Amour

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Le Printemps
Pierre Auguste Cot, 1873

L'Amour est un sentiment qui pousse les êtres à s'aimer et qui pousse donc celui qui l'éprouve à adopter, vis-à-vis de l'objet aimé, un comportement spécifique à l'expression de ce sentiment. Par extension, l'amour désigne nombre de choses qui sont liés à ce sentiment, telles que, par exemple, l'être aimé lui-même (mon amour).

Sommaire

Histoire [modifier]

Marie-Jo Bonnet, Les Relations amoureuses entre les femmes, 1981 [modifier]

Pour la lesbienne, l'amour est un risque et une conquête, non une pulsion. C'est un acte gratuit, conscient de ne déboucher sur rien socialement.

  • Les Relations amoureuses entre les femmes (1995), Marie-Jo Bonnet, éd. Odile Jacob, coll. Poches, 1981, Introduction, p. 12


Littérature [modifier]

Biographie [modifier]

André Maurois, Lélia ou la vie de George Sand, 1952 [modifier]

Elle a éprouvé et exprimé un amour sincère du peuple, bien avant que le suffrage universel imposât cette attitude. « Je ne suis pas, disait-elle, de ces âmes patientes qui accueillent l'injustice avec un visage serein. »

  • L'écrivain biographe André Maurois cite ici George Sand


« Je regarde comme un péché mortel non seulement le mensonge des sens dans l'amour, mais encore l'illusion que les sens cherchaient à se faire dans les amours incomplètes. Je dis, je crois qu'il faut aimer avec tout son être, ou vivre dans une complète chasteté. »
La faute, le péché à ses yeux, ce n'est pas de changer d'amant, pour aller à celui qu'on aime ; c'est de se donner à celui que l'on n'aime pas, fût-il votre mari.

  • L'écrivain biographe André Maurois à propos de George Sand
  • Lélia ou la vie de George Sand, André Maurois, éd. Le Livre de Poche, 2004 (ISBN 2-253-10923-1), chap. VI. La révolte des anges, I. Politique personnelle de George Sand, p. 465


Critique [modifier]

Charles-Augustin Sainte-Beuve, Mes Poisons, 1926 [modifier]

Au fond, je suis un homme très précis, très positif, et du moment que l'amour n'a plus été là, j'ai vu juste.

  • Mes Poisons, Sainte-Beuve, éd. La Table Ronde, 2006 (ISBN 2-7103-2862-3), chap. II. Sur lui-même, p. 21


Si j'avais un jeune ami à instruire de mon expérience, je lui dirais : — Aimez une coquette, une dévote, une sotte, une grisette, une duchesse. Vous pourrez réussir, et la dompter, la réduire. Mais si vous cherchez quelque bonheur dans l'amour, n'aimez jamais une muse. Là où vous croirez trouver son coeur, vous ne rencontrerez que son talent.
N'aimez pas Corinne — et surtout si Corinne n'est point encore montée au Capitole ; car le Capitole alors est au dedans, et à tout propos, sur tout sujet (et même les plus doux sujets), elle y monte.
Tout amant préfère le sentier, mais Corinne aime la voie romaine.

  • Mes Poisons, Sainte-Beuve, éd. La Table Ronde, 2006 (ISBN 2-7103-2862-3), chap. VIII. Sur l'amour et les femmes, p. 80


René Crevel, La Période des sommeils, 1932 [modifier]

Tant de voix sonnaient faux en dépit des sourires que mes oreilles ne voulaient plus entendre. Sur les pavés trop quotidiens, mes pieds traînaient des distances pesantes, bordées d’une ombre qui se trouvait pourtant dépourvue d’épaisseur. Tous les arbres étaient en bois de potence, et ils étaient innombrables dans la forêt de la répression, avec leur feuillage de plomb si épais que, de l’aube au crépuscule et du crépuscule à l’aube, on n’osait imaginer qu’un jour, au-delà de l’horizon et au-delà de l’habitude, brillerait un Soleil tout de soufre et d’amour. Les feuilles répétaient les inepties druidiques des chênes, l’hypocrisie méditerranéenne des oliviers, l’amertume fatale du buis, le puritanisme glacé des saules, et les allusions malsaines chuchotées par les peupliers de la Troisième République.

  • « La Période des sommeils », René Crevel, This Quarter vol. 5, nº 1, Septembre 1932, p. 1


Écrit intime [modifier]

George Sand/Alfred de Musset, Le Roman de Venise, 1904 [modifier]

Quelle fièvre avez-vous fait passer dans la moelle de mes os, esprits de la vengeance céleste ? quel mal avais-je fait aux anges du ciel pour qu'ils descendissent sur moi et pour qu'ils missent en moi pour châtiment, un amour de lionne ?


Anaïs Nin, Henry et June — Les cahiers secrets, 1986 [modifier]

Décembre (1931)

Un visage d'une blancheur saisissante disparaissant dans l'obscurité du jardin. Elle pose pour moi en s'éloignant. J'ai envie de sortir en courant pour embrasser sa fantastique beauté, pour l'embrasser et pour lui dire : « Vous portez en vous un reflet de moi-même, une partie de moi-même. Je vous ai rêvée, j'ai souhaité votre existence. Vous ferez toujours partie de ma vie. Si je vous aime, c'est parce que nous avons dû partager un certain temps les mêmes fantasmes, la même folie, la même scène.
« La seule force qui vous permet de tenir debout, c'est votre amour pour Henry — c'est pour cela que vous l'aimez. Il vous fait du mal, mais il permet à votre corps et à votre âme d'être unis. Il fait de vous une entité. A coups de fouet, il vous donne une unité passagère. Moi, j'ai Hugo. »


Claire Julliard, Boris Vian, 2007 [modifier]

Dans la vie, l'essentiel est de porter sur tout des jugements a priori. Il apparaît en effet que les masses ont tort, et les individus toujours raison. Il faut se garder d'en déduire des règles de conduite : elles ne doivent pas avoir besoin d'être formulées pour qu'on les suive. Il y a seulement deux choses : c'est l'amour, de toutes les façons, avec de jolies filles, et la musique de la Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington.

  • Propos de Boris Vian rapportés par la biographe Claire Julliard.
  • Boris Vian (2007), Claire Julliard, éd. Folio, coll. Biographies, 2007 (ISBN 978-2-07-031963-3), L'écume et la Nausée, p. 27


Essai [modifier]

Léon Blum, Nouvelles conversations de Goethe avec Eckermann, 1901 [modifier]

— Mon enfant, il faut aimer la vie, et travailler pour qu'elle aime chacun de nous. Et si nous la trouvons mauvaise et dure, il faut l'aimer cependant, et la réaliser meilleure, non par le désespoir et la violence, mais par le travail. C'est ce que les meilleurs d'entre nous comprennent spontanément. Ils aiment naturellement le travail, l'action, la pensée ; ils sont nés les bons ouvriers robustes, prêts à la tâche, qui sauront souffrir et travailler seuls. Mais aux plus faibles pour les gagner au devoir de vivre, à la joie de vivre, il faut le bonheur, l'amour, la paix au cœur, le charme continu des présences douces. Ce que je dis est vrai de toutes les faiblesses, et il n'est pas un de nous qui, à certaines heures, ne soit un faible à son tour. C'est pourquoi l'avenir, à qui incombent tant de grandes tâches, qui doit réaliser la paix du travail, l'équité laborieuse, devra, peut-être avant toute chose, assurer toute sa liberté à l'amour.


Boris Vian, Utilité d'une littérature érotique, 1980 [modifier]

[...] puisque l'amour, qui est tout de même, je le répète, le centre d'intérêt de la majorité des gens sains, est barré et entravé par l'Etat, comment s'étonner que la forme actuelle du mouvement révolutionnaire soit la littérature érotique ?

  • Ecrits pornographiques précédés de l'Utilité d'une littérature érotique, Boris Vian, éd. Le Livre de Poche, 1980 (ISBN 978-2-253-14431-1), I. Utilité d'une littérature érotique, p. 35


Michel Leiris, Langage tangage ou Ce que les mots me disent, 1985 [modifier]

amour – vous mord, vous moud, vous cloue, mais vous ouvre âme et corps.


Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature, 2005 [modifier]

Et la grande ruse des femmes du Moyen-Age : elles ont poussé les hommes à inventer le style courtois, qui donne un aspect viril à la politesse et la rend applicable par les enfants vieillis qui portent le nom d’hommes.

  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 221


Nouvelle [modifier]

Gérard de Nerval, Les Filles du feu, 1834 [modifier]

Sylvie

Quelque artiste modeste invité aux chasses princières s'était appliqué à le pourtraire de son mieux, ainsi que sa jeune épouse, qu'on voyait dans un autre médaillon, attrayante, maligne, élancée dans son corsage ouvert à échelle de rubans, agaçant de sa mine retroussée un oiseau posé sur son doigt. C'était pourtant la même bonne vieille qui cuisinait en ce moment, courbée sur le feu de l'âtre. Cela me fit penser aux fées des Funambules qui cachent, sous leur masque ridé, un visage attrayant, qu'elles révèlent au dénouement, lorsqu'apparaît le temple de l'Amour et son soleil tournant qui rayonne de feux magiques.

