Romain Gary
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Romain Gary, de son vrai nom Roman Kacew, était un romancier français d'origine russe, lauréat du prix Goncourt, né le 8 mai 1914 à Vilnius (Lituanie), mort (suicidé) le 2 décembre 1980 à Paris. Romain Gary a également écrit sous plusieurs pseudonymes, dont le plus connu est Émile Ajar, grâce auquel il est devenu le seul écrivain à avoir remporté deux fois le Prix Goncourt.
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[modifier] Les Racines du ciel, 1956
Les hommes meurent pour conserver une certaine beauté de la vie. Une certaine beauté naturelle...
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Les Racines du ciel (1956), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1972 (ISBN 2070362426), p. 78
Moi je veux bien admettre que nous sommes peut-être des survivants d’une époque révolue, et que le poids des réalités ignobles nous fera bientôt disparaître de la planète, un peu comme les éléphants, tenez.
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Les Racines du ciel (1956), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1972 (ISBN 2070362426), p. 96
Il avait aussi le plus grand respect de l'humour parce que c'était une des meilleures armes que l'homme eût jamais forgées pour lutter contre lui-même.
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Les Racines du ciel (1956), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1972 (ISBN 2070362426), p. 99
Les gens se sentent tellement seuls et abandonnés, qu'ils ont besoin de quelque chose de costaud, qui puisse vraiment tenir le coup. Les chiens, c'est dépassé, les hommes ont besoin des éléphants.
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Les Racines du ciel (1956), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1972 (ISBN 2070362426), p. 134
Il [...] me demanda sarcastiquement si je savais que les éléphants étaient en réalité les derniers individus – oui, monsieur – et qu’ils représentaient, paraît-il, les derniers droits essentiels de la personne humaine, maladroits, encombrants, anachroniques, menacés de toutes parts, et pourtant indispensables à la beauté de la vie.
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Les Racines du ciel (1956), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1972 (ISBN 2070362426), p. 153
Le règlement de comptes entre les hommes frustrés par une existence de plus en plus asservie, soumise, et la dernière, la plus grande image de liberté vivante qui existât encore sur terre, continuait à se jouer quotidiennement dans la forêt africaine.
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Les Racines du ciel (1956), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1972 (ISBN 2070362426), p. 181
L’Islam appelle cela « les racines du ciel », pour les Indiens du Mexique, c’est « l’arbre de vie », qui les pousse les uns et les autres à tomber à genoux et à lever les yeux en se frappant la poitrine dans leur tourment. Un besoin de protection auquel les obstinés comme Morel cherchent à échapper par des pétitions, des comités de lutte et des syndicats de défense – ils essaient de s’arranger entre eux, de répondre eux-mêmes à leur besoin de justice, de liberté, d’amour – ces racines du ciel si profondément enfoncées dans leur poitrine…
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Les Racines du ciel (1956), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1972 (ISBN 2070362426), p. 223
Ils ne pouvaient donc imaginer à quel point la défense d’une marge humaine assez grande et généreuse pour contenir même les géants pachydermes pouvait être la seule cause digne d’une civilisation.
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Les Racines du ciel (1956), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1972 (ISBN 2070362426), p. 259
Ils sont tellement habitués à renifler leur petite ordure que lorsque quelqu’un a besoin de respirer un bon coup, de se tourner enfin vers un objet vraiment important, grand, qu’il faut sauver à tout prix, ça les dépasse.
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Les Racines du ciel (1956), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1972 (ISBN 2070362426), p. 279
[modifier] La Promesse de l'aube, 1960
J'en arrivais presque à conclure qu'un pseudonyme ne suffisait pas, comme moyen d'expression littéraire, et qu'il fallait encore écrire des livres.
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La Promesse de l'aube (1960), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1973 (ISBN 2070363732), p. 24
Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais.
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La Promesse de l'aube (1960), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1973 (ISBN 2070363732), p. 38
La véritable tragédie de Faust, ce n'est pas qu'il ait vendu son âme au diable. La véritable tragédie, c'est qu'il n'y a personne pour vous acheter votre âme.
