Violence

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La violence est l’utilisation de la force physique pour déformer une personne ou un objet.

Sommaire

Philosophie[modifier]

Blaise Pascal, Les Provinciales, 1656[modifier]

C'est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie d'opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu'à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l'irriter encore plus. Quand la force combat la force, la plus puissante détruit la moindre ; quand on oppose les discours aux discours, ceux qui sont véritables et convaincants confondent et dissipent ceux qui n'ont que la vanité et le mensonge ; mais la violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre. Qu'on ne prétende pas de là néanmoins que les choses soient égales : car il y a cette extrême différence que la violence n'a qu'un cours borné par l'ordre de Dieu qui en conduit les effets à la gloire de la vérité qu'elle attaque, au lieu que la vérité subsiste éternellement et triomphe enfin de ses ennemis ; parce qu'elle est éternelle et puissante comme Dieu même.

  • Les Provinciales (1656-57), Blaise Pascal, éd. Firmin Didot, 1853, Lettre XII, p. 227


Jacques Derrida, L’écriture et la différence, 1967[modifier]

Le discours, dit-il, est originellement violent.

  • (fr) L’écriture et la différence (1967), Jacques Derrida, éd. ., 1979, chap. Violence et Métaphysique, p. .


Konrad Lorenz, L'agression : une histoire naturelle du mal, 1969[modifier]

Aucun homme normal n'irait jamais à la chasse aux lapins pour son plaisir, s'il devait tuer le gibier avec ses dents et ses ongles, en atteignant ainsi la réalisation émotionnelle complète de ce qu'il fait en réalité.

  • (fr) L'agression : une histoire naturelle du mal (1969), Konrad Lorenz (trad. Vilma Fritsch), éd. Flammarion, coll. Champs, 1983 (ISBN 978-2-0812-3498-7), chap. XIII, p. 234


René Girard, La Violence et le Sacré, 1972[modifier]

La tendance mimétique fait du désir la copie d'un autre désir et débouche nécessairement sur la rivalité.

  • La Violence et le Sacré (1990), René Girard, éd. Hachette, coll. Pluriel, 2004 (ISBN 2-01-278897-1), p. 249


La tendance à effacer le sacré, à l'éliminer entièrement, prépare le retour subreptice du sacré, sous une forme non pas transcendante mais immanente, sous la forme de la violence et du savoir de la violence.

  • La Violence et le Sacré (1990), René Girard, éd. Hachette, coll. Pluriel, 2004 (ISBN 2-01-278897-1), p. 480


Michel Foucault, Les Anormaux, 1975[modifier]

[...] l'idée que le pouvoir pèse en quelque sorte de l'extérieur, massivement, selon une violence continue que certains (toujours les mêmes) exerceraient sur les autres (qui sont eux aussi toujours les mêmes), ceci est une espèce de conception du pouvoir qui est empruntée à quoi ? Au modèle, ou à la réalité historique, comme vous voudrez, d'une société esclavagiste. L'idée que le pouvoir — au lieu de permettre la circulation, les relèves, les combinaisons multiples d'éléments — a essentiellement pour fonction d'interdire, d'empêcher, d'isoler, me semble une conception du pouvoir qui se réfère à un modèle lui aussi historiquement dépassé, qui est le modèle de la société de caste. En faisant du pouvoir un mécanisme qui n'a pas pour fonction de produire, mais de prélever, d'imposer des transferts obligatoires de richesse, de priver par conséquent du fruit du travail ; bref, l'idée que le pouvoir a essentiellement pour fonction de bloquer le processus de production et d'en faire bénéficier, dans une reconduction absolument identique des rapports de pouvoir, une certaine classe sociale, me semble se référer non pas du tout au fonctionnement réel du pouvoir à l'heure actuelle, mais au fonctionnement du pouvoir tel qu'on peut le supposer ou le reconstruire dans la société.

  • Les Anormaux, Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. Hautes Etudes, 1999 (ISBN 2-02-030798-7), Cours du 15 janvier 1975, p. 47


[...] après tout, qu'est-ce que c'est qu'un criminel ? Un criminel est celui donc qui rompt le pacte, qui rompt le pacte de temps en temps, quand il en a besoin ou envie, lorsque son intérêt le commande, lorsque dans un moment de violence ou d'aveuglement il fait prévaloir la raison de son intérêt, en dépit, du calcul le plus élémentaire de la raison. Despote transitoire, despote par éclair, despote par aveuglement, par fantaisie, par fureur, peu importe. Le despote, lui, à la différence du criminel, fait valoir la prédominance de son intérêt et de sa volonté ; il la fait prévaloir de façon permanente. C'est par statut que le despote est un criminel, alors que c'est par accident que le criminel est un despote.

