Temps

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Le Temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.

La durée des choses en tant qu'elle est mesurée ou mesurable.

  • Dictionnaire de la Langue Française, Emile Littré, éd. Encyclopedia Britannica France, 2001, t. 6, p. 6236


Philosophiquement : « Idée qui résulte en nous de la comparaison entre l'état successif et la coexistence, états dont la mémoire nous donne le sentiment [...]. »

  • Dictionnaire de la Langue Française, Emile Littré, éd. Encyclopedia Britannica France, 2001, t. 6, p. 6236


Le mot temps est un homonyme qui peut prendre différentes significations en fonction du contexte d'usage.

Sommaire

A classer[modifier]

Claude Bernard[modifier]

Rien ne se manifeste immédiatement, il y a toujours un travail préparatoire souterrain dont on ne s'aperçoit pas

  • Principe de médecine expérimentale, Claude Bernard, éd. P.U.F, 1947, p. 270


Enseignement[modifier]

Cours de littérature européenne[modifier]

Vladimir Nabokov, Littératures, 1941-1958[modifier]

Jean Cocteau a appelé l'oeuvre « une miniature géante, pleine de mirages, de jardins surimposés, de parties jouées entre l'espace et le temps ».

  • Cocteau repris dans un cours qui concerne l'oeuvre proustienne Du côté de chez Swann — dispensé par Vladimir Nabokov dans différentes universités américaines entre 1941 et 1958.
  • Littératures (1980), Vladimir Nabokov (trad. Hélène Pasquier), éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010, partie Littératures I, Marcel Proust (1871-1922) — Du côté de chez Swann (1913), p. 287


Littérature[modifier]

Biographie[modifier]

Romain Rolland, Vie de Beethoven, 1815[modifier]

Pour rapprocher du passé le « devenir », il faut dire que le passé a engendré le présent. Prophéties effroyables, vous êtes devenues « terrestres » et avez été sauvées par la poésie et par votre signification.

  • 1815
  • Vie de Beethoven, suivie de ses carnets intimes et d'un choix de textes, Romain Rolland (trad. M.V. Kubié), éd. Le Club Français du Livre, 1949, p. 79


Critique[modifier]

Écrits intimes[modifier]

Claire Julliard, Boris Vian, 2007[modifier]

Le temps perdu c'est le temps pendant lequel on est à la merci des autres.

  • Propos de Boris Vian rapportés par la biographe Claire Julliard.
  • Boris Vian (2007), Claire Julliard, éd. Folio, coll. Biographies, 2007 (ISBN 978-2-07-031963-3), L'entrée en littérature, p. 27


Essai[modifier]

Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française, 2005[modifier]

[Diderot] est très moral, n’aime pas les plaisanteries chez les autres, veut que le passé soit un modèle, le présent un exemple et le futur un ordre.

  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 253


Les temps présents, c'est leur principe, sont persuadés d'être plus astucieux que les temps passés, et ce n'est jamais sur cette prétention qu'ils seront jugés, puisque les temps futurs auront la même.

  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 641

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Manifeste[modifier]

René Crevel, Note en marge du jeu de la vérité, 1934[modifier]

Le scandale, non seulement n’est pas à fuir, mais encore, mais au contraire, il doit être reconnu d’utilité publique. Il ne s’ensuit d’ailleurs pas qu’il faille s’y limiter, le limiter à lui-même. Vouloir le scandale pour le scandale, ce serait encore choisir une retraite, ce serait pétrifier une phase, arrêter un mouvement, donc se castrer du possible, du nouveau et déclarer la guerre au temps à venir. Ce serait, en somme, tirer de simples feux d’artifices contre un état de choses à réduire sans pitié.

  • « Note en marge du jeu de la vérité », René Crevel, Documents 34, nº 20, Avril 1934, p. 23


Poésie[modifier]

Hadrianus Junius, XVIè siècle[modifier]

Je suis le Temps volant, qui règle irrémédiablement l'ordre des choses [...].
Je ruine tout et ne laisse aucun vestige.

