Sigmund Freud

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Sigmund FreudSigismund Schlomo Freud le 6 mai 1856 à Freiberg (Moravie, Autriche-Hongrie) et mort le 23 septembre 1939 à Londres (Angleterre) est un médecin autrichien, inventeur de la psychanalyse.

Citations propres à l'auteur[modifier]

Sur le rêve, 1900[modifier]

Rêve apparemment tout à fait insignifiant où apparaissent des nombres. Elle veut payer une chose quelconque ; sa fille sort 3 florins 65 kreuzers de son porte-monnaie ; elle dit : "Qu'est-ce que tu fais ? Cela ne coûte que 21 kreuzers." (...) Les chiffres du rêve prennent une signification lorsqu'on se souvient que le temps c'est de l'argent. Time is money.


Totem et tabou[modifier]

Les habitants primitifs de l'Australie sont considérés comme une race à part, sans parenté physique ni linguistique avec les peuples voisins. Ces habitants ne bâtissent ni maisons, ni cabanes solides, ne cultivent pas le sol, ne possèdent aucun animal domestique, ignorent jusqu'à l'art de la poterie. Ils se nourrissent exclusivement de la chair de tous les animaux qu'ils abattent et des racines qu'ils arrachent à la terre. Ils n'ont ni rois ni chefs, l'assemblée des hommes mûrs décidant des affaires communes. Il n'est pas certain qu'on trouve chez eux des traces d'une religion [...] Nous ne pouvons, certes, pas nous attendre à ce que ces misérables cannibales nus observent une morale sexuelle se rapprochant de la nôtre [...] Et cependant, nous savons qu'ils s'imposent l'interdiction la plus rigoureuse des rapports sexuels incestueux [...] Les membres d'un seul et même totem ne doivent pas avoir entre eux de relations sexuelles. C'est la loi de l'exogamie.


Le langage de ces tribus australiennes présente une particularité [...] un homme appelle père non seulement celui qui l'a engendré, mais aussi tout homme qui, d'après les coutumes de la tribu, aurait pu épouser sa mère et devenir son père ; il appelle mère toute femme qui, sans enfreindre les coutumes de la tribu, aurait pu devenir réellement sa mère ; il appelle frères et sœurs non seulement les enfants de ses véritables parents, mais aussi les enfants de toutes les autres personnes qui auraient pu être ses parents.


Ces rois des sauvages possèdent une puissance et un pouvoir de dispenser le bonheur que des peuples moins primitifs ne reconnaissent qu'à leurs dieux et à la réalité desquels seuls les courtisans les plus serviles et hypocrites affectent de croire, à des phases de civilisation plus avancées.
Il y a une contradiction manifeste entre cette toute-puissance de la personne royale et la croyance d'après laquelle elle aurait besoin d'être protégée de très près contre les dangers qui la menacent; mais ce n'est pas là la seule contradiction qu'on constate dans l'attitude des sauvages à l'égard de leurs rois. Ces peuples jugent nécessaire de surveiller leurs rois, afin qu'ils ne dépensent pas leurs forces inutilement; ils sont loin d'être sûr de leurs bonnes intentions ou de leur loyauté. Il y a une nuance de méfiance dans la motivation des prescriptions tabou concernant le roi [...]


Le primitif, au contraire, ne connaît pas d'entraves à l'action; ses idées se transforment immédiatement en actes ; on pourrait même dire que chez lui l'acte remplace l'idée, et c'est pourquoi, par une décision définitive et certaine, nous pouvons risquer cette proposition : « au commencement était l'action ».


