Progrès

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American Progress de John Gast

Charles Baudelaire[modifier]

La croyance au progrès est un doctrine de paresseux, une doctrine de Belges. C'est l'individu qui compte sur ses voisins pour faire sa besogne.


Emmanuel Berl[modifier]

Mais, à mesure que le progrès se développe, il se démasque. Il vise beaucoup moins le bonheur que la puissance.


Gilbert Keith Chesterton[modifier]

Le progrès devrait vouloir dire que nous transformons sans cesse le monde pour l'adapter à notre vision. Il signifie en réalité (à l'heure actuelle) que nous changeons sans cesse la vision. Il devrait vouloir dire que nous apportons lentement mais sûrement la justice et la charité aux hommes ; il signifie en réalité que nous avons tôt fait de douter des avantages de la justice et de la charité. [...]
Nous ne modifions pas le réel pour l'adapter à l'idéal. Nous modifions l'idéal : c'est plus facile.


Joseph Conrad[modifier]

Apparemment, il y a un stade de développement où le progrès cesse d'être un progrès, non seulement dans les affaires, le sport, ou le merveilleux artisanat des hommes, mais aussi dans leurs demandes et leurs désirs, et dans leurs aspirations morales et spirituelles. Il y a un stade où le progrès, pour constituer une avancée, doit légèrement infléchir sa trajectoire. Mais cela est une vaste question.
  • Le naufrage du titanic, et autres écrits sur la mer, Joseph Conrad]], éd. Arléa, 2009, p. 23


Charles Fourier[modifier]

En thèse générale, les progrès sociaux s'opèrent en raison du progrès des femmes vers la liberté ; et les décadences d'ordre social s'opèrent en raison du décroissement de la liberté des femmes. L'extension des privilèges des femmes est le principe général de tout progrès social.
  • Citation de Charles Fourier in Pauline Roland, Benoîte Groult, éd. Le Livre de Poche, 1991, p. 88


Charles de Gaulle[modifier]

Ayez l'ambition que le progrès soit le bien commun, que chacun en ait sa part, qu'il permette d'accroître le beau, le juste et le bon, partout et notamment dans les pays qui, comme les nôtres, font la civilisation. [...]
Mais la vie du monde est dangereuse. Elle l'est d'autant plus que, comme toujours, l'enjeu est moral et social.

  • discours prononcé devant la jeunesse allemande, à Ludwigsburg, le 9 septembre 1962


Mohandas Karamchand Gandhi[modifier]

Je tiens au progrès, je tiens à la détermination personnelle, à la liberté, mais je les veux pour l'âme. Je doute que l'âge de l'acier soit supérieur à l'âge de pierre. Peu m'importe. C'est à l'évolution de l'âme qu'il faut consacrer toute notre intelligence et toutes nos autres facultés.
  • Gandhi (trad. Hélène Hart), 13 octobre 1921, dans La jeune Inde, paru 1924, Stock, pp. 304-305.


Jean Giono[modifier]

Depuis la mode des voyages dans les lunes, tout le monde sait ce qu'est un compte à rebours. C'est le 5, 4, 3, 2, 1, 0, qui précède le départ des fusées. Je ne sais quoi (sûrement un mauvais ange) me souffle que ce compte qui tend vers zéro pourrait bien être la définition même du progrès. Je me garderai comme de la peste de dire du mal de cette divinité qui, dans les âmes simples, a remplacé Monseigneur Dupanloup et nous couvre de frigidaires, de transistors, de machines à laver et autres automobiles. Je ne me donnerai pas non plus le ridicule de prétendre à une âme compliquée. Je veux simplement faire état d'une constatation personnelle, très terre à terre, et à qui je dénie par avance toute valeur d'enseignement.


Jules Guesdes[modifier]

La concurrence vitale en tant que concurrence intestine, entre hommes, n'est pas fatale (...) elle n'est pas productrice de progrès, et (...) le progrès dans la société humaine est en raison inverse de la concurrence vitale humaine.
  • En Garde ! (article de La Révolution Française de mai 1879), Jules Guesdes, éd. Jules Rouff et Cie, 1911, partie Polémiques, chap. Ernest Haeckel, p. 373 (texte intégral sur Wikisource)


François Mitterrand[modifier]

De même sa notion du progrès, qui repousse les prophéties de Hegel et de Marx tout comme le pessimisme de Spengler. Personne n'a mieux que lui conçu l'avènement de l'univers technique, ses bienfaits et ses catastrophes. Quand bien même il tient la marche triomphale de la science et du nombre pour inéluctable, il n'en lutte pas moins contre la démesure de leur progression.

  • Hommage à Ernst Jünger (29 mars 1995)
  • Ernst Jünger, Dossier conçu et dirigé par Philippe Barthelet, éd. L'âge d'Homme, coll. « Les dossiers H », 2000  (ISBN 2-8251-1425-1), p. 235


Jean d'Ormesson[modifier]

Je crois que le monde change, je crois qu'il ne cesse de changer et de rester le même, je crois que les hommes progressent et qu'ils montent vers quelque chose d'inconnu qui ressemble à l'espérance et d'où le mal ne sera pas extirpé. Il est aussi ridicule de nier le progrès que de le parer de toutes les vertus.


George Orwell[modifier]

Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance. L'ancienne civilisation prétendait être fondée sur l'amour et la justice. La notre est fondée sur la haine. Dans notre monde, il n'y aura pas d'autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l'humiliation. Nous détruirons tout le reste, tout.


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