  • Les Anormaux, Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. Hautes Etudes, 1999 (ISBN 2-02-030798-7), Cours du 29 janvier 1975, p. 87


C'est par un état de violence permanente que le despote peut faire valoir sa volonté sur le corps social tout entier. Le despote est donc celui qui exerce en permanence — hors statut et hors la loi, mais d'une manière qui est complètement intriquée dans son existence même — et qui fait valoir d'une façon criminelle son intérêt. C'est le hors-la-loi permanent, c'est l'individu sans lien social. Le despote est l'homme seul. Le despote est celui qui, par son existence même et par sa seule existence, effectue le crime maximum, le crime par excellence, celui de la rupture totale du pacte social par lequel le corps même de la société doit pouvoir exister et se maintenir. Le despote est celui dont l'existence fait corps avec le crime, dont la nature est donc identique à une contre-nature. C'est l'individu qui fait valoir sa violence, ses caprices, sa non-raison, comme loi générale ou comme raison d'Etat. C'est-à-dire que, au sens strict, depuis sa naissance jusqu'à la mort, en tout cas pendant tout l'exercice de son pouvoir despotique, le roi — ou en tout cas le roi tyrannique — est tout simplement un monstre. Le premier monstre juridique que l'on voit apparaître, se dessiner dans le nouveau régime de l'économie du pouvoir de punir, le premier monstre qui apparaît, le premier monstre repéré et qualifié, ce n'est pas l'assassin, ce n'est pas le violateur, ce n'est pas celui qui brise les lois de la nature ; c'est celui qui brise le pacte social fondamental. Le premier monstre, c'est le roi. C'est le roi qui est, je crois, le grand modèle général à partir duquel dériveront historiquement, par toute une série de déplacements et de transformations successives, les innombrables petits monstres qui vont peupler la psychiatrie et la psychiatrie légale du XIXe siècle.

  • Les Anormaux, Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. Hautes Etudes, 1999 (ISBN 2-02-030798-7), Cours du 29 janvier 1975, p. 87


Barruel, dans l' Histoire du clergé pendant la Révolution, raconte l'histoire d'une certaine Comtesse de Pérignon, qui aurait été rôtie place Dauphine avec ses deux filles, et six prêtres auraient été, eux aussi, brûlés vifs sur la place, parce qu'ils avaient refusé de manger le corps rôti de la comtesse. Barruel raconte aussi qu'on a mis en vente au Palais Royal des pâtés de chair humaine. Bertrand de Molleville, Maton de la Varenne, racontent toute une série d'histoires : la fameuse histoire de Mademoiselle de Sombreuil buvant un verre de sang pour sauver la vie de son père, ou de cet homme qui avait été obligé de boire le sang extrait du coeur d'un jeune homme pour sauver ses deux amis ; ou encore, des massacreurs de Septembre qui auraient bu de l'eau-de-vie dans laquelle Manuel aurait versé de la poudre à canon, et ils auraient mangé des petits pains qu'ils auraient trempés dans des blessures. Vous avez là aussi la figure du débauché-anthropophage, mais dans laquelle l'anthropophagie l'emporte sur la débauche. Les deux thèmes, interdiction sexuelle et interdiction alimentaire, se nouent donc d'une façon très claire dans ces deux grandes premières figures de monstre et de monstre politique. Ces deux figures relèvent d'une conjoncture précise, bien qu'elles reprennent aussi des thèmes anciens : la débauche des rois, le libertinage des grands, la violence du peuple. Tout ceci, ce sont de vieux thèmes : mais il est intéressant qu'ils soient réactivés et renoués à l'intérieur de cette première figure du monstre.

  • Les Anormaux, Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. Hautes Etudes, 1999 (ISBN 2-02-030798-7), Cours du 29 janvier 1975, p. 91


Chez les Mèdes, chez les Perses, vous trouvez également une aristocratie et un peuple. Ce qui prouve à l'évidence qu'il y a eu, derrière cela, luttes, violences et guerres. Et d'ailleurs, chaque fois que l'on voit les différences entre aristocratie et peuple s'atténuer dans une société ou dans un Etat, on peut être sûr que l'Etat va entrer en décadence. La Grèce et Rome ont perdu leurs statuts, et ont même disparu comme Etats, dès lors que leur aristocratie est entrée en décadence. Donc, partout des inégalités, partout des violences fondant des inégalités, partout des guerres. Il n'y a pas de sociétés qui puissent tenir sans cette espèce de tension belliqueuse entre une aristocratie et une masse de peuple.

  • « Il faut défendre la société », Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. Hautes Etudes, 1997 (ISBN 978-2-02-023169-5), Cours du 18 février 1976, p. 138


Benoît XVI, Discours de Rattisbonne, 2006[modifier]

Celui qui veut conduire quelqu'un vers la foi doit être capable de parler et de penser de façon juste, et non pas de recourir à la violence.

