Charles de Gaulle

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Charles de Gaulle, durant la Seconde Guerre mondiale.

Charles de Gaulle (22 novembre 18909 novembre 1970) était un officier général et homme d'État français, qui fut, depuis son exil à Londres, le chef de la Résistance à l'occupation allemande de la France pendant la Seconde Guerre mondiale (France libre), puis devint président de la République de 1958 à 1968.

Ouvrages[modifier]

Le Fil de l'épée[modifier]

Apprécier les circonstances dans chaque cas particulier, tel est donc le rôle essentiel du chef. Du fait qu'il les connaît, qu'il les mesure, qu'il les exploite, il est vainqueur ; du fait qu'il les ignore, qu'il les juge mal, qu'il les néglige, il est vaincu.

  • Le Fil de l'épée, Charles de Gaulle, éd. Union générale d'édition, coll. 10 18, 1962, partie De la Doctrine, chap. 1, p. 111


Mémoires de guerre : L'appel : 1940-1942[modifier]

Prendre l'action à son compte, n'y vouloir de marque que la sienne, affronter seul le destin, passion âpre et exclusive qui caractérise le chef […].


Tant il est vrai que, face aux grands périls, le salut n'est que dans la grandeur.


Dans le mouvement incessant du monde, toutes les doctrines, toutes les écoles, toutes les révoltes, n'ont qu'un temps. Le communisme passera. Mais la France ne passera pas.


[…] trahi, fait prisonnier, affreusement torturé par un ennemi sans honneur, Jean Moulin mourrait pour la France, comme tant de bons soldats qui, sous le soleil ou dans l'ombre, sacrifièrent un long soir vide pour mieux « remplir leur matin ».


Dans sa justice, le Dieu des batailles allait offrir aux soldats de la France Libre un grand combat et une grande gloire.


Dans les entreprises où l'on risque tout, un moment arrive, d'ordinaire, où celui qui mène la partie sent que le destin se fixe. Par un étrange concours, les mille épreuves où il se débat semblent s'épanouir soudain en un épisode décisif.


Oh ! Cœur battant d'émotion, sanglots d'orgueil, larmes de joie !


Quand, à Bir-Hakeim, un rayon de sa gloire renaissante est venu caresser le front sanglant de ses soldats, le monde a reconnu la France…


Trêve de doutes ! Penché sur le gouffre où la patrie a roulé, je suis son fils, qui l'appelle, lui tient la lumière, lui montre la voie du salut. Beaucoup, déjà, m'ont rejoint. D'autres viendront, j'en suis sûr ! Maintenant, j'entends la France me répondre. Au fond de l’abîme, elle se relève, elle marche, elle gravit la pente. Ah ! mère, tels que nous sommes, nous voici pour vous servir.


Discours et conférences de presse[modifier]

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.


Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure.


Ce qui arrivera quand de Gaulle aura disparu ? Eh bien, je vous dis ceci, qui peut-être vous expliquera dans quelle direction à cet égard nous allons marcher : ce qui est à redouter à mon sens, après l’évènement dont je parle, ce n’est pas le vide politique, c’est plutôt le trop-plein.

  • L’Après de Gaulle, Jean Mauriac, éd. Fayard, 2006, p. 7


Je ne vais pas mal, mais rassurez-vous un jour je ne manquerai pas de mourir.

  • Charles de Gaulle, Conférence de presse à L'Élysée, ORTF (visible sur l'INA), 4 février 1965


Est-ce que j'ai jamais attenté aux libertés publiques fondamentales ? Je les ai rétablies. Et y ai-je une seconde attenté jamais ? Pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ?

  • Charles de Gaulle, Conférence de presse au palais d'Orsay, ORTF (visible sur l'INA), 19 mai 1958


Dante, Goethe, Chateaubriand, appartiennent à toute l'Europe dans la mesure où ils étaient respectivement et éminemment Italien, Allemand et Français. Ils n'auraient pas beaucoup servi l'Europe s'ils avaient été des apatrides et s'ils avaient pensé, écrit en quelque espéranto ou volapük intégrés...