  • Les propos d'Hadrianus Junius accompagnent une gravure de Heemskerck, La Victoire du Temps
  • Heemskerck, l'humanisme, Hadrianus Junius, éd. Musée des Beaux-Arts de Rennes, 2010, p. 145


Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1840[modifier]

L'Horloge

Horloge ! Dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible.
[...] Souviens-toi que le temps est avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! C'est la loi.
[...] Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! La dernière auberge !),
Où tout te dira : « Meurs, vieux lâche, il est trop tard ! »

  • « L'Horloge », dans Les Fleurs du mal (1857), Charles Baudelaire, éd. Lemerre, 1900?, partie Spleen et idéal, p. 136-137 (texte intégral sur Wikisource)


Jules Laforgue, Les Complaintes et les premiers poèmes, 1885[modifier]

Complainte du temps et de sa commère l'espace

Quand t'ai-je fécondée à jamais ? Oh ! ce dut
Être un spasme intéressant ! Mais quel fut mon but ?

  • « Complainte du temps et de sa commère l'espace », dans Les Complaintes et les premiers poèmes (1885), Jules Laforgue, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1979, p. 127


Henri de Régnier, Les jeux rustiques et divins, 1897[modifier]

Epigramme

Mes flèches ont percé les Heures, une à une,
Et le Temps a laissé tomber toutes ses plumes
Dans l’eau de ma tristesse ou l’onde de ma joie ;

  • « Epigramme », dans Les jeux rustiques et divins, Henri de Régnier, éd. Mercure de France, 1897, p. 33


Eglogue marine

L’heure, abeille qui sort, rentre guêpe à la la ruche

  • « Eglogue marine », dans Les jeux rustiques et divins, Henri de Régnier, éd. Mercure de France, 1897, p. 150


Espoir

L’instant s’esquive et part ; l’heure nargue et résiste ;
Saisis l’heure aux cheveux et l’instant à la nuque !

  • « Espoir », dans Les jeux rustiques et divins, Henri de Régnier, éd. Mercure de France, 1897, p. 154


Robert Desnos, Rrose Sélavy, 1922[modifier]

Le temps est un aigle agile dans un temple.

  • Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton.
  • « Rrose Sélavy », Robert Desnos, Littérature Nouvelle Série, nº 7, Décembre 1922, p. 16


Jacques Guigou, Par les fonds soulevés, 2010[modifier]

Qu’elles passent

ces eaux si lourdes de durée

que survienne le torrent

qui ne mesure pas le temps

  • « A cet instant nécessaire et juste », dans Par les fonds soulevés, Jacques Guigou, éd. L'Harmattan, 2010, p. 14


Poésie critique[modifier]

Jean Cocteau, Le Coq et l'Arlequin, 1918[modifier]

Le public n'adopte hier que comme une arme pour frapper sur maintenant.

  • Le Coq et l'Arlequin — Notes autour de la musique, Jean Cocteau, éd. Ed. De la Sirène, 1918, p. 45


Publics. — Ceux qui défendent aujourd’hui en se servant d’hier, et qui pressentent demain (1 pour cent).
Ceux qui défendent aujourd’hui en détruisant hier et qui nieront demain (4 pour cent).
Ceux qui nient aujourd’hui pour défendre hier, leur aujourd’hui (10 pour cent).
Ceux qui s’imaginent qu’aujourd'hui est une erreur et donnent rendez-vous pour après-demain (12 pour cent).
Ceux d’avant-hier qui adoptent hier pour prouver qu’aujourd'hui sort des limites permises (20 pour cent).
Ceux qui n’ont pas encore compris que l'art est continu et s’imaginent que l’art s’est arrêté hier pour reprendre peut-être demain (60 pour cent).
Ceux qui ne constatent ni avant-hier, ni hier, ni aujourd’hui (100 pour cent).

  • Le Coq et l'Arlequin — Notes autour de la musique, Jean Cocteau, éd. Ed. De la Sirène, 1918, p. 45-46


Prose poétique[modifier]

André Breton, Poisson soluble, 1924[modifier]

Dites-lui que son temps m'est précieux et que dans le chandelier de ma tête flambent toutes ses rêveries.


Pendant que nous dormons, la reine des volontés, au collier d'étoiles éteintes, se mêle de choisir la couleur du temps.


Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924[modifier]

Pauvre étoile brillante à l'abri des pêcheurs elle étend voluptueusement ses cinq branches délicates et fait tant que l'huître libère à la fin la perle dont le temps et la maladie lui avaient fait don.


Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927[modifier]

Où est-il le temps des galères et celui des caravelles ? Il est loin comme une minute de sable dans le trébuchet du destin.


— Semelle ? Semaine ? le temps et l’espace. Tout rapport entre eux est celui de la haine et des ailes.
— L’oseille est en effet un mets de choix, un mets de roi.
— Mois, déchet.
— Mot à mot, tome à tome, motte à motte, ainsi va la vie.


Corsaire Sanglot sentait croître une estime nouvelle pour lui-même et en lui-même. Depuis qu’il avait compris et accepté la monotonie de l’Éternité, il avançait droit comme un bâton à travers les aventures, lianes glissantes, qui ne l’arrêtaient pas dans sa marche. Une exaltation nouvelle avait succédé à la dépression. Une espèce d’enthousiasme à rebours qui lui faisait considérer sans intérêt l’échec de ses plus chères tentatives. La liberté du temps l’avait enfin conquis.


Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958[modifier]

Issue

Viens, mon amour, viens cueillir les éclairs dans le jardin nocturne. Prends ce bouquet d'étincelles bleues, viens avec moi arracher quelques heures incandescentes à ce bloc de temps pétrifié, unique héritage que nous laissèrent nos parents.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Issue, p. 84


Papillon d'obsidienne

Prends mon collier de larmes. Je t'attends de ce côté du temps où la lumière inaugure un règne heureux : le pacte des jumeaux ennemis, l'eau qui fuit entre les doigts et la glace, pétrifiée comme une reine dans son orgueil. Là tu fendras mon corps en deux pour épeler les lettres de ton destin.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Papillon d'obsidienne, p. 93


Roman[modifier]

Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900[modifier]

Lorsqu’il lui avait parlé du sloughi tremblant, n’avait-il pas deviné de quelles analogies naturelles l’actrice tirait les puissances d’expression qui émerveillaient les poètes et les peuples ? C’était parce qu’elle avait retrouvé le sens dionysiaque de la nature naturante, l’antique ferveur des énergies instinctives et créatrices, l’enthousiasme du dieu multiforme émergé de la fermentation de tous les sucs, c’était pour cela qu’elle apparaissait au théâtre si nouvelle et si grande. Quelquefois, elle avait cru sentir en elle-même l’imminence de ce prodige qui faisait se gonfler d’un lait divin le sein des Ménades à l’approche des petites panthères avides de nourriture.
Elle était là, debout sur l’herbe, agile et fauve comme le lévrier favori, pleine du souvenir confus d’une lointaine origine, vivante et désireuse de vivre sans mesure pendant l’heure brève qui lui était concédée. Elles étaient évanouies, les molles vapeurs des larmes ; tombées, les aspirations douloureuses vers la bonté et le renoncement, disparues, toutes les grises mélancolies du jardin abandonné. La présence de l’animateur élargissait l’espace, changeait le temps, accélérait le battement du cœur, multipliait la faculté de jouir, créait une fois encore le fantôme d’une fête magnifique. Elle était une fois encore telle qu’il voulait la façonner, oublieuse des misères et des craintes, guérie de tout mal triste, créature de chair qui vibrait dans le jour, dans la chaleur, dans le parfum, dans les jeux des apparences, prête à traverser avec lui les plaines évoquées et les dunes et les déserts dans la furie des poursuites, à s’enivrer de cette ivresse, à se réjouir au spectacle du courage, de l’astuce, des proies sanglantes.

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. II. L'empire du silence, p. 731


Thomas Mann, La Montagne magique, 1931[modifier]

Il tombe sous le sens que la nonchalance [des Russes] à l'égard du temps est en rapport avec la sauvage immensité de leur pays. Où il y a beaucoup d'espace, il y a beaucoup de temps ; ne dit-on pas qu'ils sont le peuple qui « a le temps » et qui peut attendre ? Nous autres Européens, nous ne le pouvons pas. Nous avons aussi peu de temps que notre noble continent, découpé avec tant de finesse, a d'espace ; nous sommes astreints à administrer l'un comme l'autre avec précision, nous devons songer à l'utile, à l'utilité.

