Albert Einstein

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Albert Einstein (14 mars 1879 à Ulm, Württemberg, Allemagne - 18 avril 1955 à Princeton, New Jersey, États-Unis d'Amérique) fut physicien allemand, puis apatride (1896), suisse (1899) et enfin suisse-américain (1940).

Il a publié la théorie de la relativité restreinte en 1905 et une théorie de la gravité dite relativité générale en 1915. Il a largement contribué au développement de la mécanique quantique et de la cosmologie. Il a reçu le prix Nobel de physique en 1921 pour son explication de l'effet photoélectrique. Son travail est notamment connu pour l'équation E=mc² qui exprime l'équivalence entre matière et énergie.

Citations attribuées à Einstein[modifier]

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Je ne sais pas comment on fera la Troisième Guerre mondiale, mais je sais comment on fera la quatrième : avec des bâtons et des pierres.

  • (en) I do not know how the Third World War will be fought, but I can tell you what they will use in the Fourth — rocks !
  • The New Quotable Einstein, Alice Calaprice (trad. Wikiquote), éd. Alice Calaprice, 2005, p. 173


Tomber amoureux n'est pas du tout la chose la plus stupide que font les gens — mais la gravitation ne peut en être tenue pour responsable.

  • (en) Falling in love is not at all the most stupid thing that people do — but gravitation cannot be held responsible for it.
  • Albert Einstein, The Human Side: New Glimpses From His Archives, Albert Einstein, Helen Dukas (dir.), Banesh Hoffmann (dir.) (trad. Wikiquote), éd. Princeton University Press, 1981 (ISBN 0691023689), p. 56


Le temps nous est compté, dit la sagesse populaire. Oui, mais en quelle monnaie ? Ajoute Albert Einstein.

  • Propos explicatif de la notion de relativité et donc d'inexistence de temps ou d'espace absolu, fer de lance de la pensée newtonienne.


Pour châtier mon mépris de l'autorité, le destin a fait de moi une autorité.


L'unique différence entre une épouse et une putain, c'est que la première, grâce à des conditions de vie plus agréables, est capable d'extorquer à l'homme un contrat pour la vie.

  • Propos prêtés à Albert Einstein dans une lettre à Mileva Maric, sa première épouse, en 1901.


L'imagination est plus importante que la connaissance. La connaissance est limitée alors que l'imagination englobe le monde entier, stimule le progrès, suscite l'évolution.

  • (en) Imagination is more important than knowledge. For knowledge is limited, whereas imagination embraces the entire world, stimulating progress, giving birth to evolution.
  • « What Life Means to Einstein », George Sylvester Viereck, The Saturday Evening Post, 26 October 1929, p. 17


L'homme et sa sécurité doivent constituer la première préoccupation de toute aventure technologique.

  • « Prévention des risques professionnels », Ingénieurs hygiène et sécurité des établissements d'enseignement supérieur, Ministère de l’Éducation nationale, actualisation d'un manuel édité en juin 1998, p. 1


A quoi ressemblerait la physique sans la gravitation ?

  • Les trous noirs (1987), Jean-Pierre Luminet, éd. Pierre Belfond, coll. Sciences, 1988 (ISBN 2-7144-2039-7), p. 130


La relativité, 1956[modifier]

On trouve difficilement en physique une loi plus simple que celle de la propagation de la lumière dans le vide. Tout écolier sait ou croit savoir que la lumière se propage en ligne droite avec une vitesse de 300000 km/s. Nous savons en tout cas avec une grande exactitude que cette vitesse est la même pour toutes les couleurs.

  • La relativité (1956), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine), éd. Payot & Rivages, coll. Petite bibliothèque Payot, 1981 (ISBN 2-228-88254-2), p. 33


Le non-mathématicien est saisi d'un frisson mystique quand il entend parler de "quatre dimensions"... Et pourtant, rien n'est plus banal que l'affirmation que le monde dans lequel nous vivons est continuum d'espace-temps à quatre dimensions. L'espace est un continuum à trois dimensions ; cela veut dire qu'il est possible de déterminer la position d'un point (immobile) au moyen de trois nombres (coordonnées) x, y, z (...) Le monde spatio-temporel est composé d'événements individuels dont chacun est déterminé par quatre nombres, à savoir trois coordonnées d'espace x, y, z et une coordonnée de temps t (...) Nous avons pris l'habitude de traiter le temps comme un continuum indépendant. En effet, d'après la mécanique classique le temps est absolu, c'est-à-dire indépendant de la position et de l'état de mouvement du système de référence (...) Grâce à la Théorie de la relativité, la conception du monde à quatre dimensions devient tout à fait naturelle, puisque d'après cette théorie, le temps est privé de son indépendance.