Mehdi Belhaj Kacem, Rue69, 2011[modifier]

  • La sodomie, ça s’apprend et le secret le mieux caché sur la sexualité féminine, c’est que le plaisir de la pénétration, il ne vient pas comme ça. C’est ce que dans le livre j’appelle « la violence masculine » dans le sens d’une « archiprostitution ». Si on monnaye depuis l’aube de l’humanité la pénétration, c’est qu’il y a des raisons, sur lesquelles tout le monde jette un voile pudique. ===
    • Mehdi Belhaj Kacem, Rue69, 2011

Littérature[modifier]

Renée Vivien, Violence et politique, 1904[modifier]

Les Soeurs du silence

Comme un nid d’aigle, la pieuse demeure se blottissait parmi les rochers. Les passants craignaient la violence de ses parfums. Jadis, le souffle inexorable des fleurs d’oranger avait fait mourir une vierge.

  • La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, Les Soeurs du silence, p. 54


Léon Bloy, Sur la tombe de Huysmans, 1913[modifier]

Les Représailles du Sphinx

La forme littéraire de Huysmans rappelle ces invraisemblables orchidées de l’Inde qui font si profondément rêver son des Esseintes, plantes monstrueuses aux exfoliations inattendues, aux inconcevables floraisons, ayant une manière de vie organique quasi animale, des attitudes obscènes ou des couleurs menaçantes, quelque chose comme des appétits, des instincts, presque une volonté.
C’est effrayant de force contenue, de violence refoulée, de vitalité mystérieuse. Huysmans tasse des idées dans un seul mot et commande à un infini de sensations de tenir dans la pelure étriquée d’une langue despotiquement pliée par lui aux dernières exigences de la plus irréductible concision. Son expression, toujours armée et jetant le défi, ne supporte jamais de contrainte, pas même celle de sa mère l’Image, qu’elle outrage à la moindre velléité de tyrannie et qu’elle traîne continuellement, par les cheveux ou par les pieds, dans l’escalier vermoulu de la Syntaxe épouvantée.
Après cela, qu’importe la multitude des contradictions ou des erreurs qui tapissent, à la manière d’anormales végétations, le fond d’un livre où se déverse, comme dans la nappe d’un golfe maudit, tout l’azur de l’immense ciel ?

  • Sur la tombe de Huysmans, Léon Bloy, éd. Paris, coll. Collection des Curiosités littéraires, 1913, Avant la Conversion : Les Représailles du Sphinx, p. 19


Isaac Asimov, Fondation, 1951[modifier]

La violence est le dernier refuge de l'incompétence.

  • (en) Violence is the last refuge of the incompetent.


Paul Klee, Journal, 1957[modifier]

7-12-1901. Deux lettres et deux cartes sont en route vers le Nord qui ne supposent point de réponse. Je veux savoir rompus la plupart des fils qui me rattachent à naguère. Peut-être est-ce là l'indice d'une commençante maîtrise. Je me sépare de ceux qui m'avaient enseigné. Ingratitude de l'élève ! Que me reste-t-il alors ? Rien que l'avenir. Je m'y apprête avec violence. Je n'avais pas beaucoup d'amis et dès que j'exige de l'amitié intellectuelle je suis à peu près abandonné.


Yves Michaud, Violence et politique, 1978[modifier]

Il y a violence quand, dans une situation d'interaction, un ou plusieurs acteurs agissent de manière directe ou indirecte, en une fois ou progressivement, en portant atteinte à un ou plusieurs autres à des degrés variables soit dans leur intégrité physique, soit dans leur intégrité morale, soit dans leurs possessions, soit dans leurs participations symboliques et culturelles ».

  • Violence et politique, Yves Michaud, éd. ., coll. ., 1978, ., p. .


Howard Bloom, Le principe de Lucifer : une expédition scientifique dans les forces de l'histoire, 2001[modifier]

La seule vertu qui distingue les familles d'aristocrates des nôtres est une plus grande volonté de la part de leurs ancêtres à faire usage de la violence.

  • (fr) Le principe de Lucifer : une expédition scientifique dans les forces de l'histoire (1997), Howard Bloom (trad. Aude Flouriot), éd. Le jardin des livres, 2001 (ISBN 2-914569-03-3), p. 283


Psychologie[modifier]

Marie Anaut, La Résilience — Surmonter les traumatismes, 2003[modifier]

Le parcours de vie des personnes résilientes nous montre que la première étape du processus de résilience peut passer par des comportements inadéquats, voire à connotation délinquante ou asociale (comme certaines formes d'addictions, par ex.) ou le recours à des modalités défensives à allure pathologique. On peut considérer qu'il s'agit de mécanismes défensifs de survie qui contribuent à l'adaptation lors de la phase 1 (Anaut, 2008). C'est ainsi que certain enfants maltraités utilisent le clivage, ou le refuge dans une bulle psychique protectrice, pour se préserver et supporter la violence ou les carence extrêmes.