  • La Montagne magique (1931), Thomas Mann (trad. Maurice Betz), éd. Arthème Fayard, coll. Le Livre de Poche, 1994, p. 363


André Breton, L'Amour fou, 1937[modifier]

La vie est lente et l'homme ne sait guère la jouer. Les possibilités d'atteindre l'être susceptible de l'aider à la jouer, de lui donner tout son sens, se perdent dans la carte des astres. Qui m'accompagne, qui me précède cette nuit encore une fois ? Demain reste fait de déterminations bon gré mal gré acceptées sans tenir compte de ces boucles charmantes, de ces chevilles pareilles à des boucles. Il serait temps encore de reculer.


John Steinbeck, À l'est d'Éden, 1952[modifier]

   — La notion de temps passé est une chose étrange et parfois contradictoire. Il serait raisonnable de supposer que des années passées dans la routine ou que nul événement n'a égayées paraissent interminables. Il devrait en être ainsi, mais cela n'est pas. Ce sont les années mornes qui ne laissent pas de traces. Une période d'action où s'inscrivent les blessures du drame ou les craquelures de la joie, laissent une impression de temps dans la mémoire, car il faut du temps pour se remémorer ce qui a marqué cette période. Les événements servent de points de repère pour la mémoire. D'un point à l'autre, il y a du temps passé. De rien à rien, il n'y a qu'un espace vide.


André Pieyre de Mandiargues, La Marge, 1967[modifier]

Aucun goût de pain grillé ou de thé ne demeure en sa bouche, et son estomac est exempt de la plénitude qui suit habituellement les repas. Pourtant, le plateau, qui est par terre, à côté du lit, fut dégarni du manger et du boire ; la tasse est sale ; la serviette de papier est en boule. L'habitant de la chambre dix-sept a donc consommé (comme disent les serveurs en France) son déjeuner en un passé obscur, plus proche du temps du songe et de la lune que du présent où le soleil sévit.


Robertson Davies, Le Manticore, 1972[modifier]

Le temps lui a donné raison, comme il le fait souvent avec les gens désagréables.

  • Le Manticore, Robertson Davies (trad. Lisa Rosenbaum), éd. Payot, 1989, p. 168


Louis-Ferdinand Céline, Maudits soupirs pour une autre fois, 1985[modifier]

Le temps c'est pas une faux qu'il a, c'est une sorte de louche et une marmite monstre, il fout tout dedans, il bascule, il s'amuse à tritouiller ça marmelade obscène, que tout se mélange confond s'embarbouille englue...


Daniel Pennac, Comme un roman, 1992[modifier]

Le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilatent le temps de vivre.

  • Comme un roman, Daniel Pennac, éd. NRF Gallimard, 1992, p. 125


Yasmina Reza, Hammerklavier, 1997[modifier]

Pourquoi suis-je attachée à ce livre et pas elle ?
Parce que moi je connais sa valeur dans le temps. Je connais l'extension du livre. Le livre est passé et avenir. [...] Le livre est déjà cruel, il est déjà perte, déjà il raconte un monde envolé.
Chaque jour il me blessera davantage. Chaque jour, il me dira que nous ne sommes plus.

  • A propos d'un livre « composé » avec sa fille deux ou trois ans auparavant


Que veut Dieu ?
Dieu se cache et veut qu'on le cherche. Telle est la réponse juive à cette question. Où se cache-t-il ? Nous le savons aussi : hors de la malédiction du temps. Cachette infernale et injuste qui fait prendre en grippe son locataire [...].


Didier van Cauwelaert, La Maison des lumières, 2009[modifier]

Je tourne en rond, je revis nos souvenirs en boucle, dans l'illusion que le bonheur passé finira par déteindre sur le présent pour nous redonner un avenir


Médias[modifier]

Pierre Morency, Réussite, mode d'emploi, 2010[modifier]

Cessez de gaspiller vos moments à planifier un futur qui vous permettrait de profiter du moment où vous êtes déjà.

  • « Réussite, mode d'emploi », Pierre Morency, propos recueillis par Laurence Caille, Migros Magazine, nº 29, 19 juillet 2010, p. 78-79


Van Ommeren, Duivestein, Devadoss, Reijnen & Gunvaldson, Collaboration in the cloud, 2009[modifier]

Comment passer de l'ère mécanique de la vitesse à l'ère numérique du temps réel ?