Actuelles sur la guerre et la mort, 1915[modifier]

La mort propre est irreprésentable […] dans l’inconscient, chacun de nous est convaincu de son immortalité

  • Œuvres complètes de Freud - Psychanalyse, Sigmund Freud (trad. André Bourguignon, Jean Laplanche, Janine Altounian), éd. Presses universitaires de France, 1988 (ISBN 2-13-042148-2), t. 13, p. 145

Malaise dans la civilisation, 1929[modifier]

Normalement, rien n'est plus stable en nous que le sentiment de nous-mêmes, de notre propre Moi. Ce Moi nous apparaît indépendant, un, et bien différencié de tout le reste. Mais cette apparence est trompeuse car le Moi se prolonge dans une autre entité inconsciente que nous appelons le Soi (...) Au plus fort de l'état amoureux, la démarcation entre le Moi et l'objet court le risque de s'effacer. A l'encontre de tous les témoignages des sens, l'amoureux soutiendra que Moi et Toi ne font qu'un.


L'émotion esthétique dérive de la sphère des sensations sexuelles ; elle serait un exemple typique de tendance inhibée quant au but. Primitivement la "beauté" et le "charme" sont des attributs de l'objet sexuel. Il y a lieu de remarquer que les organes génitaux en eux-mêmes, dont la vue est toujours exitante, ne sont pourtant presque jamais considérés comme beaux. En revanche, un caractère de beauté s'attache, semble-t-il, à certains signes sexuels secondaires.

  • L'émotion éthique dériverait de la violence et des pulsions de mort.


En fixant fortement ses adeptes à un infantilisme psychique et en leur faisant partager un délire collectif, la religion réussit à épargner à quantité d'êtres humains une névrose individuelle.


Le problème consiste à écarter l'obstacle le plus grand rencontré par la civilisation, à savoir l'agressivité constitutionnelle de l'être humain contre autrui : d'où l'intérêt tout particulier du plus récent des commandements du Surmoi collectif : " Aime ton prochain comme toi-même. " Dans un but thérapeutique, le traitement des névroses nous oblige de lutter contre les exigences éthiques du Surmoi.

  • Jésus disais : "Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent" ; Confucius disais : "Rendez la justice pour le mal, et le bien pour le bien".


La question du sort de l'espèce humaine me semble se poser ainsi : le progrès de la civilisation saura-t-il, et dans quelle mesure, dominer les perturbations apportées à la vie en commun par les pulsions humaines d'agression et d'autodestruction ? Les hommes d'aujourd'hui ont poussé si loin la maîtrise des forces de la nature qu'avec leur aide il leur est devenu facile de s'exterminer mutuellement jusqu'au dernier.


Pourquoi la guerre ?[modifier]

L'appétit de pouvoir que manifeste la classe régnante d'un État contrecarre une limitation de ses droits de souveraineté. Cet « appétit politique de puissance »  trouve souvent un aliment dans les prétentions dont l'effort économique se manifeste de façon matérielle. Je songe particulièrement ici à ce groupe que l’on trouve au sein de chaque peuple et qui, peu nombreux mais décidé, peu soucieux des expériences et des facteurs sociaux, se compose d’individus pour qui la guerre, la fabrication et le trafic des armes ne représentent rien d’autre qu'une occasion de retirer des avantages particuliers, d'élargir le champ de leur pouvoir personnel.


Citations rapportées de Freud[modifier]

La psychanalyse est un outil qui doit donner au moi la possibilité de conquérir progressivement le ça.

  • Freud, Jacques Sédat, éd. Armand Colin, coll. Synthèse / Philosophie, 2000, p. 61


Le ça est totalement amoral.

  • Freud, Jacques Sédat, éd. Armand Colin, coll. Synthèse / Philosophie, 2000, p. 61


L'éthique est la restriction des pulsions.

  • Freud, Jacques Sédat, éd. Armand Colin, coll. Synthèse / Philosophie, 2000, p. 86


Il est absurde de se glorifier de ses ancêtres, j'aime mieux être moi-même un aïeul.

  • Freud, Jacques Sédat, éd. Armand Colin, coll. Synthèse / Philosophie, 2000, p. 86


Nous savons qu'il existe dans la masse humaine le fort besoin d'une autorité qu'on puisse admirer, devant laquelle on s'incline, par laquelle on est dominé et même éventuellement maltraité. La psychologie de l'individu nous a appris d'où vient ce besoin de la masse : c'est la nostalgie du père.

