Benoît XVI

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Pape Benoît XVI en 2007

Benoît XVI, cardinal Joseph Alois Ratzinger, né le 16 avril 1927 à Marktl am Inn, a été élu pape le 19 avril 2005.

L'Esprit de la liturgie, 2000[modifier]

Une justice sans morale devient injustice ; de même qu'une morale et une justice qui ne font pas référence à Dieu dégradent l'homme, parce qu'elles le privent de sa mesure la plus exigeante, de ses possibilités les plus hautes, en lui barrant le regard sur l'infini et l'éternel. Cette apparente libération soumet l'homme à la dictature des majorités régnantes, à des mesures humaines arbitraires, qui finalement ne peuvent que lui faire violence.
  • L'Esprit de la liturgie (2000), Joseph Ratzinger (trad. Génia Català), éd. Ad Solem, 2001, p. 17


Jésus de Nazareth, 2007[modifier]

La volonté de profiter pleinement dès à présent du monde et de ce qu'offre la vie, de chercher le ciel ici-bas sans se laisser arrêter par le moindre scrupule. Cette vision des choses est entrée pour une grande part dans la conscience moderne et elle détermine largement la conception de l'existence qui a cours aujourd'hui (...) Après l'expérience des régimes autoritaires, de la brutalité avec laquelle ils ont écrasé les hommes, raillé, asservi, frappé les faibles, nous sommes à nouveau à même de comprendre ceux qui ont faim et soif de justice.
  • Jésus de Nazareth, Joseph Ratzinger (trad. Dieter Hornig, Marie-Ange Roy et Dominique Tassel.), éd. Flammarion, 2007, p. 119


L'amour est la vraie « morale » du christianisme qui s'oppose à l'égoïsme.
  • Jésus de Nazareth, Joseph Ratzinger (trad. DieterHornig, Marie-Ange Roy et Dominique Tassel.), éd. Flammarion, 2007, p. 121


Adhérer à la volonté du Père
Commentaire selon saint Matthieu (Mt 11, 25-27) :

« Seul le « Fils » connaît réellement le Père, c'est toujours participer à la connaissance du Fils, c'est la révélation qu'il nous donne (c'est lui qui l'a fait connaître, dit Jean l'apôtre). Connaît le Père seulement celui à qui le Fils veut-il donc le révéler ? La volonté du Fils n'est pas arbitraire. Les paroles témoignant de la volonté de la révélation du Fils en Matthieu 11 renvoient au verset 25, où le Seigneur dit au Père : « Tu l'as révélé aux tout-petits. » Si c'est la communion de connaissance entre le Père et le Fils que nous avons d'abord rencontrée, c'est leur unité de vouloir qui se manifeste dans le contexte des versets 25 et 27.
La volonté du Fils ne fait qu'un avec la volonté du Père. Une représentation particulièrement dramatique de l'adhésion et de la fusion des deux volontés nous est donnée dans l'épisode du mont des Oliviers où Jésus attire jusqu'à lui la volonté humaine, où il la fait entrer dans sa propre volonté de Fils et ainsi dans l'unité de volonté avec le Père. C'est sur ce terrain qu'il faut situer la deuxième demande du Notre Père : avec elle nous demandons que le drame du mont des Oliviers, du combat de toute la vie de Jésus et de tout son ministère s'accomplisse en nous, qu'avec lui, le Fils, nous adhérons à la volonté du Père et qu'ainsi nous devenions nous-mêmes des Fils – dans une unité de volonté qui devient unité de connaissance. »

— Benoît XVI (pape émérite). Jésus de Nazareth, Paris, Flammarion, 2007, p. 369-370.

Un regard porté sur les disciples
Commentaire selon saint Luc (Lc 6, 20-26) :

« Mais que sont les Béatitudes ? Elles s'intègrent tout d'abord dans une longue tradition de messages vétérotestamentaires, telle que nous la rencontrons par exemple dans le Psaume 1 et dans le texte parallèle de Jérémie (Livre de Jérémie : 17, 7s.) : Béni soit l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur... il s'agit là de paroles de promesses qui servent également au discernement des esprits et qui deviennent aussi des paroles qui montrent le chemin. Le cadre donné par Luc au Sermon sur la montagne précise la destination particulière des Béatitudes de Jésus : Regardant alors ses disciples... Chaque affirmation des Béatitudes procède de ce regard porté sur les disciples ; elles décrivent en quelque sorte la situation concrète qui est celle des disciples de Jésus : ils sont pauvres, affamés, ils pleurent, ils sont haïs et persécutés. Elles qualifient d'un point de vue pratique, mais aussi théologique, les disciples, ceux qui ont suivi Jésus et qui constituent désormais sa famille. »

— Benoît XVI (pape émérite). Jésus de Nazareth, Flammarion, 2007, p. 92.