  • Citation partielle de Teemu Arina.
  • Collaboration in the cloud, Van Ommeren, Duivestein, Devadoss, Reijnen & Gunvaldson, éd. VINT, 2009 (ISBN 978-90-75414-27-1), p. 73


Philosophie[modifier]

Nicolas Grimaldi, Le Désir et le temps, 1992[modifier]

La placidité du présent dissimule en elle l’inquiétude de l’avenir.

  • Le Désir et le temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006 (ISBN 2-7116-1104-3), p. 237


Nicolas Grimaldi, Le Désir et le temps, 1971[modifier]

Le temps est […] toujours décevant puisqu’il est l’ajournement de l’avenir ; et toujours enivrant puisqu’il est la promesse de l’avenir. Cette ambiguïté est celle du désir : à la fois espérance et insatisfaction, joie de conquérir et tristesse de posséder, promesse et désenchantement…

  • Le Désir et le temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006 (ISBN 2-7116-1104-3), p. 250


On n’échappe pas au temps par l’aventure.

  • Le Désir et le temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006 (ISBN 2-7116-1104-3), p. 460


Michel Onfray, Le Désir d'être un volcan — Journal hédoniste I, 1996[modifier]

Lorsque Barbey d'Aurevilly écrit sur Brummell, c'est pour extraire une théorie de ce qu'après Balzac on pourrait appeler la vie élégante. La plus belle réussite d'un dandy est l'emploi de son temps, et non son argent. Car il méprise l'or dans lequel croupissent les bourgeois. Son chef-d’œuvre est sa liberté, l'acquisition de sa liberté. Je me souviens d'une belle phrase de Nietzsche qui écrivait qu'un homme qui ne dispose pas des deux tiers de son temps pour son propre usage n'est pas un homme libre.

  • Le Désir d'être un volcan — Journal hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, coll. Le Livre de Poche Biblio Essais, 1996 (ISBN 2-253-94263-4), chap. 9. Baudelaire, encore, p. 76


Étienne Gilson, Peinture et réalité, 1998[modifier]

Une œuvre musicale n'a […] d'existence que métaphoriquement parlant, dans le souvenir du passé et l'attente de l'avenir.

  • Peinture et réalité, Étienne Gilson, éd. Vrin, 1998, p. 18


Au piano, une ronde est une croche étirée dans le temps par la mémoire que nous en conservons.

  • Peinture et réalité, Étienne Gilson, éd. Vrin, 1998, p. 18


Augustin d'Hippone, Les Confessions, 397-398[modifier]

Et pourtant j’affirme hardiment, que si rien ne passait, il n’y aurait point de temps passé ; que si rien n’advenait, il n’y aurait point de temps à venir, et que si rien n’était, il n’y aurait point de temps présent.

  • Les Confessions (397-398), Augustin d'Hippone, éd. L. Guérin & Cie, 1864, p. 479


Propos de moralistes[modifier]

Maximes et réflexions sur différents sujets de morale et de politique, 1812[modifier]

Le temps use l'erreur et polit la vérité.

  • Maximes et réflexions sur différents sujets de morale et de politique, Gaston, duc de Lévis, éd. Renouard, 1812, vol. 1, p. 5


Attiré par la nouveauté, mais esclave de l'habitude, l'homme passe sa vie à désirer le changement et à soupirer après le repos.

  • Maximes et réflexions sur différents sujets de morale et de politique, Gaston, duc de Lévis, éd. Renouard, 1812, vol. 1, p. 9


Le passé est soldé, le présent vous échappe, pensez à l'avenir.

  • Maximes et réflexions sur différents sujets de morale et de politique, Gaston, duc de Lévis, éd. Renouard, 1812, vol. 1, p. 9


Le temps est comme l'argent ; n'en perdez pas, et vous en aurez assez.

  • Maximes et réflexions sur différents sujets de morale et de politique, Gaston, duc de Lévis, éd. Renouard, 1812, vol. 1, p. 9


Psychanalyse[modifier]

Marthe Robert, La Révolution psychanalytique, 1964[modifier]

Éros et la mort

Le Ça ignore la négation, la contradiction, le sentiment de la durée et la notion du temps bien entendu, il ne connaît pas davantage les jugements de valeur, le bien et le mal, la morale. Tout ce qu'il n'est pas appartient aux deux autres instances, le Moi et le Surmoi, auxquelles incombent l'organisation et le maintien de la vie psychique.

