George Sand

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George Sand par Nadar

George Sand, de son vrai nom Amantine Aurore Lucile Dupin, plus tard baronne Dudevant, est une écrivaine française née à Paris le 1er juillet 1804 et morte à Nohant le 8 juin 1876.

Citations propres à l'auteur[modifier]

Indiana, 1832[modifier]

Ceux qui m’ont lu sans prévention comprennent que j’ai écrit Indiana avec le sentiment non raisonné, il est vrai, mais profond et légitime, de l’injustice et de la barbarie des lois qui régissent encore l’existence de la femme dans le mariage, dans la famille et la société. Je n’avais point à faire un traité de jurisprudence, mais à guerroyer contre l’opinion ; car c’est elle qui retarde ou prépare les améliorations sociales. La guerre sera longue et rude ; mais je ne suis ni le premier, ni le seul, ni le dernier champion d’une si belle cause, et je la défendrai tant qu’il me restera un souffle de vie.
  • Extrait de la préface à l'édition de 1842. L'écrivaine parle au masculin car elle a publié le roman sous un pseudonyme masculin (seul moyen pour une femme de lettres d'obtenir un réel renom à l'époque).
  • Indiana (1832), George Sand, éd. Gallimard, coll. « Folio classiques », 1984, Première partie, chapitre 1, p. 46-47


Par une soirée d'automne pluvieuse et fraîche, trois personnes rêveuses étaient gravement occupées, au fond d'un petit castel de la Brie, à regarder brûler les tisons du foyer et cheminer lentement l'aiguille de la pendule.
  • Première phrase du roman.
  • Indiana (1832), George Sand, éd. Gallimard, coll. « Folio classiques », 1984, Première partie, chapitre 1, p. 49


En général, et les femmes le savent bien, un homme qui parle d'amour avec esprit est médiocrement amoureux.
  • Indiana (1832), George Sand, éd. Gallimard, coll. « Folio classiques », 1984, Première partie, chapitre 5, p. 83


Elle lui fit traverser la cour, apaisa les chiens, ouvrit les portes sans bruit, et, le prenant par la main, elle le guida en silence dans les corridors sombres. Enfin elle l'entraîna dans une chambre circulaire élégante et simple, où des orangers en fleurs répandaient leurs suaves émanations. Des bougies diaphanes brûlaient dans les candelabres. Noun avait effeuillé des roses du Bengale sur le parquet, le divan était semé de violettes, une douce chaleur pénétrait tous les pores, et les cristaux étincelaient sur la table parmi les fruits qui présentaient coquettement leurs flancs vermeils parmi la mousse verte des corbeilles. Ébloui par la transition brusque de l'obscurité à une vive lumière, Raymon resta quelques instants étourdi ; mais il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre où il était. Le goût exquis et la simplicité chaste qui présidaient à l'ameublement, ces livres d'amour et de voyages épars sur les planches d'acajou, ce métier chargé d'un travail si joli et si frais, œuvre de patience et de mélancolie, cette harpe dont les cordes semblaient encore vibrer des chants d'attente et de tristesse, ces gravures qui représentaient les pastorales amours de Paul et de Virginie, les cimes de l'Ile-Bourbon et les rivages bleus de Saint-Paul, mais surtout ce petit lit à demi caché sous les rideaux de mousseline, ce lit blanc et pudique comme celui d'une vierge, orné au chevet, en guise de rameau béni, d'une palme enlevée peut-être le jour du départ à quelque arbre de la patrie : tout révélait madame Delmare, et Raymon fut saisi d'un étrange frisson en songeant que cette femme enveloppée d'un manteau, qui l'avait conduit jusque-là, était peut-être Indiana elle-même. Cette extravagante idée sembla se confirmer, lorsqu'il vit apparaître dans la glace en face de lui une forme blanche et parée, le fantôme d'une femme qui entre au bal et qui jette son manteau pour se montrer radieuse et demi-nue aux lumières étincelantes. Mais ce ne fut que l'erreur d'un instant. Indiana eût été plus cachée..... Son sein modeste ne se fût trahi que sous la triple gaze de son corsage ; elle eût peut-être orné ses cheveux de camélias naturels, mais ce n'est pas dans ce désordre excitant qu'ils se fussent joués sur sa tête ; elle eût pu emprisonner ses pieds dans des souliers de satin, mais sa chaste robe n'eût pas ainsi trahi les mystères de sa jambe mignonne.
  • Indiana (1832), George Sand, éd. Gallimard, coll. « Folio classiques », 1984, Première partie, chapitre 7, p. 100-101


Il n'y avait qu'une chose au monde qui fût plus insignifiant que ce portrait, c'était l'original.
  • À propos d'un portrait peint représentant Sir Ralph.
  • Indiana (1832), George Sand, éd. Gallimard, coll. « Folio classiques », 1984, Première partie, chapitre 8, p. 108


