Lénine

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Lénine (1920).

Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924) fut un révolutionnaire communiste russe, principal dirigeant du parti bolchévique puis, à partir de la révolution d'octobre, de l'État soviétique.

Sommaire

Conclusion de l'article « La Commune de Paris et les tâches de la dictature démocratique», in Prolétari n°8 du 17 juillet 1905[modifier]

Cette information nous apprend, tout d'abord, que l'entrée dans le gouvernement révolutionnaire de représentants du prolétariat socialiste aux côtés de la petite bourgeoisie est, sur le plan des principes, parfaitement acceptable et, dans des conditions déterminées, tout simplement obligatoire. Cette information nous montre ensuite que la tâche réelle dont la Commune a dû s'acquitter était avant tout la réalisation de la dictature non pas socialiste, mais démocratique, l'application de notre « programme minimum ». Enfin, cette information nous rappelle que, tirant la leçon de la Commune de Paris, nous devons imiter non ses erreurs (les communards n'ont pas pris la Banque de France, ils n'ont pas lancé d'offensive contre Versailles, n'avaient pas de programme clair, etc.), mais ces actions pratiques couronnées de succès qui nous montrent la voie à suivre. Nous ne devons pas emprunter le mot « Commune » aux grands combattants de 1871, nous ne devons pas répéter aveuglément chacun de leurs mots d'ordre, mais promouvoir clairement des mots d'ordre de programme et d'action qui répondent à la situation actuelle de la Russie et que l'on peut résumer ainsi: dictature révolutionnaire démocratique du prolétariat et des paysans.
  • Sur La Commune de Paris, Marx, Engels, Lénine, éd. Les Éditions du Progrès, Moscou, URSS, 1971, partie Lénine, chap. Conclusion de l'article « La Commune de Paris et les tâches de la dictature démocratique», p. 305


L'État et la Révolution, 1917[modifier]

Nous nous assignons comme but final la suppression de l'État, c'est-à-dire de toute violence organisée et systématique, de toute violence exercée sur les hommes, en général. Nous n'attendons pas l'avènement d'un ordre social où le principe de la soumission de la minorité à la majorité ne serait pas observé. Mais, aspirant au socialisme, nous sommes convaincus que dans son évolution il aboutira au communisme et que, par suite, disparaîtra toute nécessité de recourir en général à la violence contre les hommes, toute nécessité de la soumission d'un homme à un autre, d'une partie de la population à une autre ; car les hommes s'habitueront à observer les conditions élémentaires de la vie en société, sans violence et sans soumission.
  • L'État et la Révolution (1917), Lénine, éd. de Pékin, 1978, chap. Chapitre IV. Suite. Explications complémentaires d'Engels, p. 102


L'État pourra s'éteindre complètement quand la société aura réalisé le principe : "De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins", c'est-à-dire quand les hommes se seront si bien habitués à respecter les règles fondamentales de la vie en société et que leur travail sera devenu si productif qu'ils travailleront volontairement selon leurs capacités. "L'horizon borné du droit bourgeois", qui oblige à calculer avec l'âpreté d'un Shylock : "N'aurais-je pas travaillé une demi-heure de plus que le voisin ? N'aurais-je pas touché un salaire inférieur au sien ?" - cet horizon borné sera alors dépassé. La répartition des produits n'exigera plus alors le rationnement par la société des produits délivrés à chacun ; chacun puisera librement "selon ses besoins".
  • L'État et la Révolution (1917), Lénine, éd. de Pékin, 1978, chap. Chapitre V. Les bases économiques de l'extinction de l'État, p. 120


En attendant l'avènement de la phase "supérieure" du communisme, les socialistes réclament de la société et de l'État qu'ils exercent le contrôle le plus rigoureux sur la mesure de travail et la mesure de consommation ; mais ce contrôle doit commencer par l'expropriation des capitalistes, par le contrôle des ouvriers sur les capitalistes, et il doit être exercé non par l'État des fonctionnaires, mais par l'État des ouvriers armés.}}

  • L'État et la Révolution (1917), Lénine, éd. de Pékin, 1978, chap. Chapitre V. Les bases économiques de l'extinction de l'État, p. 121






Rapport sur la paix du 26 octobre-8 novembre 1917[modifier]

La paix juste ou démocratique dont a soif l'écrasante majorité des classes ouvrières et laborieuses, épuisées, harassées, martyrisées par la guerre, dans tous les pays belligérants- la paix qu'exigent de la façon la plus résolue et la plus instante les ouvriers et les paysans russes depuis le renversement de la monarchie tsariste,- cette paix, le gouvernement estime qu'elle ne peut être qu'une paix immédiate, sans annexions (c'est-à-dire sans main-mise sur les terres étrangères, sans rattachement par la force de nationalités étrangères) et sans contribution de guerre.

  • Oeuvres septembre 1917-février 1918 (26 octobre-8 novembre 1917), Lénine, éd. Editions Sociales, 1958, p. 255


Rapport sur la terre du 26 octobre-8 novembre 1917[modifier]

Nous estimons que la révolution a montré et démontré à quel point il est important que la question de la terre soit posé clairement. Le déclenchement de l'insurrection armée, de la deuxième révolution, la révolution d'octobre, prouve clairement que la terre doit être remise entre les mains des paysans. Un crime a été commis par le gouvernement aujourd'hui renversé et par les partis conciliateurs menchevik et socialiste-révolutionnaire qui sous différents prétextes, ont ajourné la solution de la question agraire, et ont de ce fait conduit le pays à la désorganisation et au soulèvement paysan.

