Friedrich Engels
Friedrich Engels (1820 - 1895) était un philosophe et théoricien socialiste allemand.
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[modifier] Correspondances
Avec Weiner Sombart :
Toute la manière de concevoir, chez Marx, ce n'est pas une doctrine, c'est une méthode. Elle n'offre pas de dogmes tout apprêtés, mais des points de repère pour une recherche ultérieure, et la méthode de cette recherche.
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in Le Capital de Karl Marx, Friedrich Engels, éd. Folio Essai, 2008 (ISBN 978-2-07-035574-7), t. 1, partie Introduction générale par Maximilien Rubel (1968), p. 74
Avec Auguste Bebel
D'un pays à l'autre, d'une province à l'autre, voire d'un endroit à l'autre, il y aura toujours une certaine inégalité dans les conditions d'existence, inégalité que l'on pourra bien réduire au minimum, mais non faire disparaître complètement
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Engels, Le gentlemen révolutionnaire (lettre a A. Bebel, 1875), Tristan Hunt, éd. Flammarion, 2009, p. 351
Se représenter la société socialiste comme l'Empire de l'égalité est une conception française trop étroite
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Engels, Le gentlemen révolutionnaire (lettre a A. Bebel, 1875), Tristan Hunt, éd. Flammarion, 2009, p. 351 (texte intégral sur Wikisource)
comme toutes les conceptions trop étroites des écoles socialistes qui nous ont précédés, devrait à présent être dépassée, puisqu'elle ne crée que de la confusion dans les esprits et qu'elle a été remplacée par des conceptions plus précises et répondant mieux aux réalités.
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Critique des programmes de Gotha et d'Erfurt (lettre), Engel, éd. Editions Sociales, 1949, chap. Engels, SUR LE PROGRAMME DE GOTHA, Lettre à A. Bebel, 1875, p. 39 (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Manifeste du Parti communiste, 1848 (avec Karl Marx)
- Voir le recueil de citations : Manifeste du Parti communiste
[modifier] Anti-Dühring, 1878
Si jamais l'humanité en arrivait à ne plus opérer qu'avec des vérités éternelles, des résultats de pensée ayant une validité souveraine et un droit absolu à la vérité, cela voudrait dire qu'elle est au point où l'infinité du monde intellectuel est épuisée en acte comme en puissance, et ainsi accompli le fameux prodige de l'innombrable nombré.
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Anti-Dühring, Friedrich Engels (trad. Émile Bottigelli), éd. sociales, 1971, chap. IX (« La morale et le droit. Vérités éternelles »), p. 118
Dès l'instant où la propriété privée des objets mobiliers s'était développée, il fallait bien que toutes les sociétés où cette propriété privée prévalait eussent en commun le commandement moral : tu ne voleras point. Est-ce que par là ce commandement devient un commandement moral éternel ? Nullement. Dans une société où les motifs de vol sont éliminés, où par conséquent, à la longue, les vols ne peuvent être commis que par des aliénés, comme on rirait du prédicateur de morale qui voudrait proclamer solennellement la vérité éternelle : Tu ne voleras point !
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Anti-Dühring, Friedrich Engels (trad. Émile Bottigelli), éd. sociales, 1971, chap. IX (« La morale et le droit. Vérités éternelles »), p. 123
La liberté n'est pas dans une indépendance rêvée à l'égard des lois de la nature, mais dans la connaissance de ces lois et dans la possibilité donnée par là même de les mettre en oeuvre méthodiquement pour des fins déterminées.
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Anti-Dühring, Friedrich Engels (trad. Émile Bottigelli), éd. sociales, 1971, chap. XI (« La morale et le droit. Liberté et nécessité »), p. 143
Avec la prise de possession des moyens de production par la société, la production marchande est éliminée, et par suite, la domination du produit sur le producteur. L'anarchie à l'intérieur de la production sociale est remplacée par l'organisation planifiée consciente. La lutte pour l'existence individuelle cesse. Par là, pour la première fois, l'homme se sépare, dans un certain sens, définitivement du règne animal, passe de conditions animales d'existence à des conditions réellement humaines. Le cercle des conditions de vie entourant l'homme, qui jusqu'ici dominait l'homme, passe maintenant sous la domination et le contrôle des hommes qui, pour la première fois, deviennent des maîtres réels et conscients de la nature, parce que et en tant que maîtres de leur propre vie en société.
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Anti-Dühring, Friedrich Engels (trad. Émile Bottigelli), éd. sociales, 1971, chap. II (« Notions théoriques »), p. 319
Or, toute religion n'est que le reflet fantastique, dans le cerveau des hommes, des puissances extérieures qui dominent leur existence quotidienne, reflet dans lequel les puissances terrestres prennent la forme de puissances supra-terrestres. Dans les débuts de l'histoire, ce sont d'abord les puissances de la nature qui sont sujettes à ce reflet et qui dans la suite du développement passent, chez les différents peuples, par les personnifications les plus diverses et les plus variées. […] Mais bientôt, à côté des puissances naturelles, entrent en action aussi des puissances sociales, puissances qui se dressent en face des hommes, tout aussi étrangères et au début, tout aussi inexplicables, et les dominent avec la même apparence de nécessité naturelle que les forces de la nature elles-mêmes. Les personnages fantastiques dans lesquels ne se reflétaient au début que les forces mystérieuses de la nature reçoivent par là des attributs sociaux, deviennent les représentants de puissances historiques. A un stade plus avancé encore de l'évolution, l'ensemble des attributs naturels et sociaux des dieux nombreux est reporté sur un seul dieu tout-puissant, qui n'est lui-même à son tour que le reflet de l'homme abstrait. C'est ainsi qu'est né le monothéisme, qui fut dans l'histoire le dernier produit de la philosophie grecque vulgaire à son déclin et trouva son incarnation toute prête dans le Dieu national exclusif des Juifs, Yahvé.
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Anti-Dühring, Friedrich Engels (trad. Émile Bottigelli), éd. sociales, 1971, chap. V (« État, famille, éducation »), p. 353
[modifier] Socialisme utopique et socialisme scientifique, 1880
Qu'est-ce que l'agnoticisme, sinon un matérialisme honteux ?
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Socialisme utopique et socialisme scientifique, Friedrich Engels (trad. Paul Lafargue), éd. Librairie de l'Humanité, 1924, Introduction, « L'agnoticisme anglais, matérialisme honteux », p. 26
La preuve du pudding, c'est qu'on le mange.
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Socialisme utopique et socialisme scientifique, Friedrich Engels (trad. Émile Bottigelli), éd. sociales, 1977, Introduction, p. 35
Le socialisme est pour eux tous l'expression de la vérité, de la raison et de la justice absolues, et il suffit qu'on le découvre pour qu'il conquière le monde par la vertu de sa propre force; comme la vérité absolue est indépendante du temps, de l'espace et du développement de l'histoire humaine, la date et le lieu de sa découverte sont un pur hasard. […] Pour faire du socialisme une science, il fallait d'abord le placer sur un terrain réel.
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Socialisme utopique et socialisme scientifique, Friedrich Engels (trad. Émile Bottigelli), éd. sociales, 1977, partie 1 (« Socialisme utopique »), p. 113
Ce n'est que dans le cas où les moyens de production et de communication sont réellement trop grands pour être dirigés par les sociétés par actions, où donc l'étatisation est devenue une nécessité économique, c'est seulement en ce cas qu'elle signifie un progrès économique, même si c'est l'État actuel qui l'accomplit ; qu'elle signifie qu'on atteint à un nouveau stade, préalable à la prise de possession de toutes les forces productives par la société elle-même. Mais on a vu récemment […] apparaître certain faux socialisme qui même, çà et là, a dégénéré en quelque servilité, et qui proclame socialiste sans autre forme de procès, toute étatisation […]. Évidemment, si l'étatisation du tabac était socialiste, Napoléon et Metternich compteraient parmi les fondateurs du socialisme. […] ce n'était nullement là des mesures socialistes, directes ou indirectes, conscientes ou inconscientes. Autrement ce seraient des institutions socialistes que la Société royale de commerce maritime, la Manufacture royale de porcelaine, voire l'étatisation proposée avec le plus grand sérieux […] par un gros malin, - celle des bordels.