  • La relativité (1956), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine), éd. Payot & Rivages, coll. Petite bibliothèque Payot, 1981 (ISBN 2-228-88254-2), p. 77 et 78


Le monde de la matière agglomérée dans un espace fini s’appauvrirait systématiquement peu à peu. Pour échapper à ces conséquences, Seeliger a modifié la loi de Newton en supposant que, pour de grandes distances, l'attraction de deux masses décroît plus vite que suivant la loi de l'inverse carré de la distance. On obtient ainsi le résultat que la densité moyenne de la matière peut être constante partout jusqu'à l'infini.

  • La théorie de Newton exige que l'univers ait une sorte de centre, où la densité des étoiles est maximum, et que cette densité diminue au fur et à mesure qu'on avance du centre vers l'extérieur. On n'arrive à se libérer des difficultés décrites qu'au prix d'une modification et d'une complication de la loi de Newton, qui ne sont fondées ni sur l'expérience ni sur la théorie.
  • La relativité (1956), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine), éd. Payot & Rivages, coll. Petite bibliothèque Payot, 1981 (ISBN 2-228-88254-2), p. 148 et 149


Comme en réalité la matière est dans le détail irrégulièrement distribuée, le monde réel sera quasi sphérique. Mais il devra être nécessairement fini. La théorie fournit même une relation simple entre l'étendue spatiale du monde et la densité moyenne de la matière.

  • Dernière phrase du livre
  • La relativité (1956), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine), éd. Payot & Rivages, coll. Petite bibliothèque Payot, 1981 (ISBN 2-228-88254-2), p. 158


Comment je vois le monde, 1934 (1958)[modifier]

Recueil de traductions de textes épars rassemblés avec l'accord de l'auteur par Flammarion, et dont l'édition originale est cet ouvrage en français (base pour les éditions allemandes et anglaises). Première édition en 1934 (trad. colonel Georges Cros). Retraduit (trad. Maurice Solovine) pour l'édition augmentée de 1958. Remanié (rev. trad. Régis Hanrion) pour l'édition finale de 1979. Réédition poche en 1989. Les citations sont données dans leur version de 1958 et/ou celle de 1979.

J'ai le sentiment que les différences de classe sociale ne sont pas justifiées et qu'elles ne reposent en fin de compte que sur la violence.

  • « Comment je vois le monde » (1934), dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine), éd. Flammarion, 1958, chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 5

Je vois les hommes se différencier par les classes sociales et, je le sais, rien ne les justifie si ce n'est la violence

  • « Comment je vois le monde » (1934), dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 7



Ce sujet m'amène à parler de la pire des créations grégaires, de l'armée, que je déteste. Si quelqu'un peut avec plaisir marcher en rangs derrière une musique, je le méprise ; ce n'est que par erreur qu'il a reçu un cerveau, puisque la moelle épinière lui suffirait tout à fait. On devrait faire disparaître le plus rapidement possible cette honte de la civilisation.

  • « Comment je vois le monde » (1934), dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine), éd. Flammarion, 1958, chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 8

La pire des institutions grégaires se prénomme l'armée. Je la hais. Si un homme peut éprouver quelque plaisir à défiler en rang aux sons d'une musique, je méprise cet homme… Il ne mérite pas un cerveau humain puisqu'une moelle épinière le satisfait. Nous devrions faire disparaître le plus rapidement possible ce cancer de la civilisation.

  • « Comment je vois le monde » (1934), dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 9-10



Je hais violemment l'héroïsme sur ordre, la violence gratuite et le nationalisme débile. La guerre est la chose la plus méprisable. Je préfèrerais me laisser assassiner que de participer à cette ignominie. / Et pourtant je crois profondément en l'humanité. Je sais que ce cancer aurait dû depuis longtemps être guéri. Mais le bon sens des hommes est systématiquement corrompu. Et les coupables se nomment : école, presse, monde des affaires, monde politique.