  • Les Filles du feu (1834), Gérard de Nerval, éd. Maxi-Livres, coll. Maxi-Poche Classiques Français, 1997 (ISBN 2-8771-4348-1), partie Sylvie — Souvenir du valois, VI. Othys, p. 123


Renée Vivien, La Dame à la Louve, 1904 [modifier]

La Saurienne

« Le roi et la reine des crocodiles sont mes amis intimes [...]. » « Le roi demeure à Denderah. La reine, qui est aussi puissante et plus cruelle encore que lui, a préféré s’en aller quarante lieues plus haut, afin de régner seule. Elle veut la puissance sans partage. Lui aussi aime l’indépendance ; ce qui fait que, tout en restant très bons amis, ils vivent séparés. Ils ne se rejoignent qu’à de rares intervalles, pour l’acte d’amour. »

  • La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, La Saurienne, p. 123


Brune comme une Noisette

Nous n’avons pas de morale, dans les grands bois. Seulement, elle était réfractaire à l’amour. Il y a beaucoup de femmes qui ont instinctivement horreur du mâle. Ce n’est pas qu’elle eût pour moi une haine profonde. Elle m’avait voué au contraire une affection fraternelle.

  • La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, Brune comme une Noisette, p. 149


Blanche comme l'Ecume

Elle ne craignait point la Mort aux yeux chastes, aux mains graves, elle ne craignait que l’Amour qui ravage l’esprit et la chair. Blanche comme l’écume sur le gris des rochers, elle songeait que les Dieux cléments, en la livrant virginale à la Mort virginale, lui épargnaient les rancœurs et les souillures de l’implacable Érôs.

  • La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, Blanche comme l'Ecume, p. 206


Poésie [modifier]

Théophile Gautier, Albertus, 1832 [modifier]

  Par ton doux accent d’Espagnole,
  Par l’aube de tes dix-sept ans,
  Je t’aimerai, ma jeune folle,
  Un peu plus que toujours, — longtemps !

  • « Serment », dans Œuvres de Théophile Gautier - Poésies, Volume 1 (1832), Théophile Gautier, éd. Lemerre, 1890, p. 24


Robert Desnos, Rrose Sélavy, 1922 [modifier]

Amoureux voyageur sur la carte du tendre, pourquoi nourrir vos nuits d'une tarte de cendre ?

  • « Rrose Sélavy », Robert Desnos, Littérature Nouvelle Série, nº 7, Décembre 1922, p. 17


[[Rober Desnos], Jack l'égareur, 1923

Amour haut parleur sirènes à corps d'oiseaux,
je vous quitte.
Je vais goûter le silence cette belle algue où dorment les requins.

  • « Jack l'égareur », Benjamin Péret, Littérature Nouvelle Série, nº 11/12, Octobre 1923, p. 7


Paul Eluard , Capitale de la douleur, 1926 [modifier]

Les Gertrude Hoffmann girls

Vous échangez un regard clair pour un printemps,

Le tour de votre taille pour un tour de fleur,
L'audace et le danger pour votre chair sans ombre,
Vous échangez l'amour pour des frissons d'épées
Et le rire inconscient pour des promesses d'aube.

  • Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1926), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Nouveaux poèmes, Les Gertrude Hoffmann girls, p. 107


Paul Eluard , L'Amour la poésie, 1929 [modifier]

En l'honneur des muets

La brûlure de toutes les métamorphoses
La chaîne entière des aurores dans la tête
Tous les cris qui s'acharnent à briser les mots

Et qui creusent la bouche et qui creusent les yeux
Où les couleurs furieuses défont les brumes de l'attente
Dressent l'amour contre la vie les morts en rêvent.

  • Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1929), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Seconde nature, V. En l'honneur des muets, p. 181


René Char, Fureur et mystère, 1948 [modifier]

Le Météore du 13 août

Ma convoitise est infinie. Rien ne m'obsède que la vie.
Étincelle nomade qui meurt dans son incendie.
Aime riveraine. Dépense ta vérité. L'herbe qui cache l'or de ton amour ne connaîtra jamais le gel.

  • Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie LE POEME PULVERISE (1945-1947), Le Météore du 13 août, p. 203


Joyce Mansour, Funéraire comme une attente à vie, 1964 [modifier]

Opaques sont les prunelles de l'aïeule ensevelie
Vengeresses mes morts amoureuses.

  • « Funéraire comme une attente à vie », Joyce Mansour, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 78


Prose poétique [modifier]

Novalis, Hymne à la nuit, 1800 [modifier]

Je sens en moi une grande fatigue, mon pélerinage jusqu’au saint tombeau a été long et pénible ; mais celui qui a une fois goûté la boisson salutaire que l’homme sensuel ne peut connaître, celui qui s’est assis aux limites du monde, et qui a porté les yeux dans la nouvelle contrée, dans le domaine de la nuit, celui-là ne retournera plus au milieu des passions qui occupent les hommes, dans la terre où la lumière ramène toujours l’inquiétude. Il se bâtit sa demeure à lui, sa demeure où la paix habite, où il garde ses désirs et son amour, et d’où il élève ses regards en haut jusqu’à ce que la dernière heure sonne pour lui.

  • « Hymne à la nuit », Novalis, Nouvelle revue germanique, nº 14, 1833, p. 235


Autrefois, parmi les races diverses qui peuplent au loin le monde, un destin de fer étendait sa souveraine puissance. Des liens étroits et grossiers enchaînaient leur ame, et la terre était la patrie et le séjour de leurs dieux ; sur les montagnes de l’Orient et dans le sein de la mer, habitait le soleil, lumière vivante et répandant partout la chaleur. Un vieux géant portait le monde, et les premiers enfans de la terre reposaient sous les montagnes, avec leur rage impuissante contre les nouveaux dieux et contre les hommes ; les profondeurs de la mer renfermaient une déesse, et dans les grottes de cristal, un peuple joyeux passait une vie de voluptés [...]. Le vin était meilleur, versé par les mains de la jeunesse, un dieu était dans la grappe, une déesse dans les gerbes, et la plus belle habitante de l’Olympe avait dans ses attributions les doux frémissemens de l’amour.

  • « Hymne à la nuit », Novalis, Nouvelle revue germanique, nº 14, 1833, p. 236


Joseph Delteil, Échec, 1923 [modifier]

Je me disais : si elle gagne, elle ne m'aime pas. Et je songeais à la gardeuse de dindons que j'avais baisée quatre fois au bord de la mare. Dans ma poche, je palpais nerveusement mon petit canif à manche de corne. Luce, un à un, me chipa tous mes pions, et je me sentis nu devant elle. Mais, soudain, je lui pris une tour. Une tour ! Et j'entendis mon coeur s'entr'ouvrir pour laisser entrer cette tour.
Luce était devenue grave. Je songeais : Si l'on faisait coup nul, rien ne serait désespéré. Mais coup sur coup, elle me vola une tour et un cheval ! Échec au Roi ! Elle leva son front déjà glorieux. Elle me regardait, un mince poignard d'or dans chaque oeil. Elle était moite d'orgueil. Je bougeai encore quelques pièces, puis ce fut la fin. La gardeuse de dindons, une rainette, un volubilis passaient en cavalcade devant mes yeux obscurs. Échec et mat ! Je me levai. J'avais mon canif dans la main. Je la frappai en plein visage. Aussitôt, ses joues tombèrent sur le sol. Mais avant de s'évanouir, elle me cria encore une fois :
— Échec et mat !

  • « Échec », Joseph Delteil, Littérature Nouvelle Série, nº 10, Octobre 1923, p. 8


Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924 [modifier]

Timonières, comètes violette et rouge, timonières du bateau fantôme où guidez-vous votre cargaison de putains et de squelettes dont le superbe accouplement apporte aux régions que vous traversez le réconfort de l'amour éternel ?


Un fossoyeur s'assied sur une tombe [...]. D'une taupinière à ses pieds sort une lumière verdâtre qui ne l'étonne guère, lui, habitué au silence, à l'oubli et au crime et qui ne connaît de la vie que le doux bourdonnement qui accompagne la chute perpendiculaire du soleil au moment où, serrées l'une contre l'autre les aiguilles de la pendule fatiguées d'attendre la nuit appellent inutilement du cri fatidique douze fois répété le violet défilé des spectres et des fantômes retenus loin de là, dans un lit de hasard, entre l'amour et le mystère, au pied de la liberté bras ouverts contre le mur.


André Breton, Poisson soluble, 1924 [modifier]

Au sud, dans une anse, l'amour secoue ses cheveux remplis d'ombre et c'est un bateau propice qui circule sur les toits.


J'étais alors terrorisé par la douceur et le contrat de vigilance qu'avaient voulu me faire signer les amours du pied de table.