Moi, je crois que l'opinion politique d'un homme, c'est l'homme tout entier.
  • Remarque de l'auteure dans un développement sur les discussions politiques entre trois des personnages principaux.
  • Indiana (1832), George Sand, éd. Gallimard, coll. « Folio classiques », 1984, Deuxième partie, chapitre 14, p. 166


On n'imagine pas ce que les divisions d'opinions apportent d'aigreur et de fiel entre les proches ; ce n'est la plupart du temps qu'une occasion pour se reprocher les défauts du caractère, les travers de l'esprit et les vices du cœur. On n'eût pas osé se traiter de fourbe, d'imbécile, d'ambitieux et de poltron. On enferme les mêmes idées sous le nom de jésuite, de royaliste, de révolutionnaire et de juste-milieu. Ce sont d'autres mots, mais ce sont les mêmes injures, d'autant plus poignantes qu'on s'est permis réciproquement de se poursuivre et de s'attaquer sans relâche, sans indulgence, sans retenue.
  • Remarque de l'auteure dans un développement sur les discussions politiques entre trois des personnages principaux.
  • Indiana (1832), George Sand, éd. Gallimard, coll. « Folio classiques », 1984, Deuxième partie, chapitre 14, p. 171


L'esprit des petites villes est, vous le savez sans doute, le plus méchant qui soit au monde. Là, toujours les gens de bien sont méconnus, les esprits supérieurs sont ennemis-nés du public.
  • Au sujet des séjours de deux des personnages principaux du roman dans les villes de Melun et de Fontainebleau.
  • Indiana (1832), George Sand, éd. Gallimard, coll. « Folio classiques », 1984, Troisième partie, chapitre 19, p. 211


Melchior (nouvelle), 1832[modifier]

Peut-être que la conscience de la nullité n'est que le premier pas vers un noble essor. Les sots ne l'ont jamais. L'ignorance peut se passer longtemps de modestie ; mais, si elle vient un jour à rougir d'elle-même, elle n'est déjà plus l'ignorance.
  • Œuvres (1832), George Sand, éd. M. Lévy, 1856, Melchior, II., p. 338


La mer est une contrée de refuges ; elle a ses immuables franchises, ses droits d'asile, ses solennels pardons. Là meurt l'empire des lois, si le faible parvient à devenir fort ; là, l'esclavage peut se rire du joug brisé et demander aux éléments protection contre les hommes.
  • Œuvres, t.11. Nouvelles de George Sand. La marquise - Lavinia - Pauline - Mattea - Metella - Melchior (1832), George Sand, éd. M. Lévy, 1856, Melchior, II., p. 342


Lélia, version de 1833[modifier]

Qui es-tu ? et pourquoi ton amour fait-il tant de mal ?
  • Premières phrases du roman, dans une lettre du poète Sténio à Lélia.
  • Lélia (version de 1833) (1833), George Sand, éd. Gallimard, 1985, I, p. 7


Je suis née comme toi dans la vallée des larmes et tous les malheureux qui rampent sur la terre sont mes frères.
  • Lettre de Lélia à Sténio.
  • Lélia (version de 1833) (1833), George Sand, éd. Gallimard, 1985, III, p. 13


C'est pourquoi je ne prie pas Dieu. Que lui demanderais-je ? Qu'il change ma destinée ? Il se rirait de moi. Qu'il me donne la force de lutter contre mes douleurs ? Il l'a mise en moi, c'est à moi de m'en servir.
  • Lettre de Lélia à Sténio.
  • Lélia (version de 1833) (1833), George Sand, éd. Gallimard, 1985, III, p. 14


S'il vous dit qu'il vous aime, il ment ! Il ne peut plus aimer. Mais celui qui ne sent rien ne peut-il rien inspirer ?
  • Lettre du poète Sténio à Lélia, à propos de Trenmor.
  • Lélia (version de 1833) (1833), George Sand, éd. Gallimard, 1985, VII, p. 20


Le joueur est âpre, il est stoïque, il triomphe froidement, il succombe froidement ; il passe en quelques heures des derniers rangs de la société aux premiers, dans quelques heures il redescend au point d'où il était parti ; et cela, sans changer d'attitude ni de visage.
  • Lettre de Lélia à Sténio, à propos de Trenmor, autrefois dévoré par la passion des jeux d'argent.
  • Lélia (version de 1833) (1833), George Sand, éd. Gallimard, 1985, VIII, p. 24


Le cœur de l'homme est un abîme de souffrance dont la profondeur n'a jamais été sondée et ne le sera jamais.
  • Lettre de Lélia à Trenmor.
  • Lélia (version de 1833) (1833), George Sand, éd. Gallimard, 1985, XXIX, p. 124


Lavinia (nouvelle), 1833[modifier]