  • « Comment je vois le monde » (1934), dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 10



J'éprouve l'émotion la plus forte devant le mystère de la vie. Ce sentiment fonde le beau et le vrai, il suscite l'art et la science. […] Auréolée de crainte, cette réalité secrète du mystère constitue aussi la religion. […] Des hommes s'avouent limités dans leur esprit pour appréhender cette perfection. Et cette connaissance et cet aveu prennent le nom de religion. Ainsi, mais seulement ainsi, je suis profondément religieux, tout comme ces hommes.

  • « Comment je vois le monde » (1934), dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 10



Je ne peux pas imaginer un Dieu qui récompense et punit l'objet de sa création. Je ne peux pas me figurer un Dieu qui réglerait sa volonté sur l'expérience de la mienne. Je ne veux pas et je ne peux pas concevoir un être qui survivrait à la mort de son corps. Si de pareilles idées se développent en un esprit, je le juge faible, craintif et stupidement égoïste.

  • « Comment je vois le monde » (1934), dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 10



Celui qui ressent sa propre vie et celle des autres comme dénuées de sens est fondamentalement malheureux, puisqu'il n'a aucune raison de vivre.

  • « Quel sens a la vie ? », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 11



On détermine la vraie valeur d'un homme, en notant, en premier lieu, à quel degré et dans quel sens il est arrivé à se libérer du Moi.

  • « La vraie valeur d'un homme », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine), éd. Flammarion, 1958, chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 10

Je détermine l'authentique valeur d'un homme d'après une seule règle : à quel degré et dans quel but l'homme s'est libéré de son Moi ?

  • « Comment juger d'un homme ? », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 11



Je suis fermement convaincu que toutes les richesses du monde ne pourraient faire avancer l'humanité, même si elles se trouvaient entre les mains d'un homme qui fût aussi dévoué que possible au progrès.

  • « De la richesse », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine), éd. Flammarion, 1958, chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 10

Toutes les richesses du monde, fussent-elles entre les mains d'un homme totalement acquis à l'idée de progrès, ne permettront jamais le moindre développement moral de l'humanité.

  • « À quoi bon les richesses ? », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 11



L'homme solitaire pense seul et crée des nouvelles valeurs pour la communauté. Il invente ainsi de nouvelles règles morales et modifie la vie sociale. La personnalité créatrice doit penser et juger par elle-même car le progrès moral de la société dépend exclusivement de son indépendance. […] Je définis une société saine par cette double liaison. Elle n'existe que par des êtres indépendants mais profondément unis au groupe.

  • « Communauté et personnalité », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 1 « Comment je vois le monde », p. 12-13


Ma responsabilité dans la question de la bombe atomique se traduit par une seule intervention : j'ai écrit une lettre au Président Roosevelt. [Je savais] le risque universel causé par la découverte de la bombe. Mais les savants allemands s'acharnaient sur le même problème et avaient toutes les chances de le résoudre. J'ai donc pris mes responsabilités.

  • « Comment supprimer la guerre », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 2 « Politique et pacifisme », p. 52


Gandhi incarne le plus grand génie politique de notre civilisation. Il a défini le sens concret d'une politique et sut dégager en tout homme un inépuisable héroïsme quand il découvre un but et une valeur à son action. L'Inde, aujourd'hui libre, prouve la justesse de son témoignage.

  • « Comment supprimer la guerre », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 2 « Politique et pacifisme », p. 52


Nous ne pouvons pas désespérer des hommes, puisque nous sommes nous-mêmes des hommes.

  • « Trois lettres à des amis de la paix », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 2 « Politique et pacifisme », p. 59


L'État est créé pour les hommes et non l'inverse. […] L'État doit être notre serviteur, et nous n'avons pas à en être les esclaves. Cette loi fondamentale est bafouée par l'État quand il nous contraint par la force au service militaire et à la guerre.

  • « À propos de la conférence du désarmement en 1932 » (1931), dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 2 « Politique et pacifisme », p. 64-65


L'État exigeant de ses citoyens le service militaire, se voit obligé d'exalter en eux le sentiment nationaliste, base psychologique des conditionnements militaires. À côté de la religion, l'État doit glorifier dans ses écoles, aux yeux de sa jeunesse, son instrument de force brutale. / L'introduction du service militaire obligatoire, voilà la principale cause, à mon sens, de la décadence morale de la race blanche.