  • La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), partie 3. Articulations théoriques de la résilience, chap. 4. Approches psychodynamiques et processus intrapsychiques, 4.4 Les phases du processus psychique de la résilience, p. 84


Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010[modifier]

Libertinage et prédation

Les pervers sont raffinés tandis que les psychopathes se montrent brutaux et cultivent des pensées paranoïaques.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie II. Libertinage et prédation, chap. Qui sont les prédateurs sexuels ?, Victime qui devient bourreau, p. 106


Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, Les Perversions sexuelles et narcissiques, 2005[modifier]

Caractéristiques des perversions

Sur le plan clinique, le pervers se signale par son absence de conflictualisation apparente, de culpabilité, la faiblesse de l'élaboration psychique (capacité de mettre en mots), la difficulté d'utiliser la parole comme voie de décharge de l'excitation, l'importance de la décharge des pulsions, la mise en acte, le fonctionnement par clivage, le fait que les scénarios de mise en acte sont infiltrés d'éléments de scènes primitives violentes et sadiques où la mère est ressentie comme ayant un rôle actif.


Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006[modifier]

La psychanalyste Hirigoyen décrit les situations de harcèlement moral comme une « prédation », c’est-à-dire un « acte qui consiste à s’approprier la vie ». Elle utilise les termes « agresseur » et « agressé », car il s’agit bien, même si elle est occulte, d’une violence avérée qui tend à s’attaquer à l’identité de l’autre et à lui retirer toute individualité. Elle qualifie en outre l’agresseur de « pervers », ce qu’elle associe à la notion d’abus : « ...cela débute par un abus de pouvoir, se poursuit par un abus narcissique au sens ou l’autre perd toute estime de soi, et peut aboutir parfois à un abus sexuel. »


[...] pour simplifier la lecture, tout en soulignant la possibilité de réaction de chacun des individus engagés dans une relation d’emprise, nous retiendrons les termes d’instigateur et de victime de la relation d’emprise : ces mots ne recouvrent pas entièrement la violence de la relation mais ils soulignent la possibilité de s’en défendre. L’instigateur promeut un type de relation que la victime doit pouvoir repérer et rejeter.


Pour Bergeret, l’objet visé par la « violence fondamentale », qui est sous-tendue par la pulsion d’emprise, a un statut à la fois d’authenticité et d’imprécision : l’imprécision porte sur l’identité secondaire donc génitale de l’objet (pas encore de précision sur la différence anatomique entre les sexes) et sur l’absence d’établissement complet de l’identité primaire de cet objet. L’objet est vécu comme menaçant l’intégrité du moi ; il est pensé selon une « dialectique binaire » : « zéro ou un », c’est-à-dire « moi ou rien », « l’autre ou moi », rapprochant l’autre du statut zéro. « Un seul a le droit de survivre au niveau des instincts d’autoconservation. »

  • « La relation d'emprise dans le soin. Définitions : Névrose obsessionnelle et sadisme », Cédric Roos, Textes Psy, 2006 (lire en ligne)


[L’acteur émetteur] est empreint d’idées fixes, soumis à des répétitions, des types de comportement destinés à redresser tout ce qui semble différent de lui. Le déni total et le refus de reconnaissance de l’identité de l’autre montre chez celui qui est violent, un désir de modeler et de rendre son partenaire conforme, jusqu’à le briser pour le faire devenir comme il doit être : c’est-à-dire semblable à l’image qu’il a du monde (Perrone et Nannini, 1997).

  • « La relation d'emprise dans le soin. La relation d'emprise (cadre psychanalytique) », Cédric Roos, Textes Psy, 2006 (lire en ligne)


[...] il existe une différence fondamentale entre le pervers narcissique et le psychopathe : la violence psychopathique est impulsive, liée à une irritabilité et une agressivité permanentes ; elle peut éclater n’importe où, n’importe quand, en dépit des lois, et sans aucune limite. Le pervers narcissique dispose lui d’un meilleur contrôle émotionnel que le psychopathe ; plus manipulateur, il exerce sa violence insidieusement, ce qui lui permet de préserver son image dans la société, et souvent même d’occuper des postes de pouvoir. Sa violence est instrumentale, dirigée vers un but précis, au mépris de l’ordre et des lois.

  • « La relation d'emprise dans le soin. La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le pervers narcissique : conformer l'autre en un identique », Cédric Roos, Textes Psy, 2006 (lire en ligne)


Le pervers narcissique ne peut ni percevoir ni élaborer ses conflits internes. Il ne peut se défendre de ses propres pulsions de mort, pulsions destructrices, qu’en les assouvissant, c’est-à-dire en les projetant à l’extérieur, sur un autre. La perversion apparaît ainsi comme un aménagement défensif contre la psychose ou contre la dépression. Contrairement au sadique, le pervers ne jouit pas directement de la souffrance de l’autre mais de ce qu’il puise en l’autre et de sa mise en échec. Il exerce sur l’autre son emprise, projection de sa propre souffrance, de manière non consciente. Il ne ressent pas la violence infligée à l’autre, ni sa souffrance.