L'aurore boréale en chambre, voilà un pas de fait ; ce n'est pas tout. L'amour sera. Nous réduirons l'art à sa plus simple expression qui est l'amour ; nous réduirons aussi le travail, à quoi, mon Dieu ? A la musique des corrections lentes qui se payent de mort.


[...] elle mordit avec délices dans les étonnantes stratifications blanches qui restaient à sa disposition, les baguettes de craie, et celles-ci écrivirent le mot amour sur l'ardoise de sa bouche.


Je n'ouvre ma porte qu'à la pluie et pourtant on sonne à chaque instant et je suis sur le point de m'évanouir quand on insiste, mais je compte sur la jalousie de la pluie pour me délivrer enfin et, lorsque je tends mes filets aux oiseaux du sommeil, j'espère avant tout capter les merveilleux paradis de la pluie totale, l'oiseau-pluie comme il y a l'oiseau-lyre. Aussi ne me demandez pas si je vais bientôt pénétrer dans la conscience de l'amour comme certains le donnent à entendre, je vous répète que si vous me voyez me diriger vers un château de verre où s'apprêtent à m'accueillir des mesures de volume nickelées, c'est pour y surprendre la Pluie au bois dormant qui doit devenir mon amante.


Nous fîmes l'amour longtemps, à la façon des craquements qui se produisent dans les meubles. Nous fîmes l'amour comme le soleil bat, comme les cercueils ferment, comme le silence appelle, comme la nuit brille. Et dans nos yeux qui n'étaient jamais ouverts en même temps ne se débattaient rien que nos sorts les plus purs.


Je veille près de la Porte Albinos avec la volonté de ne laisser passer que les cadavres dans les deux sens. Je ne suis pas encore mort et je jouis parfois du spectacle des amours.


Les amours des hommes m'ont suivi partout, quoi que j'en dise, je les sais pleines d'embûches comme les vases que les loups posent sur la neige.


Les amours des hommes sont de grandes glaces paysannes bordées de velours rouge ou, plus rarement, de velours bleu.


Ce qu'il faut que vous sachiez, c'est qu'au-dessous de toutes les fenêtres par lesquelles il peut vous prendre fantaisie de vous jeter, d'aimables lutins tendent aux quatre points cardinaux le triste drap de l'amour.


Paul Eluard , Capitale de la douleur, 1926 [modifier]

Dans la brume

Dans la brume où des verres d'eau s'entrechoquent, où les serpents cherchent du lait, un monument de laine et de soie disparaît. C'est là que, la nuit dernière, apportant leur faiblesse, toutes les femmes entrèrent. Le monde n'était pas fait pour leurs promenades incessantes, pour leur démarche languissante, pour leur recherche de l'amour.

  • Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1926), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Nouveaux poèmes, Dans la brume, p. 125


René Crevel, Le Pont de la mort, 1926 [modifier]

Le vaisseau fantôme écrit sa danse en plein ciel. Les murs s'écartent entre lesquels on voulut enchaîner les vents de l'esprit. Derrière les plis d'un velours trop lourdement paisible s'allume un soleil de soufre et d'amour. Les hommes du monde entier se comprennent par le nez.

  • « Le Pont de la mort », René Crevel, La Révolution Surréaliste, nº 7, 15 juin 1926, p. 28


Robert Desnos, La Liberté ou l'Amour !, 1927 [modifier]

Il leur fallait des fauves en amour, de taille a résister à leurs crocs et à leurs griffes.


Les gardiens des Tuileries virent ce couple extraordinaire parler avec animation puis s’éloigner par la rue du Mont-Thabor. Une chambre d’hôtel leur donna asile. C’était le lieu poétique où le pot à eau prend l’importance d’un récif au bord d’une côte échevelée, où l’ampoule électrique est plus sinistre que trois sapins au milieu de champs vert émeraude un dimanche après-midi, où la glace mobilise des personnages menaçants et autonomes. Mobiliers des chambres d’hôtel méconnus par les copistes surannés, mobiliers évoquateurs de crime ! Jack l’éventreur avait en présence de celui-ci exécuté l’un de ces magnifiques forfaits grâce auxquels l’amour rappelle de temps à autre aux humains qu’il n’est pas du domaine de la plaisanterie.


La reproduction est le propre de l'espèce, mais l'amour est le propre de l'individu.

  • La Liberté ou l'Amour (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1982 (ISBN 2-07-027695-3), chap. III. Tout ce qu'on voit est d'or, p. 27


La rancune montait en leur âme. Ah ! ce n’était pas l’amour, seule raison valable d’un esclavage passager, mais l’aventure avec tous ses obstacles de chair et l’odieuse hostilité de la matière.


Dans le couloir, ce fut le piétinement du garçon d’hôtel relevant pour les cirer, paire par paire, les chaussures à talons Louis XV. Quel Père Noël attendu depuis des siècles déposera l’amour dans ces chaussures, objet d’un rite journalier et nocturne de la part de leur propriétaire, en dépit de la désillusion du réveil ? Quel sinistre démon se borne à les rendre plus brillantes qu’un miroir à dessein de refléter, transformées en négresses, les stationnantes et sensibles femmes à passion.


La nuit de son incarnation approche où, ruisselant de neige et de lumière, il signifiera a ses premiers fidèles que le temps est venu de saluer le tranquille prodige des lavandières qui bleuissent l’eau des rivières et celui d’un dieu visible sous les espèces de la mousse de savon, modelant le corps d’une femme admirable, debout dans sa baignoire, et reine et déesse des glaciers de la passion rayonnant d’un soleil torride, mille fois réfléchi, et propices à la mort par insolation. Ah ! si je meurs, moi, nouveau Baptiste, qu’on me fasse un linceul de mousse savonneuse évocatrice de l’amour et par la consistance et par l’odeur.


Les conditions de la vie furent changées quant aux relations matérielles, mais l’amour fut toujours de même le privilège de peu de gens, disposés à courir toutes les aventures et à risquer le peu de vie consentie aux mortels dans l’espoir de rencontrer enfin l’adversaire avec lequel on marche côte a côte, toujours sur la défensive et pourtant à l’abandon.


Qu’elle vienne celle que j’aimerai, au lieu de vous raconter des histoires merveilleuses (j’allais dire à dormir debout). Ô satisfaction nocturne, angoisse de l’aube, émoi des confidences, tendresse du désir, ivresse de la lutte, merveilleux flottement des matinées d’après l’amour.


Ne me dites pas qu’elle est belle, elle est émouvante. Sa vue imprime à mon cœur un mouvement plus rapide, son absence emplit mon esprit.
Banalité ! Banalité ! Le voilà donc ce style sensuel ! La voici cette prose abondante. Qu’il y a loin de la plume à la bouche. Sois donc absurde, roman où je veux prétentieusement emprisonner mes aspirations robustes à l’amour, sois insuffisant, sois pauvre, sois décevant.


Je crois encore au merveilleux en amour, je crois à la réalité des rêves, je crois aux héroïnes de la nuit, aux belles de nuit pénétrant dans les cœurs et dans les lits.


Je t’aime et tu feins de m’ignorer. Je veux croire que tu feins de m’ignorer ou plutôt non ta mimique est pleine d’allusions. La phrase la plus banale a des sous-entendus émouvants quand c’est toi qui m’adresses la parole.


La voici, tempête conventionnelle sous des nuages immobiles. La voici, femme virile coiffée du bonnet phrygien, aux tribunes de la Convention et à la terrasse des Feuillants. Mais déjà femme est-ce encore elle cette merveilleuse, encore ce mot prédestiné dans l’olympe de mes nuits, femme flexible et séduite et déjà l’amour ? L’amour avec ses seins rudes et sa gorge froide. L’amour avec ses bras emprisonneurs, l’amour avec ses veillées mouvementées, à deux, sur un lit tendu de dentelles.


Paysage de l’émotion, région supérieure de l’amour où nous construisons des tombeaux jamais occupés, lorsque la métamorphose physique finale est évoquée en votre présence l’homme prend quelque noblesse.


Les membres du club aiment la mer. L’odeur phosphorée qui s’en dégage les grise et, parmi les débris des grèves, épaves de navires, arêtes de poissons, reliquats de villes submergées, ils retrouvent l’atmosphère de l’amour et ce halètement qui, à la même heure, témoigne à notre oreille de l’existence réelle d’un imaginaire, pêle-mêle avec le crissement particulier du varech qui se dessèche, les émanations de ce magnifique aphrodisiaque l’ambre marine, et le clapotis des vagues blanches contre le sexe et les cuisses des baigneuses au moment précis où, atteignant enfin leur ceinture, elles plaquent le maillot contre la chair.

  • Il est ici question du Club des Buveurs de Sperme.


Le marchand d’éponges passe dans les rues. Voici qu’il est tard. Le marchand de sable qui l’a précédé a semé des plages stériles, voici le marchand d’éponges qui vous jette l’amour, amants tourmentés (comme s’ils méritaient le nom d’amants ceux qui ne sont pas haletants d’angoisse).