  • Oeuvres septembre 1917-février 1918 (26 octobre-8 novembre 1917), Lénine, éd. Editions Sociales, 1958, p. 265


Discours sur la question de la presse du 4-17 novembre 1917[modifier]

Nous ne pouvons pas donner à la bourgeoisie la possibilité de nous calomnier. Il faut tout de suite désigner une commission d'enquête sur la dépendance des journaux bourgeois à l'égard des banques. De quelle liberté ces journaux ont-ils besoin ? N'est-ce pas de la liberté d'acheter une grande quantité de papier et d'employer une grande quantité de barbouilleurs de papier ? Nous devons nous libérer de cette liberté de la presse qui est dans la dépendance du capital. Cette question a une importance de principe. Si nous marchons à la révolution sociale, nous ne pouvons ajouter aux bombes de Kalédine les bombes du mensonge.

  • Oeuvres septembre 1917-février 1918 (4-17 novembre 1917), Lénine, éd. Editions Sociales, 1958, p. 297-298


La question nationale (22 novembre-5 décembre 1917)[modifier]

Quand on aborde la question nationale(...) il faut noter surtout la diversité des nationalités en Russie, où les Grands-Russes ne constituent qu'environ 40% de la population et où la majorité appartient à d'autres nationalités. Sous le tsarisme, l'oppression à l'égard de ces dernières était d'une cruauté et d'une stupidité incroyables, elle accumulait chez les nationalités, privées de droits égaux la haine la plus profonde contre les monarques. Rien d'étonnant si cette haine envers ceux qui interdisaient même l'usage de la langue maternelle, et condamnaient les masses populaire à l'analphabétisme, se reportait sur tous les Grands-Russes. ON pensait que ces derniers voulaient, en tant que privilégiés, garder pour eux seuls les prérogatives que Nicolas II et Kerensky leur conservaient pieusement.

  • Oeuvres septembre 1917-février 1918 (22 novembre-5 décembre 1917), Lénine, éd. Editions Sociales, 1958, p. 360


"Sur la phrase révolutionnaire" (21 février 1918)[modifier]

La phrase révolutionnaire est le plus souvent un mal dont souffrent les partis révolutionnaires dans les moments où ceux-ci réalisent de près ou de loin la liaison, la réunion, l'interpénétration d'éléments prolétariens et petits-bourgeois et où le cours des évènements révolutionnaires connaît de brusques et importants revirements. La phrase révolutionnaire c'est la répétition des mots d'ordre révolutionnaires sans égard aux circonstances objectives, au changement marqué par les derniers évènements en date, à la situation du moment. Des mots d'ordre excellents, qui entraînent et enivrent, mais sont dépourvus de base solide, telle est l'essence de la phrase révolutionnaire.

  • Oeuvres février-juillet 1918 (21 février 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 11


"De la gale" (22 février 1918)[modifier]

La gale est un mal douloureux. Et quand c'est la gale de la phrase révolutionnaire qui s'empare des gens, le seul fait d'observer cette maladie provoque des souffrances sans nom(...)

(...) Si après maints efforts déployés en toute conscience pour obtenir une paix générale et juste, il apparaissait en fait que cette paix ne peut pas être obtenue en ce moment n'importe quel moujik comprendrait qu'il faut bien accepter une paix non point générale mais séparée et injuste. Le moujik, fut-il le plus fruste et le plus illettré le comprendrait et tiendrait en estime le gouvernement qui lui procurerait même une telle paix. Il a fallu que des bolcheviks attrapent la vilaine gale de phrase pour oublier tout cela et provoquer chez les paysans le mécontentement le plus légitime à leur égard quand cette gale eût amené l'Allemagne vorace à déclencher une nouvelle guerre contre une Russie fatiguée !

  • Oeuvres février-juillet 1918 (22 février 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 29-30


Le traité de Brest-Litovsk : "une leçon dure mais nécessaire" (25 février 1918)[modifier]

C'est un crime, du point de vue de la défense de la patrie, que d'accepter le combat avec un ennemi infiniment plus fort et mieux préparé lors que notoirement on n'a pas d'armée. Force nous est, du point de vue de la défense de la patrie, de signer la plus dure, la plus oppressive, la plus barbare et la plus honteuse des paix non pas pour "capituler" devant l'impérialisme, mais pour apprendre à le combattre et s'y préparer d'une façons sérieuse et efficace.

  • Oeuvres février-juillet 1918 (25 février 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 59


Pour le premier anniversaire de la Révolution russe (12 mars 1918)[modifier]

Les ennemis auxquels nous avons eu affaire jusqu'à présent : Romanov, Kerensky et la bourgeoisie russe - stupide, inorganisée, inculte, qui baisait la botte de Romanov et qui se mit ensuite à fuir avec des traités secrets dans sa poche - ces ennemis représentent-ils quoi que ce soit en comparaison de cette bourgeoisie internationale qui a fait de toutes les conquêtes de l'esprit humain uen arme servant à réprimer la volonté des travailleurs et qui a su adapter toute son organisation à l'extermination des hommes ?

  • Oeuvres février-juillet 1918 (12 mars 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 169


Séance du comité exécutif central de Russie (29 avril 1918)[modifier]

Nous n'imaginons pas d'autre socialisme que celui qui se fonde sur les leçons découlant de la grande civilisation capitaliste. Le socialisme sans poste, sans télégraphe, sans machine est une phrase absolument creuse. Mais il est impossible de balayer d'un seul coup le milieu bourgeois et les habitudes bourgeoises, car nous avons besoin de l'organisation sur laquelle repose toute la science et toute la technique moderne. Parler à ce propos de fusil c'est la plus grande des sottises. Il dépend du degré d'organisation du peuple tout entier que l'ensemble de la population paie l'impôt sur le revenu, que l'obligation du travail soit instituée, que chacun soit enregistré ; tant qu'il n'et pas enregistré il faut que nous le payions. Quand Boukharine dit qu'il ne voit pas le principe, il est à côté du sujet.

  • Oeuvres février-juillet 1918 (29 avril 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 323


Esquisse d'un plan de travaux scientifiques et techniques (Ecrit en avril 1918 et publié en 1933)[modifier]

Une attention particulière doit être portée à l'électrification de l'industrie et des transports et à l'emploi de l'électricité dans l'agriculture.

  • Oeuvres février-juillet 1918 (avril 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 334


Sur l'assassinat, le 6 juillet 1918, du diplomate allemand Mirbach par des SR de gauche (8 juillet 1918)[modifier]

On nous provoque à la guerre contre les Allemands alors que nous ne pouvons pas et que nous ne voulons pas nous battre. Ce grossier mépris de la volonté du peuple, cette provocation violente à la guerre, les masses populaires ne les pardonneront pas aux S.R de gauche. Et si d'aucuns se sont réjouis de l'acte des SR de gauche et se sont frottés les mains avec une joie mauvaise, ce ne peut être que les gardes blancs et les laquais de la bourgeoisie impérialiste.

  • Oeuvres février-juillet 1918 (8 juillet 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 570


Contre la menace de guerre persistante avec l'Allemagne, provoquée par l'attentat du 6 juillet 1918 (15 juillet 1918)[modifier]

Si, malgré tous nos efforts la guerre devient un fait nous ne pourrons avoir la moindre confiance en la bande de traîtres du parti S.R de gauche, capables de saper la volonté des Soviets, d'aller jusqu'à la trahison militaire. Nous puiserons pour la guerre, des forces nouvelles dans la répression impitoyable tant des aventuriers insensés ( du parti sr de gauche) que des suppôts de la contre-révolution, conscients de leurs buts de classe (des propriétaires fonciers, des capitalistes et des koulaks).

  • Oeuvres février-juillet 1918 (15 juillet 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 576


Rapport à la conférence des comités d'usine de la province de Moscou (23 juillet 1918)[modifier]

Il n'y a pas un seul pays dont les prisons ne regorgent d'internationalistes sympathiques à la Russie des Soviets ; il n'y a pas un seul pays où la pensée socialiste-révolutionnaire ne s'exprime tantôt dans la presse légale, tantôt dans la presse clandestine. C'est pourquoi, sachant où se trouvent nos véritables amis nous rejetons toute entente avec les mencheviks qui ont soutenu Kerensky et son offensive...

  • Oeuvres février-juillet 1918 (23 juillet 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 581


... L'ennemi le plus acharné du prolétariat et de la Russie soviétique, c'est la famine. Lorsqu'il cherche à vaincre cet ennemi, le prolétariat se heurte à la bourgeoisie rurale, qui n'a aucune intérêt à la liquidation de la famille, mais qui au contraire en retire ses avantages de groupe et de classe. Le prolétariat doit en tenir compte, et, allié aux paysans pauvres qui souffrent de la faim, il doit mener une lutte à outrance et implacable contre les koulaks.

  • Oeuvres février-juillet 1918 (23 juillet 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 584


Lettre aux ouvriers américains (20 aout 1918)[modifier]

Oh que cette bourgeoisie est humaine et équitable ! Ses valets nous accusent de terrorisme...Les bourgeois anglais ont oublié 1649 et les Français 1793. La terreur était juste et légitime quand la bourgeoisie l'appliquait en sa faveur contre les féodaux. Elle est monstrueuse et criminelle quand les ouvriers et les paysans pauvres ont osé l'appliquer contre la bourgeoisie. La terreur était juste et légitime quand elle étai mise en oeuvre pour substituer une minorité exploiteuse à une autre. elle est monstrueuse et criminelle dès qu'elle est mise en oeuvre pour aider au renversement de toute minorité exploiteuse, dans l'intérêt d'une majorité réellement immense, dans l'intérêt du prolétariat et du semi-prolétariat, de la classe ouvrière et de la paysannerie pauvre !

  • Oeuvres, juillet 1918-mars 1919 (23 août 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 66-67


La bourgeoisie impérialiste internationale a fait exterminer 10 millions d'hommes et estropier 20 millions d'autres dans "sa" guerre, déchaînée pour savoir qui, des rapaces anglais ou allemands dominera le monde. Si notre guerre, la guerre des opprimés et des exploités contre leurs oppresseurs et leurs exploiteurs, entraîne un demi-million ou un million de victimes dans tous les pays, la bourgeoisie dira que les premiers sacrifices étaient légitimes et les seconds criminels. Le prolétariat, lui, sera d'un tout autre avis(...)

(...)La presse bourgeoise vénale peut claironner sur tous les toits chaque faute commise par notre révolution. Nos fautes ne nous font pas peur. les hommes ne sont pas devenus des saints du fait que la révolution a commencé. Les classes laborieuses opprimées, abêties, maintenues de force dans l'étau de la misère, de l'ignorance, de la barbarie pendant des siècles, ne peuvent accomplir la révolution sans commettre d'erreurs.

  • Oeuvres, juillet 1918-mars 1919 (23 août 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 67


Discours au meeting du musée polytechnique (23 aout 1918)[modifier]

Il n'est pas possible de rendre tel ou tel personnage responsable de la guerre ; on a tort d'accuser les rois et les tsars de la boucherie actuelle. Elle est l'oeuvre du capital. Le capitalisme est dans une impasse. Cette impasse n'est autre que l'impérialisme qui a dicté une guerre entre rivaux dans le monde entier.

  • Oeuvres, juillet 1918-mars 1919 (23 août 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 77


Discours prononcé au 1er congrès de Russie sur l'instruction publique (28 aout 1918)[modifier]

Les travailleurs aspirent à la connaissance parce qu'elle leur est indispensable pour vaincre. Les neuf dixièmes des masses laborieuses ont compris que le savoir est une arme dans leur lutte pour la libération, que leurs échecs s'expliquent par le manque d'instruction, et que c'est d'eux qu'il dépend de rendre l'éducation effectivement accessible à tous.

  • Oeuvres, juillet 1918-mars 1919 (28 août 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 84


Du caractère de nos journaux (20 septembre 1918)[modifier]

Pourquoi ne pas traiter en 10 ou 20 lignes au lieu de 200 à 400, des choses simples, connues de tous, claires, déjà assimilées dans une grande mesure par la masse telles que : l'infâme trahison des mencheviks, valets de la bourgeoisie ; l'invasion anglo-japonaise entreprise en vue de la restauration des droits sacro-saints du capital ; les grincements de dents des milliardaires américains contre l'Allemagne, etc, etc. ? Il faut en parler, il faut noter chaque fait nouveau dans ce domaine, mais sans écrire d'articles ni reprendre les mêmes raisonnements ; on doit flétrir en quelques lignes, en "style télégraphique", les manifestations nouvelles d'une vielle politique, déjà connue, déjà jugée.

  • Oeuvres, juillet 1918-mars 1919 (20 septembre 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 95


Discours aux Délégués des comités de paysans pauvres de la région de Moscou (8 novembre 1918)[modifier]

L’expérience de toutes les révolutions qui ont éclaté jusqu’ici en Europe confirme que la révolution subira inévitablement une défaite, si la paysannerie ne triomphe pas de l’emprise des koulaks. Toutes les révolutions européennes n’ont abouti à rien, précisément parce que la campagne n’a pas su venir à bout de ses ennemis. Les ouvriers des villes ont renversé les monarques (en Angleterre et en France on a exécuté les rois, il y a déjà quelques centaines d’années et nous étions en retard avec notre tsar), et pourtant après un certain temps l’ancien régime était restauré. C’est parce qu’alors il n’existait pas, même dans les villes la grande production qui groupe dans les fabriques et dans les usines des millions d’ouvriers, et les soude en une armée assez solide pour qu’ils puissent sans le soutien des paysans, résister à la fois à la pression des capitalistes et des koulaks.

  • Oeuvres juillet 1918-mars 1919 (8 novembre 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 175-176


Discours prononcé au premier congrès des ouvrières de Russie (19 novembre 1918)[modifier]

La tâche de la république des Soviets est au premier chef d'abolir toute limitation aux droits des femmes. Le procès en divorce, source de la servitude, de l'humiliation, de la pourriture bourgeoise, le pouvoir des Soviets l'a complètement aboli. Voici bientôt un an qu'existe une législation tout-à-fait libre sur le divorce. Nous avons promulgué un décret qui a supprimé la différence entre l'enfant légitime et l'enfant naturel, ainsi que toute une série de restrictions politiques ; nulle part l'égalité et la liberté des travailleuses n'ont été aussi pleinement réalisées.

  • Oeuvres juillet 1918-mars 1919 (8 novembre 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 184


Dans nos villes et dans les régions industrielles cette loi sur la liberté complète du mariage prend bien racine, mais dans les campagnes il arrive souvent, très souvent, qu'elle reste sur le papier. Jusqu'ici le mariage religieux y prédomine. Les femmes le doivent à l'influence des prêtres ; il est plus malaisé de lutter contre ce mal que contre l'ancienne législation. Il faut lutter contre les préjugés religieux avec une prudence extrême ; ceux qui dans ce combat, blessent le sentiment religieux causent un grand préjudice. On doit lutter par la propagande, par l'instruction. En agissant brutalement nous risquons d'irriter les masses ; une action menée de cette manière accentue la division des masses sur le terrain de la religion, or notre force est dans l'union.