  • « La relation d'emprise dans le soin. La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le pervers narcissique : conformer l'autre en un identique », Cédric Roos, Textes Psy, 2006 (lire en ligne)


Lorsque l’objet de l’emprise est vidé de sa substance, abattu par la violence qui lui est infligée, lorsque, réduit à l’état d’ustensile, il n’a plus rien d’enviable, le pervers le délaisse pour un autre. Le pervers narcissique prend à tous mais ne doit rien à personne. Pour Racamier, il s’agit de faire taire cette « envie prédatrice et tenaillante » décrite par M. Klein, « qui s’exerce avec virulence envers tout ce qui est capable de dispenser richesse psychique et créativité, à commencer par le sein maternel ».

  • « La relation d'emprise dans le soin. La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le pervers narcissique : conformer l'autre en un identique », Cédric Roos, Textes Psy, 2006 (lire en ligne)


Sur le plan social, l’obsessionnel est conformiste, respectueux des convenances et des lois. Sur le plan personnel, il se montre exigeant, dominateur, intolérant, égoïste et avare ; il redoute les débordements émotionnels et apparaît froid et peu démonstratif. Ayant besoin de tout maîtriser, il ne supporte chez l’autre aucune singularité. Sa violence s’exerce par la contrainte et par la force, pour contrôler, modifier ou freiner tout ce qui lui est extérieur. N’usant pas de la violence physique par peur des sanctions plus que par intérêt pour autrui, sa destructivité intervient au quotidien par une pression et un contrôle incessants.

  • « La relation d'emprise dans le soin. La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise L'obsessionnel : détruire l'autre parce qu'il est différent », Cédric Roos, Textes Psy, 2006 (lire en ligne)


Le paranoïaque prend le pouvoir par la force, tandis que le pervers utilise d’abord la séduction puis la force si la séduction n’agit plus. S’il arrive au paranoïaque d’user de violence, c’est dans un mouvement de décompensation : l’autre doit être détruit parce qu’il est dangereux. Il faut l’attaquer pour s’en protéger. Quel que soit la modalité de la violence, il en attribuera néanmoins toujours la responsabilité à l’autre, gardant de lui-même une image flatteuse, se considérant comme irréprochable alors que les autres sont mauvais. Chez le paranoïaque, comme chez l’obsessionnel, le désir est donc annihilé par une action destructrice.

  • « La relation d'emprise dans le soin. La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le paranoïaque : attribuer à l'autre ses propres défaillances », Cédric Roos, Textes Psy, 2006 (lire en ligne)


Les sciences cognitives nous apprennent pourtant qu’il ne s’agit probablement pas seulement d’une manifestation de masochisme ou de la jouissance d’être victime mais d’une altération des moyens de défense par une agression passée (cf. infra, l’impuissance apprise). La soumission apparente de la victime n’est pas qu’un symptôme : c’est une stratégie adaptative et de survie dans une relation où l’opposition frontale à l’agresseur semble entraîner l’aggravation de la violence. Lorsqu’un individu apprend par expérience qu’il est incapable d’agir sur son environnement pour le transformer en sa faveur, il devient physiologiquement incapable d’entreprendre quelque modification que ce soit.

  • « La relation d'emprise dans le soin. La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de la victime d'une relation d'emprise », Cédric Roos, Textes Psy, 2006 (lire en ligne)


En principe, tout individu majeur ayant les capacités suffisantes pour une vie autonome est le garant de sa propre sécurité. S’il n’en assure pas la responsabilité, il stimule les aspects non contrôlables et violents de l’autre et ainsi entretient une interaction à caractère violent (Perrone et Nannini).

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, Modèle systémique : La violence, phénomène interactionnel, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.


Les relations humaines sont ainsi décrites comme un système transactionnel dans lequel chaque individu est responsable de sa propre sécurité et doit mettre en œuvre les moyens de se préserver. S’il laisse béantes ses défenses, il s’expose à la violence d’autrui.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, Modèle systémique : La violence, phénomène interactionnel, dans [2], paru Textes Psy, Cédric Roos.


[...] la violence n’est pas inhérente à certains individus : chacun porte en soi une part de violence, qui peut émerger, dans tel contexte ou relation, selon des manifestations ou des modalités diverses. Il existe en chaque individu un équilibre entre violence et non violence, ce ne sont pas des états qui s’excluent l’un l’autre. Cette violence intrinsèque peut s’exprimer de deux façons : sur le mode de l’agressivité, force de construction et de défense, servant à définir et à protéger son espace personnel ; ou sur le mode de l’agression, force de destruction de soi et de l’autre, qui menace et rend confuses les limites interindividuelles. La violence est ici définie comme : « toute atteinte à l’intégrité physique et psychique de l’individu qui s’accompagne d’un sentiment de contrainte et de danger. »

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, Modèle systémique : La violence, phénomène interactionnel, dans [3], paru Textes Psy, Cédric Roos.


Évolutions et séquelles d'une relation d'emprise

Quoi qu’elle fasse, la victime d’une relation d’emprise sera toujours pour l’initiateur de la violence un objet de haine et de mépris. La victime ne peut rien faire pour modifier la relation et doit accepter son impuissance. Il faut donc qu’elle ait une image suffisamment bonne d’elle-même pour que les agressions répétées qu’elle subit ne remettent pas en cause son identité.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, Évolutions et séquelles d'une relation d'emprise : Sortir de la relation d'emprise, dans [4], paru Textes Psy, Cédric Roos.