L'amour-propre est un si étrange conseiller qu'il nous arrive cent fois par jour d'être, grâce à lui, en pleine contradiction avec nous-mêmes.
  • Œuvres, t.11. Nouvelles de George Sand. La marquise - Lavinia - Pauline - Mattea - Metella - Melchior (1833), George Sand, éd. M. Lévy, 1856, Lavinia, p. 61-62

Mauprat, 1837[modifier]

C'est que, dans mon enfance, j'ai placé le nom de Mauprat entre ceux de Cartouche et de la Barbe-Bleue, et qu'il m'est souvent arrivé alors de confondre, dans mes rêves effrayants, les légendes surannées de l'Ogre et du Croquemitaine avec les faits tout récents qui ont donné une sinistre illustration, dans notre province, à cette famille des Mauprat.
  • Mauprat (1837), George Sand, éd. Gallimard, 1981, Prologue, p. 36


Le vieux Mauprat était un animal perfide et carnassier qui tenait le milieu entre le loup-cervier et le renard.
  • Mauprat (1837), George Sand, éd. Gallimard, 1981, chapitre 2, p. 50


Il était bon pour vous d'apprendre par vous-même ce que c'est que d'être une fois la victime.
  • Patience, à Bernard Mauprat.
  • Mauprat (1837), George Sand, éd. Gallimard, 1981, chapitre 4, p. 73


Patience ! patience ! un temps n'est peut-être pas si loin où les manants ne couperont aux nobles ni les jarrets ni les oreilles, mais la tête et la bourse...
  • Le philosophe Patience à Bernard Mauprat. George Sand situe l'intrigue de Mauprat peu de temps avant la Révolution française.
  • Mauprat (1837), George Sand, éd. Gallimard, 1981, chapitre 5, p. 81


Depuis que je sais qu'il est permis à l'homme, sans dégrader sa raison, de peupler l'univers et de l'expliquer avec ses rêves, je vis tout entier dans la contemplation de l'univers ; et quand la vue des misères et des forfaits de la société brise mon coeur et soulève ma raison, je me rejette dans mes rêves ; je me dis que, puisque tous les hommes se sont entendus pour aimer l'oeuvre divine, ils s'entendront aussi un jour les uns les autres. Je m'imagine que, de père en fils, les éducations vont en se perfectionnant.
  • Paroles de Patience, philosophe autodidacte.
  • Mauprat (1837), George Sand, éd. Gallimard, 1981, chapitre 10, p. 158


Pauvres gens que nous sommes ! ajoutait Patience; on ne nous défend ni l'excès du travail physique, ni celui du vin, ni aucune des débauches qui peuvent détruire notre intelligence. Il y a des gens qui peuvent payer cher le travail des bras, afin que les pauvres, pour satisfaire leur famille, travaillent au-delà de leurs forces; il y a des cabarets et d'autres lieux plus dangereux encore où le gouvernement prélève, dit-on, ses bénéfices; il y a aussi des prêtres qui montent en chaire pour nous dire ce que nous devons au seigneur de notre village, et jamais ce que notre seigneur nous doit. Il n'y a pas d'écoles où l'on nous enseigne nos droits, où l'on nous apprenne à distinguer nos vrais et honnêtes besoins des besoins honteux et funestes, où l'on nous dise enfin à quoi nous pouvons et devons penser quand nous avons sué tout le jour au profit d'autrui, et quand nous sommes assis le soir au seuil de nos cabanes à regarder les étoiles rouges sortir de l'horizon.
  • Mauprat (1837), George Sand, éd. Gallimard, 1981, chapitre 10, p. 159


Il y a dans les premiers frimas quelque chose qui rappelle à l'homme la prochaine dispersion des éléments de son être.
  • Mauprat (1837), George Sand, éd. Gallimard, 1981, chapitre 17, p. 285


Nous étions deux caractères d'exception, il nous fallait des amours héroïques ; les choses ordinaires nous eussent rendus méchants l'un et l'autre.
  • Edmée à propos de sa relation avec Bernard Mauprat.
  • Mauprat (1837), George Sand, éd. Gallimard, 1981, chapitre 29, p. 428


Elle fut la seule femme que j'aimai ; jamais aucune autre n'attira mon regard et ne connut l'étreinte de ma main. Je suis ainsi fait ; ce que j'aime, je l'aime éternellement, dans le passé, dans le présent, dans l'avenir.
  • Bernard Mauprat à propos d'Edmée.
  • Mauprat (1837), George Sand, éd. Gallimard, 1981, chapitre 30, p. 431


