Lénine

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Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924) fut un révolutionnaire communiste russe, principal dirigeant du parti bolchévique puis, à partir de la révolution d'octobre, de l'État soviétique.

Conclusion de l'article « La Commune de Paris et les tâches de la dictature démocratique», in Prolétari n°8 du 17 juillet 1905[modifier]

Cette information nous apprend, tout d'abord, que l'entrée dans le gouvernement révolutionnaire de représentants du prolétariat socialiste aux côtés de la petite bourgeoisie est, sur le plan des principes, parfaitement acceptable et, dans des conditions déterminées, tout simplement obligatoire. Cette information nous montre ensuite que la tâche réelle dont la Commune a dû s'acquitter était avant tout la réalisation de la dictature non pas socialiste, mais démocratique, l'application de notre « programme minimum ». Enfin, cette information nous rappelle que, tirant la leçon de la Commune de Paris, nous devons imiter non ses erreurs (les communards n'ont pas pris la Banque de France, ils n'ont pas lancé d'offensive contre Versailles, n'avaient pas de programme clair, etc.), mais ces actions pratiques couronnées de succès qui nous montrent la voie à suivre. Nous ne devons pas emprunter le mot « Commune » aux grands combattants de 1871, nous ne devons pas répéter aveuglément chacun de leurs mots d'ordre, mais promouvoir clairement des mots d'ordre de programme et d'action qui répondent à la situation actuelle de la Russie et que l'on peut résumer ainsi: dictature révolutionnaire démocratique du prolétariat et des paysans.

  • Sur La Commune de Paris, Marx, Engels, Lénine, éd. Les Editions du Progrès, Moscou, URSS, 1971, partie Lénine, chap. Conclusion de l'article « La Commune de Paris et les tâches de la dictature démocratique», p. 305


L'État et la Révolution, 1917[modifier]

Nous nous assignons comme but final la suppression de l'État, c'est-à-dire de toute violence organisée et systématique, de toute violence exercée sur les hommes, en général. Nous n'attendons pas l'avènement d'un ordre social où le principe de la soumission de la minorité à la majorité ne serait pas observé. Mais, aspirant au socialisme, nous sommes convaincus que dans son évolution il aboutira au communisme et que, par suite, disparaîtra toute nécessité de recourir en général à la violence contre les hommes, toute nécessité de la soumission d'un homme à un autre, d'une partie de la population à une autre ; car les hommes s'habitueront à observer les conditions élémentaires de la vie en société, sans violence et sans soumission.

  • L'État et la Révolution (1917), Lénine, éd. de Pékin, 1978, chap. Chapitre IV. Suite. Explications complémentaires d'Engels, p. 102


L'État pourra s'éteindre complètement quand la société aura réalisé le principe : "De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins", c'est-à-dire quand les hommes se seront si bien habitués à respecter les règles fondamentales de la vie en société et que leur travail sera devenu si productif qu'ils travailleront volontairement selon leurs capacités. "L'horizon borné du droit bourgeois", qui oblige à calculer avec l'âpreté d'un Shylock : "N'aurais-je pas travaillé une demi-heure de plus que le voisin ? N'aurais-je pas touché un salaire inférieur au sien ?" - cet horizon borné sera alors dépassé. La répartition des produits n'exigera plus alors le rationnement par la société des produits délivrés à chacun ; chacun puisera librement "selon ses besoins".

  • L'État et la Révolution (1917), Lénine, éd. de Pékin, 1978, chap. Chapitre V. Les bases économiques de l'extinction de l'État, p. 120


En attendant l'avènement de la phase "supérieure" du communisme, les socialistes réclament de la société et de l'État qu'ils exercent le contrôle le plus rigoureux sur la mesure de travail et la mesure de consommation ; mais ce contrôle doit commencer par l'expropriation des capitalistes, par le contrôle des ouvriers sur les capitalistes, et il doit être exercé non par l'État des fonctionnaires, mais par l'État des ouvriers armés.

  • L'État et la Révolution (1917), Lénine, éd. de Pékin, 1978, chap. Chapitre V. Les bases économiques de l'extinction de l'État, p. 121


La Maladie infantile du communisme (le « gauchisme »), 1920[modifier]

Imaginez-vous que votre automobile soit arrêtée par des bandits armés. Vous leur donnez votre argent, votre passeport, votre revolver, votre auto. Vous vous débarrassez ainsi de l'agréable voisinage des bandits. C'est là un compromis, à n'en pas douter. "Do ut des" (je te "donne" mon argent, mes armes, mon auto, "pour que tu me donnes" la possibilité de me retirer sain et sauf). Mais on trouverait difficilement un homme, à moins qu'il n'ait perdu la raison, pour déclarer pareil compromis "inadmissible en principe", ou pour dénoncer celui qui l'a conclu comme complice des bandits (encore que les bandits, une fois maîtres de l'auto, aient pu s'en servir, ainsi que des armes, pour de nouveaux brigandages). Notre compromis avec les bandits de l'impérialisme allemand a été analogue à celui-là.

