Nicolas Grimaldi

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Nicolas Grimaldi est un philosophe français. Né en 1933, il a occupé à la Sorbonne la chaire d'histoire de la philosophie moderne puis celle de métaphysique.


Le Désir et le temps, 1992[modifier]

Voir le recueil de citations : Le Désir et le temps

Ontologie du temps, 1993[modifier]

Il n’est de conscience que séparée ; et il n’est pour la conscience séparation que du temps.


Nous faisons d’autant plus l’expérience du temps que nous faisons moins celle du mouvement et du changement.


N’avons-nous pas souvent conscience d’avoir dispersé l’unité de notre vie en une multitude dérisoire d’attentes ?

L'ardent sanglot. Cinq études sur l'art, 1994[modifier]

L'art [est] le plus subreptice et le plus pernicieux instrument de dénigrement de l'existence. Loin d'en être l'exaltation, c'est lui qui nous la fait diffamer.
  • L'ardent sanglot. Cinq études sur l'art, Nicolas Grimaldi, éd. Encre marine, 1994  (ISBN 2-909422-08-9), p. 181


Études cartésiennes : Dieu, le temps, la liberté, 1996[modifier]

Le péché est la négativité de l’inquiétude : un coupable répit, une halte dans la finitude, une paresse métaphysique, une lassitude, un abandon.
  • Études cartésiennes : Dieu, le temps, la liberté, Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 1996  (ISBN 2-7116-1262-7), p. 126


Bref traité du désenchantement, 1998[modifier]

Reine des facultés, l'imagination ne l'est qu'autant qu'elle semble nous livrer un royaume où il n'y a rien qui ne soit à notre convenance et à notre merci.
  • Bref traité du désenchantement, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 1998, p. 7


Le Travail. Communion et excommunication, 1998[modifier]

Tout l’ordre social, pour aléatoire et injuste qu’il soit, si absurde et même si scandaleux qu’il puisse être, n’est fondé que sur une ordinaire, diffuse et commune persuasion.
  • Le Travail. Communion et excommunication, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, coll. « Questions », 1998  (ISBN 2-13-048999-0), p. 85


La société n’est qu’un spectacle. Ce qu’on est convenu d’appeler l’ordre social n’en est que la distribution des rôles.
  • Le Travail. Communion et excommunication, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, coll. « Questions », 1998  (ISBN 2-13-048999-0), p. 85
S’il n’y a pas d’autre fondement, d’autre justification possibles de la propriété que le travail, nul n’est fondé ni justifié à posséder plus qu’il n’a travaillé.
  • Le Travail. Communion et excommunication, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, coll. « Questions », 1998  (ISBN 2-13-048999-0), p. 105


Contrairement aux besoins physiologiques qui sont généralement, normalement, presque aussitôt satisfaits qu’éprouvés, insatiables sont les besoins sociaux, presque aussitôt exaspérés que satisfaits.
  • Le Travail. Communion et excommunication, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, coll. « Questions », 1998  (ISBN 2-13-048999-0), p. 119


À notre insu, subrepticement, nous sommes si sociables qu’il nous est presque impossible de prendre conscience de nous-mêmes autrement que par l’image que nous imaginons donner de nous-mêmes à autrui.
  • Le Travail. Communion et excommunication, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, coll. « Questions », 1998  (ISBN 2-13-048999-0), p. 134


Lorsqu’un paysage ou une scène nous émeuvent, comme nous nous sentons privés que personne n’en partage avec nous l’expérience !
  • Le Travail. Communion et excommunication, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, coll. « Questions », 1998  (ISBN 2-13-048999-0), p. 134
Nous voulons être reconnus à la fois comme identiques et comme différents. Identiques, pour n’avoir pas honte de notre différence. Différents, pour tirer quelque fierté de notre distinction.
  • Le Travail. Communion et excommunication, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, coll. « Questions », 1998  (ISBN 2-13-048999-0), p. 182


Qui n’eût souhaité sentir dans la médiation de son travail l’effusion de sa propre vie transfusée dans celle de l’humanité, comme une source s’exalterait de penser que la mer ne serait pas pareille sans son eau ?
  • Le Travail. Communion et excommunication, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, coll. « Questions », 1998  (ISBN 2-13-048999-0), p. 208


Ne sachant ni exactement ce qu’il donne, ni moins encore à qui, ni même de quelle façon, le travail est donc, comme une offrande mystique, la forme anonyme d’un don. Il est même le seul véritable don, puisqu’il est la seule manière de se donner tout entier en s’effaçant dans ce qu’on donne.
  • Le Travail. Communion et excommunication, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, coll. « Questions », 1998  (ISBN 2-13-048999-0), p. 264

Ambiguïtés de la liberté, 1999[modifier]