  • « À propos de la conférence du désarmement en 1932 » (1931), dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 2 « Politique et pacifisme », p. 67


Celui qui veut développer le sentiment international et combattre le chauvinisme national, doit donc combattre le service militaire obligatoire. […] Le service militaire obligatoire doit être combattu parce qu'il constitue le foyer principal d'un nationalisme morbide.

  • « À propos de la conférence du désarmement en 1932 » (1931), dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 2 « Politique et pacifisme », p. 67-68


Sans désarmement, pas de paix durable. […] Aussi la conférence sur le désarmement de 1932 sera décisive pour cette génération et la suivante. […] Dans ce genre de conférence, le succès ne dépend pas de l'intelligence ou de l'adresse mais de l'honnêteté et de la confiance. La valeur morale ne peut pas être remplacée par la valeur intelligence et j'ajouterai : Dieu merci !

  • « À propos de la conférence du désarmement en 1932 » (1931), dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 2 « Politique et pacifisme », p. 69-70


Je ne pense pas que la connaissance des capacités de production et de consommation soit la panacée pour résoudre la crise actuelle […] il faut, selon moi : (1) Diminution légale et graduée, selon les professions, du temps de travail pour supprimer le chômage ; parallèlement fixation d'un salaire minimum pour garantir le pouvoir d'achat des masses en fonction des marchandises produites. (2) Régulation des stocks de monnaie en circulation et du volume des crédits […]. (3) Limitation légale du prix des marchandises […].

  • « La production et le pouvoir d'achat », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 2 « Politique et pacifisme », p. 83-84


Le capitalisme a suscité les progrès de la production mais aussi ceux de la connaissance, et ce n'est pas un hasard. L'égoïsme et la concurrence restent hélas plus puissants que l'intérêt général ou que le sens du devoir. En Russie on ne peut même pas obtenir un bon morceau de pain. Sans doute suis-je trop pessimiste sur les entreprises étatiques ou communautés similaires mais je n'y crois guère. La bureaucratie réalise la mort de toute action.

  • « Production et travail », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 2 « Politique et pacifisme », p. 85


La découverte des réactions atomiques en chaîne ne constitue pas pour l'humanité un danger plus grand que l'invention des allumettes. Mais nous devons tout entreprendre pour supprimer le mauvais usage du moyen. Dans l'état actuel de la technologie, seule une organisation supra-nationale peut nous protéger, si elle dispose d'un pouvoir exécutif suffisant.

  • « Pour la protection du genre humain », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 2 « Politique et pacifisme », p. 89


Je refuse de séjourner dans un pays où la liberté politique, la tolérance et l'égalité ne seront pas garanties par la loi. Je maintiendrai cette attitude aussi longtemps que nécessaire. Par liberté politique je comprends la liberté d'exprimer publiquement ou par écrit mon opinion politique et par tolérance, j'entends le respect de toute conviction individuelle.

  • « Profession de foi » (mars 1933), dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 3 « Lutte contre le national-socialisme », p. 91


Le judaïsme, presque exclusivement, traite de la morale, c'est-à-dire il analyse une attitude dans et pour la vie. […] La nature de la conception juive de la vie se traduit ainsi : droit à la vie pour toutes les créatures. […] Plus nettement encore s'exprime la solidarité entre les humains, et ce n'est pas un hasard si les revendications socialistes émanent surtout des Juifs.

  • « Y a-t-il une conception juive du monde ? », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 4 « Problèmes juifs », p. 100-101 et 102


Le judaïsme n'est pas une foi. Le Dieu juif signifie un refus de la superstition et une substitution imaginaire à cette disparition. […] On comprend clairement que “servir Dieu” équivaut à “servir la vie”. […] Le judaïsme n'est pas une religion transcendante. Il ne s'occupe que de la vie qu'on mène, charnelle pour ainsi dire, et de rien d'autre. J'estime problématique qu'il puisse être considéré comme religion au sens habituel du terme, d'autant qu'on n'exige aucune croyance du juif mais plutôt un respect de la vie au sens supra-personnel.

  • « Y a-t-il une conception juive du monde ? », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 4 « Problèmes juifs », p. 101


Se sacrifier au service de la vie équivaut à une grâce.

  • « Communauté juive. Discours prononcé à Londres », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 4 « Problèmes juifs », p. 105


L'effort d'unir sagesse et pouvoir aboutit rarement et seulement très brièvement.

