Poésie

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Nicolas Poussin : L'inspiration du poète
Nicolas Poussin : L'inspiration du poète

La poésie (la graphie ancienne était poësie) est un genre littéraire très ancien aux formes variées qui se constitue aussi bien en vers qu’en prose et dans lequel l’importance dominante est accordée à la « forme », c’est-à-dire au signifiant. La poésie est un art du langage qui fait une utilisation maximale des ressources de la langue : le travail sur la forme démultiplie la puissance de la signification.


Paul Valéry[modifier]

Ainsi la poésie est avant tout un jeu fonctionnel des appareils phoniques et verbaux et aussi une sorte de jeu fonctionnel de la faculté représentative ou descriptive — possible à cause de la liberté des images par les signes.

  • Œuvres II (1905), Paul Valéry, éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1960, p. 1061


Le poème — cette hésitation prolongée entre le son et le sens.

  • Œuvres II (1941), Paul Valéry, éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1960, chap. Rhumbs, p. 636


Si un vers produit un sens exact — c'est-à-dire qui puisse être traduit soit par une autre expression, soit par une représentation unique — ce vers est aboli par ce sens.

  • Cahiers XVIII, Paul Valéry, éd. Imprimerie nationale, 1957, p. 782


Le poète se consacre et se consume à définir et à construire un langage dans le langage.

  • Œuvres I (1924), Paul Valéry, éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1957, chap. Situation de Baudelaire, p. 611


Charles Dantzig[modifier]

La poésie, même non traduite, circule mieux que les romans et les essais. Des clochards royaux colloquent par le monde.

  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 623


Ce n'est pas la station debout permanente qui a séparé l'homme du singe, c'est la poésie. Un jour, un velu à front bas, cessant de se gratter les aisselles, a grimpé sur un rocher et, indifférent aux barrissements des diplodocus, en bas, a chanté : « Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui ».

  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 666-667


Les hommes vivent de poésie, mais ils ne le savent pas. Ils en inventent des formes rudimentaires, comme les slogans publicitaires, pleins de références et de rimes, les produits cosmétiques, tout en noms fantaisistes, les sports collectifs, avec leurs règles aussi aberrantes et amusantes à suivre que la prosodie.

  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 668


François Le Lionnais[modifier]

L'ordre dans lequel les vers sont enchaînés engendre une configuration qui contribue puissamment à l'effet poétique. On pourrait même démontrer cette proposition en fournissant des contre-exemples en quelque sorte complémentaires : d'une part, des poèmes assez médiocres dont, cependant bien des vers – considérés chacun séparément – seraient excellents ; et, d'autre part, des vers sans éclat dont l'association formerait des poèmes d'une assez belle qualité. (J'incline à croire que cette remarque pourrait éclairer la querelle du classicisme et du romantisme).

  • « À propos de la littérature expérimentale », François Le Lionnais, dans Anthologie de l'OuLiPo, Marcel Bénabou et Paul Fournel (dir.), éd. Gallimard, coll. « Poésie », 2009, p. 884


Joachim du Bellay[modifier]

Si les vers ont été l’abus de ma jeunesse,
Les vers seront aussi l’appui de ma vieillesse,
S’ils furent ma folie, ils seront ma raison, […].

  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres œuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, XIII, p. 36, vers 9 à 11 (texte intégral sur Wikisource)


Nicolas Boileau[modifier]

J'ai beau vous arrêter, ma remontrance est vaine ;
Allez, partez, mes vers, derniers fruits de ma veine ;
C'est trop languir chez moi dans un obscur séjour

[...] Vous croyez, sur les pas de vos glorieux aînés,
Voir bientôt vos bons mots, passant du peuple aux princes,
Charmer également la ville et les provinces,
Et par le prompt effet d'un sel réjouissant,
Devenir quelquefois proverbes en naissant.

  • « Epitre, à mes vers », dans Œuvres Complètes, Nicolas Boileau, éd. Firmint-Didot, 1865, p. 234


Gilbert Keith Chesterton[modifier]

La poésie est saine parce qu'elle flotte avec aisance sur une mer infinie ; la raison s’évertue à traverser cette mère infinie, et dès lors à la délimiter. Il en résulte un épuisement mental, pareil à l'épuisement mental de M.Hollbein. Tout accepter est un exercice ; tout comprendre est une rude épreuve. Le poète n'aspire qu'à l'exaltation et à l'expansion, à un monde où il puisse s'étendre. Le poète ne demande qu'à lever sa tête jusqu'au cieux. C'est le logicien qui cherche à faire entrer le ciel dans sa tête. Et c'est sa tête qui se fend.