René Char, Fureur et mystère, 1948 [modifier]

Partage formel

Un être qu'on ignore est un être infini, susceptible, en intervenant, de changer notre angoisse et notre fardeau en aurore artérielle.
Entre innocence et connaissance, amour et néant, le poète étend sa santé chaque jour.

  • Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), Partage formel, p. 74


Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958 [modifier]

Travaux du poète

Je fais mourir de faim l'amour pour qu'il dévore ce qu'il trouve.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Travaux du poète — VIII, p. 54


Papillon d'obsidienne

Dans le ciel du Sud, j'ai planté des jardins de feu, des jardins de sang. Leurs branches de corail frôlent encore le front des amoureux. Là-bas, l'amour est la rencontre de deux aérolithes au milieu de l'espace et non pas cette obstination de pierres qui se frottent pour s'arracher un baiser crépitant.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Papillon d'obsidienne, p. 92


Château en l'air

Château d'une seule masse, irréfutable proposition de lave ! A l'intérieur, est-ce amour, carnage ou chant ?

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Château en l'air, p. 98


Être naturel

A cette heure guerrière, à cette heure de sauve-qui-peut, les amants se penchent au balcon du vertige. Ils s'élèvent doucement, épi de bonheur qui se balance sur un champ calciné. Leur amour est un aimant auquel est suspendu le monde. Il règle les marées, il ouvre les écluses de la musique. Au pied de leur chaleur, la réalité brise sa coquille.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Être naturel — II, p. 105


Roman [modifier]

Jean-Jacques Rousseau, Julie ou La nouvelle Héloïse, 1761 [modifier]

Quels moments ! ah ! pardonne ! j'ose te voir même t'occuper de moi : je vois tes yeux attendris parcourir une de mes lettres ; je lis dans leur douce langueur que c'est à ton amant fortuné que s'adressent les lignes que tu traces ; je vois que c'est de lui que tu parles à ta cousine avec une si tendre émotion. Ô Julie ! ô Julie ! et nous ne serions pas unis ? et nos jours ne couleraient pas ensemble ? Non, que jamais cette affreuse idée ne se présente à mon esprit ! En un instant elle change tout mon attendrissement en fureur, la rage me fait courir de caverne en caverne ; des gémissements et des cris m'échappent malgré moi ; je rugis comme une lionne irritée ; je suis capable de tout, hors de renoncer à toi ; et il n'y a rien, non, rien que je ne fasse pour te posséder ou mourir.

  • A propos de l'état amoureux et des doutes qui le caractérise.


Sondez bien votre coeur, ô Julie ! et voyez s'il vous est possible d'éteindre le feu dont il est dévoré. Il fut un temps peut-être où vous pouviez en arrêter le progrès ; mais si Julie, pure et chaste, a pourtant succombé, comment se relèvera-t-elle après sa chute ? Comment résistera-t-elle à l'amour vainqueur, et armé de la dangereuse image de tous les plaisirs passés ? Jeune amante, ne vous en imposez plus, et renoncez à la confiance qui vous a séduite : vous êtes perdue, s'il faut combattre encore : vous serez avilie et vaincue, et le sentiment de votre bonté étouffera par degrés toutes vos vertus. L'amour s'est insinué trop avant dans la substance de votre âme pour que vous puissiez jamais l'en chasser ; il en renforce et pénètre tous les traits comme une eau forte et corrosive, vous n'en effacerez jamais la profonde impression sans effacer à la fois tous les sentiments exquis que vous reçûtes de la nature ; et, quand il ne vous restera plus d'amour, il ne vous restera plus rien d'estimable.

  • Julie ou La nouvelle Héloïse (1761), Jean-Jacques Rousseau, éd. Garnier-Flammarion, coll. GF Flammarion, 1967 (ISBN 2-08-070148-7), partie II, Lettre III de Milord Edouard à Julie, p. 138


Alexandre Dumas, Le Capitaine Pamphile, 1839 [modifier]

Toute cette immense étendue, qui conservait, même pendant la nuit, ses teintes chaudes et tranchées, était éclairée par cette lune brillante des tropiques, qui seule sait ce qui se passe au milieu des grandes solitudes du continent africain ; de temps en temps, le silence était troublé par les rugissements des hyènes et des chacals qui suivaient les deux armées, et au-dessus desquels s'élevait, comme le roulement du tonnerre, le rauquement lointain de quelque lion. Alors tout se taisait, comme si l'univers eût reconnu la voix du maître, depuis le chant du bengali qui racontait ses amours, balancé dans le calice d'une fleur, jusqu'au sifflement du serpent qui, dressé sur sa queue, appelait sa femelle en élevant sa tête bleuâtre au-dessus de la bruyère ; puis le lion se taisait à son tour, et tous les bruits divers qui lui avaient cédé l'espace s'emparaient de nouveau de la solitude et de la nuit.

  • Le Capitaine Pamphile (1839), Alexandre Dumas, éd. Gallimard, coll. Folio Classiques, 2003 (ISBN 978-2-07-042652-2), chap. XVII Comment le capitaine Pamphile, ayant abordé sur la côte d'Afrique, au lieu d'un chargement d'ivoire qu'il venait y chercher, fut forcé de prendre une partie de bois d'ébène, p. 243


Victor Hugo, Les Misérables, 1862 [modifier]

L’amour, c’est la salutation des anges aux astres.


Marie d'Agoult, Nélida, 1866 [modifier]

On a gardé le langage de Jésus, les pompes de Satan, les oeuvres de tous deux. L'Église a ses jours, le tentateur a les siens ; on n'exerce pas la charité, mais on fait l'aumône ; on ne pratique pas le renoncement, mais on observe l'abstinence ; on honore le duel, mais on flétrit le suicide ; on court en foule à la comédie, mais on refuse la sépulture au comédien ; on lapide la femme adultère, mais on porte le séducteur en triomphe. Qui ne s'étonnerait en venant à considérer à quel pharisaïsme prodigieux le monde a su interpréter et fausser le sens de la divine Écriture ? Quelle tolérance pour le vice hypocrite, quelle rigidité pour la passion sincère ! Combien la coquetterie rusée et la galanterie circonspecte y trouvent peu de censeurs ; mais l'amour, s'il osait s'y montrer, comme on le couvrirait d'anathèmes ! L'amour ? ne craignez pas de l'y voir ; il en est banni comme une faiblesse ridicule ; il est banni de son plus pur sanctuaire, du coeur même de la jeune fille : il y est étouffé avant de naître par la cupidité et la vaine gloire qui pervertissent tous les instincts, jusqu'au plus naturel, au plus légitime, au plus religieux de tous : le désir du bonheur dans le mariage.

  • Il est ici question du grand monde.


Guermann, irrité par ce calme qui lui semblait presque une insulte, élevait sa voix et lui donnait un accent de plus en plus vibrant. Il en vint à déclamer certains passages avec une puissance d'organe et de geste qui ne pouvait laisser aucun doute sur l'application directe qu'il en faisait à Nélida ; mais en vain. Mme de Kervaëns demeurait immobile, ne l'interrompait pas, ne levait pas les yeux ; pas un pli de sa robe ne froissait la soie du divan. On n'entendait que le bruit régulier et de plus en plus affaibli de son haleine. Indigné, à bout de patience, exalté par le retentissement de sa parole dans l'espace sonore, Guermann, ne se contenant plus, jeta le livre loin de lui et s'approcha, résolu à dire enfin à cette femme hautaine qui ne voulait rien comprendre tout ce qu'il ressentait pour elle d'ardeurs brûlantes et de violents désirs. Mais il s'arrêta tout à coup en la voyant endormie ou évanouie, c'est ce qu'il ne pouvait discerner. Les yeux de Nélida étaient clos, sa bouche était décolorée, son bras alangui avait glissé hors des coussins [...].
— Ô Galatée, s'écria-t-il en la saisissant d'une étreinte passionnée, marbre divin, éveille-toi dans les bras de ton amant ; éveille-toi à la vie, éveille-toi à l'amour...
Nélida rouvrit les yeux, et, recouvrant tout à coup ses esprits, elle s'arracha des bras de Guermann qui n'essaya pas de la retenir, tant le regard qu'elle lui jeta commandait le respect. Elle alla lentement, en silence, à la fenêtre, et, l'ouvrant malgré l'orage, elle s'appuya sur le balcon que commençaient à mouiller de larges gouttes de pluie. Guermann se laissa tomber à la place qu'elle venait de quitter, et fondit en larmes


Un mariage, quelque brillant qu'il fût, me plaçait sous le pire des jougs, celui du caprice d'un individu qui pouvait être noble et intelligent à la vérité, mais qui pouvait aussi être vulgaire et stupide. D'ailleurs, le mariage, c'était le ménage, le gynécée, la vie des salons. C'était le renoncement presque certain à l'expansion de ma force, à ce rayonnement de ma vie sur d'autres vies, dont l'image seule enflammait mon cerveau d'irréfrénables désirs. L'idée de diriger un jour une communauté tout entière et l'éducation de deux cents jeunes filles, toujours renouvelées et recrutées dans les premiers rangs de la société, s'empara de moi comme la seule qui pût me conduire à un but digne d'efforts. Si je pouvais, me disais-je, infiltrer dans ces jeunes coeurs les sentiments dont le mien déborde ; si, au lieu de la morgue et de la vanité dont on les nourrit, je parvenais à les pénétrer des principes d'une égalité vraie ; si j'allumais dans leur âme un pur et enthousiaste amour du peuple, jaurais fait une révolution... Ce mot me donnait le vertige.