Conclusion

Si les différentes pulsions qui régissent le moi sont déséquilibrées, la pulsion d’emprise peut l’emporter sur le fonctionnement du sujet, le portant alors à agir en ne suivant que ses propres désirs, au détriment de ceux d’autrui. La relation d’emprise représente le paroxysme de cette façon d’agir qui, par la force ou la séduction, interdit à l’autre toute différence et tout désir. C’est le propre des personnalités perverses, obsessionnelles et paranoïaques de ne fonctionner exclusivement que dans ce mode d’interaction foncièrement violent qui dénie à l’autre le simple droit d’exister et qui s’apparente à un meurtre psychique.
La violence n’est cependant pas inhérente à certains types de personnalités. Ainsi, tout sujet peut-il transitoirement utiliser ce mode de fonctionnement tyrannique, dans un mouvement de défense notamment, mais il sera rapidement refreiné par l’émergence d’un sentiment de culpabilité issu du surmoi et lié à la transgression de l’interdit fondamental du meurtre.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, Conclusion, dans [5], paru Textes Psy, Cédric Roos.


François Marty, Les grands concepts de la psychologie clinique, 2008[modifier]

L'inconscient

La « pulsion de mort », au sens le plus restreint, rend compte de la clinique du vide, de la mort psychique, du désinvestissement, de la désobjectalisation, du narcissisme primaire absolu, mais aussi de la compulsion de répétition, de la réaction thérapeutique négative. Elle détermine les phénomènes de déliaison, de déchaînement des affects, de rupture des enchaînements de pensée, de désorganisation. Elle trouve son élaboration par intrication avec les pulsions de vie, ne serait-ce que sous forme de pulsions destructrices, de violence, de sado-masochisme.


Lorsqu'il est impossible de créer une [...] expérience nouvelle de satisfaction, les investissements en emprise s'amoncellent sur l'objet qui se refuse. Une forme de folie d'emprise peut se développer conduisant à des actions qui peuvent être d'une violence destructrice considérable si l'équivalent d'une expérience de satisfaction ne vient pas l'arrêter.


Charles Baudouin, L'Oeuvre de Jung et la psychologie complexe, 1963[modifier]

Jung distingue, pour un auteur, deux manières de créer : la manière psychologique et la manière visionnaire. De la première, le roman dit psychologique, où les faits s'enchaînent selon des suites de mobiles compréhensibles, est l'exemple le plus simple. Dans la seconde, les images surgissent avec la violence impérieuse et l'apparente incohérence de certains rêves.

  • L'Oeuvre de Jung et la psychologie complexe (1963), Charles Baudouin, éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2002 (ISBN 2-228-89570-97), partie I. Idées directrices, chap. IV. Prométhé et Epiméthée, Psychologie et poésie, p. 136


Jacques Abeille, Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques, 1964[modifier]

Les représentations imaginaires oscillent précisément entre ces deux pôles : des représentations « Sadiennes » avec accumulation de détails d'une violence à peine supportable alternant régulièrement avec des bouffées de la tendresse la plus ineffable qui révèle l'objet de mon amour dans toute sa pureté et dans toute sa souveraineté. Evidemment cette succession de représentations constitue un rythme qui va se précipitant jusqu'à une synthèse finale.
Ce rythme, tout comme la forme de cette synthèse même, échappent à mon contrôle. Il m'est possible de stimuler les représentations mais ni de les provoquer, ni de les éviter, ni même de les inhiber.
[...] Seules les forces vives de l'imagination constituent la sauvegarde de mon amour.
Elles orchestrent à elles seules cette généreuse synthèse. Se succédant régulièrement — imbriquées l'une dans l'autre — mouvement de l'amour.

  • Réponse de Jacques Abeille à l'interrogation suivante : Comment se caractérisent vos représentations imaginaires dans l'acte d'amour ? Justifient-elles un jugement de valeur ? Sont-elles spontanées ou volontaires ? se succèdent-elles dans un ordre fixe ? Lequel ? — Il est clairement question d'une enquête initiée par la revue surréaliste La Brèche en décembre 1964.
  • « Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques », Jacques Abeille, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 84


Politique[modifier]

Max Weber, Le Savant et le politique, 1959[modifier]

Il faut concevoir l’État contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d’un territoire déterminé […], revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime.