  • Oeuvres juillet 1918-mars 1919 (8 novembre 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 185


Analyse de l'armistice du 11 novembre 1918, (20 novembre 1918)[modifier]

« Ce qui a éloigné beaucoup de gens c’est la monstrueuse paix de Brest-Litovsk ; beaucoup de gens n’ont pas fait confiance à la Révolution, beaucoup croyaient pieusement aux desseins honnêtes des alliés, mais aujourd’hui tout a été démasqué et tous voient que les alliés tant vantés, qui ont dicté à l’Allemagne des conditions encore plus monstrueuses que celles de Brest-Litovsk, sont des pillards tout pareils aux impérialistes allemands. Les alliés sont, on le sait, partisans du régime monarchique en Russie ; à Archangelsk, par exemple, ils soutiennent activement les monarchistes. Les Anglais marchent contre la Russie pour prendre la place des impérialistes allemands vaincus. Tout cela a ouvert les yeux des adversaires de la Révolution même les plus endurcis et et les plus ignorants."

  • Oeuvres juillet 1918-mars 1919 (20 novembre 1918), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 188


Discours prononcé après l'assassinat de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht, (19 janvier 1919)[modifier]

"Aujourd'hui à Berlin la bourgeoisie et les social- traîtres exultent : ils ont réussi à assassiner Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg. Ebert et Scheidmann qui, au cours de quatre années, ont mené les ouvriers au carnage au nom des intérêts des forbans, ont assumé aujourd'hui le rôle de bourreaux des chefs prolétariens. L'exemple de la révolution allemande nous persuade que la "démocratie" n'est que le paravent du pillage bourgeois et de la violence la plus féroce. Mort aux bourreaux !

  • Oeuvres juillet 1918-mars 1919 (19 janvier 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 431


Lettre aux ouvriers d'Europe et d'Amérique (21 janvier 1919)[modifier]

Le sang des meilleures militants de L'internationale prolétarienne, des chefs regrettés de la révolution socialiste internationale, trempera des masses toujours nouvelles d'ouvriers pour une lutte à mort. Et cette lutte aboutira à la victoire. Nous avons vécu en Russie "les journées de juillet" de l'été de 1917, lorsque les Scheidemann russes, les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires couvraient de l'autorité de "L'Etat" la "victoire" des gardes blancs sur les bolcheviks, lorsque dans les rues de Pétrograd, les cosaques lynchaient l'ouvrier VoÏnov des tracts bolcheviks.

  • Oeuvres juillet 1918-mars 1919 (21 janvier 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 456


Discours d'ouverture du premier congrès de l'internationale communiste (2 mars 1919)[modifier]

La bourgeoisie aura beau sévir, aura beau massacrer encore des milliers d'ouvriers, la victoire est à nous, la victoire de la révolution communiste mondiale est assurée.

  • Oeuvres juillet 1918-mars 1919 (2 mars 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1961, p. 480


"Discours à la mémoire de I. Sverdlov à l'assemblée extraordinaire du comité exécutif central de Russie" mort le 16 mars 1919 (18 mars 1919)[modifier]

Un homme qui a su forger en lui-même un talent d'organisateur aussi remarquable est irremplaçable, si nous entendons par là la possibilité de trouver une personne, un camarade qui disposerait de telles aptitudes. Aucun de ceux qui ont connu de près Iakov Mikhaïlovitch, qui ont observé son travail constant ne peut douter qu'en ce sens Iakov Mikhaïlovitch est irremplaçable.le travail qu'il a accompli seul en matière d'organisation, de choix des hommes, de la désignation de ceux-ci à des postes responsables dans les diverses spécialités, ce travail nous ne serons capables de l'accomplir que si nous confions chacune des grandes branches d'activité que le camarade Sverdlov dirigeait tout seul, à tout un groupe d'hommes qui, en suivant le chemin qu'il a tracé, sauront se rapprocher de ce qu'accomplissait un seul homme.

  • Oeuvres Mars-Aout 1919 (18 mars 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1962, p. 90-91


Rapport sur le programme du VIIIème congrès du parti (19 mars 1919)[modifier]

Nous avons accédé au pouvoir dans des circonstances exceptionnelles, à un moment où l'oppression tsariste obligeait à procéder très vigoureusement à une transformation radicale et rapide et nous avons su, dans ces circonstances exceptionnelles nous appuyer pour quelques moissur l'ensemble de la paysannerie. C'est un fait historique. Au moins jusqu'à l'été 1918, jusqu'à la fondations des comités de paysans pauvres, nous nous sommes maintenus en tant que pouvoir en nous appuyant sur l'ensemble de la paysannerie. Cela n'est possible dans aucun pays capitaliste. Voilà le fait économique essentiel que vous oubliez lorsque vous parlez de réformer de fond en comble tout le programme.