Chez les femmes les plus hautement douées, le coeur, dans ses élans rapides, dépasse de si loin la pensée qu'à lui seul il agite, soumet, bouleverse et entraîne au hasard toute la première moitié de l'existence. La pensée, plus lente en sa marche, grandit, d'abord inaperçue, au sein des orages ; mais peu à peu elle s'élève au-dessus d'eux, les connaît, les juge, les condamne ou les absout ; elle devient souveraine. Le combat fut long et cruel pour Nélida, et quand elle entra en possession des forces que la nature lui avait données, elle se trouva en présence d'ennemis extérieurs aussi formidables que l'avait été son amour. La lutte recommença sous d'autres aspects et dans une autre arène.


Gaston Salandri, Pensées moroses, janvier 1892 [modifier]

L'amour est une course d'obstacles ; au dernier, il tombe de lui-même.

  • La Revue blanche, Gaston Salandri, éd. Gallica, 1892, p. 42


Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900 [modifier]

— Connaissez-vous, Perdita, demanda soudain Stelio, connaissez-vous au monde un autre lieu qui, autant que Venise, possède, à certaines heures, la vertu de stimuler l’énergie de la vie humaine par l’exaltation de tous les désirs jusqu’à la fièvre ? Connaissez-vous une plus redoutable tentatrice ?
Celle qu’il appelait Perdita, le visage penché comme pour se recueillir, ne fit aucune réponse ; mais elle sentit passer dans tous ses nerfs l’indéfinissable frisson que lui donnait la voix de son jeune ami, quand cette voix devenait révélatrice d’une âme véhémente et passionnée vers qui elle était attirée par un amour et une terreur sans limites.
— La paix, l’oubli ! Est-ce que vous les retrouvez là-bas, au fond de votre canal désert, lorsque vous rentrez épuisée et brûlante pour avoir respiré l’haleine des foules qu’un de vos gestes rend frénétiques ? Moi, lorsque je vogue sur cette eau morte, je sens ma vie se multiplier avec une rapidité vertigineuse ; et, à certaines heures, il me semble que mes pensées s’enflamment comme à l’approche du délire.
— La force et la flamme sont en vous, Stelio ! — dit la Foscarina, presque humblement, sans relever les yeux.

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 4


Pour arriver à elle, pour jouir d’elle, le désir de l’aimé devait traverser toute cette ombre qu’il croyait faite d’innombrables amours inconnues, et, par cette méprise outrageante, il devait se contaminer, se corrompre, s’aigrir, devenir cruel, se changer peut-être en dégoût. Toujours cette ombre devait exciter en lui l’instinct de férocité bestiale qui se cachait au fond de sa sensualité puissante.

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. II. L'empire du silence, p. 501


Colette, La Maison de Claudine, 1922 [modifier]

Il n’est qu’un jeune chat, fruit des amours — et de la mésalliance — de Moune, chatte persane bleue, avec n’importe quel rayé anonyme. Dieu sait si le rayé abonde, dans les jardins d’Auteuil ! Par les jours de printemps précoce, aux heures du jour où la terre, dégelée, fume sous le soleil et embaume, certains massifs, certaines plates-bandes ameublies qui attendent les semis et les repiquages, semblent jonchés de couleuvres : les seigneurs rayés, ivres d’encens végétal, tordent leurs reins, rampent sur le ventre, fouettent de la queue et râpent délicatement sur le sol leur joue droite, leur joue gauche, pour l’imprégner de l’odeur prometteuse de printemps — ainsi une femme touche, de son doigt mouillé de parfum, ce coin secret, sous l’oreille.

  • La Maison de Claudine (1922), Colette, éd. Imprimerie Moderne de Nantes, coll. Super-Bibliothèque, 1976 (ISBN 2-261-00093-6), Les Deux Chattes, p. 215


James Joyce, Ulysse, 1922 [modifier]

Un flot de chaud lolo lichelape-le secret s'épanchait pour s'épandre en musique, en désir, sombre à déguster, insinuant. La tâter, la tapoter, la tripoter, la tenir sous. Tiens ! Pores dilatateurs qui se dilatent. Tiens ! Le jouir, le sentir, la tiédeur, le. Tiens ! Faire par-dessus les écluses gicler les jets Flot, jet, flux, jet de joie, coup de bélier. Ca y est ! Langue de l'amour.


Renée Dunan, La Culotte en jersey de soi, 1923 [modifier]

Vous abrutissez les fillettes de défenses et les jeunes femmes de licences. Vous voulez l'épouse éduquée de telle façon qu'à votre gré elle soit chaste comme une moniale à minuit moins cinq, mais puisse être animée de toute la ferveur corinthienne à minuit juste. Vous bouleversez l'économie de son cerveau et mettez sa sensibilité à la torture. Naturellement il advient que certaines acquièrent dans ce désordre une sensualité déréglée et trouble, toujours près du seuil de la conscience et que l'homme se figure sottement être, soit le produit de l'amour, soit une prédisposition dangereuse. Alors il prend des airs savants... Il affirme des choses subtiles. Il se donne de ce chef un rôle civilisateur et une responsabilité sociale qui le flattent.


Colette, Le Blé en herbe, 1923 [modifier]

Le bain quotidien, joie silencieuse et complète, rendait à leur âge difficile la paix et l'enfance, toutes deux en péril. Vinca se coucha sur le flot, souffla de l'eau en l'air comme un petit phoque. Le foulard tordu découvrait ses oreilles roses et délicates, que les cheveux abritaient pendant le jour, et des clairières de peau blanche aux tempes qui ne voyaient la lumière qu'à l'heure du bain. Elle sourit à Philippe, et sous le soleil d'onze heures le bleu délicieux de ses prunelles verdit un peu au reflet de la mer. Son ami plongea brusquement, saisit un pied de Vinca et la tira sous la vague. Ils « burent » ensemble, reparurent crachant, soufflant, et riant comme s'ils oubliaient, elle ses quinze ans tourmentés d'amour pour son compagnon d'enfance, lui ses seize ans dominateurs, son dédain de joli garçon et son exigence de propriétaire précoce.


Philippe ne répondit pas. Il tendait le reste de sa lucidité vers son propre épuisement progressif, et s'attendait à entendre tomber sur le tapis, régulières, étouffées, les dernières gouttes d'un sang qui quittait son coeur.
— Vous l'aimez, n'est-ce pas ?
 — Qui? dit-il en sursaut.
— Cette côte cancalaise ?
— Oui...
— Monsieur Phil, vous n'êtes pas souffrant ? Non ? Bon. Je suis une très bonne garde-malade, d'ailleurs... Mais par ce temps-là, vous avez mille fois raison : mieux vaut se taire que de parler. Taisons-nous donc.
— Je n'ai pas dit ça...
Elle n'avait pas fait un mouvement depuis leur entrée dans la pièce obscure, ni risqué une parole qui ne fût parfaitement banale. Pourtant le son de sa voix, chaque fois, infligeait à Philippe une sorte inexprimable de traumatisme, et il reçut avec terreur la menace d'un mutuel silence. Sa sortie fut piteuse et désespérée. Il heurta son verre à un fantôme de petite table, proféra quelques mots qu'il n'entendit pas, se mit debout, gagna la porte en fandant des vagues lourdes et des obstacles invisibles, et retrouva la lumière avec une aspiration d'asphyxié.


André Malraux, La Condition humaine, 1933 [modifier]

Gisors : La connaissance d'un être est un sentiment négatif : le sentiment positif, la réalité, c'est l'angoisse d'être toujours étranger à ce qu'on aime.


André Breton, L'Amour fou, 1937 [modifier]

Les hommes désespèrent stupidement de l'amour – j'en ai desespéré – ils vivent asservis à cette idée que l'amour est toujours derrière eux, jamais devant eux : les siècles passés, le mensonge de l'oubli à vingt ans. Ils supportent, ils s'aguerrisent à admettre surtout que l'amour ne soit pas pour eux, avec son cortège de clartés, ce regard sur le monde qui est fait de tous les yeux de devins. Ils boitent de souvenirs fallacieux auxquels ils vont jusqu'à prêter l'origine d'une chute immémoriale, pour ne pas se trouver trop coupables. Et pourtant pour chacun la promesse de toute heure à venir contient tout le secret de la vie, en puissance de se révéler un jour occasionnellement dans un autre rêve.