  • (de) Staat ist diejenige menschliche Gemeinschaft, welche innerhalb eines bestimmten Gebietes […] das Monopol legitimer physischer Gewaltsamkeit für sich (mit Erfolg) beansprucht.
  • « Le métier et la vocation de savant », Max Weber (1919), dans Le Savant et le Politique, Max Weber (trad. Julien Freund, Eugène Fleischmann, Éric de Dampierre), éd. Union générale d’éditions, coll. 10/18, 1963 (ISBN 2-264-00209-3), p. 125


Lénine, L'État et la Révolution, 1917[modifier]

Nous nous assignons comme but final la suppression de l'État, c'est-à-dire de toute violence organisée et systématique, de toute violence exercée sur les hommes, en général. Nous n'attendons pas l'avènement d'un ordre social où le principe de la soumission de la minorité à la majorité ne serait pas observé. Mais, aspirant au socialisme, nous sommes convaincus que dans son évolution il aboutira au communisme et que, par suite, disparaîtra toute nécessité de recourir en général à la violence contre les hommes, toute nécessité de la soumission d'un homme à un autre, d'une partie de la population à une autre ; car les hommes s'habitueront à observer les conditions élémentaires de la vie en société, sans violence et sans soumission.

  • L'État et la Révolution (1917), Lénine, éd. de Pékin, 1978, chap. Chapitre IV. Suite. Explications complémentaires d'Engels, p. 102


Mohandas Karamchand Gandhi[modifier]

Je ne chercherai pas à défendre davantage ma thèse. Car, même en exploitant toutes les possibilités du langage, on ne peut pas exprimer toute la complexité d'une pensée. Pour moi, la non-violence [Ahimsa] ne se ramène pas à un simple principe d'ordre philosophique. Elle règle toute ma vie. Elle en est le souffle. Je sais bien que souvent je ne suis pas à la hauteur de cette règle de vie. Si j'échoue, c'est parfois en connaissance de cause, mais plus souvent en toute ignorance. C'est une question de coeur et non d'intelligence. Pour ne jamais s'égarer sur cette voie de la non-violence, il faut constamment s'en remettre à Dieu, être toujours prêt à faire abnégation de soi et avoir la plus grande humilité. Pour pratiquer la non-violence, il faut être intrépide et avoir un courage à toute épreuve. J'ai conscience de mes manques et ils me navrent.

La non-violence est la plus grande force que l'humanité ait à sa disposition. Elle est plus puissante que l'arme la plus destructrice inventée par l'homme.

  • Gandhi (trad. G.Vogelweith), 1945, dans Life of Mathatma Gandhi, cité dans "Tous les hommes sont frères", paru Folio Essais, (Gallimard, 1990), p.153.


Mao Zedong, Le petit livre rouge, 1966[modifier]

« La révolution n'est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s'accomplir avec autant d'élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d'amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d'âme. La révolution, c'est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre. »

Michel Rocard[modifier]

Le métier politique consiste à revendiquer le pouvoir, lequel a deux fonctions principales dans la société. Un, c’est d’y exercer le monopole public de la violence pour ne pas la laisser à la violence privée – il y faut de la police – ou à la violence internationale – il y faut se défendre. Et deux, de canaliser la circulation de l’argent. On touche au sale, par définition. Et on se salit quand on touche au sale, même si les motifs sont propres. Et quiconque prétend faire de la politique en négligeant ces deux aspects est un amateur, et tant qu’angélique il est dangereux.

Günter Maschke, L'Europe vassale des Etats-Unis! Entretien avec Günter Maschke, 1999[modifier]

Si je reconnais l'état de guerre, cela entraîne beaucoup d'implications en droit économique, dans le droit des gens et dans le droit des assurances. Ce tabou a ses raisons pratiques, parce que le droit des gens (le droit international) repose sur le refus de la violence, sur l'interdiction de la guerre (comme moyen de la politique). On ne veut pas s'entendre dire que l'on redonne à la guerre un statut légal ni que la guerre et la paix sont des concepts qui sont toujours en étroite corrélation.

  • « L'Europe vassale des Etats-Unis! Entretien avec Günter Maschke », Günter Maschke, Nouvelles de Synergies européennes (ISSN 1370-1290), nº 41, juillet-août 1999, p. 3


(...) cette guerre contre la Serbie suscite d'autres problèmes d'ordre juridique. Cette intervention a clairement violé la Charte des Nations-Unies. Dans l'article 2, alinéa 4, il est stipulé que les membres des Nations-Unies doivent s'abstenir de recourir à la violence ou de menacer de violence d'autres Etats. Cette règle s'applique aux relations inter-étatiques, mais non pas aux querelles intra-étatiques ou aux situations de guerre civile. Ensuite, il me parait important de signaler que le Traité de l'Atlantique Nord a également été enfreint. Il n'autorise que le défense, au cas où l'un de ses signataires venait à être attaqué.

  • « L'Europe vassale des Etats-Unis! Entretien avec Günter Maschke », Günter Maschke, Nouvelles de Synergies européennes (ISSN 1370-1290), nº 41, juillet-août 1999, p. 3


Quand l'état d'urgence est là, le camp des pacifistes se scinde en deux; les uns disent, on ne peut opposer à la violence que la seule violence; les autre (...) disent: dans tout les cas de figure, nous ne recourrons jamais à la guerre.