  • Charles de Gaulle, Conférence de presse à L'Élysée, ORTF (visible sur l'INA), 15 mai 1962


Il n'y a pas de raison pour la France, et je suggérais même pour le Royaume-Uni, de ruiner ses relations avec les Arabes, sous prétexte que l'opinion publique éprouve des sympathies superficielles pour Israël, parce que c'est un petit pays avec une histoire malheureuse.

  • Charles de Gaulle, 1967, dans The Chariot of Israël, paru chez Weidenfeld and Nicolson, 1981, p. 43, Harold Wilson.


L’établissement d’un État d’Israël, soulevait, à l’époque, un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l'implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu de peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n'allait pas entraîner d'innombrables, d'interminables conflits. Certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est à dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles : l'an prochain à Jérusalem.

  • Conférence de presse du 27 novembre 1967
  • Charles de Gaulle, 27 novembre 1967, dans 1967, la guerre des six jours: la victoire empoisonnée, paru chez Editions Complexe, 2001, p. 82, Pierre Hazan.


Trois millions et demi d'hommes et de femmes d'Algérie, sans distinction de communauté et dans l'égalité totale, sont venus des villages de toutes les régions et des quartiers de toutes les villes apporter à la France et à moi-même le bulletin de leur confiance. Ils l'ont fait tout simplement sans que nul ne les y contraignent et en dépit des menaces que des fanatiques font peser sur eux, sur leurs familles et sur leurs biens. Il y a là un fait aussi clair que l'éclatante lumière du ciel. Et ce fait est capital... pour cette raison qu'il engage l'une envers l'autre et pour toujours l'Algérie et la France.

  • Discours et messages: Avec le renouveau, mai 1958 – juillet 1962, Charles de Gaulle, éd. Édito-Service, 1970, vol. 5, p. 48


Certes au temps où la colonisation était la seule voie qui permît de pénétrer des peuples repliés dans leur sommeil, nous fûmes des colonisateurs, et parfois impérieux et rudes. Mais au total, ce que nous avons, en tant que tels, accompli laisse un solde largement positif aux nations où nous l'avons fait.

  • De Gaulle vous parle (1967), Charles de Gaulle, éd. Éditions du jour, 1967, p. 54


Lettres, notes et carnets[modifier]

Notre système militaire a été bâti exclusivement en vue de la défensive. Si l’ennemi attaque demain, je suis convaincu que nous lui tiendrons tête. Mais, s’il n’attaque pas, c’est l’impuissance quasi totale. Or, à mon avis, l’ennemi n’attaquera pas, de longtemps. Son intérêt est de nous laisser cuire dans notre jus… Puis, quand il nous jugera lassés, désorientés, mécontents de notre propre inertie, il prendra en dernier lieu l’offensive contre nous, avec, dans l’ordre moral et dans l’ordre matériel, de tout autres cartes que celles dont il dispose aujourd’hui.

  • Lettres, notes et carnets, Charles de Gaulle, éd. Plon, 1980, t. 2, p. 486


À aucun prix, le peuple français ne doit sombrer dans l’illusion que l’immobilité militaire actuelle serait conforme au caractère de la guerre en cours. C’est le contraire qui est vrai. Le moteur confère aux moyens de destructions modernes une puissance, un rayon d’action tel que le conflit sera, tôt ou tard, marqué par des mouvements, des surprises, des irruptions, des poursuites dont l’ampleur et la rapidité dépasseront infiniment celles des plus fulgurants événements du passé… Le conflit qui a commencé pourrait bien être le plus étendu, le plus complexe, le plus violent de tous ceux qui ravagèrent la terre. La crise politique, économique, sociale, morale, dont il est issu, revêt une telle profondeur et présente un tel caractère d’ubiquité qu’elle aboutira fatalement à un bouleversement complet de la situation des peuples et de la structure des États. Or, l’obscure harmonie des choses procure à cette évolution un instrument militaire — l’armée des machines — exactement proportionné à ses colossales dimensions. Il est grand temps que la France en tire les conclusions.