Notre identité n'est pas chose faite, toujours déjà constituée, mais une perspective toujours ouverte, l'attente de possibles indéterminables.
  • Ambiguïtés de la liberté, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 1999  (ISBN 2-13-050310-1), p. 45


Si le propre de la vie est d'adapter l'individu à son milieu, le propre de la volonté est de l'en soustraire.
  • Ambiguïtés de la liberté, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 1999  (ISBN 2-13-050310-1), p. 97


Nous avons dû les céder à l'effacement, à l'évanescence et à la mort tous ces instants qu'aucune tâche n'a requis et que nous avons vécus sans les employer à rien.
  • Ambiguïtés de la liberté, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 1999  (ISBN 2-13-050310-1), p. 104


Se reconnaître comme une simple médiation, savoir que nous n'avons pas plus de réalité ni de destin propres qu'une vague sur la mer, c'est n'accorder à notre moi que l'identité d'une tenace apparence : c'est en être délivré.
  • Ambiguïtés de la liberté, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 1999  (ISBN 2-13-050310-1), p. 159


Traité des solitudes, 2003[modifier]

Voir le recueil de citations : Traité des solitudes

Traité de la banalité, 2005[modifier]

Venir au monde, c'est le découvrir déjà constitué. Alors même que tout est pour nous commencement, tout est en lui continuité. Il n'est rien que nous voyions qui ne s'ensuive de quelque chose que nous n'avons pas vu.
  • Traité de la banalité, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2005  (ISBN 2-13-055218-8), p. 13


Nous ne nous sentons jamais vraiment contemporains du présent.
  • Traité de la banalité, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2005  (ISBN 2-13-055218-8), p. 15


Le caractère originairement expressif de tout le monde humain nous fait spontanément reconnaître le plus minime détail comme un signe, tout signe comme une déclaration d’intention, et cette intention comme révélatrice du choix originaire qu’a fait une personne de son attitude par rapport aux autres et au monde.
  • Traité de la banalité, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2005  (ISBN 2-13-055218-8), p. 21


La vie, comme la conscience, est retirée et comme enfermée dans l’unité d’un individu d’où elle tend cependant à se diffuser et à se communiquer, comme si elle rayonnait.
  • Traité de la banalité, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2005  (ISBN 2-13-055218-8), p. 44


Comme la vie, le travail est le dynamisme de l’avenir dans le présent. […] Ce qui rend le travail encore plus semblable à la vie est l’identique transfusion qu’il opère entre la vie de l’espèce et celle de l’individu.
  • Traité de la banalité, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2005  (ISBN 2-13-055218-8), p. 70


Peut-être n’y a-t-il qu’un seul désir, qui est celui de mettre fin à notre solitude.
  • Traité de la banalité, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2005  (ISBN 2-13-055218-8), p. 126


Parce que la vie est comme une énergie, un flux, ou un rayonnement, on sent d'autant plus ce qu'on en a reçu qu'on se sent le communiquer davantage. Aussi ne peut-on qu'éprouver toute impossibilité de s'exprimer ou de se communiquer comme une solitude, et la solitude comme une assignation à vivre avec la mort.
  • Traité de la banalité, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2005  (ISBN 2-13-055218-8), p. 291


Descartes et ses fables, 2006[modifier]

Pour être fondé et avoir la moindre pertinence, tout le projet cartésien requiert [...] comme une condition préalable cette faramineuse arrogance logique : « Il suffit de bien juger pour bien faire. » Il suffit ! Toute la superbe et tout le défi de la logique cartésienne sont résumés dans cette suffisance qui suppose une entière réductibilité de l’ordre de l’agir à celui du savoir, et par conséquent de l’ordre de la nature à celui de l’esprit.
  • Descartes et ses fables, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2006  (ISBN 2-13-055614-0), p. 34


Le livre de Judas, 2006[modifier]

Aucune graine ne devient un arbre que par un perpétuel travail sur soi-même tirant de ce qu'on est toujours plus que ce qu'on était.


Préjugés et paradoxes, 2007[modifier]

Ce qui nous bouleverse dans ce que nous voyons n’est […] en fait que ce qui en est invisible, mais qu’il nous fait imaginer.


Au plus intérieur, au plus secret de nous-mêmes, l’avenir est un vide que nous nous efforçons en vain de remplir à chaque instant. Car vivre c’est attendre.


Le problème […] ne consiste pas à se demander quel est le but ou le bout du chemin, mais seulement à découvrir la meilleure manière de marcher.


Proust, les horreurs de l'amour, 2008[modifier]

Voir le recueil de citations : Proust, les horreurs de l'amour

Une démence ordinaire, 2009[modifier]

Voir le recueil de citations : Une démence ordinaire


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