Dans la mesure même où j'ai pu m'abandonner durant plusieurs jours à l'idée a priori purement séduisante que je puis être en quelque sorte attendu, voire cherché, par un être auquel je prête tant de charmes, le fait que cette idée vient de se découvrir des bases réelles ne peut manquer de me précipiter dans un abîme de négations. De quoi suis-je capable en fin de compte et que ferai-je pour ne pas démériter d'un tel sort ? Je vais devant moi mécaniquement, dans un grand bruit de grilles qu'on ferme. Aimer, retrouver la grâce perdue du premier instant où l'on aime... Toutes sortes de défenses se peignent autour de moi, des rires clairs fusent des années passées pour finir en sanglots, sous les grands battements d'ailes grises d'une nuit peu sûre de printemps. Peu sûre : c'est bien, en effet, toute l'insécurité qui est en moi dès que, cette nuit-là, je me reprends à lire dans l'avenir ce qui pourrait, ce qui devrait être si le coeur disposait. La liberté à l'égard des autres êtres, la liberté à l'égard de celui qu'on a été semble ne se faire alors si tentante que pour mieux m'accabler de ses défis.


Les fiancées brillaient aux fenêtres, éclairées d'une seule branche indiscrète, et leurs voix, alternant avec celles des jeunes hommes qui brûlaient en bas pour elles, mêlaient aux parfums déchaînés de la nuit de mai un murmure inquiétant, vertigineux comme celui qui peut signaler sur la soie des déserts l'approche du Sphinx. La question qui soulevait gracieusement à pareille heure tant de poitrines n'était en effet rien moins, posée dans les conditions optima de temps et de lieu, que celle de l'avenir de l'amour – que celle de l'avenir d'un seul et, par là même, de tout amour.


Amour, seul amour qui sois, amour charnel, j'adore, je n'ai jamais cessé d'adorer ton ombre vénéneuse, ton ombre mortelle. Un jour viendra où l'homme saura te reconnaître pour son seul maître et t'honorer jusque dans les mystérieuses perversions dont tu t'entoures.


L'enfant que je demeure par rapport à ce que je souhaiterais être n'a pas tout à fait désappris le dualisme du bien et du mal. Ces tiges mi-aériennes, mi-souterraines, ces lianes, ces serpents indiscernables, ce mélange de séduction et de peur, il ne jurerait pas que cela n'a plus rien pour lui de la barbe de Barbe-Bleue. Mais toi, toi qui m'accompagnes, Ondine, toi dont j'ai pressenti sans en avoir jamais rencontré de semblables les yeux d'aubier, je t'aime à la barbe de Barbe-Bleue et par le diamant de l'air des Canaries qui fait un seul bouquet de tout ce qui croît jalousement seul en tel ou tel point de la surface de la terre.


Je t'aime jusqu'à me perdre dans l'illusion qu'une fenêtre est pratiquée dans un pétale du datura trop opaque ou trop transparent, que je suis seul ici sous l'arbre et qu'à un signal qui se fait merveilleusement attendre je vais aller te rejoindre dans la fleur fascinante et fatale.


Engels, dans l' Origine de la Famille, n'hésite pas à faire de l'amour sexuel individuel, né de cette forme supérieure des rapports sexuels qu'est la monogamie, le plus grand progrès moral accompli par l'homme dans les temps modernes. Quelque entorse qu'on cherche aujourd'hui à faire subir à la pensée marxiste sur ce point comme sur tant d'autres, il est indéniable que les auteurs du Manifeste communiste n'ont cessé de s'élever contre les espoirs de retour aux rapports sexuels « désordonnés » qui marquèrent l'aube de l'histoire humaine. La propriété privée une fois abolie, « on peut affirmer avec raison, déclare Engels, que loin de disparaître, la monogamie sera plutôt pour la première fois réalisée ». Dans le même ouvrage il insiste à plusieurs reprises sur le caractère exclusif de cet amour qui, au prix de quels égarements – j'en sais de misérables et de grandioses – s'est enfin trouvé. Cette vue sur ce que peut sans doute présenter de plus agitant la considération du devenir humain ne peut être corroborée plus nettement que par celle de Freud pour qui l'amour sexuel, tel même qu'il est déjà donné, rompt les liens collectifs créés par la race, s'élève au-dessus des différences nationales et des hiérarchies sociales, et, ce faisant, contribue dans une grande mesure au progrès de la culture. Ces deux témoignages, qui donnent la conception de moins en moins frivole de l'amour pour principe fondamental au progrès moral aussi bien que culturel, me sembleraient à eux seuls de nature à faire la part la plus belle à l'activité poétique comme moyen éprouvé de fixation du monde sensible et mouvant sur un seul être aussi bien que comme force permanente d'anticipation.


Allez donc parler, me dira-t-on, de la suffisance de l'amour à ceux qu'étreint, leur laissant tout juste le temps de respirer et de dormir, l'implacable nécessité !


La recréation, la recoloration perpétuelle du monde dans un seul être, telles qu'elles s'accomplissent par l'amour, éclairent en avant de mille rayons la marche de la terre. Chaque fois qu'un homme aime, rien ne peut faire qu'il n'engage avec lui la sensibilité de tous les hommes.


La surprise doit être recherchée pour elle-même, inconditionnellement. Elle n'existe que dans l'intrication en un seul objet du naturel et du surnaturel, que dans l'émotion de tenir et en même temps de sentir s'échapper le ménure-lyre. Le fait de voir la nécessité naturelle s'opposer à la nécessité humaine ou logique, de cesser de tendre éperdument à leur conciliation, de nier en amour la persistance du coup de foudre et dans la vie la continuité parfaite de l'impossible et du possible témoignent de la perte de ce que je tiens pour le seul état de grâce.


Le soir cet homme terriblement pauvre étreignant pour la première fois une femme qui ne pourra plus s'arracher à lui sur un pont. Je suis dans les nuages cet homme qui pour atteindre celle qu'il aime est condamné à déplacer une pyramide faite de son linge.


L'amour réciproque, tel que je l'envisage, est un dispositif de miroirs qui me renvoient, sous les mille angles que peut prendre pour moi l'inconnu, l'image fidèle de celle que j'aime, toujours plus surprenante de divination de mon propre désir et plus dorée de vie.


Ici l'on commence à ne plus savoir si c'est pour entrer ou pour sortir qu'on entr'ouvre si fréquemment la porte du cirque des brumes. L'immense tente est merveilleusement rapiécée de jour. Ainsi une continuité parfaite n'a aucune peine à s'établir entre ce qui est découvert et ce qui est voilé. Il n'en va pas autrement de cet amour où le désir porté à l'extrême ne semble amené à s'épanouir que pour balayer d'une lumière de phare les clairières toujours nouvelles de la vie. Aucune dépression ne suit la jouissance. La chambre emplie de duvet de cygne que nous traversions tout à l'heure, que nous allons retraverser, communique sans obstacle avec la nature. Pailletant de bleu et d'or les bancs de miel sur lesquels nul être vivant ne semblait devoir prendre place, je vois mille yeux d'enfants braqués sur le haut du pic que nous ne saurons atteindre. On doit être en train d'installer le trapèze.


Virginia Woolf, Les Vagues, 1952 [modifier]

Être aimé de Susan ce serait être empalé sur le bec pointu d'un oiseau, être cloué à la porte d'une grange.


Jean Barbe, Le travail de l’huître, 2008 [modifier]

C’était cela l’amour, pensait-il : s’évanouir comme un souffle dans la chaleur d’une peau plus douce que la sienne, s’oublier et renaître.

  • Le travail de l’huître, Jean Barbe, éd. Leméac, 2008, p. 31

Didier van Cauwelaert, La Maison des lumières, 2009 [modifier]

Je tourne en rond, je revis nos souvenirs en boucle, dans l'illusion que le bonheur passé finira par déteindre sur le présent pour nous redonner un avenir.

  • La Maison des lumières, Didier van Cauwelaert, éd. Le Livre de Poche, 2009, p. 12


J'attends qu'elle revienne tandis qu'elle voudrait que je l'oublie. J'attends qu'elle change, alors qu'elle est enfin bien dans sa peau, dit-elle, et elle m'en remercie, mais je ne suis plus compatible avec ce que je l'ai aidée à devenir.

  • La Maison des lumières, Didier van Cauwelaert, éd. Le Livre de Poche, 2009, p. 13


Je n'y peux rien : plus elle me repousse et plus je l'adore. Le feu d'artifice qui embrasait nos corps est devenu un cancer qui me ronge, mais je l'assume. Je refuse la chimio de l'oubli. Mieux vaut mourir de ce qu'on aime, en connaissance de cause, que de survivre pour rien.

  • La Maison des lumières, Didier van Cauwelaert, éd. Le Livre de Poche, 2009, p. 26


Théâtre [modifier]

Alfred de Musset, On ne badine pas avec l'amour, 1834 [modifier]

Perdican : […] On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de la tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : « J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui ». (Il sort.)

  • Cet extrait de la tirade de Perdican semble être tirée de la correspondance entre Musset et George Sand, d'après Paul de Musset, son frère.


Marcel Achard, Jean de la Lune, 1929 [modifier]

L’amour, c’est être toujours inquiet de l’autre.