  • L’Avènement des forces mécaniques, mémorandum remis au début de 1940.
  • Charles de Gaulle, Éric Roussel, éd. Gallimard, coll. NRF biographies, 2002, chap. III, p. 77-78


Il faut arrêter immédiatement le flot d’Israélites qui arrive par Lisbonne pour s’engager ici. Téléphoner à Lisbonne que nous examinerons chaque cas, et, en attendant, les refuser ici, sauf mon autorisation personnelle.

  • Note de 1942 au colonel Billotte.
  • Pierre Mendès France, Éric Roussel, éd. Gallimard, coll. NRF biographies, 2007, chap. VIII, p. 141


Entretiens[modifier]

Eh bien, voyez ! C’est bien ce que je disais : le Parlement démontre qu’il n’est rien. Il fracasse, il pérore, il fait un peu de bruit et de scandale, mais tout cela n’émeut absolument pas l’opinion publique. […] Le Parlement, en réalité, s’est tué lui-même. Il est mort, il n’existe plus. À l’époque où nous sommes, nous ne pouvons plus continuer à croire à ces jeux stériles. D’ailleurs, personne ne s’y trompe, sauf ceux qui font profession d’y croire. Alors, bien sûr, ceux-là s’agitent, écrivent des éditoriaux dans les journaux, font des déclarations à la radio, mais tout cela, c’est de l’agitation qui ne touche pas le pays et il faut bien que vous en soyez convaincu.

  • Journal de l’Élysée, Jacques Foccart, éd. Fayard, 1998, t. I, p. 611-612


Le fait est qu’un jour le Canada français deviendra une grande puissance et que nous y aurons aidé et que la France en tirera un bénéfice. Bien sûr, pas moi. Ce n’est pas pour tout de suite, bien que, du fait de notre attitude, nous ayons considérablement accéléré le processus. C’est une affaire dont l’avenir s’inscrit d’avance, et de manière certaine depuis notre action, et le développement, croyez-moi, sera beaucoup plus rapide qu’on ne le croit. […] Il fallait le faire, c’était évident. Je savais à quoi m’en tenir à partir du moment où j’y allais. Alors on m’a dit : Ottawa… Ottawa, je m’en fous ! C’est au Canada français que je rendais visite, c’était l’essentiel. […] J’aime mieux crever que d’aller au Canada porter un toast à la reine d’Angleterre ! Croyez-moi, j’étais bien soulagé quand ils m’ont offert l’occasion de m’en aller : j’ai sauté dessus avec bonheur. Tout cela va faire des remous, c’est sans importance. Tout cela va donner des motifs d’articles à toute cette presse infâme et avachie, aux pieds et à la botte des Américains, des Israéliens et de tous les autres, mais qui ne soutient pas la France parce qu’ils ont honte de parler de la France ou de défendre la France : tout cela est sans importance.

  • Entretien avec Jacques Foccart, 27 juillet 1967
  • Journal de l’Élysée, Jacques Foccart, éd. Fayard, 1998, t. I, p. 685


Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Élysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. […] Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Élysée. Et puis je vous assure que c’est sans intérêt.

  • Journal de l’Élysée, Jacques Foccart, éd. Fayard, 1999, t. II, p. 427


Alors il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri, en disant : l'Europe ! l'Europe ! l'Europe !... mais ça n'aboutit à rien et ça ne signifie rien. Je répète : il faut prendre les choses comme elles sont.

