Antoine de Saint-Exupéry

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Antoine de Saint-Exupéry, né le 29 juin 1900 à Lyon, disparu en vol le 31 juillet 1944, est un écrivain français.

Vol de nuit, 1930[modifier]

Voir le recueil de citations : Vol de nuit

Terre des hommes, 1938[modifier]

Voir le recueil de citations : Terre des hommes

Pilote de guerre, 1942[modifier]

La guerre n'est pas une aventure. La guerre est une maladie. Comme le typhus.

  • Pilote de guerre, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, 1975, p. 68


Mais le drame physique lui-même ne nous touche que si l'on nous montre son sens spirituel.

  • « Pilote de guerre », dans Un sens à la vie, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, 1956 (ISBN 2070256677), p. 204


La nuit, la raison dort, et simplement les choses sont. Celles qui importent véritablement reprennent leur forme, survivent aux destructions des analyses du jour. L'homme renoue ses morceaux et redevient arbre calme.

  • Pilote de guerre, Antoine de Saint-Exupéry, éd. La Pléiade, 1953, p. 271-272


[La fraternité] se noue dans le don commun à plus vaste que soi.

  • Pilote de guerre, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, p. 380


Il est aisé de fonder l'ordre d'une société sur la soumission de chacun à des règles fixes. Il est aisé de façonner un homme aveugle qui subisse, sans protester, un maître ou un Coran. Mais la réussite est autrement plus haute qui consiste, pour délivrer l'homme, à le faire régner sur soi-même.

  • Pilote de guerre, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. folio, 2005, p. 199


Le Petit Prince, 1943[modifier]

Voir le recueil de citations : Le Petit Prince

Lettre à un otage, 1942[modifier]

La vérité d'hier est morte, celle de demain est encore à bâtir. Aucune synthèse valable n'est entrevue, et chacun d'entre nous ne détient qu'une parcelle de vérité.

  • « Lettre à un otage », dans Œuvres, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1953, p. 403

Il faut allaiter longtemps un enfant avant qu’il exige. Il faut longtemps cultiver un ami avant qu’il réclame son dû d’amitié. Il faut s’être ruiné durant des générations à réparer le vieux château qui croule, pour apprendre à l’aimer.

  • Lettre à un otage, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Ebooks libres et gratuits, 2004, p. 8


Citadelle, 1948[modifier]

C'est pourquoi je désire qu'ils épaulent solidement les maîtres couples du navire. Afin de les sauver de génération en génération, car je n'embellirai point un temple si je le recommence à chaque instant.

  • « Citadelle », dans Œuvres (1948), Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1959, chap. IV, p. 524


Mais n'espère rien de l'homme s'il travaille pour sa propre vie et non pour son éternité.

  • « Citadelle », dans Œuvres (1948), Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1959, chap. VI, p. 529


Tu veux qu'ils s'aiment ? Ne leur jette point le grain du pouvoir à partager. Mais que l'un serve l'autre. Et que l'autre serve l'empire. Alors ils s'aimeront de s'épauler l'un l'autre et de bâtir ensemble.

  • Citadelle (1948), Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. Folio, 2000 (ISBN 2-07-040747-0), chap. XV, p. 95


Préparer l'avenir ce n'est que fonder le présent. […] Il n'est jamais que du présent à mettre en ordre. À quoi bon discuter cet héritage. L'avenir, tu n'as point à le prévoir mais à le permettre.

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. NRF, 1948, chap. LVI, p. 167


Ta pyramide n'a point de sens si elle ne s'achève en Dieu. Car Celui-là se répand sur les hommes après les avoir transfigurés.

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. NRF, 1948, p. 232


Moi qui sait bien […] que la sagesse ce n'est point réponse, mais guérison des vicissitudes du langage […].

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. XXXIX, p. 620


Seule compte la démarche. Car c'est elle qui dure et non le but qui n'est qu'illusion du voyageur quand il marche de crête en crête comme si le but atteint avait un sens.

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. XLIX, p. 636


J'interdis aux marchands de vanter trop leur marchandises. Car ils se font vite pédagogues et t'enseignent comme but ce qui n'est par essence qu'un moyen, et te trompant ainsi sur la route à suivre les voilà bientôt qui te dégradent, car si leur musique est vulgaire ils te fabriquent pour te la vendre une âme vulgaire. Or, s'il est bon que les objets soient fondés pour servir les hommes il serait monstrueux que les hommes fussent fondés pour servir de poubelles aux objets.

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. LXXI, p. 679


Si ton amour n'a point l'espoir d'être reçu, tu dois le taire. Il peut couver en toi s'il est silence. Car il crée une direction dans le monde et toute direction t'augmente qui te permet de t'approcher, de t'éloigner, d'entrer, de sortir, de trouver, de perdre.

