Emil Cioran
Emil Cioran, né à Răşinari, en Roumanie, le 8 avril 1911, et mort à Paris le 21 juin 1995, était un philosophe et écrivain roumain, d'expression roumaine, puis française.
Sommaire |
[modifier] De l'inconvénient d'être né, 1973
Si le dégoût du monde conférait à lui seul la sainteté, je ne vois pas comment je pourrais éviter la canonisation.
-
De l'inconvénient d'être né, Emil Cioran, éd. Gallimard, 2006 (ISBN 2-07-032448-6), partie II, p. 35
Ce n'est pas la peine de se tuer, puisqu'on se tue toujours trop tard.
-
De l'inconvénient d'être né, Emil Cioran, éd. Gallimard, 2006 (ISBN 2-07-032448-6), partie II, p. 43
Toute forme de hâte, même vers le bien, traduit quelque dérangement mental.
-
De l'inconvénient d'être né, Emil Cioran, éd. Gallimard, 2006 (ISBN 2-07-032448-6), partie III, p. 65
Tous ces peuples étaient grands, parce qu'ils avaient de grands préjugés. Ils n'en ont plus. Sont-ils encore des nations ? Tout au plus des foules désagrégées.
-
De l'inconvénient d'être né, Emil Cioran, éd. Gallimard, 2006 (ISBN 2-07-032448-6), partie VIII, p. 152
[modifier] Essai sur la pensée réactionnaire
Toujours le réactionnaire, ce conservateur qui a jeté le masque, empruntera aux sagesses ce qu'elles ont de pire, et de plus profond : la conception de l'irréparable, la vision statique du monde. Toute sagesse et, à plus forte raison, toute métaphysique, sont réactionnaires, ainsi qu'il sied à toute forme de pensée qui, en quête de constantes, s'émancipe de la superstition du divers et du possible.
-
Du Pape et extraits d'autres œuvres, Textes de Joseph de Maistre présentés et choisis par E. M. Cioran, éd. J.-J. Pauvert, coll. Libertés, 1957, p. 27-28
[modifier] Cahiers, 1957-1972
On ne réfléchit que parce qu'on se dérobe à l'acte. Penser, c'est être en retrait.
-
Cahiers 1957-1972, Emil Cioran, éd. Gallimard, 1997 (ISBN 2-07-074935-5), p. 59
Le seul service que nous pouvons demander aux autres, c'est de ne pas deviner à quel point nous sommes lamentables.
-
Cahiers 1957-1972, Emil Cioran, éd. Gallimard, 1997 (ISBN 2-07-074935-5), p. 239
L'homme est un animal surmené.
-
Cahiers 1957-1972, Emil Cioran, éd. Gallimard, 1997 (ISBN 2-07-074935-5), p. 290
Le secret de l'Histoire, c'est le refus du salut.
-
Cahiers 1957-1972, Emil Cioran, éd. Gallimard, 1997 (ISBN 2-07-074935-5), p. 490
[modifier] Aveux et anathèmes, 1987
On n'habite pas un pays, on habite une langue. Une patrie, c'est cela et rien d'autre.
-
Aveux et anathèmes (1987), Emil Cioran , éd. Gallimard, 1987, p. 21
[modifier] Sur le travail
Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Oeuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d’intérêt de l’individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l’homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s’attacher à n’importe quoi : l’œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d’extériorisation qui lui fait quitter l’intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité purement extérieure : aussi l’homme ne s’y réalise-t-il pas — il réalise.
-
Sur les cimes du désespoir, Emil Cioran, éd. L'Herne, 1990, p. 194
[modifier] Sur la musique
Sans Bach, Dieu serait un type de troisième ordre.
- E. M. Cioran, cité dans
-
« Les écrivains et la musique : E. M. Cioran », Benjamin Ivry, Symphonia, nº 2, Janvier 1996, p. 20
S'il y a quelqu'un qui doit tout à Bach, c'est bien Dieu.
- E. M. Cioran, cité dans
-
« Les écrivains et la musique : E. M. Cioran », Benjamin Ivry, Symphonia, nº 2, Janvier 1996, p. 20
Beethoven a vicié la musique : il y a introduit les sautes d'humeur, il y a laissé entrer la colère.
- E. M. Cioran, cité dans
-
« Les écrivains et la musique : E. M. Cioran », Benjamin Ivry, Symphonia, nº 2, Janvier 1996, p. 20
[modifier] Citations à propos d'Emil Cioran
Il n'est pas illégitime de me traiter, comme on l'a fait, de professeur de désespoir, de souligner ma filiation avec Schopenhauer. Je ne suis pas le seul, j'ai, dans cette lignée, de prestigieux aînés, Maupassant, Conrad, Thomas Mann, par exemple. Et Cioran, auquel je reproche pourtant de n'avoir jamais cité Schopenhauer.
-
« La possibilité d'une île : interview de Michel Houellebecq », Michel Houellebecq, propos recueillis par Josyane Savigneau, Le Monde (ISSN 0395-2037), 21 août 2005, p. 18?
Autres projets: