Jacques Abeille

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Jacques Abeille est un écrivain français né en 1942. Il est l'auteur d'une œuvre romanesque difficilement classable, qui a été couronnée par la mention spéciale du Prix Wepler en 2010.

Son œuvre la plus connue, la série romanesque du Cycle des contrées, se déroule dans des pays imaginaires.

Propos publics[modifier]

Les représentations imaginaires oscillent précisément entre ces deux pôles : des représentations « Sadiennes » avec accumulation de détails d'une violence à peine supportable alternant régulièrement avec des bouffées de la tendresse la plus ineffable qui révèle l'objet de mon amour dans toute sa pureté et dans toute sa souveraineté. Evidemment cette succession de représentations constitue un rythme qui va se précipitant jusqu'à une synthèse finale.
Ce rythme, tout comme la forme de cette synthèse même, échappent à mon contrôle. Il m'est possible de stimuler les représentations mais ni de les provoquer, ni de les éviter, ni même de les inhiber [...].
Seules les forces vives de l'imagination constituent la sauvegarde de mon amour.
Elles orchestrent à elles seules cette généreuse synthèse. Se succédant régulièrement — imbriquées l'une dans l'autre — mouvement de l'amour.

  • Réponse de Jacques Abeille à l'interrogation suivante : Comment se caractérisent vos représentations imaginaires dans l'acte d'amour ? Justifient-elles un jugement de valeur ? Sont-elles spontanées ou volontaires ? se succèdent-elles dans un ordre fixe ? Lequel ? — Il est clairement question d'une enquête initiée par la revue surréaliste La Brèche en décembre 1964.
  • « Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques », Jacques Abeille, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 84


Les représentations érotiques sont l'image de l'acte d'amour (en même temps elles en constituent le nerf), c'est-à-dire la transmutation de deux éléments en une unité par le rythme. Il va de soi que ce rythme demeure enfoui en moi pour affleurer à chaque occasion favorable, c'est-à-dire à l'occasion de toute représentation imaginaire. Il structure entièrement le spectacle intérieur. Je n'ai jusqu'à présent pas pu trouver d'autre fondement à ce rythme que celui du désir, de l'érotique, de l'amour. Au reste il m'a toujours semblé difficile de trouver une séquence du spectacle intérieur qui puisse prétendre échapper totalement à l'érotisme.
  • Réponse de Jacques Abeille à l'interrogation suivante : Le spectacle intérieur conserve-t-il dans la vie quotidienne la trace des représentations qui s'offrent à vous dans l'acte d'amour ? — Il est clairement question d'une enquête initiée par la revue surréaliste La Brèche en décembre 1964.
  • « Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques », Jacques Abeille, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 84


(...) il y a chez les écrivains dits professionnels une pression extrêmement douloureuse. Il faut bien que Volodine mange avec ce qu'il écrit. Je serais incapable, moi, de supporter cette contrainte. Je trouve que c'est extrêmement important, les moyens dont dispose un homme pour vivre, pour écrire.
  • « "Rien ne se fait que par rencontre", entretien avec Jacques Abeille », propos recueillis par J.-L. Bertini, C. Casaubon, G. Napoli, S. Omont, L. Roux, La Femelle du requin, nº 50, automne/hiver 2018-2019, p. 15


Un autre point important qui me distingue des écrivains est qu'ils prennent en compte le lecteur, chose que je ne fais jamais. Il y a deux façons de penser au lecteur. Des livres qui ont eu beaucoup de succès à l'époque où ils sont sortis sont insupportables quand vous les lisez maintenant, car vous pouvez relever tout ce qui a été mis au pont et astucieusement infiltré dans la narration pour que ça marche. Ceux qui restent indépendants des modes, qui sont détachés de la question du succès, ont plus de chance de faire un bouquin attachant. René ou Les Souffrances du jeune Werther ont été en leur temps des best-sellers, mais il y a eu là coïncidence exceptionnelle entre la sensibilité d'une époque et la tonalité d'un écrivain.
  • « "Rien ne se fait que par rencontre", entretien avec Jacques Abeille », propos recueillis par J.-L. Bertini, C. Casaubon, G. Napoli, S. Omont, L. Roux, La Femelle du requin, nº 50, automne/hiver 2018-2019, p. 15


Il me faut échapper à un abominable surmoi en écrivant.
  • Réponse à la question "L'écriture limite-t-elle l'expression de vos rêves ?"
  • « "Rien ne se fait que par rencontre", entretien avec Jacques Abeille », propos recueillis par J.-L. Bertini, C. Casaubon, G. Napoli, S. Omont, L. Roux, La Femelle du requin, nº 50, automne/hiver 2018-2019, p. 16


Or, ce qui m'est apparu très vite, c'est que raconter un rêve ne peut pas restituer la sensation de présence intense qui est vécue par le rêveur. Il fallait trouver une autre voie et je l'ai trouvée le jour où le rêve s'est mis à coïncider avec l'écriture, c'est-à-dire quand je me suis mis à ne plus écrire d'après un rêve mais sous la dictée du rêve. Il m'a fallu une bonne dizaine d'années pour parvenir à ce résultat.
  • Réponse à la question "L'écriture limite-t-elle l'expression de vos rêves ?"
  • « "Rien ne se fait que par rencontre", entretien avec Jacques Abeille », propos recueillis par J.-L. Bertini, C. Casaubon, G. Napoli, S. Omont, L. Roux, La Femelle du requin, nº 50, automne/hiver 2018-2019, p. 16


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