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La Promesse de l'aube (1960), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1973 (ISBN 2070363732), p. 132
[modifier] La Danse de Gengis Cohn, 1967
- Voir l'article complet : La Danse de Gengis Cohn
[modifier] Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable, 1975
Un jour, mon valet de chambre, Maurice, qui ne pardonne rien à la poussière, soulèvera délicatement mon sourire, lui donnera quelques coups de plumeau et le déposera sur l'étagère de la salle de bains parmi mes autres articles d'hygiène.
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Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable, Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1975 (ISBN 2070370488), p. 75
– Qu'est-ce que tu as? Tu fais une tête épouvantable.
– Il y a dans les stations de métro des pancartes placées à côté de la sortie: Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable...
– Laura?
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Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable, Romain Gary, éd. Gallimard, coll. Folio, 1975 (ISBN 2070370488), p. 233
[modifier] La Vie devant soi, 1975
J'aurais préféré avoir un père que ne pas avoir un héros.
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La Vie devant soi (1975), Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1982 (ISBN 2070373622), p. 42
Les gens tiennent à la vie plus qu'à n'importe quoi, c'est même marrant quand on pense à toutes les belles choses qu'il y a dans le monde.
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La Vie devant soi (1975), Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1982 (ISBN 2070373622), p. 57
C'est pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur, Momo.
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La Vie devant soi (1975), Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1982 (ISBN 2070373622), p. 63
[modifier] Clair de femme, 1977
Je ne crois pas aux pressentiments, mais il y a longtemps que j'ai perdu foi en mes incroyances. Les « je n'y crois plus » sont encore des certitudes et il n'y a rien de plus trompeur.
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Clair de femme, Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1977 (ISBN 2-07-037367-3), p. 9
La vérité était que la vie nous avait jetés aux orties, l'un et l'autre, et c'est toujours ce qu'on appelle une rencontre.
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Clair de femme, Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1977 (ISBN 2-07-037367-3), p. 11
Je n'étais pas un assassin qui revenait rôder sur les lieux du crime, le lieu lui-même est un très vieux criminel, depuis qu'il tourne autour du soleil.
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Clair de femme, Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1977 (ISBN 2-07-037367-3), p. 13
Si je pouvais vous faire rire quelques instants à mes dépens, je me sentirais mieux : prêter à rire, il n'y a rien de plus généreux.
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Clair de femme, Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1977 (ISBN 2-07-037367-3), p. 16
Deux désespoirs qui se rencontrent, cela peut bien faire un espoir, mais cela prouve seulement que l'espoir est capable de tout...
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Clair de femme, Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1977 (ISBN 2-07-037367-3), p. 26
Je suis obligée de te quitter. Je te serai une autre femme. Va vers elle, trouve-la, donne-lui ce que je te laisse, il faut que cela demeure. Sans féminité, tu ne pourras pas vivre ces heures, ces années, cet arrachement, cette bestialité que l'on appelle si flateusement, si pompeusement : « le destin ».
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Clair de femme, Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1977 (ISBN 2-07-037367-3), p. 28
Je n'avais pas la moindre chance de m'en tirer seul et la raison était bien simple : j'avais trop aimé pour être encore capable de vivre de moi-même. C'était une impossibilité absolue, organique : tout ce qui faisait de moi un homme était chez une femme.
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Clair de femme, Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1977 (ISBN 2-07-037367-3), p. 40-41
Quand on a deux corps, il vient des moments où l'on est à moitié.
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Clair de femme, Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1977 (ISBN 2-07-037367-3), p. 49
Et je ne vous dis pas que l'on ne peut pas vivre sans amour : on peut, et c'est même ce qu'il y a de si dégueulasse.
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Clair de femme, Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1977 (ISBN 2-07-037367-3), p. 79
Nous crevons de faiblesse, et cela permet tous les espoirs. La faiblesse a toujours vécu d'imagination. La force n'a jamais rien inventé, parce qu'elle croit se suffire. C'est toujours la faiblesse qui a du génie.
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Clair de femme, Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1977 (ISBN 2-07-037367-3), p. 125
Vous êtes là, il y a clair de femme, et le malheur cesse d'être une qualité de vie.
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Clair de femme, Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1977 (ISBN 2-07-037367-3), p. 138

