Art

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Allégorie des artsFrancesco de Mura (1750)

L'art (du latin ars, artis « habileté, métier, connaissance technique ») est une activité humaine, le produit de cette activité ou l'idée que l'on s'en fait, consistant à arranger entre eux divers éléments en s'adressant délibérément aux sens, aux émotions et à l'intellect.

Sommaire

[modifier] Enseignement

[modifier] Cours de littérature européenne

[modifier] Vladimir Nabokov, Littératures, 1941-1958

L'art d'écrire est un art très futile s'il n'implique pas avant tout l'art de voir le monde comme un potentiel de fiction.

  • Littératures (1980), Vladimir Nabokov (trad. Hélène Pasquier), éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010, partie Littératures I, Bons lecteurs et bons écrivains, p. 36


[modifier] Médias

[modifier] Presse

[modifier] Charles-Augustin Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 1850

Concevoir, disait-il, c'est jouir, c'est fumer des cigarettes enchantées ; mais sans l'exécution, tout s'en va en rêve et en fumée : Le travail constant, a-t-il dit encore, est la loi de l'art comme celle de la vie ; car l'art, c'est la création idéalisée. Aussi les grands artistes, les poètes, n'attendent-ils ni les commandes, ni les chalands ; ils enfantent aujourd'hui, demain, toujours. Il en résulte cette perpétuelle connaissance des difficultés qui les maintient en concubinage avec la Muse.

  • Il est ici question de Balzac.
  • Le siècle du progrès — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. Hermann (éditeurs des sciences et des arts), coll. Collection savoir : lettres, 1992 (ISBN 2-7056-6179-4), partie Balzac, 2 septembre 1850. Causeries du lundi, t. II, p. 35


[modifier] Littérature

[modifier] Correspondance

[modifier] Franz Liszt, Lettres d'un bachelier ès musique, 1838

Tous les arts reposent sur deux principes, la réalité et l'idéalité.

  • Lettres d'un bachelier ès musique, Franz Liszt, éd. Le Castor Astral, 1991, p. 134, Lettre IX : Le Persée de Benvenuto Cellini, Florence le 30 nov.1838


[modifier] Critique

[modifier] Émile Zola, Mes haines, 1866

Une œuvre d'art est un coin de la création vu à travers un tempérament.

  • Mes haines (1866), Émile Zola, éd. Charpentier, 1879, chap. « M.H. Taine, artiste », p. 229


[modifier] Octave Mirbeau, Combats littéraires, 1889

Avez-vous réfléchi à ce qu’il y a de profondément comique, d’extraordinairement incohérent dans la situation d’un homme dont le devoir, sur la terre, consiste à inspecter les Beaux-Arts ? Moi, cela me fait l’effet de ces métiers burlesques que nous révèlent les chansons des cafés-concerts. Il me semble que celui qui « inspecte les Beaux-Arts » exerce une fonction aussi improbable que celle du monsieur qui « ramassait le crottin des chevaux de boi ».

  • Combats littéraires, Octave Mirbeau, éd. L’Âge d’Homme, 2006, p. 287-288


[modifier] Jacques Vaché, Lettres de guerre, 1917

L'ART EST UNE SOTTISE – Presque rien n'est une sottise – l'art doit être une chose drôle et un peu assomante – c'est tout.

  • Lettres de guerre, Jacques Vaché, éd. Mille et une nuits, 2001 (ISBN 2-84205-599-3), p. 37


[modifier] Philippe Djian, Lent dehors, 1991

L'art n'effraie plus personne, aujourd'hui, tu n'as plus besoin d'être enragé pour te faire entendre.

  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 289


[modifier] Philippe Berthier, Chateaubriand — Europe n°775-776, 1993

Lorsque la vie débarrasse de l'inessentiel par lequel elle se laisse trop souvent encombrer, elle redonne toutes ses chances à la création : si quelqu'un a jamais été persuadé qu'en art « qui perd gagne », c'est bien Chateaubriand.

  • « Les prisons du poète », Philippe Berthier, Chateaubriand — Revue Littéraire Europe (ISSN 0014-2751), nº 775-776, Novembre-décembre 1993, p. 70


[modifier] Hans Peter Lund, Chateaubriand — Europe n°775-776, 1993

Nous touchons en 1803-1804 aux racines du grand message artistique du XIXe siècle : « Le buste survit à la cité », dira Gautier, à propos du marbre. Tel un monument funéraire, les mémoires commémoreront les morts et le passé par des moyens artistiques.

