Albert Camus
Albert Camus né le 7 novembre 1913 à Mondovi en Algérie et décédé le 4 janvier 1960 à Villeblevin (Yonne) est un écrivain et philosophe français.
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[modifier] Le Mythe de Sisyphe , 1942
- Voir le recueil de citations : Le Mythe de Sisyphe
[modifier] L'Étranger, 1942
Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.
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L'Étranger, Albert Camus, éd. Gallimard, 1972 (ISBN 2-07-036002-4), partie I, chap. I, p. 9 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
C'est alors que tout a vacillé. [...] Tout mon être s'est tendu et j'ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j'ai touché le ventre poli de la crosse et c'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.
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L'Étranger, Albert Camus, éd. Gallimard, 1972 (ISBN 2-07-036002-4), partie I, chap. VI, p. 95 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Quand il m'arrive quelque chose, je préfère être là.
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L'Étranger, Albert Camus, éd. Gallimard, 1972 (ISBN 2-07-036002-4), partie II, chap. V, p. 172 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Tout le monde sait que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue.
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L'Étranger, Albert Camus, éd. Gallimard, 1972 (ISBN 2-07-036002-4), partie II, chap. V, p. 173 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Du moment qu'on meurt, comment et quand, cela n'importe pas, c'était évident.
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L'Étranger, Albert Camus, éd. Gallimard, 1972 (ISBN 2-07-036002-4), partie II, chap. V, p. 174 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Que m'importaient la mort des autres, l'amour d'une mère, que m'importaient son Dieu, les vies qu'on choisit, les destins qu'on élit, puisqu'un seul destin devait m'élire moi-même et avec moi des milliards de privilégiés qui, comme lui, se disaient mes frères.
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L'Étranger, Albert Camus, éd. Gallimard, 1972 (ISBN 2-07-036002-4), partie II, chap. V, p. 183 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Si près de la mort, maman devait s'y sentir libérée et prête à tout revivre.
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L'Étranger, Albert Camus, éd. Gallimard, 1972 (ISBN 2-07-036002-4), partie II, chap. V, p. 185 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Comme si les chemins familiers tracés dans les ciels d'étés pouvaient mener aussi bien aux prisons qu'aux sommeils innocents.
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L'Étranger, Albert Camus, éd. Gallimard, 1972 (ISBN 2-07-036002-4), partie II, chap. III, p. 147 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[…] s'il me parlait ainsi ce n'était pas parce que j'étais condamné à mort ; à son avis, nous étions tous condamnés à mort.
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L'Étranger, Albert Camus, éd. Gallimard, 1972 (ISBN 2-07-036002-4), partie II, chap. V, p. 176 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Il n'était même pas sûr d'être en vie puisqu'il vivait comme un mort.
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L'Étranger, Albert Camus, éd. Gallimard, 1972 (ISBN 2-07-036002-4), partie II, chap. V, p. 180 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] La Peste, 1947
[...] il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul.
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La Peste, Albert Camus, éd. Gallimard, 1947 (ISBN 2-07-0360042-3), p. 190
Citation choisie citation du jour pour le 30 mars 2008.
[modifier] L'Homme révolté, 1951
Toute valeur n'entraîne pas la révolte, mais tout mouvement de révolte invoque tacitement une valeur.
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L'Homme révolté (1951), Albert Camus, éd. Gallimard, coll. nrf, 1951, partie 1 L'Homme révolté, p. 26
L'intelligence dans les chaînes perd en lucidité ce qu'elle gagne en fureur.
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L'Homme révolté (1951), Albert Camus, éd. Gallimard, coll. Folio/Essais, 1985 (ISBN 978-2-07-032302-9), partie 2 La révolte métaphysique, chap. La négation absolue, p. 57
La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent.
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(fr) L'Homme révolté, Albert Camus, éd. Gallimard, 1966, p. 365
[modifier] Le premier homme
Il s'agit du manuscrit sur lequel travaillait Albert Camus au moment de sa mort, il a été retrouvé dans sa sacoche, le 4 janvier 1960, dactylographié une première fois par Francine Camus, puis retravaillé avec l'aide d'Odette Diagne Créach, Roger Grenier, Robert Gallimard et surtout Catherine Camus qui a fait publier l'ouvrage en 1994.
Si tu te noies, ta mère elle te tue.