  • Oeuvres, mars-aout 1919 (19 mars 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1962, p. 189-190


A propos des pogroms antijuifs (enregistrement de disques à la fin mars 1919)[modifier]

Les ennemis des travailleurs ce ne sont pas les Juifs. Ce sont les capitalistes de tous les pays. Il y a parmi les Juifs des ouvriers, des travailleurs : ils forment la majorité. Ce sont nos frères opprimés par le capital, nos camarades de combat pour le socialisme. Il y a parmi les Juifs des koulaks, des exploiteurs et des capitalistes, comme parmi les Russes, comme dans toutes les nations(...) Honte au tsarisme maudit qui torturait et persécutait les Juifs. Honte à ceux qui sèment la haine contre les Juifs, à ceux qui sèment la haine contre les autres nations. Vivent la confiance fraternelle et l'alliance de combat entre les ouvriers de toutes les nations dans la lutte pour le renversement du capital.

  • Oeuvres, mars-aout 1919 (fin mars 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1962, p. 254-255


Comment on trompe le peuple avec les mots d'ordre de liberté et d'égalité (19 mai 1919)[modifier]

La liberté, il va sans dire, est pour toute révolution un mot d'ordre absolument essentiel. Or notre programme déclare : si elle est contraire à l'émancipation du travail de l'oppression capitaliste, la liberté est une duperie. Et tous ceux d'entre vous qui ont lu Marx, je pense même tous ceux ne serait-ce qu'un de ses exposés de vulgarisation, savent que Marx a justement consacré une grande partie de sa vie, de ses écrits et de ses travaux scientifiques à railler la liberté, l'égalité, la volonté de la majorité et de tous les Bentham qui étalaient cela dans leur prose, et à démontrer que ces phrases dissimulent les intérêts de la liberté du propriétaire de marchandises, de la liberté du capital pour opprimer les masses laborieuses.

  • Oeuvres mars-aout 1919 (19 mai 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1962, p. 354


Nous disons que la liberté de réunion pour les capitalistes est le plus grand crime contre les travailleurs, c'est en fait la liberté de réunion pour les contre-révolutionnaires. Nous disons à messieurs les intellectuels bourgeois, à messieurs les partisans de la démocratie : vous mentez lorsque vous nous jetez à la figure l'accusation de violer la liberté ! Lorsque vos grands révolutionnaires bourgeois faisaient la révolution en 1649 en Angleterre, en 1792-1793 en France, ils n'accordaient pas la liberté de réunion aux monarchistes. Si la Révolution française a été appelée la grande Révolution c'est justement parce qu'elle ne s'est pas distinguée par la mollesse, l'équivoque et les phrases creuses de nombreuses révolutions de 1848, parce que c'était une révolution conséquente qui après avoir renversé les monarchistes les a écrasés jusqu'au bout.

  • Oeuvres mars-aout 1919 (19 mai 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1962, p. 357


Dans sa marche la révolution renverse l'une après l'autre les classes exploiteuses. Elle a abattu d'abord la monarchie, et elle entendait par égalité la seule existence d'un pouvoir élu, d'une république. Allant plus loin elle a jeté bas les grands propriétaires fonciers, et vous savez que toute la lutte contre le régime médiéval, contre la féodalité s'est déroulé sous le signe "égalité" (...) (...) Nous disons que la république démocratique, avec l'égalité actuelle, est un mensonge et une duperie, que l'égalité n'y est pas respectée et ne peut y exister, et que ce qui empêche de bénéficier de cette égalité, c'est la propriété des moyens de production, de l'argent, du capital.

  • Oeuvres mars-aout 1919 (19 mai 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1962, p. 360


Sur un article réformiste de Ramsey Madonald (14 juillet 1919)[modifier]

Les socialistes qui n'ont pas compris pendant la guerre de 1914-1918 que c'était une guerre criminelle, réactionnaire, une guerre de brigandage des deux côtés, sont des social-chauvins, c'est-à-dire des socialistes en paroles et des chauvins en faits ; des amis de la classe ouvrière en paroles mais en fait de laquais de leur "bourgeoisie" nationale, qu'ils aident à tromper le peuple, en peignant comme "nationale", "libératrice", "défensive", "juste", etc la guerre entre le groupe anglais et le groupe allemand de forbans impérialistes, également immondes, sordides, sanguinaires, criminels réactionnaires.

  • Oeuvres mars-aout 1919 (14 juillet 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1962, p. 505


Ramsey MacDonald sait parfaitement que nous avons fondé la III ème internationale et rompu totalement avec la II ème, car nous étions convaincus qu'elle était incurable, condamnée, qu'elle était le serviteur de l'impérialisme, l'agent de l'influence bourgeoise, du mensonge bourgeois et de la dépravation bourgeoise dans le mouvement ouvrier.

  • Oeuvres mars-aout 1919 (14 juillet 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1962, p. 506


"Impérialisme fabien", "Social Impérialisme" sont une seule et même chose : socialisme en paroles, impérialisme dans les faits, transformation de l'opportunisme en impérialisme. Ce phénomène est devenu maintenant, pendant et après la guerre de 1914-1918, un phénomène universel.