S'il y a quelque chose de bon et d'utile dans ce récit, profitez-en, jeunes gens. Souhaitez d'avoir un conseiller franc, un ami sévère ; et n'aimez pas celui qui vous flatte, mais celui qui vous corrige. Ne croyez pas trop à la phrénologie ; car j'ai la bosse du meurtre très développée, et, comme disait Edmée dans ses jours de gaieté mélancolique, on tue de naissance dans notre famille. Ne croyez pas à la fatalité, ou du moins n'exhortez personne a s'y abandonner. Voilà la morale de mon histoire.
  • Extrait de la conclusion de Bernard Mauprat au récit de sa vie à la fin du roman.
  • Mauprat (1837), George Sand, éd. Gallimard, 1981, chapitre 30, p. 432


Ne croyez à aucune fatalité absolue et nécessaire, mes enfants, et cependant admettez une part d'entraînement dans nos instincts, dans nos facultés, dans les impressions qui ont entouré notre berceau, les premiers spectacles qui ont frappé notre enfance ; en un mot, dans tout ce monde extérieur qui a présidé au développement de notre âme. Admettez que nous ne sommes pas toujours absolument libres de choisir entre le bien et le mal si vous voulez être indulgents pour les coupables, c'est-à-dire juste comme le ciel ; car il y a beaucoup de miséricordes dans les jugements de Dieu, autrement sa justice serait incomplète.
  • Extrait de la conclusion de Bernard Mauprat au récit de sa vie à la fin du roman.
  • Mauprat (1837), George Sand, éd. Gallimard, 1981, chapitre 30, p. 433


En attendant qu'on ait résolu le problème d'une éducation commune à tous, et cependant appropriée à chacun, attachez-vous à vous corriger les uns les autres. Vous me demandez comment ? Ma réponse sera courte : en vous aimant les uns les autres. - C'est ainsi que les moeurs agissant sur les lois, vous en viendrez à supprimer la plus odieuse et la plus impie de toutes, la loi du talon, la peine de mort, qui n'est autre chose que la consécration du principe de la fatalité, puisqu'elle suppose le coupable incorrigible et le ciel implacable.
  • Extrait de la conclusion de Bernard Mauprat au récit de sa vie à la fin du roman.
  • Mauprat (1837), George Sand, éd. Gallimard, 1981, chapitre 30, p. 434


Jeanne, 1844[modifier]

Ce but, le but du roman, c'est de peindre l'homme ; et, qu'on le prenne dans un milieu ou dans l'autre, aux prises avec ses idées ou avec ses passions, en lutte contre un monde intérieur qui l'agite, ou contre un monde extérieur qui le secoue, c'est toujours l'homme en proie à toutes les émotions et à toutes les chances de la vie.
  • Jeanne (1852), George Sand, éd. Presses universitaires de Grenoble, 1978, Notice, p. 29


Dans les montagnes de la Creuse, en tirant vers le Bourbonnais et le pays de Combraille, au milieu du site le plus pauvre, le plus triste, le plus désert qui soit en France, le plus inconnu aux industriels et aux artistes, vous voudrez bien remarquer, si vous y passez jamais, une colline haute et nue, couronnée de quelques roches qui ne frapperaient guère votre attention, sans l'avertissement que je vais vous donner.
  • Première phrase du roman.
  • Jeanne (1844), George Sand, éd. Presses universitaires de Grenoble, 1978, Prologue, p. 33


La véritable beauté est toujours chaste et inspire un respect involontaire.
  • Jeanne (1844), George Sand, éd. Presses universitaires de Grenoble, 1978, Prologue, p. 41


Vous autres savants, vous avez vos idées, et nous avons les nôtres. Nous sommes simples, je le veux bien, mais nous voyons aux champs, où nous vivons de jour et de nuit, des choses que vous ne voyez pas et que vous ne connaîtrez jamais.
  • Jeanne à Léon Marsillat.
  • Jeanne (1844), George Sand, éd. Presses universitaires de Grenoble, 1978, chapitre XVI, p. 190


Je hais la superstition, et déplore l'erreur grossière, sous quelque forme qu'elles se présentent. Je ne laisse jamais échapper l'occasion de m'en moquer, et je crois que c'est un devoir à remplir envers ces gens simples, qui seront peut-être nos égaux le jour où nous voudrons les éclairer, au lieu de les tenir dans les ténèbres de l'abrutissement.
  • Léon Marsillat à Guillaume de Boussac, dans une conversation sur l'attitude à adopter au sujet des croyances paysannes.
  • Jeanne (1844), George Sand, éd. Presses universitaires de Grenoble, 1978, chapitre XVI, p. 190


Il entre dans les idées de votre caste de perpétuer l'ignorance chez les pauvres, afin d'y perpétuer la soumission.
  • Léon Marsillat à Guillaume de Boussac.
  • Jeanne (1844), George Sand, éd. Presses universitaires de Grenoble, 1978, chapitre XVI, p. 190


Mais les esprits qui se contentent d'une certaine portion, étroite et distincte, de la vérité acquise, auront toujours, dans la discussion, beaucoup d'avantage apparent sur ceux qui cherchent dans l'inconnu une vérité plus vaste et plus idéale.
  • Jeanne (1844), George Sand, éd. Presses universitaires de Grenoble, 1978, chapitre XVI, p. 191