  • Freud, Jacques Sédat, éd. Armand Colin, coll. Synthèse / Philosophie, 2000, p. 87


Parce qu'elle nous prive de multiples possibilités de plaisir, la raison devient une ennemie au joug de laquelle nous nous arrachons avec joie.


Citations d'autres auteurs le concernant[modifier]

J'ai déjà dit, en racontant ma rencontre avec lui, que le crâne de Freud ressemblait à un escargot de Bourgogne. La conséquence est évidente : si on veut manger sa pensée il faut la sortir avec une aiguille. Alors elle sort tout entière.


[ Jung] nous apprend dans ses Souvenirs que, désorienté par la privation du guide qu'avait été Freud, il traversa alors une période de tourments intérieurs où il connut l'angoisse d'avoir à faire face, seul, à ses démons. Rêves et « visions » le hantèrent ; il se crut un instant menacé par la psychose. Il aura désormais, par expérience personnelle, ce qu'il dit quand il parle du courage nécessaire à la « confrontation avec l'inconscient ».

  • L'Oeuvre de Jung et la psychologie complexe (1963), Charles Baudouin, éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2002 (ISBN 2-228-89570-97), partie Introduction, Maître (1913), p. 16


La théorie de Freud rattache les troubles nerveux à certains chocs, à certains traumatismes, c'est-à-dire à des cicatrices affectives, dont les principales se situeraient dans l'enfance. Cependant, Freud lui-même, pour rendre compte de l'action à retardement de ces chocs (puisque la maladie éclate en général longtemps après, au cours de l'âge adulte), a fait appel à une autre notion, celle de régression. A la suite d'accidents ultérieurs, la « libido », l'énergie affective de l'être, reflue ; refluant, elle rencontre les traces des chocs anciens, qui constituent pour elle des lieux de stagnation privilégiés ; c'est ainsi que ces traces se trouvent ravivées (qu'une peur d'enfance ressuscite en phobie ou en angoisse), et que la névrose éclate.
Au shéma de cette thèse, Jung ne prétend rien changer d'essentiel, mais il place l'accent autrement. Il est clair que l'attention de Freud est retenue avant tout par le traumatisme ; Jung considère la régression, et se demande en outre quel est l' accident dont elle procède. Il observe alors que cet accident est un conflit actuel.

  • L'Oeuvre de Jung et la psychologie complexe (1963), Charles Baudouin, éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2002 (ISBN 2-228-89570-97), partie II. Discriminations, chap. VII. Les âges de la vie, Débat de l'infantile et de l'actuel, p. 192


Engels, dans l' Origine de la Famille, n'hésite pas à faire de l'amour sexuel individuel, né de cette forme supérieure des rapports sexuels qu'est la monogamie, le plus grand progrès moral accompli par l'homme dans les temps modernes. Quelque entorse qu'on cherche aujourd'hui à faire subir à la pensée marxiste sur ce point comme sur tant d'autres, il est indéniable que les auteurs du Manifeste communiste n'ont cessé de s'élever contre les espoirs de retour aux rapports sexuels « désordonnés » qui marquèrent l'aube de l'histoire humaine. La propriété privée une fois abolie, « on peut affirmer avec raison, déclare Engels, que loin de disparaître, la monogamie sera plutôt pour la première fois réalisée ». Dans le même ouvrage il insiste à plusieurs reprises sur le caractère exclusif de cet amour qui, au prix de quels égarements – j'en sais de misérables et de grandioses – s'est enfin trouvé. Cette vue sur ce que peut sans doute présenter de plus agitant la considération du devenir humain ne peut être corroborée plus nettement que par celle de Freud pour qui l'amour sexuel, tel même qu'il est déjà donné, rompt les liens collectifs créés par la race, s'élève au-dessus des différences nationales et des hiérarchies sociales, et, ce faisant, contribue dans une grande mesure au progrès de la culture. Ces deux témoignages, qui donnent la conception de moins en moins frivole de l'amour pour principe fondamental au progrès moral aussi bien que culturel, me sembleraient à eux seuls de nature à faire la part la plus belle à l'activité poétique comme moyen éprouvé de fixation du monde sensible et mouvant sur un seul être aussi bien que comme force permanente d'anticipation.