  • Lénine évoque le traité de paix de Brest-Litovsk signé avec l'Allemagne en 1918.
  • La maladie infantile du communisme (le gauchisme) (1920), Lénine, éd. de Pékin, coll. Editions en langues étrangères, 1976, chap. IV. Dans la lutte contre quels ennemis au sein du mouvement ouvrier le bolchevisme s'est-il développé, fortifié, aguerri ?, p. 21


Mais les révolutionnaires qui ne savent pas allier aux formes illégales de lutte toutes les formes légales sont de bien mauvais révolutionnaires. Il n'est pas difficile d'être un révolutionnaire quand la révolution a éclaté déjà et bat son plein ; quand tout un chacun s'y rallie par simple engouement, pour suivre la mode, parfois même pour faire carrière. Sa "libération" de ces piètres révolutionnaires, le prolétariat doit la payer plus tard, après sa victoire, par des efforts inouïs, par un martyre douloureux, pourrait-on dire. Il est beaucoup plus difficile - et beaucoup plus précieux - de se montrer révolutionnaire quand la situation ne permet pas encore la lutte directe, déclarée, véritablement massive, véritablement révolutionnaire, de savoir défendre les intérêts de la révolution (par la propagande, par l'agitation, par l'organisation) dans des institutions non révolutionnaires, voire nettement réactionnaires, dans une ambiance non révolutionnaire, parmi des masses incapables de comprendre tout de suite la nécessité d'une méthode d'action révolutionnaire. Savoir trouver, pressentir, déterminer exactement la voie concrète ou le tour spécial des événements, qui conduira les masses vers la grande lutte révolutionnaire véritable, décisive et finale : tel est le principal objet du communisme actuel en Europe occidentale et en Amérique.

  • La maladie infantile du communisme (le gauchisme) (1920), Lénine, éd. de Pékin, coll. Editions en langues étrangères, 1976, chap. X. Quelques conclusions, p. 97


Edition sociale, Tome 33, 1959 (textes de 1921)[modifier]

Nous comptions (…) pouvoir, par les ordres exprès de l'Etat prolétarien, organiser à la manière communiste, dans un pays de petits paysans, la production et la répartition des produits par l'Etat. La vie a montré notre erreur

  • Pour le quatrième anniversaire de la révolution (1921), Lénine, éd. Editions Sociales, 1959, p. 51


Sur le front économique, avec la tentative de passage au communisme, nous avons subi au printemps de 1921 une défaite plus grave qu'aucune de celles que nous avaient infligées Koltchak, Dénikine ou Pilsudski, une défaite beaucoup plus grave, beaucoup plus dangereuse et lourde de conséquences. Elle s'est exprimée dans le fait que notre politique économique, à son sommet, s'est trouvée séparée de la base, et n'a pas engendré l'essor des forces productives que le programme de notre parti reconnaît comme la tâche fondamentale la plus urgente.

  • Rapport au IIième Congrès des Services d'Education (1921), Lénine, éd. Editions Sociales, 1959, p. 57


Les entreprises qui ne nous sont pas absolument indispensables, nous les confierons à des affermataires, y compris nos capitalistes privés et les concessionnaires étrangers.

  • Nouveaux temps, anciennes erreurs, Oeuvres, Editions Sociales, Paris, 1959, Tome 33, p.19. (1921), Lénine, éd. Editions Sociales, 1959, p. 19


Il faut toute une époque historique. En mettant les choses au mieux, nous pouvons la franchir en dix ou vingt ans.

  • De la coopération (1921), Lénine, éd. Editions Sociales, 1959, p. 483


Mieux vaut moins, mais mieux, 1923[modifier]

Au demeurant, la situation internationale fait que la Russie est aujourd'hui rejetée en arrière ; que dans l'ensemble la productivité du travail national est maintenant sensiblement moins élevée chez nous qu'avant la guerre. Les puissances capitalistes de l'Europe occidentale, en partie sciemment, en partie spontanément, ont fait tout leur possible pour nous rejeter en arrière, pour profiter de la guerre civile en Russie en vue de ruiner au maximum notre pays. Précisément une telle issue à la guerre impérialiste leur apparaissait, bien entendu, comme offrant des avantages sensibles. Si nous ne renversons pas le régime révolutionnaire en Russie, nous entraverons du moins son évolution vers le socialisme, voilà à peu près comment ces puissances raisonnaient, et, de leur point de vue, elles ne pouvaient raisonner autrement. En fin de compte elles ont accompli leur tâche à moitié. Elles n'ont pas renversé le nouveau régime instauré par la Révolution, mais elles ne lui ont pas permis non plus de faire aussitôt un pas en avant tel qu'il eût justifié les prévisions des socialistes, qui leur eût permis de développer à une cadence extrêmement rapide les forces productives ; de développer toutes les possibilités dont l'ensemble eût formé le socialisme ; de montrer à tous et à chacun nettement, de toute évidence, que le socialisme implique des forces immenses et que l'humanité est passée maintenant à un stade de développement nouveau, qui comporte des perspectives extraordinairement brillantes.

  • article publié dans la Pravda du 4 mars 1923
  • « Mieux vaut moins, mais mieux », Lénine (1923), dans Le dernier combat de Lénine, Moshe Lewin, éd. Les Editions de Minuit, coll. Arguments, 1978 (ISBN 2-7073-0237-6), partie annexe IX, p. 164


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