Emmanuel Mounier

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Emmanuel Mounier.

Emmanuel Mounier (1905-1950) est un philosophe français.

Révolution personnaliste et communautaire, 1935[modifier]

On pense beaucoup trop aux actes de violence, ce qui empêche de voir qu’il y a plus souvent des états de violence, — celui où chôment, meurent et se déshumanisent aujourd’hui, sans barricades, dans l’ordre, des millions d’êtres, — et que, de même que le tyran est le vrai séditieux, la vraie violence, au sens odieux de ce mot, c’est la permanence du régime.
  • « Révolution personnaliste et communautaire », Emmanuel Mounier (1935), dans Œuvres, Emmanuel Mounier, éd. Le Seuil, 1961, t. I : 1931-1939, p. 388


Le Personnalisme, 1949[modifier]

Lorsque la communication se relâche ou se corrompt, je me perds profondément moi-même : toutes les folies sont un échec du rapport avec autrui, — alter devient alienus, je deviens, à mon tour, étranger à moi-même, aliéné. On pourrait presque dire que je n’existe que dans la mesure où j’existe pour autrui, et, à la limite : être, c’est aimer.
  • Le Personnalisme (1949), Emmanuel Mounier, éd. Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1992  (ISBN 2-13-044675-2), partie Les Structures de l’univers personnel, chap. II. La Communication, p. 34


La liberté ne se gagne pas contre les déterminismes naturels, elle se conquiert sur eux, mais avec eux.
  • Le Personnalisme (1949), Emmanuel Mounier, éd. Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1992  (ISBN 2-13-044675-2), partie Les Structures de l’univers personnel, chap. V. La liberté sous conditions, p. 67


Celui qui se sent condamné à sa propre liberté, une liberté absurde et illimitée, n’a plus pour s’en distraire qu’à y condamner les autres, comme Caligula, jusqu’à la terreur.
  • Le Personnalisme (1949), Emmanuel Mounier, éd. Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1992  (ISBN 2-13-044675-2), partie Les Structures de l’univers personnel, chap. V. La liberté sous conditions, p. 70


Il est vrai que la liberté ne doit pas faire oublier les libertés. Mais quand les hommes ne rêvent plus de cathédrales, ils ne savent plus faire de belles mansardes. Quand ils n’ont plus la passion de la liberté, ils ne savent plus édifier les libertés. On ne donne pas la liberté aux hommes, de l’extérieur, avec des facilités de vie ou des Constitutions : ils s’assoupissent dans leurs libertés, et se réveillent esclaves. Les libertés ne sont que des chances offertes à l’esprit de liberté.
  • Le Personnalisme (1949), Emmanuel Mounier, éd. Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1992  (ISBN 2-13-044675-2), partie Les Structures de l’univers personnel, chap. V. La liberté sous conditions, p. 74


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