On se trompe ainsi : on prend pour de l'attachement ce qui n'est que l'émotion du désir, et on traite de froideur ce qui est la sérénité d'une affection à toute épreuve.
  • Jeanne (1844), George Sand, éd. Presses universitaires de Grenoble, 1978, chapitre XVIII, p. 206


La Mare au diable, 1846[modifier]

Voyez donc la simplicité, vous autres, voyez le ciel et les champs, et les arbres, et les paysans dans ce qu'ils ont de bon et de vrai : vous les verrez un peu dans mon livre, vous les verrez beaucoup mieux dans la nature.
  • La Mare au Diable (1846), George Sand, éd. Gallimard, 1999, Notice, p. 30


La tombe ne doit pas être un refuge où il soit permis d'envoyer ceux qu'on ne veut pas rendre heureux.
  • La Mare au Diable (1846), George Sand, éd. Gallimard, 1999, I, p. 34


Les buveurs d'Holbein remplissent leurs coupes avec une sorte de fureur pour écarter l'idée de la mort, qui, invisible pour eux, leur sert d'échanson. Les mauvais riches aujourd'hui demandent des fortifications et des canons pour écarter l'idée d'une jacquerie que l'art leur montre travaillant dans l'ombre, en détail, en attendant de fondre sur l'état social. L'Eglise du moyen âge répondait aux terreurs des puissants de la terre par la vente des indulgences. Le gouvernement d'aujourd'hui calme l'inquiétude des riches en leur faisant payer beaucoup de gendarmes et de geôliers, de baïonnettes et de prisons.
  • La Mare au Diable (1846), George Sand, éd. Gallimard, 1999, I, p. 35


Nous croyons que la mission de l'art est une mission de sentiment et d'amour, que le roman d'aujourd'hui devrait remplacer la parabole et l'apologue des temps naïfs, et que l'artiste a une tâche plus large et plus poétique que celle de proposer quelques mesures de prudence et de conciliation pour atténuer l'effroi qu'inspirent ses peintures. Son but devrait être de faire aimer les objets de sa sollicitude, et au besoin, je ne lui ferais pas un reproche de les embellir un peu. L'art n'est pas une étude de la réalité positive ; c'est une recherche de la vérité idéale, et Le Vicaire de Wakefield fut un livre plus utile et plus sain à l'âme que Le Paysan perverti et Les Liaisons dangereuses.
  • La Mare au Diable (1846), George Sand, éd. Gallimard, 1999, I, p. 36


Celui qui puise de nobles jouissances dans le sentiment de la poésie est un vrai poète, n'eût-il pas fait un vers dans toute sa vie.
  • La Mare au Diable (1846), George Sand, éd. Gallimard, 1999, II, p. 41


Ceux qui l'ont condamné à la servitude dès le ventre de sa mère, ne pouvant lui ôter la rêverie, lui ont ôté la réflexion.
  • A propos du manque d'éducation des paysans, qui les empêche de concevoir et d'exprimer clairement leurs émotions et leurs pensées devant le spectacle du monde.
  • La Mare au Diable (1846), George Sand, éd. Gallimard, 1999, II, p. 48


L'année prochaine, ce sillon sera comblé et couvert par un sillon nouveau. Ainsi s'imprime et disparaît la trace de la plupart des hommes dans le champ de l'humanité. Un peu de terre l'efface, et les sillons que nous avons creusés se succèdent les uns aux autres comme les tombes dans le cimetière. Le sillon du laboureur ne vaut-il pas celui de l'oisif, qui a pourtant un nom, un nom qui restera, si, par une singularité ou une absurdité quelconque, il fait un peu de bruit dans le monde?...


Légendes rustiques, 1858[modifier]

Il faudrait trouver un nom à ce poème sans nom de la fabulosité ou merveillosité universelle, dont les origines remontent à l'apparition de l'homme sur la terre, et dont les versions, multipliées à l'infini, sont l'expression de l'imagination poétique de tous les temps et de tous les peuples.
  • Légendes rustiques (1858), George Sand, éd. Paleo, coll. « La collection de sable », 2010, Avant-propos, p. 9


Les cadavres ambulants, les fantômes mutilés, les hommes sans tête, les bras ou les jambes sans corps, peuplent nos landes et nos vieux chemins abandonnés.
  • Légendes rustiques (1858), George Sand, éd. Paleo, coll. « La collection de sable », 2010, Avant-propos, p. 12


Laura. Voyage dans le cristal, 1865[modifier]