  • Jean de la Lune, III, Marceline, Marcel Achard, éd. Librairie Larousse (Dictionnaire des citations françaises et étrangères), 1980, p. 2


Jean-Paul Sartre, Le Diable et le bon Dieu, 1951 [modifier]

Gœtz : Qui es-tu ?
Karl : Prophète comme toi.
Gœtz : Prophète de haine !
Karl : C'est le seul chemin qui mène à l'amour.

  • Dialogue entre Karl et Gœtz, le premier voulant que l'armée des pauvres massacre les riches et le second qu'elle se disperse pour vivre dans le Christ, en refusant tout combat.


Hilda : Nous n'irons pas au ciel, Gœtz, et même si nous y entrions tous les deux, nous n'aurions pas d'yeux pour nous voir, pas de mains pour nous toucher. Là-haut, on ne s'occupe que de Dieu. (Elle vient le toucher.) Tu es là : un peu de chair usée, rugueuse, misérable, une vie — une pauvre vie. C'est cette chair et cette vie que j'aime. On ne peut aimer que sur cette terre et contre Dieu.

  • Hilda s'adressant à Gœtz, qui lui demande pourquoi elle a voulu survivre étant assuré qu'elle le reverrait au Ciel.


Médias [modifier]

Presse [modifier]

Charles-Augustin Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 1854 [modifier]

Dans les nouvelles ou romans qui ont des sujets italiens, il a mieux réussi ces amours passionnées qui n'existent plus, selon lui, en 1838 et qu'on trouverait fort ridicules si on les rencontrait ; ces amours qui se nourrissent de grands sacrifices, ne peuvent subsister qu'environnés de mystère et se trouvent toujours voisins de plus affreux malheurs. Beyle cherche ainsi dans le roman une pièce à l'appui de son ancienne et constante théorie qui lui avait fait dire : L'amour est une fleur délicieuse, mais il faut avoir le courage d'aller la cueillir sur les bords d'un précipice affreux. Ce genre brigand et ce genre romain est bien saisi dans L'Abesse de Castro.

  • Le siècle du progrès — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. Hermann (éditeurs des sciences et des arts), coll. Collection savoir : lettres, 1992 (ISBN 2-7056-6179-4), partie Stendhal, 9 janvier 1854. Causeries du lundi, t. IX, p. 153


Jean Malrieu, Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques, 1964 [modifier]

Les yeux ouverts, les yeux fermés, je vois, je sais. A l'heure où le désir s'échappe comme d'un loup qui couvre mon visage, cette femme nue au coin du bois anonyme et violée et précise et familière, est-ce celle sublimée et subtile qui s'avance et grandit et me choisit et me livre et me délivre dans la lumière oblique de ce qui est plus que ma vie ? Elle se détache et se confond avec celle qui habite entre mes bras. La meilleure. La révélée. La femme est flamme. Elle est nue comme une amande. Il y a des champs d'ivoire dans l'amour. Elle est chaste comme je suis chaste : un scandale d'innocence. C'est toujours l'âge du premier amour. Et voici que je tremble. Tout est chair. Sexe de l'iode, des lèvres, des sacs à fermoir, des rives, des rivages de ce lac calme où nous prenons dimensions. Si j'ouvre les yeux, je suis nageur qui fait provision d'oxygène pour mieux plonger dans le délire. Je me rassure, j'étais seul. Soudain, je suis tous. Je dois fonder quelque ville, quelque part. Puis la respiration devient broussaille. Je rejoins le réel, l'imaginaire, la mort attelée dans le dos.

  • Réponse de Jean Malrieu à l'interrogation suivante : Comment se caractérisent vos représentations imaginaires dans l'acte d'amour ? Justifient-elles un jugement de valeur ? Sont-elles spontanées ou volontaires ? se succèdent-elles dans un ordre fixe ? Lequel ? — Il est clairement question d'une enquête initiée par la revue surréaliste La Brèche en décembre 1964.
  • « Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques », Jean Malrieu, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 92


Jacques Abeille, Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques, 1964 [modifier]

Les représentations imaginaires oscillent précisément entre ces deux pôles : des représentations « Sadiennes » avec accumulation de détails d'une violence à peine supportable alternant régulièrement avec des bouffées de la tendresse la plus ineffable qui révèle l'objet de mon amour dans toute sa pureté et dans toute sa souveraineté. Evidemment cette succession de représentations constitue un rythme qui va se précipitant jusqu'à une synthèse finale.
Ce rythme, tout comme la forme de cette synthèse même, échappent à mon contrôle. Il m'est possible de stimuler les représentations mais ni de les provoquer, ni de les éviter, ni même de les inhiber.
[...] Seules les forces vives de l'imagination constituent la sauvegarde de mon amour.
Elles orchestrent à elles seules cette généreuse synthèse. Se succédant régulièrement — imbriquées l'une dans l'autre — mouvement de l'amour.

  • Réponse de Jacques Abeille à l'interrogation suivante : Comment se caractérisent vos représentations imaginaires dans l'acte d'amour ? Justifient-elles un jugement de valeur ? Sont-elles spontanées ou volontaires ? se succèdent-elles dans un ordre fixe ? Lequel ? — Il est clairement question d'une enquête initiée par la revue surréaliste La Brèche en décembre 1964.
  • « Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques », Jacques Abeille, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 84


Agnès Jaoui, Paris Match, 2012 [modifier]

Le plus beau dans l’amour, ça devrait être l’amitié. Ce n’est pas forcément un échec si une histoire se termine.

  • Extrait de la réponse à la question « Sur la question du couple, le constat du film est assez implacable. Pensez-vous qu’il y a une date de péremption inévitable ? ».
  • « Agnès Jaoui : LA DOUCEUR DE VIVRE », Karelle Fitoussi, Paris Match (ISSN 0397-1635), nº 3301, du 23 au 29 août 2012, p. 7 à 9


Musique [modifier]

Chanson [modifier]

Joe Dassin, Comment te dire, 1968 [modifier]

L’amour sans amour n’est plus rien.

  • Comment te dire, Joe Dassin, Joe Dassin, album aucun (1968 chez CBS Records).


Philosophie [modifier]

Alain (Émile Chartier, dit), Cent un propos, 1928 [modifier]

Aimer, c’est trouver sa richesse hors de soi.

  • Éléments de philosophie (Gallimard), Alain, éd. Librairie Larousse (Dictionnaire des citations françaises et étrangères), 1980, p. 3


Gaston Bachelard, La Psychanalyse du feu, 1938 [modifier]

L'amour n'est qu'un feu à transmettre. Le feu n'est qu'un amour à surprendre.

  • La Psychanalyse du feu, Gaston Bachelard, éd. Gallimard, coll. NRF idées, 1949, chap. 3 (« Psychanalyse et préhistoire »), p. 48


René Girard, Achever Clausewitz, 2007 [modifier]

Nous devons nous détruire ou nous aimer, et les hommes – nous le craignons – préfèreront se détruire.


Psychanalyse [modifier]

Charles Baudouin, L'Oeuvre de Jung et la psychologie complexe, 1963 [modifier]

[...] il y a une analogie étroite (une analogie d'attitude) entre les diverses manifestations d'une même fonction. Ainsi avons-nous été accoutumés par la clinique freudienne à voir le tabou d'un amour « incestueux » étendre son ombre, peu à peu, sur tout amour et sur la vie entière du sentiment, ou encore l'interdiction frappant de culpabilité les curiosités sexuelles s'étendre bientôt à d'autres curiosités pour bloquer enfin toute l'activité de l'intelligence.

  • L'Oeuvre de Jung et la psychologie complexe (1963), Charles Baudouin, éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2002 (ISBN 2-228-89570-97), partie II. Discriminations, chap. V. Les types et les fonctions, Fonctions et refoulement, p. 154


Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010 [modifier]

Libertinage, le plaisir et la joie

Le lien crée inévitablement des attaches ; le libertin l'a compris. Il se refuse à devenir le prisonnier d'une cage où les barreaux seraient des liens d'amour ; tendresse, sollicitude, solidarité, implication, sont pour lui des hameçons. Sa stratégie est alors conçue de façon à se passer de la relation.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Les libertins sont-ils des pervers ?, Penser le lien. L'attachement n'est pas son affaire, p. 32


Libertinage et prédation

Dans son travail, J. Clavreul (1967) rappelle que le pervers sexuel évoquant ses pratiques et ses fréquentations se prévaut de ne parler que d'amour. Il se glorifie de savoir comme personne ce qu'est l'amour. Pour cet auteur, ce serait le signe même de l'accès au savoir sur le sexe, savoir vécu par lui comme initiatique et quelque part ayant été acquis par « révélation ». L'amour absout des excès réalisés en son nom et incite à la complaisance, ajoute Clavreul. Il y voit un piège tendu à nous autres censées être de simples névrosés, dans la mesure où le pervers sait que nous tenons à des valeurs dont l'amour est l'une des pierres précieuses. En bref, l'amour semble justifier toutes les faiblesses et toutes les compromissions. Et dans le lien du couple, l'amour est aussi invoqué par le partenaire du pervers manifeste comme pour légitimer le soutien qu'il lui donne et finalement pour occulter qu'il réalise ses tendances latentes à travers lui. C'est par amour aussi que la victime doit se taire et éviter de dénoncer l'outrage qu'elle subit.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie II. Libertinage et prédation, chap. Invitation à la débauche, Banaliser le mal au nom de l'amour, p. 134


Psychologie [modifier]

Mary Esther Harding, Les Mystères de la femme, 1953 [modifier]

Dans la nature, le principe féminin, ou comme l'appelait l'homme naïf, la déesse féminine apparaît comme une force aveugle, féconde et cruelle, créatrice et destructrice. C'est la « femelle des espèces plus implacable que le mâle » féroce dans ses amours et dans ses haines. Tel est le principe féminin dans sa forme démoniaque. Les chinois l'appellent Yin, la puissance ténébreuse de la femme.

  • Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 2-228-89431-1), chap. II. La lune, dispensatrice de fertilité, p. 62


En des jours extrêmement anciens, avant que la civilisation eût beaucoup évolué, on considérait l'instinct féminin comme purement animal. Le soin farouche avec lequel la mère veillait sur ses petits et la violence de son désir du mâle pendant la saison des accouplements étaient alors les caractéristiques les plus marquées de la femme comme de la bête. Au fur et à mesure que la civilisation progressa, les femmes commencèrent à ressentir un sentiment qui ressemblait à ce que nous appelons amour et la déesse des femmes se dégagea peu à peu de sa nature animale. On la représenta sous les traits d'une femme, mais la sauvagerie de son instinct féminin n'était pas loin.

  • Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 2-228-89431-1), chap. III. Premières représentations de la déesse lune, p. 80


Dans le monde antique seul un petit nombre de femmes passaient leur existence dans le temple de la déesse Lune, alors que la femme ordinaire ne jouait ce rôle qu'une fois dans sa vie. Cet acte supposait qu'elle acceptait la responsabilité de sa propre vie instinctuelle. Elle l'accomplissait parce qu'elle en avait besoin. Il influait sur ses rapports avec la déesse de l'amour et non sur ceux qu'elle pouvait avoir avec un mari présent ou à venir. Il n'avait rien à voir avec sa sécurité économique, comme c'est le cas dans le mariage ; il concernait uniquement ses rapports à l'égard de son propre instinct.

  • Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 2-228-89431-1), chap. X. Le mariage sacré, p. 231


Dans l'initiation aux mystères d'Isis, le candidat devait prendre la forme de l'âne Set ou Typhon pour devenir conscient de toute sa luxure et concupiscence et éprouver l'aspect négatif de l'Éros, de sa propre libido, non pas en se livrant à une débauche effective, mais en passant par l'épreuve rituelle de l'initiation. On l'isolait de ses compagnons pour qu'il se sente abandonné, car quelque chose en lui était hostile à la « participation ». On le battait, le maltraitait, on l'exposait à la faim et aux tentations sexuelles.
Car Typhon n'est pas foncièrement différent d'Éros. C'est Éros sous une forme implacable, l'inverse, le contraire de la « participation ». Lorsque le candidat à l'initiation avait traversé cette épreuve, lorsqu'il avait pleinement éprouvé cet aspect de la vie, ressenti son vide et sa stérilité et résolu d'y renoncer pour toujours, lorsqu'il se montrait capable de castration volontaire, alors seulement il voyait Isis la déesse et retrouvait sa forme humaine en mangeant ses roses. Ces roses d'Isis sont les fleurs de la pure passion, et symbolisent l'amour libéré de la luxure.

  • Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 2-228-89431-1), chap. XIII. Le sacrifice du fils, p. 296


[...] s'il en reste à un stade relativement infantile au lieu d'incorporer à sa propre psyché les qualités émotionnelles et sentimentales qui devraient lui être transmises par son anima, [l'homme] s'obstine à les chercher hors de lui-même dans leur projection sur une femme, ses rapports avec le principe féminin demeurent inconscients et lui, de ce fait, puéril.
Il pourra chercher tant qu'il voudra des femmes toujours plus jeunes, toujours plus idéalement belles, il restera insatisfait, peut-être même se révélera-t-il impuissant. Il espère encore trouver une satisfaction émotionnelle sous une forme qu'il aurait dû dépasser, il s'accroche vainement à des manières de sentir infantiles. Sa puérilité consiste à croire que la femme qui, pour le moment, lui tient lieu d'anima, comblera son besoin de satisfaction émotionnelles et sexuelles. Il s'attend à ce qu'elle lui donne l'amour dont il a besoin, au lieu de se rendre compte que chez un être adulte l'amour ne peut se libérer de l'engagement instinctuel primitif qu'après de longs efforts, répétés et conscients. Il espère que la vie lui donnera ce qu'il désire, qu'elle sera une mère pour lui. C'est cet espoir même, cependant, qui le prive de sa virilité. C'est selon les termes de l'ancien rite, une castration due à la mère.

  • Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 2-228-89431-1), chap. XIII. Le sacrifice du fils, p. 297


Paul-Claude Racamier, Les Schizophrènes, 1980 [modifier]

Schizogrammes

aimer Prends garde aux schizophrènes qui t'aiment sans te laisser voir qu'ils te haïssent de t'aimer.


façon d'aimer, façon de haïr Les schizophrènes ont une façon d'aimer étrangement semblable aux façons de la haine.
On ne compte pas les gens qui s'y sont laissé prendre.


Sciences exactes [modifier]

Albert Einstein, The Human Side: New Glimpses From His Archives, 1979 [modifier]

Tomber amoureux n'est pas du tout la chose la plus stupide que font les gens - mais la gravitation ne peut en être tenue pour responsable.

  • (en) Falling in love is not at all the most stupid thing that people do — but gravitation cannot be held responsible for it.
  • Albert Einstein, The Human Side: New Glimpses From His Archives, Albert Einstein, Helen Dukas (dir.), Banesh Hoffmann (dir.), éd. Princeton University Press, 1981 (ISBN 0691023689), p. 56


Inclassées [modifier]

Un des symboles de l'amour

L'amour est clair comme le jour, l'amour est simple comme bonjour, l'amour est un comme la main, c'est ton amour et le mien...

  • « Saint-Valentin - Amour, toujours - Citations », Jacques Prévert, Direct Soir, nº 700, Vendredi 12 février 2010, p. 9


Amour, amour quand tu nous tiens, on peut bien dire : Adieu prudence.

  • « Saint-Valentin - Amour, toujours - Citations », Jean de La Fontaine, Direct Soir, nº 700, Vendredi 12 février 2010, p. 9


Mais qui sans amour existe ?

  • « Saint-Valentin - Amour, toujours - Citations », Serge Gainsbourg, Direct Soir, nº 700, Vendredi 12 février 2010, p. 9


Le monde est né de l'amour, il est soutenu par l'amour, il va vers l'amour et il entre dans l'amour.

  • « Saint-Valentin - Amour, toujours - Citations », Saint François de Sales, Direct Soir, nº 700, Vendredi 12 février 2010, p. 9


L'homme veut être le premier amour de la femme, alors que la femme veut être le dernier amour de l'homme.

  • « Saint-Valentin - Amour, toujours - Citations », Oscar Wilde, Direct Soir, nº 700, Vendredi 12 février 2010, p. 9


Il n'y a rien de pire que l'amour sauf de ne pas aimer.

  • « Saint-Valentin - Amour, toujours - Citations », Jean-Jacques Goldman, Direct Soir, nº 700, Vendredi 12 février 2010, p. 9


L'âge ne vous protège pas des dangers de l'amour. Mais l'amour, dans une certaine mesure, vous protège des dangers de l'âge.

  • « Saint-Valentin - Amour, toujours - Citations », Jeanne Moreau, Direct Soir, nº 700, Vendredi 12 février 2010, p. 9


Amour ! Amour ! Amour ! Voilà l'âme du génie.

  • « Saint-Valentin - Amour, toujours - Citations », Wolfgang Amadeus Mozart, Direct Soir, nº 700, Vendredi 12 février 2010, p. 9


Aimer, c'est vouloir du bien à quelqu'un.

  • « Saint-Valentin - Amour, toujours - Citations », Aristote, Direct Soir, nº 700, Vendredi 12 février 2010, p. 9


S'aimer, c'est avoir faim ensemble, et non pas se dévorer l'un l'autre.

  • « Saint de demain - Pour dimanche », Gustave Thibon, Direct Soir, nº 700, Vendredi 12 février 2010, p. 24


J’ai appris que l’amour est comme une brique, vous pouvez construire une maison ou faire couler un cadavre.

  • (en) I’ve learned love is like a brick, you can build a house or sink a dead body.
  • Judas, Lady Gaga, Lady Gaga, album Born This Way (15 avril 2011 chez Streamline, Kon Live, Interscope Records).


Voir aussi [modifier]

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