  • « Aphorismes pour Leo Baeck », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 4 « Problèmes juifs », p. 119


L'homme évite habituellement d'accorder de l'intelligence à autrui, sauf quand par hasard il s'agit d'un ennemi.

  • « Aphorismes pour Leo Baeck », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 4 « Problèmes juifs », p. 119


Peu d'êtres sont capables d'exprimer posément une opinion différente des préjugés de leur milieu. La plupart des êtres sont même incapables d'arriver à formuler de telles opinions.

  • « Aphorismes pour Leo Baeck », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 4 « Problèmes juifs », p. 119


La majorité des imbéciles reste invincible et satisfaite en toute circonstance. La terreur provoquée par leur tyrannie se dissipe simplement par leur divertissement et leur inconséquence.

  • « Aphorismes pour Leo Baeck », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 4 « Problèmes juifs », p. 119


Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton.

  • « Aphorismes pour Leo Baeck », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 4 « Problèmes juifs », p. 119-120


À l'heure actuelle, quelle situation est faite dans le corps social de l'humanité à l'homme de science ? Dans une certaine mesure, il peut se féliciter que le travail de ses contemporains, même de façon très indirecte, ait radicalement modifié la vie économique des hommes parce qu'il a éliminé presque entièrement le travail musculaire. Mais il est aussi découragé puisque les résultats de ses recherches ont provoqué une terrible menace pour l'humanité. Car les résultats de ses investigations ont été récupérés par les représentants du pouvoir politique, ces hommes moralement aveugles.

  • « À propos de la dégradation de l'homme scientifique », dans Comment je vois le monde (1934-1958), Albert Einstein (trad. Maurice Solovine, rév. Régis Hanrion), éd. Flammarion, coll. « Champs », 1989 [1979] (ISBN 2-08-081183-5), chap. 5 « Études scientifiques », p. 187-188


Lettres[modifier]

Le coté humain[modifier]

Ce que vous avez lu sur mes convictions religieuses était un mensonge, bien sûr, un mensonge qui est répété systématiquement. Je ne crois pas en un Dieu personnel et je n'ai jamais dit le contraire de cela, je l'ai plutôt exprimé clairement. S'il y a quelque chose en moi que l'on puisse appeler "religieux" ce serait alors mon admiration sans bornes pour les structures de l'univers pour autant que notre science puisse le révéler.

  • Le côté humain, Albert Einstein, éd. Éd.Helen Dukas et Banesh Hoffman, 1954, p. 23


Pourquoi la guerre[modifier]

L'appétit de pouvoir que manifeste la classe régnante d'un État contrecarre une limitation de ses droits de souveraineté. Cet « appétit politique de puissance »  trouve souvent un aliment dans les prétentions dont l'effort économique se manifeste de façon matérielle. Je songe particulièrement ici à ce groupe que l’on trouve au sein de chaque peuple et qui, peu nombreux mais décidé, peu soucieux des expériences et des facteurs sociaux, se compose d’individus pour qui la guerre, la fabrication et le trafic des armes ne représentent rien d’autre qu'une occasion de retirer des avantages particuliers, d'élargir le champ de leur pouvoir personnel.


Citation rapportée d'Albert Einstein[modifier]

Les intérêts composés sont la plus grande force dans tout l'univers.

  • « Le monde est courbé… Profitez-en astucieusement », Giovanni Etelbert, protection-rendements.fr, 4/1/2012 (lire en ligne)


Citations sur Albert Einstein[modifier]

Après avoir satisfait sa passion dans la physique triomphante de la relativité, il va subir sa passion dans la physique pervertie de la bombe atomique.


Moi, on m'acclame parce que tout le monde me comprend et vous, on vous acclame parce que personne ne vous comprend.


Rien n'obligeait Einstein à passer du premier exploit au second, et du second au troisième. A chaque fois le physicien, sans renier ses acquis, a dû modifier ses conceptions de l’espace et du temps.

  • Paru initialement dans un article en version abrégée dans Les Annales de l’Académie d’Alsace, n°71, 2005, 72-90.
  • Herve Barreau, Einstein et la conception physique de l’espace et du temps, 2005, dans Annales de la Fondation Louis de Broglie, Volume 30, no 3-4, texte en ligne, p.482.



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