L’artiste est né voyageur ; tout est voyage pour son esprit, et, sans quitter le coin de son feu ou les ombrages de son jardin, il est autorisé à parcourir tous les chemins du monde. Donnez-lui n’importe quoi à lire ou à regarder, étude aride ou riante : il se passionnera pour tout ce qui lui sera nouveau, il s’étonnera naïvement de n’avoir pas encore vécu dans ce sens-là, et il traduira le plaisir de sa découverte sous n’importe quelle forme, sans avoir cessé d’être lui-même.
  • Laura. Voyages et impressions (1865), George Sand, éd. Calmann-Lévy, 1881, Laura.Voyage dans le cristal, I, p. 13


On dirait que tu te souviens aujourd’hui d’avoir été le plus grand tardigrade de la création.
  • Laura. Voyages et impressions (1865), George Sand, éd. Calmann-Lévy, 1881, Laura.Voyage dans le cristal, I, p. 31


L’homme ne vit pas seulement de pain, mon ami ; il ne vit au complet que par le développement de ses facultés d’examen et de compréhension.
  • Laura. Voyages et impressions (1865), George Sand, éd. Calmann-Lévy, 1881, Laura.Voyage dans le cristal, I, p. 36


Contes d'une grand-mère, 1873-1876[modifier]

Vous ne savez pas ce que c'est que d'être riche ?

- Pas beaucoup. Je n'ai jamais pensé à cela.

- C'est que vous êtes riche, alors. Moi, je sais très bien ce que c'est d'être pauvre.
  • Contes d'une grand-mère (1873), George Sand, éd. GF-Flammarion, 2004, Le Château de Pictordu, p. 32


Elsie demandait naïvement pourquoi tant de richesse et de beauté étaient prodigués à des êtres qui vivent tout au plus quelques jours et qui volent la nuit, à peine saisissables au regard de l'homme.
— Ah ! voilà ! répondit en riant la fée aux gros yeux. Toujours la même question ! Ma pauvre Elsie, les grandes personnes la font aussi, c'est-à-dire qu'elles n'ont, pas plus que les enfants, l'idée saine des lois de l'univers. Elles croient que tout a été créé pour l'homme et que ce qu'il ne voit pas ou ne comprend pas, ne devrait pas exister. Mais moi, la fée aux gros yeux, comme on m'appelle, je sais que ce qui est simplement beau est aussi important que ce que l'homme utilise, et je me réjouis quand je contemple des choses ou des êtres merveilleux dont personne ne songe à tirer parti. Mes chers petits papillons sont répandus par milliers de milliards sur la terre, ils vivent modestement en famille sur une petite feuille, et personne n'a encore eu l'idée de les tourmenter.
  • Voyage dans le cristal (1876), George Sand, éd. Union générale d'éditions, 1980, La Fée aux gros yeux, p. 136


Le Roman de Venise, 1904[modifier]

On me dit de me méfier de toi, on t'en a dit autant de moi sans doute ; eh bien ! envoyons-les tous faire... et ne croyons que nous deux.
Si tu me réponds vite en me disant pour toute littérature : Viens ! je partirai, eussé-je le choléra ou un amant.
A toi toujours.

  • Le Roman de Venise (2004), George Sand/Alfred de Musset, éd. Grasset, 1904, George Sand à Marie Dorval — Paris, 18 juillet 1833, p. 48


Si comme toi, je n'avais pas envie d'écrire, je voudrais du moins lire beaucoup. Je regrette même que mes affaires d'argent me forcent de faire toujours sortir quelque chose de mon cerveau sans me donner le temps d'y faire rien entrer. J'aspire à avoir une année tout entière de solitude et de liberté complète, afin de m'entasser dans la tête tous les chefs-d'œuvres étrangers que je connais peu ou point. Je m'en promets un grand plaisir et j'envie ceux qui peuvent s'en donner à discrétion.
  • Le Roman de Venise (2004), George Sand/Alfred de Musset, éd. Grasset, 1904, George Sand à Hippolyte Chatiron — Venise, 6 mars 1834, p. 165


Est-ce que ta haute destinée te faisait peur ? Est-ce que l'esprit de Dieu était passé devant toi sous des traits trop sévères ? L'ange de la poésie, qui rayonne à sa droite, s'était penché sur ton berceau pour te baiser au front ; mais tu fus effrayé sans doute de voir si près de toi le géant aux ailes de feu. Tes yeux ne purent soutenir l'éclat de sa face, et tu t'enfuis pour lui échapper. A peine assez fort pour marcher, tu voulus courir à travers les dangers de la vie, embrassant avec ardeur toutes ses réalités et leur demandant asile et protection contre les terreurs de ta vision sublime et terrible. Comme Jacob, tu luttas contre elle, et comme lui tu fus vaincu. Au milieu des fougueux plaisirs où tu cherchais vainement ton refuge, l'esprit mystérieux vint te réclamer et te saisir. Il fallait que tu fusses poète, tu l'as été en dépit de toi-même.
  • Le Roman de Venise (2004), George Sand/Alfred de Musset, éd. Grasset, 1904, George Sand — Venise, 1er mai 1834, p. 244


