Il faut prendre acte de ce qui se passe, des divisions qui minent cette équipe, ces clans, ces divisions ethniques, ces divisions religieuses…
  • Alain Finkielkraut, 20 juin 2010, dans Europe 1 : À propos de l'équipe de France de football participant à la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud et des propos adressés par Nicolas Anelka à Raymond Domenech..


Je suis né à Paris et suis le fils d’immigrants polonais, mon père a été déporté de France, ses parents ont été déportés et assassinés à Auschwitz, mon père est rentré d’Auschwitz en France. Ce pays mérite notre haine. Ce qu’il a fait à mes parents était beaucoup plus brutal que ce qu’il a fait aux Africains. Qu’a-t-il fait aux Africains ? Il n’a fait que du bien. Mon père, il lui a fait vivre l’enfer pendant cinq ans. Et on ne m’a jamais enseigné la haine. Aujourd'hui la haine des noirs est encore plus forte que celle des arabes.


Il y a des chercheurs qui quand on leur chie sur la tête, photographient les étrons en disant: "on va les étudier parce que c'est la beauté du mouvement social".


On propose à nos sociétés un avenir multiculturel, et le grand paradoxe du multiculturalisme, c’est que toutes les cultures sont les bienvenues à l’exception d’une seule, la culture du pays hôte. Pour être authentiquement multiculturelle, pour accueillir la diversité comme il se doit, la France est tenue de ne plus être une nation substantielle, mais une nation procédurale simplement vouée à organiser la coexistence des communautés qui la composent.


Le “portable” rend énormément de services ; c'est bien pour ça d'ailleurs que sa présence, la présence de cet objet nomade, est irréversible. Mais le “portable” a commis en même temps des dégâts absolument irréparables. Les rues ont changé, la manière dont les gens se croisent n'est plus la même… On a l'impression que les rues sont habitées par des psychotiques qui parlent tout seuls, très fort, tout le temps. […] La montée des incivilités est accompagnée par la technologie – et même pas l'internet, parce que ce qu'on a remarqué aussi c'est la violence des débats. Ce nouveau type d'écriture, si vous voulez, désinhibe complètement ceux qui l'utilisent : rien ne les arrête, tout est immédiatement dit, tout est immédiatement communiqué… Ce que je n'aime pas dans la technologie actuelle, c'est qu'elle est paradoxalement une sorte de retour à la nature, et une remise en cause de toutes les médiations qui rendent la vie un peu plus humaine.


L’écran, qui envahit tout, est lui-même envahi par une nouvelle caste dominante qui se croit libérée des préjugés bourgeois alors qu’elle s’est affranchie de tout scrupule, caste dont les goûts, la langue, la connivence régressive, l’hilarité perpétuelle, l’obscénité tranquille et le barbotement dans la bassesse témoignent d’un mépris souverain pour l’expérience des belles choses que les professeurs ont la charge de transmettre.


Je suis fier et heureux d'être membre de cette institution anachronique.
  • Phrase extraite de l'entretien accordé le 10 avril 2014 à Jérôme Béglé, journaliste du site Lepoint.fr, après l'annonce de son élection à l'Académie française au premier tour de scrutin, par 16 voix sur 28 suffrages exprimés.
  • « Alain Finkielkraut à l'Académie Française : sa première interview », Jérôme Béglé (journaliste) et Alain Finkielkraut, Lepoint.fr, 10 avril 2014 (lire en ligne)


Polanski n'est pas le violeur de l'Essonne. Polanski n'est pas pédophile. Sa victime, la plaignante, qui a retiré sa plainte, qui n'a jamais voulu de procès public, qui a obtenu réparation, n'était pas une fillette, une petite fille, une enfant, au moment des faits.


Citations sur Alain Finkielkraut[modifier]

J’irai en fait jusqu’à postuler que Finkielkraut est lui-même le symbole ultime de l’effondrement de la civilisation occidentale, ou du moins une preuve de l’éradication de la civilisation française.
  • (en) I would actually argue that Finkielkraut is himself the ultimate emblem of the collapse of Western Civilization or at least an evidence of the eradication of the French one.


Finkielkraut a bien raison de dire que l’antiracisme sera au XXIème siècle ce que fut le communisme au XXème, c’est-à-dire une nouvelle religion de substitution qui persécute et terrorise, mais dans la langue de l’amour et de l’égalité.


En tant que français, Jamel Debbouze est beaucoup plus important qu’Alain Finkielkraut.
  • « Littérature : « La revendication de la laïcité, c’est l’autre nom de l’islamophobie », Emmanuel Todd », ., clique.tv, 28 mai 2015 (lire en ligne)


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