  • Oeuvres mars-aout 1919 (14 juillet 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1962, p. 507


Réponse à un article de Frederic Stanpfer du 7 septembre 1919 sur le livre de Kautsky, terrorisme et communisme (18 septembre 1919)[modifier]

« D’abord c’est un mensonge pur et simple de dire que les bolcheviks étaient les adversaires de la peine de mort en période de révolution. Au IIè congrès, en 1903, alors que naissait le bolchevisme, un programme du parti fut établi et les procès verbaux du parti stipulent que la pensée d’introduire l’abolition de la peine de mort n’a provoqué que des exclamations ironiques : « et aussi pour Nicolas II ? » les mencheviks eux-mêmes n’ont pas osé mettre aux voix la proposition de l’abolition de la peine de mort pour le tsar. Et en 1917, au temps de Kerenski, j’écrivais dans la Pravda qu’il n’est pas un seul gouvernement révolutionnaire qui puisse se passer de la peine de mort et que le tout est de savoir contre quelle classe un gouvernement donné dirige l’arme de la peine de mort...

  • Oeuvres, septembre 1919- avril 1920 (18 septembre 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1964, p. 20-21


Les tâches du mouvement ouvrier féminin dans la république des Soviets (23 septembre 1919)[modifier]

Nous constatons que l'égalité est proclamée dans toutes les républiques démocratiques, mais dans leur droit civil, dans leurs lois fixant les droit de la femme, en ce qui concerne sa position au sein de la famille, en ce qui concerne le divorce, nous voyons à chaque instant que la femme n'est pas l'égale de l'homme et qu'elle y est humiliée, et nous disons que cela constitue une violation de la démocratie au détriment des opprimés. Le pouvoir soviétique a appliqué la démocratie plus que tous les autres pays, même les plus avancés, car il n'a pas laissé subsister dans ses lois la moindre allusion à l'inégalité de la femme. Je répète : pas un seul Etat, pas une seule législation démocratique n'a fait pour la femme la moitié de ce qu'a fait le pouvoir soviétique dès les premiers mois de son existence.

  • Oeuvres, septembre 1919- avril 1920 (23 septembre 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1964, p. 36-37


Salut aux communistes italiens, français et allemands (10 octobre 1919)[modifier]

La III ème Internationale a remporté en quelques mois des victoires brillantes, sans précédent. Elle grandit à une allure surprenante. Les erreurs particulières et les maladies de croissance ne doivent pas nous faire peur. Tout en les critiquant ouvertement et sans réticence, nous ferons en sorte que, bientôt, dans tous les pays civilisés, la masse ouvrière, formée à l'école marxiste, chassera loin d'elle les traîtres au socialisme, les scheidemaniens et les kautskistes de toutes les nations (car ces types existent dans tous les pays civilisés).

  • Oeuvres, septembre 1919- avril 1920 (10 octobre 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1964, p. 57


Salut aux ouvriers de Pétrograd (5 novembre 1919)[modifier]

En ce jour du deuxième anniversaire de la République soviétique lez ouvriers de Pétrograd méritent les premiers d'être salués. Au titre d'avant-garde des ouvriers et des soldats révolutionnaires, d'avant-garde des masses laborieuses de Russie et du monde entier les ouvriers de Pétrograd ont les premiers renversé le pouvoir de la bourgeoisie et levé l'étendard de la révolution prolétarienne contre le capitalisme et l'impérialisme... ... Justement ces derniers jours les réactionnaires impérialistes anglais avaient joué leur dernière carte sur la prise de Pétrograd. La bourgeoisie du monde entier, et en particulier de Russie, avaient déjà un avant-goût de la victoire. Mais, en fait de victoire, ils ont essuyé une défaite devant Pétrograd. Les armées d'Ioudénitch sont vaincues et battent en retraite... Poursuivez à tout prix les armées en retraite, battez-les ne leur laissez pas une heure, une minute de répit. Nous pouvons et nous devons aujourd'hui plus que jamais porter un grand coup pour achever l'ennemi.

  • Oeuvres, septembre 1919- avril 1920 (5 novembre 1919), Lénine, éd. Editions Sociales, 1964, p. 114-115


La Maladie infantile du communisme (le « gauchisme »), 1920[modifier]

Imaginez-vous que votre automobile soit arrêtée par des bandits armés. Vous leur donnez votre argent, votre passeport, votre revolver, votre auto. Vous vous débarrassez ainsi de l'agréable voisinage des bandits. C'est là un compromis, à n'en pas douter. "Do ut des" (je te "donne" mon argent, mes armes, mon auto, "pour que tu me donnes" la possibilité de me retirer sain et sauf). Mais on trouverait difficilement un homme, à moins qu'il n'ait perdu la raison, pour déclarer pareil compromis "inadmissible en principe", ou pour dénoncer celui qui l'a conclu comme complice des bandits (encore que les bandits, une fois maîtres de l'auto, aient pu s'en servir, ainsi que des armes, pour de nouveaux brigandages). Notre compromis avec les bandits de l'impérialisme allemand a été analogue à celui-là.
  • Lénine évoque le traité de paix de Brest-Litovsk signé avec l'Allemagne en 1918.
  • La maladie infantile du communisme (le gauchisme) (1920), Lénine, éd. de Pékin, coll. « Éditions en langues étrangères », 1976, chap. IV. Dans la lutte contre quels ennemis au sein du mouvement ouvrier le bolchevisme s'est-il développé, fortifié, aguerri ?, p. 21