  • Le général de Gaulle, interviewé par Michel Droit, répondait à celui-ci, qui relayait les arguments de certaines personnalités politiques, pour s'inscrire en faux contre l'idée que la construction européenne pourrait constituer une solution aux problèmes économiques et structurels de la France. Un extrait de l'archive vidéo est consultable sur le site de l'INA.

Citations rapportées[modifier]

Notre sympathie pour les Juifs est indiscutable, mais faudrait-il encore que certains ne se sentent pas plus israéliens que français. Leur prise de position en faveur de l’État d'Israël est inadmissible.

  • Entretien avec le rabbin Jacob Kaplan, janvier 1968
  • Charles de Gaulle, janvier 1968, dans De Gaulle, mon père, paru chez Plon, 2004, t. 2, p. 464, Philippe de Gaulle.


Mon seul rival international, c’est Tintin !

  • Les Chênes qu’on abat, Malraux, éd. Gallimard, 1971 (ISBN 2‐07‐027811‐5), p. 120

C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu'on ne se raconte pas d'histoires ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leur djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l'intégration, si tous les Arabes et Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées !

  • Conversation entre De Gaulle et Alain Peyrefitte le 5 mars 1959 suite aux événements d'Algérie
  • C’était de Gaulle, tome 1, Alain Peyrefitte, éd. éditions de Fallois/Fayard, 1994 (ISBN 978‐2‐213‐02832‐3), p. 52


D'ailleurs, j'ai bluffé, mais la 1re armée, c'étaient des nègres et des Africains [soldats de l'Armée d'Afrique]. La division Leclerc a eu deux mille cinq cents engagés volontaires à Paris. En réalité, j'ai sauvé la face, mais la France ne suivait pas... Je ne serai pas au pouvoir... Qu'ils crèvent ! C'est le fond de mon âme que je vous livre : tout est perdu. La France est finie, j'aurai écrit la dernière page.

  • Conversation entre De Gaulle et Pompidou le 11 juillet 1950 sur la 1re armée française de 1944–45
  • Pour rétablir une vérité, Georges Pompidou, éd. Flammarion, 1982 (ISBN 978‐2‐08‐064470‐1), p. 127–128


Les états n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts.

  • « Écoutes : l'impérialisme 2.0 », Éric Walther, La Tribune (France), nº 55, 5 juillet 2013, p. 8


Avant, les français me regardaient comme si j'étais la France ; maintenant, ils savent que je suis incontinent.

  • Propos rapporté suite à son opération de la prostate (Le Figaro 5/12/2013).
  • « Sa prostate, on s'en tape ! », Charles de Gaulle, Le canard enchaîné, 11 décembre 2013, p. 1


Citations sur De Gaulle[modifier]

« La politique algérienne du général de Gaulle est un crime contre l'humanité, elle n'est qu'ignominie et déshonneur. » Ces paroles, nous les faisons nôtres; et nous ajoutons qu'il n'y a pas, dans l'histoire de notre pays, de précédent à un abandon aussi infamant du patrimoine national. [...] Le désastre algérien, avec tous ses morts et toutes ses ruines, pouvait être évité et il a tenu essentiellement à l'acharnement de la volonté d'un très vieil homme. Ce désastre, si on le mesure en vies humaines perdues et en biens matériels aliénés, est pire que ceux que la France a connus en 1870 et en 1940, qui ont été causés par une défaite des armes françaises. Mais surtout, ce désastre nous fait perdre l'honneur; en couvrant d'infamie le drapeau français qui a été amené, dans l'abandon de ceux qui avaient cru en la France

  • Déclaration du colonel Bastien-Thiry lors de son procès le 2 février 1963
  • Jean Bastien-Thiry; sa vie, ses écrits, témoignages, Jean-Marie Bastien-Thiry, éd. Éditions d'histoire et d'art, 1982, p. 128