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Socialisme utopique et socialisme scientifique, Friedrich Engels (trad. Paul Lafargue), éd. sociales, 1973, partie 2 (« Socialisme scientifique »), chap. Vers l'élimination du capitalisme individuel, p. 109 (note 1)
Le premier acte par lequel l'État se constituera réellement le représentant de toute la société, — la prise de possession des moyens de production au nom de la société, — sera en même temps son dernier acte en tant qu'État. Le gouvernement des personnes fera place à l'administration des choses et à la direction de la production. La société libre ne peut pas tolérer un État entre elle et ses membres.
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Socialisme utopique et socialisme scientifique, Friedrich Engels (trad. Paul Lafargue), éd. Librairie de l'Humanité, 1924, partie 2 (« Socialisme scientifique »), chap. Mission du prolétariat : abolition des classes et des États de classe, p. 89
[modifier] Introduction à la Guerre Civile en France de Karl Marx,1891
...l'ironie de l'histoire a voulu - comme toujours quand des doctrines arrivant au pouvoir - que les uns comme les autres fissent le contraire de ce que leur prescrivait leur doctrine d'école.
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Sur la Commune de Paris, Marx, Engel, Lénine, éd. Les Éditions du Progrès, 1971, La Guerre Civil en France, p. 16 (texte intégral sur Wikisource)
La Commune instituait une organisation de la grande industrie et même de la manufacture qui devait non seulement reposer sur l'Association des Travailleurs dans chaque fabrique, mais aussi réunit toutes ces associations dans une grande fédération; bref, une organisation qui comme Marx le dit trés justement dans la Guerre civil, devait aboutir finalement au communisme...
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Sur la Commune de Paris, Marx, Engel, Lénine, éd. Les Éditions du Progrès, 1971, La Guerre Civil en France, p. 16 (texte intégral sur Wikisource)
Pour éviter cette transformation, inévitable dans tous les régimes antérieurs, de l'État et des organes de l'État, à l'origine serviteurs de la société, en maîtres de celle-ci, la Commune employa deux moyens infaillibles. Premièrement, elle soumit toutes les places de l'administration, de la justice et de l'enseignement au choix des intéressés par élection au suffrage universel, et, bien entendu, à la révocation à tout moment par ces mêmes intéressés. Et, deuxièmement, elle ne rétribua tous les services, des plus bas aux plus élevés, que par le salaire que recevaient les autres ouvriers.Le plus haut traitement qu'elle payât était de 6 000 francs. Ainsi on mettait le holà à la chasse aux places et à l'arrivisme, sans parler de la décision supplémentaire d'imposer des mandats impératifs aux délégués aux corps représentatifs. Cette destruction de la puissance de l'État tel qu'il était jusqu'ici et son remplacement par un pouvoir nouveau, vraiment démocratique, sont dépeints en détail dans la troisième partie de La Guerre civile.
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Sur la Commune de Paris, Marx, Engel, Lénine, éd. Les Éditions du Progrès, 1971, La Guerre Civil en France, p. 19 (texte intégral sur Wikisource)
Mais, en réalité, l'État n'est rien d'autre qu'un appareil pour opprimer une classe par un autre, et cela, tout autant dans la république démocratique que dans la monarchie; le moins qu'on puisse en dire, c'est qu'il est un mal dont hérite le prolétariat vainqueur dans la lutte pour la domination de classe et dont, tout comme la Commune, il ne pourra s'empêcher de rogner aussitôt au maximum les côtés les plus nuisibles, jusqu'à ce qu'une génération grandie dans des conditions sociales nouvelles et libres soit en état de se défaire de tout ce bric-à-brac de l'État.
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Sur la Commune de Paris, Marx, Engel, Lénine, éd. Les Éditions du Progrès, 1971, La Guerre Civil en France, p. 19 (texte intégral sur Wikisource)
Le philistin social-démocrate a été récemment saisi d'une terreur salutaire en entendant prononcer le mot de dictature du prolétariat. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette dictature a l'air ? Regardez la Commune de Paris. C'était la dictature du prolétariat.
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Sur la Commune de Paris, Marx, Engel, Lénine, éd. Les Éditions du Progrès, 1971, La Guerre Civil en France, p. 20 (texte intégral sur Wikisource)
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