Sigismund Shlomo Freud, né en 1856, fils d'un modeste et religieux marchand de laine de Moravie dont toute la vie est hantée par des problèmes d'argent [...]. Toute maladie mentale peut se soigner en la dévoilant à soi-même par le truchement d'un analyste, à qui il faut payer cher la cure - celle-ci, dit Freud, étant, quoiqu'elle coûte, une « bonne affaire », comparée à ce qu'il aurait fallu débourser pour un traitement médical classique.
Freud écrit : « En vérité, partout où a régné ou bien persiste le mode de pensée archaïque, dans les civilisations anciennes, dans le mythe, les contes, les superstitions, dans la pensée inconsciente, dans le rêve et dans la névrose, l'argent est mis en relation intime avec l'excrément. »

  • Les Juifs, le monde et l’argent, Jacques Attali, éd. Fayard, 2002 (ISBN 2-2136-1044-4), p. 504


Acceptant la demande d'une de ses patientes de la laisser parler, Freud renonça à l'activisme thérapeutique qui jusqu'alors multipliait les moyens supposés thérapeutiques : outre l'hypnose, les massages, les bains, les médicaments, les manipulations et les chantages. C'est à partir de là que la psychanalyse, comme pratique thérapeutique de l'interprétation, fut découverte et instituée.


C’est dans Trois essais sur la théorie de la sexualité que Freud (1915) introduit la notion de pulsion dans sa dimension psychanalytique. La façon dont la sexualité et ses troubles sont envisagés par la médecine à la fin du XIXe siècle est fondée sur l'idée d'une indépendance entre psychisme et sexualité et sur l'idée que les comportements sexuels sont innés et gouvernés par l'instinct ; de ce fait les « aberrations sexuelles » sont des déviations de l'instinct liées à la « dégénérescence », explication universelle de l'époque à toute pathologie psychiatrique. La façon dont Freud relie le sexuel à l'ensemble du fonctionnement du psychisme, à travers la notion de pulsion précisément, inverse complètement la perspective. A la base des perversions il y a quelque chose que tous les hommes ont en partage, « les racines innées de la pulsion sexuelle » (Freud, 1915) que « les influences de l'existence » feront varier dans leur forme et dans leur intensité.


Freud invoque une « compulsion de répétition » qu'il observe également dans le jeu des enfants qui reproduisent une situation où ils ont éprouvé de l'angoisse. Il existerait en nous quelque chose qui nous pousse à répéter les expériences antécédentes les plus désagréables et non pas seulement les expériences porteuses de plaisir. Freud, pour rendre compte de cette « compulsion », va donc introduire une notion nouvelle, la « pulsion de mort », pulsion de destruction qui oeuvre silencieusement au coeur du psychisme et a le pouvoir de désorganiser le fonctionnement psychique, d'aller à contre-courant du principe de plaisir. La contrepartie de cette « pulsion de mort », nommée aussi Thanatos, sera Éros, ensemble qui subsume les pulsions sexuelles regroupées sous le terme de « pulsions de vie ». Le but d'Éros est de bâtir des ensembles de plus en plus grands alors que celui de Thanatos est une force de déliaison.


Freud dans son Introduction à la psychanalyse (1916) considère la levée du refoulement comme la raison d'être de la psychanalyse, qui aurait comme but de rendre conscient l'inconscient, en supprimant les refoulements ou en comblant les lacunes amnésiques. Actuellement, le processus analytique ne vise pas tant la recherche du passé et son interprétation, comme le proposait Freud dans un premier temps, que de favoriser la levée du refoulement, à travers l'analyse du transfert, des résistances et des défenses qui en sont à l'origine (Le Guen, 1992).


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