Victor Hugo[modifier]

C'est horrible ! oui, brigand, jacobin, malandrin,
J'ai disloqué ce grand niais d'alexandrin.

  • « Quelques mots à un autre », dans Les Contemplations, Victor Hugo, éd. Hachette, 1858, t. 1, p. 108


Laurent Grison[modifier]

Gouffre
La poésie est un refuge,
heureux mais glissant rempart
contre le gouffre
au fond duquel
la langue s’enténèbre.


Robert Desnos[modifier]

Là-bas, d'autres gouttes d'eau connaissent la compagnie des poissons (qui dira l'extraordinaire importance des poissons en poésie ? ils évoquent le feu et l'eau et ce sont eux que regrettent les gouttes dans les conduites de plomb de la cité).)



René Char[modifier]

Partage formel

Il convient que la poésie soit inséparable du prévisible, mais non encore formulé.

  • Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1962  (ISBN 2-07-030065-X), partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), Partage formel, p. 68


Terre mouvante, horrible, exquise et condition humaine hétérogène se saisissent et se qualifient mutuellement. La poésie se tire de la somme exaltée de leur moire.

  • Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1962  (ISBN 2-07-030065-X), partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), Partage formel, p. 73


Jean-Jacques Rousseau[modifier]

[...] et si l'on peut faire opiner l'habit d'un homme dans une lettre, pourquoi ne ferait-on pas suer le feu dans un sonnet ?

  • Julie ou La nouvelle Héloïse (1761), Jean-Jacques Rousseau, éd. Garnier-Flammarion, coll. « GF Flammarion », 1967  (ISBN 2-08-070148-7), partie II, Lettre XV de Julie, p. 168


Jean Malrieu[modifier]

L'acte poétique ressemble à l'acte charnel. Mais le langage est pauvre pour garder trace de l'extase. Le poème — parfois — garde quelques traces de ce feu. Il m'est arrivé d'écrire quelques poèmes avec le pénis.

  • Réponse de Jean Malrieu à l'interrogation suivante : [Les représentations érotiques] ont-elles à vos yeux une relation avec la création poétique ? — Il est clairement question d'une enquête initiée par la revue surréaliste La Brèche en décembre 1964.
  • « Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques », Jean Malrieu, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 92


Léo Ferré[modifier]

Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, mais la poésie qui illustre le mot.

[...] Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie.
Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.

  • Préface, Léo Ferré, Léo Ferré, album Il n'y a plus rien (1973 chez Barclay).


Léo Ferré[modifier]

Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.
Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, c'est la poésie qui illustre le mot.

  • Préface, Léo Ferré, Léo Ferré, album Il n'y a plus rien (1973 chez Barclay).


Gaston Bachelard[modifier]

Le poème est essentiellement une aspiration à des images nouvelles. Il correspond au besoin essentiel de nouveauté qui caractérise le psychisme humain.

  • L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement, Gaston Bachelard, éd. Le Livre de Poche, coll. « Biblio Essais », 1992  (ISBN 978-2-253-06100-7), partie I, chap. Introduction: « Imagination et mobilité », p. 6


Les images poétiques sont [...] toutes, pour Shelley, des opérateurs d'élévation. Autrement dit, les images poétiques sont des opérations de l'esprit humain dans la mesure où elles nous allègent, où elles nous soulèvent, où elles nous élèvent. Elles n'ont qu'un axe de référence : l'axe vertical. Elles sont essentiellement aériennes. Si une seule image du poème manque à remplir cette fonction d'allègement, le poème s'écrase, l'homme est rendu à son esclavage, la chaîne le blesse.

  • L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement, Gaston Bachelard, éd. Le Livre de Poche, coll. « Biblio Essais », 1992  (ISBN 978-2-253-06100-7), partie VI, chap. I. « Le Rêve de vol », p. 55


La poétique de Shelley est une poétique de l'immensité bercée. Le monde est pour Shelley un immense berceau — un berceau cosmique — d'où, sans cesse, s'envolent des rêves.

  • L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement, Gaston Bachelard, éd. Le Livre de Poche, coll. « Biblio Essais », 1992  (ISBN 978-2-253-06100-7), partie VI, chap. I. « Le Rêve de vol », p. 59


La poésie totale, la poésie parfaite, dit Hugo von Hofmannsthal, « c'est le corps d'un elfe, transparent comme l'air, le messager vigilant qui porte à travers les airs une parole magique : en passant il s'empare du mystère de nuages, des étoiles, des cimes, des vents ; il transmet la formule magique fidèlement, mêlée cependant aux voix mystérieuses des nuages, des étoiles, des cimes et des vents ». Le messager ne fait plus qu'un avec le message. Le monde intime du poète rivalise avec l'univers.

