Jean-Jacques Rousseau

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L'homme est né libre, et partout il est dans les fers
L'homme est né libre, et partout il est dans les fers

Jean-Jacques Rousseau (28 juin 17122 juillet 1778) est un philosophe et écrivain genevois d'expression française.

Sommaire

[modifier] Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1755

Voir l'article complet : Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes

[modifier] Julie ou la Nouvelle Héloïse, 1761

J'ai toujours remarqué que les gens faux sont sobres, et la grande réserve de la table annonce assez souvent des mœurs feintes et des âmes doubles.


[modifier] Du contrat social, 1762

L'homme est né libre, et partout il est dans les fers.

  • Du contrat social (1762), Jean-Jacques Rousseau, éd. Librairie Générale Française, coll. Le livre de poche, 1996, partie Livre 1, chap. 1, p. 45 (texte intégral sur Wikisource)


Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme la force en droit et l'obéissance en devoir. De là le droit du plus fort.


Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme.


L'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.


Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c'est alors seulement qu'il paraît vouloir ce qui est mal.


Il est vrai qu'Aristote […] distingue le tyran du roi, en ce qui le premier gouverne pour sa propre utilité et le second seulement pour l'utilité de ses sujets ; mais […] il s'ensuivrait de la distinction d'Aristote que depuis le commencement du monde il n'aurait pas encore existé un seul roi.


[modifier] Émile ou De l'éducation, 1762

Les lois, toujours si occupées des biens et si peu des personnes, parce qu'elles ont pour objet la paix et non la vertu, ne donnent pas assez d'autorité aux mères.


L'ambition, l'avarice, la tyrannie, la fausse prévoyance des pères, leur négligence, leur dure insensibilité, sont cent fois plus funestes aux enfants que l'aveugle tendresse des mères.


Il faut parler tant qu’on peut par les actions, et ne dire que ce qu’on ne saurait faire.


Tout métier utile au public n'est-il pas honnête ?


Sois juste, et tu seras heureux.


Conscience ! Conscience ! Instinct divin.


Que nous passons rapidement sur cette terre ! le premier quart de la vie est écoulé avant qu'on en connaisse l'usage; le dernier quart s'écoule encore après qu'on a cessé d'en jouir. D'abord nous ne savons point vivre, bientôt nous ne le pouvons plus; et, dans l'intervalle qui sépare ces deux extrémités inutiles, les trois quarts du temps qui nous reste sont consumés par le sommeil, par le travail, par la douleur, par la contrainte, par les peines de toute espèce. La vie est courte, moins par le peu de temps qu'elle dure, que parce que, de ce peu de temps, nous n'en avons presque point pour le goûter. L'instant de la mort a beau être éloigné de celui de la naissance, la vie est toujours trop courte, quand cet espace est mal rempli.

  • Émile, ou De l'éducation (1762), Jean-Jacques Rousseau, éd. Firmin Didot frères, 1854, livre quatrième, p. 238


[modifier] Les Confessions, 1765-1770

[modifier] Livre premier

Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur.

  • Première phrase des Confessions


Le plaisir d'avoir ne vaut pas la peine d'acquérir.


Ce sont presque toujours de bons sentiments mal dirigés qui font faire aux enfants le premier pas vers le mal.


L'argent qu'on possède est instrument de la liberté ; celui qu'on pourchasse est celui de la servitude.


On verra plus d'une fois dans la suite les bizarres effets de cette disposition si misanthrope et si sombre en apparence, mais qui vient en effet d'un cœur trop affectueux, trop aimant, trop tendre, qui, faute d'en trouver d'existants qui lui ressemblent, est forcé de s'alimenter de fictions.


[modifier] Livre troisième

J'étais inquiet, distrait, rêveur ; je pleurais, je soupirais, je désirais un bonheur dont je n'avais pas l'idée, et dont je sentais pourtant la privation.


Il me dit une chose qui m'est souvent revenue à la mémoire, c'est que, si chaque homme pouvait lire dans les cœurs de tous les autres, il y aurait plus de gens qui voudraient descendre que de ceux qui voudraient monter.


[modifier] Essai sur l'origine des langues, 1781

La parole étant la première institution sociale ne doit sa forme qu'à des causes naturelles.


Comme les premiers motifs qui firent parler l'homme furent des passions, ses premières expressions furent des tropes. Le langage figuré fut le premier à naître, le sens propre fut trouvé le dernier. […] D'abord on ne parla qu'en poésie ; on ne s'avisa de raisonner que longtemps après.


[modifier] Considérations sur le gouvernement de Pologne, 1782

La liberté est un aliment de bon suc, mais de forte digestion ; il faut des estomacs bien sains pour le supporter.

  • « Considérations sur le gouvernement de Pologne », dans Œuvres, Jean-Jacques Rousseau, éd. Werdet et Lequien, 1826, vol. 5 (« Politique »), chap. VI, p. 309 (voir la fiche de référence de l'œuvre)


Partout où la liberté règne elle est incessamment attaquée et très souvent en péril. Tout État libre où les grandes crises n’ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.

  • « Considérations sur le gouvernement de Pologne », dans Œuvres, Jean-Jacques Rousseau, éd. Werdet et Lequien, 1826, vol. 5 (« Politique »), chap. IX, p. 345 (voir la fiche de référence de l'œuvre)


[modifier] Les Rêveries du promeneur solitaire, 1782

J'aurais aimé les hommes en dépit d'eux-mêmes.