Mais les révolutionnaires qui ne savent pas allier aux formes illégales de lutte toutes les formes légales sont de bien mauvais révolutionnaires. Il n'est pas difficile d'être un révolutionnaire quand la révolution a éclaté déjà et bat son plein ; quand tout un chacun s'y rallie par simple engouement, pour suivre la mode, parfois même pour faire carrière. Sa "libération" de ces piètres révolutionnaires, le prolétariat doit la payer plus tard, après sa victoire, par des efforts inouïs, par un martyre douloureux, pourrait-on dire. Il est beaucoup plus difficile - et beaucoup plus précieux - de se montrer révolutionnaire quand la situation ne permet pas encore la lutte directe, déclarée, véritablement massive, véritablement révolutionnaire, de savoir défendre les intérêts de la révolution (par la propagande, par l'agitation, par l'organisation) dans des institutions non révolutionnaires, voire nettement réactionnaires, dans une ambiance non révolutionnaire, parmi des masses incapables de comprendre tout de suite la nécessité d'une méthode d'action révolutionnaire. Savoir trouver, pressentir, déterminer exactement la voie concrète ou le tour spécial des événements, qui conduira les masses vers la grande lutte révolutionnaire véritable, décisive et finale : tel est le principal objet du communisme actuel en Europe occidentale et en Amérique.
  • La maladie infantile du communisme (le gauchisme) (1920), Lénine, éd. de Pékin, coll. « Éditions en langues étrangères », 1976, chap. X. Quelques conclusions, p. 97


Édition sociale, Tome 33, 1959 (textes de 1921)[modifier]

Nous comptions (…) pouvoir, par les ordres exprès de l'État prolétarien, organiser à la manière communiste, dans un pays de petits paysans, la production et la répartition des produits par l'État. La vie a montré notre erreur
  • Pour le quatrième anniversaire de la révolution (1921), Lénine, éd. Éditions Sociales, 1959, p. 51


Sur le front économique, avec la tentative de passage au communisme, nous avons subi au printemps de 1921 une défaite plus grave qu'aucune de celles que nous avaient infligées Koltchak, Dénikine ou Pilsudski, une défaite beaucoup plus grave, beaucoup plus dangereuse et lourde de conséquences. Elle s'est exprimée dans le fait que notre politique économique, à son sommet, s'est trouvée séparée de la base, et n'a pas engendré l'essor des forces productives que le programme de notre parti reconnaît comme la tâche fondamentale la plus urgente.
  • Rapport au IIième Congrès des Services d'Éducation (1921), Lénine, éd. Éditions Sociales, 1959, p. 57


Les entreprises qui ne nous sont pas absolument indispensables, nous les confierons à des affermataires, y compris nos capitalistes privés et les concessionnaires étrangers.
  • Nouveaux temps, anciennes erreurs, Œuvres, Éditions Sociales, Paris, 1959, Tome 33, p.19. (1921), Lénine, éd. Éditions Sociales, 1959, p. 19


Il faut toute une époque historique. En mettant les choses au mieux, nous pouvons la franchir en dix ou vingt ans.
  • De la coopération (1921), Lénine, éd. Éditions Sociales, 1959, p. 483


Mieux vaut moins, mais mieux, 1923[modifier]

Au demeurant, la situation internationale fait que la Russie est aujourd'hui rejetée en arrière ; que dans l'ensemble la productivité du travail national est maintenant sensiblement moins élevée chez nous qu'avant la guerre. Les puissances capitalistes de l'Europe occidentale, en partie sciemment, en partie spontanément, ont fait tout leur possible pour nous rejeter en arrière, pour profiter de la guerre civile en Russie en vue de ruiner au maximum notre pays. Précisément une telle issue à la guerre impérialiste leur apparaissait, bien entendu, comme offrant des avantages sensibles. Si nous ne renversons pas le régime révolutionnaire en Russie, nous entraverons du moins son évolution vers le socialisme, voilà à peu près comment ces puissances raisonnaient, et, de leur point de vue, elles ne pouvaient raisonner autrement. En fin de compte elles ont accompli leur tâche à moitié. Elles n'ont pas renversé le nouveau régime instauré par la Révolution, mais elles ne lui ont pas permis non plus de faire aussitôt un pas en avant tel qu'il eût justifié les prévisions des socialistes, qui leur eût permis de développer à une cadence extrêmement rapide les forces productives ; de développer toutes les possibilités dont l'ensemble eût formé le socialisme ; de montrer à tous et à chacun nettement, de toute évidence, que le socialisme implique des forces immenses et que l'humanité est passée maintenant à un stade de développement nouveau, qui comporte des perspectives extraordinairement brillantes.
  • article publié dans la Pravda du 4 mars 1923
  • « Mieux vaut moins, mais mieux », Lénine (1923), dans Le dernier combat de Lénine, Moshe Lewin, éd. Les Éditions de Minuit, coll. « Arguments », 1978  (ISBN 2-7073-0237-6), partie annexe IX, p. 164


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