Tu jetteras mes cendres au vent, elles feront pousser des fleurs qui te réjouiront.
  • Le Roman de Venise (2004), George Sand/Alfred de Musset, éd. Grasset, 1904, George Sand — Venise, 1er mai 1834, p. 395


Quelle fièvre avez-vous fait passer dans la moelle de mes os, esprits de la vengeance céleste ? quel mal avais-je fait aux anges du ciel pour qu'ils descendissent sur moi et pour qu'ils missent en moi pour châtiment, un amour de lionne ?
  • Le Roman de Venise (2004), George Sand/Alfred de Musset, éd. Grasset, 1904, George Sand — Venise, 1er mai 1834, p. 396


La vie est courte, le mal et le bien y sont inutiles à quiconque ne veut plus que le repos. Traitez-moi comme un mort. Ne laissez pas insulter ma tombe, mais n'y mettez pas d'épitaphe, je suis bien comme cela.
  • Le Roman de Venise (2004), George Sand/Alfred de Musset, éd. Grasset, 1904, George Sand à François Buloz — Nohant, 5 janvier 1836, p. 471


Correspondance autre[modifier]

Signature.
Vivre ! Que c'est doux ! Que c'est bon ! malgré les chagrins, les maris, l'ennui, les dettes, les parents, les cancans, malgré les poignantes douleurs et les fastidieuses tracasseries. Vivre ! c'est enivrant ! Aimer, être aimée ! c'est le bonheur ! c'est le ciel ! Ah ! ma foi, vive la vie d'artiste, notre devise est liberté !
  • George Sand à Sainte-Beuve, 1831.
  • George Sand, un diable de femme, Anne-Marie de Brem, éd. Gallimard, coll. « Découvertes », 1997, p. 1


Écoutez ; ma vie, c'est la vôtre ; car vous qui me lisez, vous n'êtes point lancés dans le fracas des intérêts de ce monde, autrement vous me repousseriez avec ennui. Vous êtes des rêveurs comme moi. Dès lors tout ce qui m'arrête en mon chemin vous a arrêtés aussi. Vous avez cherché, comme moi, à vous rendre raison de votre existence, et vous avez posé quelques conclusions. Comparez les miennes aux vôtres. Pesez et prononcez. La vérité ne sort que de l'examen.
  • Œuvres autobiographiques, George Sand, éd. La Pléiade, Gallimard, 1970, t. I, p. 27-28


La vie est une longue blessure qui s’endort rarement et ne se guérit jamais
  • George Sand à Bocage, 23 février 1845.
  • Correspondance, George Sand, éd. Classiques Garnier, 1964, t. VI, p. 807
30 mai : Va pour le quai Saint-Michel, j'en adore la position. Je m'arrangerai pour que la chambre du fond soit inconnue, barricadée, impénétrable pour les étrangers. Je serai censée n'avoir que deux pièces. La troisième sera la chambre noire, la chambre mystérieuse, la cachette du revenant, la loge du monstre, la cage de l'animal savant, la niche du trésor, la caverne du vampire, que sais-je ?... Terminez sans me consulter davantage...
  • George Sand à Emile Regnault, 30 mai 1831.
  • Lélia ou la vie de George Sand (1952), André Maurois, éd. Le Livre de Poche, 2004  (ISBN 2-253-10923-1), chap. III. George Sand, II. De Jules Sandeau à Georges Sand, p. 173


Il y a cohue à ma porte, toute la racaille littéraire me persécute, et toute la racaille musicale est aux trousses de Chopin. Pour le coup, lui, je le fais passer pour mort.
  • George Sand à Carlotta Marliani, 15 mars 1839


C'est dans le peuple et dans la classe ouvrière qu'est l'avenir du monde. Vous en avez la foi et moi aussi, nous serons donc toujours bien d'accord sur tout ce que vous tenterez pour hâter l'enfantement de la vérité et de la justice, ces deux divinités jumelles que la sainte plèbe porte en son sein. Je ne me fais pas d'illusion sur les obstacles, les peines et les dangers de l'entreprise. Mais enfin il est né des libérateurs. Ils ne manquent point déjà de disciples généreux et intelligents. Avec le temps, la masse sortira de l'aveuglement et de l'ignorance grossière où les classes dites éclairées l'ont tenue enchaînée depuis le commencement des siècles.
  • Lettre à Agricol Perdiguier, 20 août 1840
  • « George Sand, entre socialisme évangélique et messianisme social », Jacques-Noël Pérès, Autres Temps. Cahiers d'éthique sociale et politique (ISSN 2261-1010), vol. 63 nº 1, 1999, p. 49 (lire en ligne)


Propos rapportés de George Sand et commentaires à ce même sujet[modifier]

Elle a éprouvé et exprimé un amour sincère du peuple, bien avant que le suffrage universel imposât cette attitude. « Je ne suis pas, disait-elle, de ces âmes patientes qui accueillent l'injustice avec un visage serein. »


Ce que le monde appelle scandale, disait-elle, n'est pas ce que le Christ eût appelé scandale.

