Étienne Gilson

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Étienne Gilson, né le 13 juin 1884 à Paris et mort le 19 septembre 1978 à Auxerre (Yonne), est un philosophe et historien français, qui fut notamment professeur à la Sorbonne, à Harvard, au Collège de France et membre de l'Académie française. Il est universellement reconnu comme un maître dans l'histoire de la pensée médiévale.

Le Thomisme, introduction au système de saint Thomas, 1919[modifier]

La souveraine félicité de l'homme ici-bas est d'anticiper, si confusément que ce puisse être, la vision face-à-face de l'immobile éternité.
  • Le Thomisme, introduction au système de saint Thomas (1919), Étienne Gilson, éd. Vrin, 1986, p. 35

L'Esprit de la philosophie médiévale, 1932[modifier]

Nul ne songerait aujourd'hui à parler d'une mathématique chrétienne, ou d'une biologie chrétienne, ou d'une médecine chrétienne. Pourquoi ? Parce que la mathématique, la biologie et la médecine sont des sciences et que la science est radicalement indépendante de la religion dans ses conclusions comme dans ses principes. L'expression de "philosophie chrétienne", dont on use, n'est cependant en rien moins absurde et la seule chose à faire est donc de l'abandonner.
  • L'esprit de la philosophie médiévale (1932), Étienne Gilson, éd. Vrin, 1989, p. 3


La route vers Dieu est facile parce qu'on y avance en se déchargeant.
  • L'esprit de la philosophie médiévale (1932), Étienne Gilson, éd. Vrin, 1989, p. 268


Là ou la pensée grecque admet une nécessité antirationnelle, la philosophie chrétienne brise cette nécessité parce qu'elle est irrationnelle.
  • L'esprit de la philosophie médiévale (1932), Étienne Gilson, éd. Vrin, 1989, p. 351


Le Philosophe et la Théologie, 1960[modifier]

Par un extraordinaire renversement de l'histoire, le monde de l'Islam, dont les savants avaient favorisés de façon décisive la naissance et l'essor de la philosophie scolastique, se ferma lui-même à la philosophie au moment ou le monde chrétien lui faisait largement accueil. [...] Une éducation exclusivement consacrée à inculquer aux enfants la foi coranique a produit des générations dont, jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'esprit est resté imperméable à toute influence venue d'ailleurs. On ne connait pas d'exemple comparable d'une stérilisation intellectuelle de peuples entiers par la foi religieuse. Si l'on doute de l'effet produit sur les intelligences, il suffit de comparer ce que fut le peuple berbère et, généralement parlant, les peuples habitant l'Afrique du Nord, avant leur conquête par l'Islam et ce qu'ils sont devenus depuis. Presque tous les Pères latins sont des Africains. Tertullien de Carthage, le Numide Arnobe de Sicca et son élève Lactance, saint Cyprien de Carthage, Victorinus l'Africain, le Berbère saint Augustin, bref toute cette glorieuse tête de colonne de la patristique latine [...], que de dons splendides de l'Afrique à l'Église de Rome pendant que celle-ci n'avait encore à mettre en balance que saint Ambroise et saint Jérôme !
  • Le Philosophe et la Théologie (1960), Étienne Gilson, éd. Vrin, 2005, p. 175-176


Divers[modifier]

Nous vivons en un temps et dans un milieu saturé d'idées chrétiennes qui ne se souviennent plus de leur origine.
  • Étienne Gilson, 1943, Collège de France, dans Initiation médiévale la philosophie au douzième siècle, paru chez Albin Michel, 1980, p.15, Marie-Madeleine Davy.


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