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Le premier homme, Albert Camus, éd. Gallimard, 2000 (ISBN 978-2-07-040101-7), p. 64
il faudrait que le livre pèse un gros poids d'objets et de chair.
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Le premier homme, Albert Camus, éd. Gallimard, 2000 (ISBN 978-2-07-040101-7), p. 120
En vérité, Joséphin était assez près de ses sous, au contraire d'Ernest qui, selon la grand-mère, avait "le cœur sur la main". (Il est vrai que, lorsqu'elle était furieuse contre lui, elle l'accusait au contraire d'avoir la main "trouée".) Mais, outre la différence des natures, il y avait le fait que Joséphin gagnait plus d'argent qu' Etienne et que la prodigalité est toujours plus facile dans le dénuement. Rares sont ceux qui continuent d'être prodigues après en avoir acquis les moyens. Ceux-là sont les rois de la vie, qu'il faut saluer bas.
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Le premier homme, Albert Camus, éd. Gallimard, 2000 (ISBN 978-2-07-040101-7), p. 133
...lui comme une lame solitaire et toujours vibrante destinée à être brisée d'un coup et à jamais, une pure passion de vivre affrontée à une mort totale, sentait aujourd'hui la vie, la jeunesse, les êtres lui échapper, sans pouvoir les sauver en rien, et abandonné seulement à l'espoir aveugle que cette force obscure qui pendant tant d'années l'avait soulevé au-dessus des jours, nourri sans mesure, égale aux plus dures des circonstances, lui fournirait aussi, et de la même générosité inlassable qu'elle lui avait donné ses raisons de vivre, des raisons de vieillir et de mourir sans révolte.
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Le premier homme, Albert Camus, éd. Gallimard, 1994 (ISBN 2-07-073827-2), p. 261
Personne ne peut imaginer le mal dont j'ai souffert... On honore les hommes qui ont fait de grandes choses. Mais on devrait faire plus encore pour certains qui, malgré ce qu'ils étaient, ont su se retenir de commettre les plus grands forfaits. Oui, honorez-moi.
- Dans Annexes.
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Le premier homme, Albert Camus, éd. Gallimard, 2000 (ISBN 978-2-07-040101-7), p. 330
Le livre doit être inachevé. Ex. : Et sur le bateau qui le ramenait en France....
- Dans Annexes.
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Le premier homme, Albert Camus, éd. Gallimard, 2000 (ISBN 978-2-07-040101-7), p. 333
Sa mère est le Christ.
- Dans Annexes.
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Le premier homme, Albert Camus, éd. Gallimard, 1994 (ISBN 2-07-073827-2), p. 283
Et ce qu'il désirait le plus au monde, qui était que sa mère lu tout ce qui était sa vie et sa chair, cela était impossible. Son amour, son seul amour serait à jamais muet.
- Dans Annexes.
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Le premier homme, Albert Camus, éd. Gallimard, 1994 (ISBN 2-07-073827-2), p. 292
Maman : comme un Muichkine ignorant. Elle ne connaît pas la vie du Christ, sinon sur la croix. Et qui pourtant en est plus près ?
- Dans Annexes.
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Le premier homme, Albert Camus, éd. Gallimard, 1994 (ISBN 2-07-073827-2), p. 295
Commencer la dernière partie par cette image : l'âne aveugle qui patiemment pendant des années tourne autour de la noria, endurant les coups, la nature féroce, le soleil, les mouches, endurant encore, et de cette lente avancée en rond, apparemment stérile, monotone, douloureuse, les eaux jaillissent inlassablement...
- Dans Annexes.
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Le premier homme, Albert Camus, éd. Gallimard, 1994 (ISBN 2-07-073827-2), p. 316
La noblesse du métier d'écrivain est dans la résistance à l'oppression, donc au consentement à la solitude.
- Dans Annexes.
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Le premier homme, Albert Camus, éd. Gallimard, 1994 (ISBN 2-07-073827-2), p. 322
[modifier] Discours de réception du prix Nobel de littérature, 1957
Les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s'obligent à comprendre au lieu de juger.
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Albert Camus, 10 décembre 1957, à Stockholm, dans NobelPrize.org, paru 10 décembre 1957.
Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse.
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Albert Camus, 10 décembre 1957, à Stockholm, dans NobelPrize.org, paru 10 décembre 1957.
[modifier] Autres citations
Oui, j'ai une patrie : la langue française .