Je veux bien que cette dictature s’instaure en dépit de De Gaulle. Je veux bien, par complaisance, appeler ce dictateur d’un nom plus aimable : consul, podestat, roi sans couronne, sans chrême et sans ancêtres. Alors, elle m’apparaît plus redoutable encore. Peut-être, en effet, de Gaulle se croit-il assez fort pour échapper au processus qu’il a de son propre mouvement engagé. Peut-être pense-t-il qu’il n’aura pas de dictature sans dictateur, puisqu’il se refuse à remplir cet office. Cette conception romantique d’une société politique à la merci de l’humeur d’un seul homme n’étonnera que ceux qui oublient que de Gaulle appartient plus au XIXe siècle qu’au XXe, qu’il s’inspire davantage des prestiges du passé que des promesses de l’avenir. Ses hymnes à la jeunesse, ses élégies planificatrices, ont le relent ranci des compliments de circonstance. Sa diplomatie se délecte à recomposer l’Europe de Westphalie. Ses audaces sociales ne vont pas au-delà de l’Essai sur l’extinction du paupérisme. Au rebours de ses homélies « sur le progrès », les hiérarchies traditionnelles, à commencer par celle de l’argent, jouissent sous son règne d’aises que la marche accélérée du siècle leur interdisait normalement d’escompter.

  • Le Coup d'État permanent, François Mitterrand, éd. 10/18, 1965, p. 74-75


J’ai en effet constaté jadis — en lisant ses Discours et Messages — que de Gaulle, s’étant rangé par patriotisme dans le camp des démocraties, utilise d’une part le langage de la liberté, dicté par le combat où il se trouve engagé, tout en continuant d’autre part à utiliser le langage « Charles X », qui correspond à toute sa formation, et à ses convictions politiques et religieuses. La guerre passée, ce dernier langage devient dominant.

  • Le Style du Général, Jean-François Revel, éd. Complexe, 2008 (1re édition, 1959), p. 186


Mon père avait au contraire un grand respect pour les Arabes. Il avait aussi beaucoup d'estime pour leur courage au cours de l'histoire. Avec quelle flamme il m'apprenait, enfant, comment ils avaient été des conquérants inégalés, comment ils avaient soumis le Maghreb, la péninsule Ibérique et même une partie de la Gaule méridionale. Je l'entends encore me conter l'histoire de Schéhérazade, d'Aladdin et la lampe merveilleuse, me décrire avec force détails l'épopée de l'empire fameux des Omeyades, du khalife de Bagdad entouré de ses esclaves turcs et berbères...

  • A propos des auteurs disant que De Gaulle n'aimait pas les Arabes.
  • De Gaulle, mon père, Philippe de Gaulle, éd. Plon, 2004, t. 2, p. 465-466


Ce qu’il y a de très beau dans la rencontre de de Gaulle et Adenauer à Colombey-les-Deux-Églises, en 1958, c’est qu’ils voient tous deux que l’Europe doit être pardonnée, en quelque sorte, là où elle a péché. Ils se retrouvent après l’explosion inouïe de la Seconde Guerre Mondiale, sur les ruines de deux pays qui s’étaient trop imités, et dont l’imitation exacerbée avait provoqué le pire. Ce moment est exceptionnel.

  • Achever Clausewitz, René Girard, éd. Carnets Nord, 2007 (ISBN 978-2‐35536-002-2), p. 293


Il faut se résoudre à conclure que l'entente est impossible avec De Gaulle, qu'il est un ennemi du peuple français et de ses libertés, qu'il est un ennemi de la construction européenne (et) qu'en conséquence, il doit être détruit dans l'intérêt des Français.

  • Note déclassifiée, adressée au secrétaire d'Etat américain Harry Hopkins, (cité par Éric Branca, "De Gaulle - Monnet ou le duel du siècle", Revue Espoir, n°117, novembre 1998, p 9).
  • « Paroles d'Européens : ils ont osé le dire », Jean Monnet, observatoiredeleurope.com, 6 mai 1943 (lire en ligne)


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