  • Lélia ou la vie de George Sand (1952), André Maurois, éd. Le Livre de Poche, 2004  (ISBN 2-253-10923-1), chap. I. Aurore Dupin, V. L'héritière de Nohant, p. 78


« Je concentre mon existence aux objets de mes affections. Je m'en entoure comme d'un bataillon sacré qui fait peur aux idées noires et décourageantes... » Pour comprendre Aurore Dudevant en 1830, et son besoin d'aventures sentimentales et spirituelles, il faut se représenter ce qu'étais alors, en France, l'effervescence intellectuelle. La Passion régnait. Comme autrefois la Raison, la Folie était déifiée. Les nouveaux poètes, les nouvelles doctrines philosophiques et sociales enivraient les jeunes. On se disait hugolâtre, saint-simonien, fouriériste avec délire.
  • Lélia ou la vie de George Sand (1952), André Maurois, éd. Le Livre de Poche, 2004  (ISBN 2-253-10923-1), chap. II. Madame Dudevant, IV. Le petit Jules, p. 149


Elle ne savait pas que le génie est toujours solitaire et qu'il n'existe pas de hiérarchie morale unaniment acceptée par les meilleurs. Elle avait pris pour des poètes tous les gens qui faisaient des vers. Deux ans de dure expérience lui avaient montré que les grands hommes ne sont pas des géants, « que le monde est pavé de brutes et que l'on ne peut faire un pas sans en faire crier une. »


« Je regarde comme un péché mortel non seulement le mensonge des sens dans l'amour, mais encore l'illusion que les sens cherchaient à se faire dans les amours incomplètes. Je dis, je crois qu'il faut aimer avec tout son être, ou vivre dans une complète chasteté. »
La faute, le péché à ses yeux, ce n'est pas de changer d'amant, pour aller à celui qu'on aime ; c'est de se donner à celui que l'on n'aime pas, fût-il votre mari.

  • Lélia ou la vie de George Sand (1952), André Maurois, éd. Le Livre de Poche, 2004  (ISBN 2-253-10923-1), chap. VI. La révolte des anges, I. Politique personnelle de George Sand, p. 465


La mode est, en 1866, de railler ce « mal du siècle » dont elle souffrit jadis avec tous ses amis romantiques. Elle relève ce vieux drapeau troué : « Peut-être notre maladie vallait-elle mieux que la rédaction qui l'a suivie ; que cette soif d'argent, de plaisirs sans idéal et d'ambitions sans frein, qui ne me paraît pas caractériser bien noblement la santé du siècle. »
  • Lélia ou la vie de George Sand (1952), André Maurois, éd. Le Livre de Poche, 2004  (ISBN 2-253-10923-1), chap. VIII. Maturité, VI. Souffrances et mort de Manceau, p. 603


Citation rapportée[modifier]

Le champagne aide à l’émerveillement.
  • (fr) Petit Futé Amateur de champagne, Petit Futé, éd. Nouvelles éditions de l'université, 2014  (ISBN 978-2746969162), p. 48


Citations à propos de George Sand[modifier]

J'ai travaillé toute la journée, et le soir j'ai fait dix vers et bu une bouteille d'eau-de-vie, elle a bu un litre de lait et écrit un demi-volume.
  • Alfred de Musset à propos de George Sand.
  • George Sand, un diable de femme, Anne-Marie de Brem, éd. Gallimard, coll. « Découvertes », 1997, chapitre 2, p. 38


Lélia n'est pas le récit ingénieux d'une aventure ou le développement dramatique d'une passion. C'est la pensée du siècle sur lui-même, c'est la plainte d'une société à l'agonie qui, après avoir nié Dieu et la vérité, après avoir déserté les églises et les écoles, se prend au cœur et lui dit que ses rêves sont des folies.
  • Gustave Planche, Revue des deux mondes, 15 août 1833, à propos de Lélia.
  • Lélia (1833), George Sand, éd. Gallimard, 1985, Accueil de Lélia en 1833, p. 586


Combien a-t-elle fait et écrit pour les libertés que les lois permettent aux femmes aujourd'hui, et pour l'égalité que George Sand demanda la première, au risque de sombrer dans ses revendications pour l'avenir... Guerrière comme sa "race", mais guerrière pacifique, George nous a toutes aidées et et libérées d'injustices légales ou périmées aujourd'hui.
  • George Sand chez elle, Aurore Sand, éd. Edité par l'auteure, 1900, chapitre "Le Château de Nohant", p. 10


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