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Carnets II, janvier 1942-mars 1951, Albert Camus, éd. Gallimard, 1964, p. 337
C'est peu de chose que de savoir courir au feu quand on s'y prépare depuis toujours et quand la course vous est plus naturelle que la pensée. C'est beaucoup au contraire que d'avancer vers la torture et vers la mort, quand on sait de science certaine que la haine et la violence sont choses vaines par elles-mêmes. C'est beaucoup que de se battre en méprisant la guerre, d'accepter de tout perdre en gardant le goût du bonheur [...]
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Lettres à un ami allemand, Albert Camus, éd. Gallimard, 1948, renouvelé en 1972, p. 24
C'est déjà beaucoup de savoir qu'à énergie égale, la vérité l'emporte sur le mensonge.
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Lettres à un ami allemand, Albert Camus, éd. Gallimard, 1948, renouvelé en 1972, p. 30
Les mots prennent toujours la couleur des actions ou des sacrifices qu'ils suscitent.
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Lettres à un ami allemand, Albert Camus, éd. Gallimard, 1948, renouvelé en 1972, p. 53
Je continue à croire que ce monde n'a pas de sens supérieur. Mais je sais que quelque chose en lui a du sens et c'est l'homme, parce qu'il est le seul être à exiger d'en avoir.
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Lettres à un ami allemand, Albert Camus, éd. Gallimard, 1948, renouvelé en 1972, p. 71
Le goût de la vérité n'empêche pas la prise de parti.
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Camus à "Combat", Albert Camus, éd. Gallimard, 2002, p. 181
La justice, c'est de juger les hommes sur eux-mêmes et non sur leur nom ou leurs idées.
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Camus à "Combat", Albert Camus, éd. Gallimard, 2002, p. 183
Les doctrines, comme les nations et les individus, ne meurent qu'en refusant de s'engager.
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Camus à "Combat", Albert Camus, éd. Gallimard, 2002, p. 192
Il n'y a ni justice ni liberté possibles lorsque l'argent est toujours roi.
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Camus à "Combat", Albert Camus, éd. Gallimard, 2002, p. 280
Une société basée sur l'argent ne peut prétendre à la grandeur ou à la justice.
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Camus à "Combat", Albert Camus, éd. Gallimard, 2002, p. 336
Notre monde, demain, sera ce que nous voudrons qu'il soit. Mais il faut le vouloir durement et longtemps.
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Camus à "Combat", Albert Camus, éd. Gallimard, 2002, p. 187
Le démocrate, après tout, est celui qui admet qu'un adversaire peut avoir raison, qui le laisse donc s'exprimer et qui accepte de réfléchir à ses arguments. Quand des partis ou des hommes se trouvent assez persuadés de leurs raisons pour accepter de fermer la bouche de leurs contradicteurs par la violence, alors la démocratie n'est plus.
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Camus à "Combat", Albert Camus, éd. Gallimard, 2002, p. 665
Ce que je sais de la morale, c'est au football que je le dois.
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Les Secrets Douloureux Que Nous Cachent Les Dieux, Jean-Paul Taddeï, éd. L'Harmattan, 2002 (ISBN 274751790X), p. 77
Preuve admirable de la puissance de sa religion : il arrive à la charité sans passer par la générosité. Il a tort de me renvoyer sans cesse à l'angoisse du Christ. Il me semble que j'en ai un plus grand respect que lui, ne m'étant jamais cru autorisé à exposer le supplice de mon sauveur, deux fois par semaine, à la première page d'un journal de banquiers…
- À propos de François Mauriac.
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Les Carnets : des notes de travail au journal intime, Roger Grenier, éd. Magazine Littéraire numero 276, 1990, p. 28
L'Afrique commence aux Pyrénées.
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Albert Camus, décembre 1959, Revue littéraire Oranaise "Simoun", dans Albert Camus, dans le premier silence et au-delà, paru J. Goemaere, 1985, p.19, Paul F. Smets.
Si la thèse de l'abandon [de l'Algérie] triomphait, les conséquences seraient terribles pour les Arabes comme pour les Français. C'est le dernier avertissement d'un écrivain voué depuis vingt ans au service de l'Algérie.
- À propos de l'Algérie
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Nouvelles Paroles d'un revenant, Jacques d'Arnoux, éd. Nouvelles Editions Latines, 1965, p. 113