Emmanuel Todd, Après la démocratie, 2008[modifier]

Si Sarkozy existe en tant que phénomène social et historique, malgré sa vacuité, sa violence et sa vulgarité, nous devons admettre que l'homme n'est pas parvenu à atteindre le sommet de l'Etat malgré ses déficiences intellectuelles et morales, mais grâce à elles. C'est sa négativité qui a séduit. Respect des forts, mépris des faibles, amour de l'argent, désir d'inégalité, besoin d'agression, désignation de boucs émissaires dans les banlieues, dans les pays musulmans ou en Afrique noire, vertige narcissique, mise en scène publique de la vie affective et, implicitement, sexuelle : toutes ces dérives travaillent l'ensemble de la société française; elles ne représentent pas la totalité de la vie sociale mais sa face noire, elles manifestent son état de crise et d'angoisse. [...] Au fond, nous devrions être reconnaissant à Nicolas Sarkozy de son honnêteté et de son naturel, si bien adaptés à la vie politique de notre époque. Parce qu'il a réussi à se faire élire en incarnant et en flattant ce qu'il y a de pire autour de nous, en nous, il oblige à regarder la réalité en face. Notre société est en crise, menacée de tourner mal, dans le sens de l'appauvrissement, de l'inégalité, de la violence, d'une véritable régression culturelle.

  • Après la démocratie, Emmanuel Todd, éd. Gallimard, 2008, p. 16


La France ne contient pas un peuple mais cent, qui diffèrent par la conception de la vie et de la mort, par le système de parenté, par l'attitude face au travail ou à la violence. Du point de vue de l'anthropologie, la France ne devrait pas exister. La plupart des nations d'Europe et du monde, grandes ou petites - Angleterre, Allemagne, Russie, Japon, Suède, Irlande, Pologne par exemple - ne sont d'une certaine façon, que des systèmes originels et homogènes, tribus anciennes et minuscules, démesurément gonflées par mille ans d'expansion démographique, pour atteindre aujourd'hui l'échelle de nation. Des pays comme l'Inde, la Yougoslavie, l'Espagne sont, au contraire, absolument hétérogènes, juxtapositions de peuples n'ayant pas réalisé leur unité linguistique et administrative. [...] La France [...] n'a pas été fondée par aucun peuple particulier. Elle porte le nom d'un groupe germanique, parle une langue dérivée du latin, avec un fort accent gaulois nous disent les linguistes. Elle fut inventée par une communauté de peuples. Plus que tout autre nation au monde, elle est un défi vivant aux déterminations ethniques et culturelles.


Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre, 2008[modifier]

Chaque fois qu'il est question de valeurs occidentales, il se produit, chez le colonisé, une sorte de raidissement, de tétanie musculaire. [...] Or il se trouve que lorsqu'un colonisé entend un discours sur la culture occidentale, il sort sa machette ou du moins il s'assure qu'elle est à portée de sa main. La violence avec laquelle s'est affirmée la suprématie des valeurs blanches, l'agressivité qui a imprégné la confrontation victorieuse de ces valeurs avec les modes de vie ou de pensées des colonisés font que, par un juste retour des choses, le colonisé ricane quand on évoque devant lui ces valeurs.

  • Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 46


Le colonialisme n'est pas une machine à penser, n'est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l'état de nature et ne peut s'incliner que devant une plus grande violence.

  • Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 61


Hani Ramadan, Lutter contre la violence sioniste et condamner l'antisémitisme, 2011[modifier]

(...) l'idéologie sioniste, qui n'est qu'une perversion du judaïsme, traduisant dans les faits et par la violence l'idée de la suprématie du peuple élu, et des privilèges qui seraient les siens. Le sionisme gènère l'antisémitisme.

  • « Lutter contre la violence sioniste et condamner l'antisémitisme », Hani Ramadan, Le Temps (quotidien suisse) (ISSN 1423-3967), 10 novembre 2011, p. 13


Laurent Obertone, La France Orange mécanique, 2013[modifier]

Toutes les civilisations sont violentes, et tous les animaux sont violents, y compris les bonobos.


A titre individuel, les taux élevés de testostérone et bas de sérotonine sont héritables et corrélés à la violence.


Khalid Cheick Mohammed, 2014[modifier]

Le Saint Coran nous interdit d'utiliser la force comme moyen de convertir!. Ne croyez pas tous ceux qui proclament que les moudjahidines combattent les infidèles pour les convertir à l'islam ou que nous vous combattons parce vous pratiquez la démocratie, la liberté ou que vous affirmez faire respecter les droits de l'homme. "Je suis très heureux dans la cellule du camp 7 de Guantanamo, car mon esprit est libre même si mon corps est retenu captif. Je ne suis ni triste, ni déprimé car je suis avec le seul vrai Dieu. C'est mon devoir religieux d'impliquer tous les non-musulmans comme les gens du tribunal (le juge, l'accusation, les avocats, etc...) pour les inviter à rejoindre l'islam.

  • La route vers le vrai bonheur (.), Khalid Cheick Mohammed, éd. Huffington Post, 2013, p. .


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