Discours[modifier]

Sur l'Europe[modifier]

Il est donc évident que l'on ne peut pas construire une authentique maison commune européenne sans tenir compte de l'identité propre des peuples… Une identité historique, culturelle et morale avant d'être géographique, économique ou politique ; une identité construite sur un ensemble de valeurs universelles que le christianisme a contribué à forger, acquérant ainsi un rôle non seulement historique mais aussi fondateur de l'Europe.
  • Intervention à l'occasion du 50e anniversaire de la signature du Traité de Rome
  • Benoît XVI, 24 mars 2007, à Rome, dans Vatican Information service, paru 26 mars 2007, AC/EUROPE/COMECE : Bulletin VIS 070326 (670).


Sur la société[modifier]

Allez à contre-courant, n'écoutez pas les voix qui sont nombreuses à faire la propagande de modèles de vie fondés sur l'arrogance et la violence, le succès à tout prix, l'apparence et les possessions matérielles.
  • Messe devant près de 500000 jeunes à Lorette (Italie)
  • « Il a dit », Benoît XVI, Le Bien public (ISSN 0411 C 80667), 3 septembre 2007, p. 19


Sur la « famille humaine »[modifier]

Dans une société en voie de mondialisation, le bien commun et l’engagement en sa faveur ne peuvent pas ne pas assumer les dimensions de la famille humaine tout entière, c’est-à-dire de la communauté des peuples et des Nations, au point de donner forme d’unité et de paix à la cité des hommes, et d’en faire, en quelque sorte, la préfiguration anticipée de la cité sans frontières de Dieu.


Messages[modifier]

Sur la religion[modifier]

L'instrumentalisation de la liberté religeuse pour masquer des intérêts occultes, comme par exemple la subversion de l'ordre établi, l'accaparement de ressources ou le maintien du pouvoir de la part d'un groupe, peut provoquer des dommages énormes aux sociétés.
  • Message de sa sainteté Benoit XVI pour la célébration de la journée mondiale de la paix, 8 décembre 2010, Vatican, dans Libreria editrice vaticana, paru 1 janvier 2011, Benoît XVI : p.13.


On ne peut oublier que le fondamentalisme religeux et le laïcisme sont des formes spéculaires et extrêmes du refus du légitime pluralisme et du principe de laïcité.
  • Message de sa sainteté Benoit XVI pour la célébration de la journée mondiale de la paix, 8 décembre 2010, Vatican, dans Libreria editrice vaticana, paru 1 janvier 2011, Benoît XVI : p.15.


Il existe en outre (...) des formes plus élaborées d'hostilité envers la religion, qui, dans les pays occidentaux, se manifestent parfois par le reniement de l'histoire et des symboles religieux dans lesquels se reflètent l'identité et la culture de la majorité des citoyens. Ces attitudes alimentent souvent haine et préjugés et ne sont pas cohérentes avec une vision seriene et équilibrée du pluralisme et de la laïcité des institutions, sans compter qu'elles peuvent empêcher les jeunes générations d'entrer en contact avec le précieux héritage spirituel de leurs pays.
  • Message de sa sainteté Benoit XVI pour la célébration de la journée mondiale de la paix, 8 décembre 2010, Vatican, dans Libreria editrice vaticana, paru 1 janvier 2011, Benoît XVI : p.20.


Sur la foi[modifier]

Avoir une foi claire, selon le Credo de l'Église est souvent qualifié aujourd'hui de fondamentalisme. Tandis que le relativisme, qui consiste à se laisser ballotter et « emporter à tout vent de doctrine », semble la seule attitude acceptable selon les critères d'aujourd'hui. Nous allons vers une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme certain et ne retient comme critère ultime que son propre ego et ses propres désirs.

  • La vision spirituelle de Benoît XVI, Textes présentés par Robert Moynihan (trad. Jean-Paul Michaud), éd. Fides, 2007  (ISBN 978-2-7621-2686-0), p. 176


La foi chrétienne n'est pas une « religion du livre » note laconiquement le Catéchisme. C'est là une affirmation d'une extrême importance. La foi ne se réfère pas simplement à un livre, qui serait en tant que tel l'unique et dernier appel pour le croyant. Au centre de la foi chrétienne, il n'y a pas un livre, mais une personne — Jésus Christ, qui est lui-même la vivante Parole de Dieu…

  • La vision spirituelle de Benoît XVI, Textes présentés par Robert Moynihan (trad. Jean-Paul Michaud), éd. Fides, 2007  (ISBN 978-2-7621-2686-0), p. 179


Sur Noël[modifier]

Ce qui est arrivé à Noël, c'est la naissance du fils de Dieu, quelque chose d'extraordinaire qui dépasse notre imagination et notre entendement, un événement pourtant qu'on a toujours attendu et qui était de fait nécessaire. Ce qui est arrivé, c'est que Dieu est entré notre monde et est venu parmi nous […]. Le sens éternel du monde est venu si près de nous en cet événement que nous pouvons le toucher de nos mains et le voir de nos yeux. Ce que Jean appelle la « Parole » est après tout, beaucoup plus que cela. Dans la pensée grecque de l'époque, le mot désignait aussi le « sens ». Il ne serait pas faux en conséquence de traduire la phrase ainsi : « Le Sens est devenu chair. »

  • La vision spirituelle de Benoît XVI, Textes présentés par Robert Moynihan (trad. Jean-Paul Michaud), éd. Fides, 2007  (ISBN 978-2-7621-2686-0), p. 191


Signature

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