  • La révolution psychanalytique — La vie et l'oeuvre de Freud (1964), Marthe Robert, éd. Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 1989 (ISBN 2-228-88109-0), 25. Éros et la mort, p. 362


Le Moi est la partie la plus superficielle de l'appareil, une portion du Ça modifiée par la proximité et l'influence du monde extérieur, organisé pour percevoir les excitations et s'en défendre. Il est ce qui conçoit le temps et l'espace, possède une aptitude à prévoir et à opérer des synthèses. Bref, il est doué d'un haut degré d'organisation qui lui permet d'accomplir précisément ce dont le Ça est incapable. Si ce dernier est le royaume des passions déchaînées, il est, lui, celui de la prudence et de la raison.

  • La révolution psychanalytique — La vie et l'oeuvre de Freud (1964), Marthe Robert, éd. Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 1989 (ISBN 2-228-88109-0), 25. Éros et la mort, p. 362


Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010[modifier]

Libertinage, le plaisir et la joie

Dans la prédation morale, il s'agit en peu de mots d'un asservissement caractérisé qui essaie, dans une majorité des cas, de s'étaler dans le temps. Régulièrement, il trahit la confiance qu'il a pu inspirer.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Les libertins sont-ils des pervers ?, Bornes et étendue de la perversion, p. 18


Psychologie[modifier]

Mary Esther Harding, Les Mystères de la femme, 1953[modifier]

Dans les textes tantriques [...] il est dit que l'évolution de la conscience passe, grâce au croissant, de la région humide à la zone enflammée du soleil, et de là, à travers la région de l'air, à la pleine lune. Celui qui atteint la pleine lune « voit les trois périodes et a la vie longue », il est aux portes de la « grande libération ». Ces trois périodes sont le passé, le présent et l'avenir. Elles correspondent aux trois mondes des mythes de la lune : les enfers, la terre et les cieux. [...] en termes de psychologie, celui qui a atteint au royaume de la pleine lune a gagné la connaissance de l'inconscient qui est source, passé, origine ; il possède la puissance dans le monde présent, son regard pénètre l'avenir. En un sens il échappe au temps dont il transcende les limites. Il a acquis l'immortalité.

  • Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 2-228-89431-1), chap. XIV. Renaissance et immortalité, p. 317


Paul-Claude Racamier, Les Schizophrènes, 1980[modifier]

Préambule et divertimento

Suspendu dans un temps sans durée, le schizophrène n'a point d'histoire. Ni la sienne ne compte, ni celle de la race et de la culture.


[...] lancés comme nous sommes dans les méandres des paradoxes, irons-nous en voyage au sud de l'Italie, à Élée, aujourd'hui Velia, dans un paysage merveilleusement virgilien d'oliviers et de lauriers-roses, jadis fréquenté par Énée un des premiers armateurs grecs à la recherche d'un siège social en Italie entre le cap Palinuro où il perdit son pilote, et le cap Leucosie, où il rejoignit une starlette, ou une nymphe, qui l'attendait dans une vaste propriété aujourd'hui privée ? A Élée nous retrouverions Parménide, qui aimait l'éternité, et surtout Zénon, champion des apories et des paradoxes, Zénon qui avait installé une fabrique de flèches n'atteignant jamais leur cible mobile, et qui organisait des courses entre lièvres et tortues, que nul ne gagnait jamais. Faut-il être fou, faut-il être schizophrène pour assurer qu'on peut arrêter le temps avec sa tête ! Alors, schizo, Zénon ? Freud disait à peu près que les philosophies sont les délires des bien-portants et vous vous rappelez que j'ai pris soin de distinguer la folie de la psychose. Irons-nous cependant penser que, dirigée ainsi qu'elle l'était par des gens comme Parménide et Zénon, Élée était une cité folle ? Eh bien pas du tout. Je me suis laissé dire que nulle part aux temps antiques la démocratie n'a mieux réussi qu'à Élée ce qui donne à penser que mieux vaut penser les paradoxes, mieux vaut certes les penser, que les semer comme peaux de bananes sous les semelles de ses congénères, comme il en est qui aiment à le faire.


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