  • « Aux origines des Mémoires d'Outre-tombe — Les beaux arts et le Voyage en Italie », Hans Peter Lund, Chateaubriand — Revue Littéraire Europe (ISSN 0014-2751), nº 775-776, Novembre-décembre 1993, p. 82


[modifier] Cécile Guilbert, Les ruses du professeur Nabokov, 2010

Tu aimes l'art parce que tu goûtes encore l'aventure, le jeu, les dieux, rire et jouir. Tu aimes l'art parce qu'il t'innocente du cauchemar collectif, révèle ton âme comme foyer vivant d'énergie et de désir vrais, cibles et flèches érotiques. Tu aimes l'art parce que tu hais la mort et d'ailleurs n'y crois pas, le problème du temps se résolvant en épiphanies dans ta solitude pensive.

  • Littératures (1980), Vladimir Nabokov, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010, Préface de Cécile Guilbert — Les ruses du professeur Nabokov, p. VIII


Ce « ronronnement suprême de plaisir produit par l'impact d'une pensée voluptueuse qui est une autre façon de définir l'art authentique », Nabokov le nomme aussi « frisson ». A cet égard, ne jamais oublier que le mot se dit en italien capriccio, d'où « caprice », fantaisie, liberté.

  • Littératures (1980), Vladimir Nabokov, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010, Préface de Cécile Guilbert — Les ruses du professeur Nabokov, p. XXX


[modifier] Jacques Guigou, Des publicistes du symbole, 2011

Toujours lié aux puissances étatiques et aux rapports de domination, l’art intervient pour compenser une perte, une séparation, un éloignement de la communauté humaine avec sa vie immédiate et avec ses biotopes naturels.


[modifier] Essai

[modifier] Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française, 2005

On ne peut pas définir la forme du beau, parce que le beau est mouvant.
Le beau est une paresse.
Le beau d’hier fait rire.

  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 84


[L’]art naît de l’art, et le cinéma n’a pas imité, il a absorbé. L’art est un grand champ d ‘éponges.

  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 175


Il n'y a pas d'imposteur en art, il n'y a que des publics crédules.

  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 391


[modifier] Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe, 1942

L'œuvre d'art naît du renoncement de l'intelligence à raisonner le concret.


[modifier] Paul Valéry, Cahiers, Tome II

Une œuvre très belle est celle qui pendant un temps donne l'impression d'être l'unique objet – l'indispensable, le véritable. Et plus ce temps est grand, plus elle est belle. Mais je sais qu'il est toujours fini.

  • Cahiers, Tome II, Paul Valéry, éd. Bibliothèque de la Pléiade, 1974, p. 925


[modifier] Manifeste

[modifier] Tristan Tzara, in Dada n°3, 1918

Toute construction converge à la perfection qui ennuie, idée stagnante d'un marécage doré, relatif produit humain. L'oeuvre d'art ne doit pas être la beauté en elle-même, car elle est morte ; ni gaie ni triste, ni claire ni obscure, réjouir ou maltraiter les individualités en leur servant les gâteaux des auréoles saintes ou les sueurs d'une course cambrée à travers les atmosphères.

  • Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l'action (1991), Jean-Luc Rispail, éd. Gallimard, coll. Découverte Gallimard Littérature, 2000 (ISBN 2-07-053140-6), chap. Témoignages et documents, Dada, 3 décembre 1918, p. 130


[modifier] André Breton, in La Révolution surréaliste n°9-10, 1927

C'est à trop juste titre que Masson se méfie de l'art où plus que partout ailleurs les pièges se déplacent dans l'herbe et où les pas de tout être qui tient à rester libre ou à n'aliéner sa liberté qu'à bon escient, sont comptés.

  • Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l'action (1991), Jean-Luc Rispail, éd. Gallimard, coll. Découverte Gallimard Littérature, 2000 (ISBN 2-07-053140-6), chap. Témoignages et documents, André Breton, in La Révolution surréaliste, n°9-10, p. 191


[modifier] Poésie

[modifier] Robert Desnos, Rrose Sélavy, 1922

C'est dans l'art que les pions se taillent leur part du lion.

  • Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton.
  • « Rrose Sélavy », Robert Desnos, Littérature Nouvelle Série, nº 7, Décembre 1922, p. 19


L'argot de Rrose Sélavy, n'est-ce pas l'art de transformer en cigognes les cygnes ?

  • Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton.
  • « Rrose Sélavy », Robert Desnos, Littérature Nouvelle Série, nº 7, Décembre 1922, p. 22


[modifier] Jim Morrison, Les Seigneurs, 1969

Il est faux de penser que l'art ait besoin d'un spectateur pour être. Le film continue même sans yeux. Le spectateur ne peut exister sans le film. Qui assure son existence.

  • (en) It is wrong to assume that art needs the spectator in order to be. The film runs on without any eyes. The spectator cannot exist without it. It insures his existence.


[modifier] Poésie critique

[modifier] Jean Cocteau, Le Coq et l'Arlequin — Notes autour de la musique, 1918

Un artiste ne saute pas de marches; s’il en saute, c’est du temps perdu, car il faut les remonter après.
Un artiste qui recule ne trahit pas. Il se trahit.

  • Le Coq et l'Arlequin, Jean Cocteau, éd. Ed. De la Sirène, 1918, p. 14


Un vrai artiste est toujours en rumeur.

  • Le Coq et l'Arlequin, Jean Cocteau, éd. Ed. De la Sirène, 1918, p. 18


L’art est lent, circonspect dans ses plus aveugles révolutions

  • Le Coq et l'Arlequin, Jean Cocteau, éd. Ed. De la Sirène, 1918, p. 34


[modifier] Prose poétique

[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924

L'aurore boréale en chambre, voilà un pas de fait ; ce n'est pas tout. L'amour sera. Nous réduirons l'art à sa plus simple expression qui est l'amour ; nous réduirons aussi le travail, à quoi, mon Dieu ? A la musique des corrections lentes qui se payent de mort.


[modifier] Roman

[modifier] Henri Thomas, Le Goût de l’éternel, 1990

L’art est l’éclair fourchu qui brise la nuit et montre par la fente ce qui est ensemble, insupportablement relié par le trait de feu, mortel.


[modifier] Anne F. Garréta, La Décomposition, 1999

L'art réside dans l'invention concertée et systématique de règles nouvelles, et non dans notre soumission à un code ordinaire des passions ou de l'imitation qui a un nom vulgaire « inspiration » et n'excède jamais le degré de subtilité d'une simple signalétique.

  • La Décomposition, Anne F. Garréta, éd. Grasset (Le Livre de Poche), 1999, p. 23


[modifier] Médias

[modifier] Radio

[modifier] Jacqueline de Romilly, La Fabrique de l'Histoire, 2005

Si on lit un texte, qui est émouvant, c'est difficile d'expliquer en quoi c'est beau. Et en général l'explication est plutôt consternante !

  • Jacqueline de Romilly, La Fabrique de l'Histoire, France Culture, 20 décembre 2010 (rediff. de 2005)


[modifier] Musique

[modifier] Critique

[modifier] Claude Debussy, Monsieur Croche et autres écrits, 1901-1914

L'art est le plus beau des mensonges.

  • Monsieur Croche et autres écrits (1901-1914), Claude Debussy, éd. Gallimard, 1987, p. 66


Il y a une loi de beauté qu'il importe de ne pas oublier ! Malgré l'effort de quelques-uns, nous semblons marcher vers cet oubli, tant la Médiocrité, monstres à mille têtes, a de fidèles dans les sociétés modernes.

  • Monsieur Croche et autres écrits (1901-1914), Claude Debussy, éd. Gallimard, 1987, p. 110


[modifier] Camille Saint-Saëns, Regards sur mes contemporains, 1990

« Les lois de la morale régissent l'art », a dit Schumann. Cela est fort joli ; mais cela n'est pas vrai. En morale, l'intention peut justifier bien des choses ; en art, les meilleures intentions ne sont bonnes qu'à paver l'enfer.

  • Regards sur mes contemporains, Camille Saint-Saëns, éd. Ed. Bernard Coutaz, 1990, p. 140


[modifier] Propos de moralistes

[modifier] Joseph Joubert, Pensées

Il y a dans l’art beaucoup de beautés qui ne deviennent naturelles qu’à force d’art.


L’adolescence de l’art est élégante, sa virilité pompeuse, et sa vieillesse riche, mais surchargée d’ornements qui en dissimulent le dépérissement.


L’exception est de l’art aussi bien que la règle. L’une en défend et l’autre en étend le domaine.


[modifier] Voir aussi

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