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. XCVIII, p. 727


Ayant découvert qu'il n'est rien qui soit faux pour la simple raison qu'il n'est rien qui soit vrai […]

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. CXI, p. 753


Car nous ne nous entendons pas sur la réalité. Et moi je dénomme réalité non ce qui est mesurable dans une balance (de laquelle je me moque car je ne suis point une balance et peu m'importe les réalités pour balance). Mais ce qui pèse sur moi. Et pèse sur moi ce visage triste ou cette cantate ou cette ferveur dans l'empire ou cette pitié pour les hommes ou cette qualité de la démarche ou ce goût de vivre ou cette injure ou ce regret ou cette séparation ou cette communion dans la vendange […]

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. CXIII, p. 756-757


Et m'apparaissait peu à peu cette vérité pourtant éclatante que qui aime le bien est indulgent au mal.

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. CXVIII, p. 767


Connaître une vérité peut-être n'est-ce que la voir en silence.

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. CXXVI, p. 783


Ainsi de ma pitié. Te voilà qui déclames sur les tortures d'enfants et tu me surprends à bailler. Mais tu ne m'as conduit nulle part. Tu me dis : « Tel naufrage a noyé dix enfants... », mais je ne comprends rien à l'arithmétique et ne pleurerai pas deux fois plus fort si le nombre est de deux fois plus grand. D'ailleurs, bien qu'ils soient morts par centaines de millier depuis l'origine de l'empire, il t'arrive de goûter la vie et d'être heureux. Mais je pleurerai sur tel si tu peux me conduire à lui par le sentier particulier, et, de même qu'à travers telle fleur j'accède aux fleurs, il se trouve qu'à travers lui je retrouverai tous les enfants, pleurerai et non seulement sur tous les enfants mais sur tous les hommes.

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. CXCIX, p. 934-935


C'est en graissant ton fusil avec respect et pour le fusil et pour la graisse, c'est en comptant tes pas sur le chemin de ronde, c'est en saluant ton caporal et pour le salut que tu prépares en toi l'illumination de la sentinelle – c'est en poussant tes pièces d'échec dans le sérieux des conventions du jeu d'échec, c'est en rougissant de colère si ton adversaire triche avec la règle, que tu prépares en toi l'illumination du vainqueur d'échecs. C'est en sanglant tes bêtes, c'est en grognant contre la soif, c'est en maudissant les vents de sable, c'est en butant et en grelottant et en brûlant que – sous la condition que tu demeures fidèle non au pathétique des ailes qui n'est que fausse poésie à l'étage de la chenille, mais à ta fonction de chaque instant – tu peux prétendre à l'illumination du pèlerin qui sentira plus tard qu'il a fait le pas de miracle aux soudains battement de son cœur.

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. CXCIX, p. 937-938


Si je désire fonder en toi la pente vers la mer je décris le navire en marche, les nuits d'étoiles et l'empire que se taille une île dans la mer par le miracle des étoiles.

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. CCI, p. 944


Ta femme te noircit dans ta vie passée, dans tes souhaits, dans tes croyances. Ne sert de rien de lutter contre les griefs. Accordes-lui le bracelet d'émeraude. Ou bien fouette-la.

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. CCIII, p. 948-949


Je vaux ce que je suis dans chaque instant et le fruit ne naît point qui a négligé quelque étape.

  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1953, chap. CCIV, p. 949


Correspondance[modifier]

Mais j'ai aussi compris, ce qui m'avait toujours étonné : pourquoi Platon (ou Aristote ?) place le courage au dernier rang des vertus. Ce n'est pas fait de bien beaux sentiments : un peu de rage, un peu de vanité, beaucoup d'entêtement et un plaisir sportif vulgaire.

  • Extrait d'une lettre de Saint-Exupéry à André Gide, citée dans sa préface à Vol de nuit.
  • « Préface », André Gide, dans Vol de nuit (1930), Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. folio Plus, 1996, p. 12


Carnets[modifier]

Peu m'importe que Dieu n'existe pas ! Dieu donne à l'homme de la divinité.

  • Carnets, Antoine de Saint-Exupéry, éd. NRF, n. 216, 1953, p. 57


Œuvres complètes[modifier]

La vertu c’est de sauver le patrimoine spirituel français en demeurant conservateur de la bibliothèque de Carpentras.

  • Cette citation est extraite d'une lettre parfois citée ainsi : Lettre à Pierre Chevrier [30 juillet 1944]. Pierre Chevrier est le pseudonyme sous lequel Hélène de Vogüé fit paraître en 1950 une biographie de Saint-Exupéry. Un extrait de cette lettre y figure à la page 278. Il s'agit d'une des deux dernières lettres de Saint-Exupéry.
  • Œuvres complètes, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Pléiade, 1999, tome 2, p. 1050 sqq.


Il n'y a qu'un problème, un seul, de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle. Des inquiétudes spirituelles.

  • « Lettre au général X », dans Un sens à la vie, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, 1956 (ISBN 2070256677), p. 225


Mais si je rentre vivant de ce « job nécessaire et ingrat », il ne se posera pour moi qu'un problème : que peut-on, que faut-il dire aux hommes ?

  • « Lettre au général X », dans Un sens à la vie, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, 1956 (ISBN 2070256677), p. 231


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