  • L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement, Gaston Bachelard, éd. Le Livre de Poche, coll. « Biblio Essais », 1992  (ISBN 978-2-253-06100-7), partie II, chap. IX. « La Nébuleuse », p. 260


Charles de Saint-Évremond[modifier]

La poésie demande un génie particulier qui ne s'accommode pas trop avec le bon sens. Tantôt c'est le langage des dieux ; tantôt c'est le langage des fous, rarement celui d'un honnête homme.

  • « A M. le Maréchal de Créqui » (1671), dans Œuvres mêlées, Charles de Saint-Évremond, éd. Les Grands Classiques Illustrés, ~1935?, p. 279


Ce n'est pas qu'il n'y ait quelque chose de galant à faire agréablement des vers, mais il faut que nous soyons maîtres de notre génie : autrement l'esprit est possédé de je ne sais quoi d'étranger qui ne lui permet pas de disposer assez facilement de lui-même. « Il faut être sot, disent les Espagnols, pour ne pas faire deux vers ; il faut être fou pour en faire quatre ».

  • « A M. le Maréchal de Créqui » (1671), dans Œuvres mêlées de Saint Evremond, Charles de Saint-Évremond, éd. Les Grands Classiques Illustrés, ~1935?, p. 279-280


Quelque nouveau tour qu'on donne à de vieilles pensées, on se lasse d'une poésie qui ramène toujours les comparaisons de l'aurore, du soleil, de la lune, des étoiles.

  • « A M. le Maréchal de Créqui » (1671), dans Œuvres mêlées de Saint Evremond, Charles de Saint-Évremond, éd. Les Grands Classiques Illustrés, ~1935?, p. 280


Ce sont [toujours] les mêmes expressions et les mêmes rimes. Je ne trouve jamais le chant des oiseaux que je ne prépare au bruit des ruisseaux ; les bergères sont toujours couchées sur des fougères; et on voit moins les bocages sans les ombrages, dans nos vers, qu'au véritable lieu où ils sont.

  • « A M. le Maréchal de Créqui » (1671), dans Œuvres mêlées de Saint Evremond, Charles de Saint-Évremond, éd. Les Grands Classiques Illustrés, ~1935?, p. 280-281


Joseph Joubert[modifier]

Il y a des vers qui, par leur caractère, semblent appartenir au règne minéral : ils ont de la ductilité et de l’éclat ; d’autres, au règne végétal : ils ont de la sève ; d’autres, enfin, au règne animal ou animé, et ils ont de la vie. Les plus beaux sont ceux qui ont de l’âme ; ils appartiennent aux trois règnes, mais à la muse encore plus.


Tom Schulman[modifier]

On lit ou on écrit de la poésie non pas parce que c'est joli. On lit et on écrit de la poésie parce que l'on fait partie de l'humanité, et que l'humanité est faite de passions. La médecine, le commerce, le droit, l'industrie sont de nobles poursuites, et sont nécessaires pour assurer la vie. Mais la poésie, la beauté, l'amour, l'aventure, c'est en fait pour cela qu'on vit. Pour citer Whitman : « Ô moi ! Ô la vie ! Tant de questions qui m'assaillent sans cesse, ces interminables cortèges d'incroyants, ces cités peuplées de sots. Qu'y a-t-il de bon en cela ? Ô moi ! Ô la vie ! ». Réponse : que tu es ici, que la vie existe, et l'identité. Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime. Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime... Quelle sera votre rime ?

  • Robin Williams, Le Cercle des poètes disparus (1989), écrit par Tom Schulman


Citations à revoir, tranférer etc...[modifier]

Charles-Augustin Sainte-Beuve, Portraits contemporains, 1835[modifier]

La poésie de M. de Vigny a quelque chose de grand, de large, de calme, de lent ; le vers est comme une onde immense, au bord d'une nappe et avançant sur toute sa longueur sans se briser. Le mouvement est souvent comme celui d'une eau, non pas d'une eau qui coule et descend, mais d'une eau qui s'élève et s'amoncelle avec murmure, comme l'eau du déluge, comme Moïse qui monte.

  • Le siècle du progrès — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. Hermann (éditeurs des sciences et des arts), coll. « Collection savoir : lettres », 1992  (ISBN 2-7056-6179-4), partie Alfred de Vigny, 1835. Portraits contemporains, t. II, p. 174


Annie Le Brun[modifier]

Au héros de Maturin dont Baudelaire disait : « Melmoth est une contradiction vivante. Il est sorti des conditions fondamentales de la vie ; ses organes ne supportent plus sa pensée », à ce hérault du mal qui n'a pas assez des siècles ni de l'univers pour répandre sa malédiction, Balzac offre la dépouille d'un caissier de banque parisien qui, pour subvenir à des besoins d'argent grandissants, vend son âme au diable. La dégringolade est aussi terrible que significative. C'est l'imaginaire vaincu par l'ordre rationnel, c'est la métaphysique ramenée à la niche des religions, c'est la poésie disparaissant pour longtemps du roman, dès lors tout entier acquis au réalisme, c'est-à-dire livré à une surveillance sans relâche qui a pour but de déterminer comme unique référent l'empire du réel.

  • Les châteaux de la subversion, Annie Le Brun, éd. Garnier Frères, coll. « Folio Essais », 1982  (ISBN 2-07-032341-2), partie I, « Melmoth réconcilié » ou le prix d'une entrée dans l'histoire, p. 26


Annie Le Brun[modifier]

Au héros de Maturin dont Baudelaire disait : « Melmoth est une contradiction vivante. Il est sorti des conditions fondamentales de la vie ; ses organes ne supportent plus sa pensée », à ce hérault du mal qui n'a pas assez des siècles ni de l'univers pour répandre sa malédiction, Balzac offre la dépouille d'un caissier de banque parisien qui, pour subvenir à des besoins d'argent grandissants, vend son âme au diable. La dégringolade est aussi terrible que significative. C'est l'imaginaire vaincu par l'ordre rationnel, c'est la métaphysique ramenée à la niche des religions, c'est la poésie disparaissant pour longtemps du roman, dès lors tout entier acquis au réalisme, c'est-à-dire livré à une surveillance sans relâche qui a pour but de déterminer comme unique référent l'empire du réel.

  • Les châteaux de la subversion, Annie Le Brun, éd. Garnier Frères, coll. « Folio Essais », 1982  (ISBN 2-07-032341-2), partie I, « Melmoth réconcilié » ou le prix d'une entrée dans l'histoire, p. 26


George Sand/Alfred de Musset[modifier]

Est-ce que ta haute destinée te faisait peur ? Est-ce que l'esprit de Dieu était passé devant toi sous des traits trop sévères ? L'ange de la poésie, qui rayonne à sa droite, s'était penché sur ton berceau pour te baiser au front ; mais tu fus effrayé sans doute de voir si près de toi le géant aux ailes de feu. Tes yeux ne purent soutenir l'éclat de sa face, et tu t'enfuis pour lui échapper. A peine assez fort pour marcher, tu voulus courir à travers les dangers de la vie, embrassant avec ardeur toutes ses réalités et leur demandant asile et protection contre les terreurs de ta vision sublime et terrible. Comme Jacob, tu luttas contre elle, et comme lui tu fus vaincu. Au milieu des fougueux plaisirs où tu cherchais vainement ton refuge, l'esprit mystérieux vint te réclamer et te saisir. Il fallait que tu fusses poète, tu l'as été en dépit de toi-même.


Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927[modifier]

Une poétique agoraphobie transforme mes nuits en déserts et mes rêves en inquiétude.


Renée Dunan, La Culotte en jersey de soi, 1923[modifier]

— Jacques, puisque seul tu connais le langage de tes serviteurs, dis-leur donc de nous préparer quelques-uns de ces cocktails qui aident la poésie du crépuscule...


Gaston Bachelard[modifier]

Plus qu'aucun autre élément peut-être, l'eau est une réalité poétique complète. Une poétique de l'eau, malgré la variété de ses spectacles, est assurée d'une unité. L'eau doit suggérer au poète une obligation nouvelle : l'unité d'élément. Faute de cette unité d'élément, l'imagination matérielle n'est pas satisfaite et l'imagination formelle n'est pas suffisante pour lier les traits disparates. L'œuvre manque de vie parce qu'elle manque de substance.

  • L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière, Gaston Bachelard, éd. Le Livre de Poche, coll. « Biblio Essais », 1993  (ISBN 978-2-253-06100-7), partie VI, chap. Introduction: Imagination et matière, p. 24

Articles connexes[modifier]


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