Victor Hugo

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Victor Hugo, 1883

Victor Hugo né le 26 février 1802 à Besançon, mort le 22 mai 1885 à Paris, est un écrivain de langue française.

Poésie[modifier]

Les Orientales, 1829[modifier]

L'Alhambra ! l'Alhambra ! palais que les Génies
Ont doré comme un rêve et rempli d'harmonies;
Forteresse aux créneaux festonnés et croulants
Où l'on entend la nuit de magiques syllabes,
Quand la lune, à travers les mille arceaux arabes,
Sème les murs de trèfles blancs !

  • Sur l'Alhambra de Grenade en Espagne
  • Les Orientales, Victor Hugo, éd. C. Gosselin, 1829, Grenade, p. 292


Au Nil je le retrouve encore.
L'Égypte resplendit des feux de son aurore;
Son astre impérial se lève à l'orient.
Vainqueur, enthousiaste, éclatant de prestiges,
Prodige, il étonna la terre des prodiges.
Les vieux scheiks vénéraient l'émir jeune et prudent;
Le peuple redoutait ses armes inouïes;
Sublime, il apparut aux tribus éblouies
Comme un Mahomet d'Occident.

  • Sur Napoléon Bonaparte
  • Les Orientales, Victor Hugo, éd. C. Gosselin, 1829, Lui, p. 378


Toujours lui ! lui partout ! Ou brûlante ou glacée,
Son image sans cesse ébranle ma pensée.

  • Les Orientales, Victor Hugo, éd. C. Gosselin, 1829, Lui, p. 373


Les Voix intérieures, 1837[modifier]

L'avenir, fantôme aux mains vides,
Qui promet et qui n'a rien !

  • « Les voix intérieures, Poésie tome VI, Poème VII ("Sunt Lacrymae rerum") », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. Eugène Renduel, 1837, p. 24


Qui donne aux pauvres prête à Dieu. Et j'ajoute : qui donne aux albums prête à rire.
  • « Les voix intérieures, Poésie tome VI, Poème II ("Dieu est toujours là") », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. Eugène Renduel, 1837, p. 93


Les Châtiments, 1853[modifier]

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front,
Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime,
Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime.

  • « Les Châtiments », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. J. Hetzel, A. Quantin, 1883, t. Poésie. IV, livre IV (« La religion est glorifiée »), poème IX (« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »), p. 219 (voir la fiche de référence de l'œuvre)


Le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre.
  • « Les Châtiments », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. J. Hetzel, A. Quantin, 1883, t. Poésie. IV, livre IV (« La religion est glorifiée »), poème IX (« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »), p. 219 (voir la fiche de référence de l'œuvre)


Les Contemplations, 1856[modifier]

Voir le recueil de citations : Les Contemplations

Les Chansons des rues et des bois, 1866[modifier]

Ce livre est écrit beaucoup avec le rêve, un peu avec le souvenir.
Rêver est permis aux vaincus; se souvenir est permis aux solitaires.
  • « Les Chansons des rues et des bois », dans Œuvres complètes de Victor Hugo (1866), Victor Hugo, éd. Hetzel/Quantin, 1882, t. Poésie VIII, préface, p. 2 (texte intégral sur Wikisource)


Depuis six mille ans, la guerre
Plaît aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs.

  • Les Chansons des rues et des bois, Livre II "Sagesse", Poésie III "Liberté, égalité, fraternité", Victor Hugo, éd. Lacroix/Verboeckhoven, 1865, p. 339 (texte intégral sur Wikisource)


La Légende des siècles 1859 (première série), 1877 et 1883 (ajouts)[modifier]

Voir le recueil de citations : La Légende des siècles

L'Année terrible, 1872[modifier]

Vous m'offrez la cité, je préfère les bois ;
Car je trouve, voyant les hommes que vous êtes,
Plus de cœur aux rochers, moins de bêtise aux bêtes.


France et âme[modifier]

Et quand un grave Anglais, correct, bien mis, beau linge,
Me dit : — Dieu t'a fait homme et moi je te fais singe ;
Rends-toi digne à présent d'une telle faveur ! —
Cette promotion me laisse un peu rêveur.


Les Quatre Vents de l'esprit, 1881[modifier]

Le monde est à plat ventre, et l'homme, altier naguère,
doux et souple aujourd'hui, tremble. — Paix ! dit la guerre.


La Fin de Satan[modifier]

Voir le recueil de citations : La Fin de Satan

Divers[modifier]

Désobéir, c'est chercher.
  • Océan. Tas de pierres, Victor Hugo, éd. Albin Michel, 1942, p. 319


Les maîtres d'écoles sont des jardiniers en intelligences humaines.
  • Océan. Tas de pierres, Victor Hugo, éd. Albin Michel, 1942, p. 454


Mieux vaut une conscience tranquille qu'une destinée prospère. J'aime mieux un bon sommeil qu'un bon lit.
  • Océan., Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 1989, p. 85


                      Vous qui cherchez à plaire
Ne mangez pas l'enfant dont vous aimez la mère

  • « Bon conseil aux amants », Victor Hugo, dans La poésie française d'humour, Claude Michel Cluny (dir.), éd. Poésie 1 (n°13), 1970, p. 58


Romans[modifier]

Bug-Jargal, 1826[modifier]

Tu es blanche, et je suis noir ; mais le jour a besoin de s’unir à la nuit pour enfanter l’aurore et le couchant qui sont plus beaux que lui !
  • Parole de la chanson Porque me huyes, Maria ? chantée en espagnol par Bug-Jargal à Marie d’Auverney.
  • Bug-Jargal, Victor Hugo, éd. P.-J. Hetzel, 1826, chap. VII, p. 12


L’excès de la lâcheté a aussi son courage.
  • Le colon sang-mêlé avouant à Biassou être un mulâtre afin de conserver sa vie alors qu’il prétendait toujours être de race blanche avant la Révolution haïtienne.
  • Bug-Jargal, Victor Hugo, éd. P.-J. Hetzel, 1826, chap. XXXIV, p. 52


— […] Dieu merci ! celui que vous voulez faire mourir est mort. Il ne vous a pas attendu.

Le commissaire, furieux de voir s’évanouir sa conspiration avec son conspirateur, murmura entre ses dents :
« Il est mort ! c’est dommage ! »
Le général l’entendit et s’écria indigné :

« Il vous reste encore une ressource, citoyen représentant du peuple ! Allez chercher le corps du capitaine d’Auverney dans les décombres de la redoute. Qui sait ? les boulets ennemis auront peut-être laissé la tête du cadavre à la guillotine nationale ! »
  • Excipit de Bug-Jargal lorsque le supérieur hiérarchique de feu d’Auverney défend celui-ci d’un blâme de la part d’un commissaire de la Montagne.
  • Bug-Jargal, Victor Hugo, éd. P.-J. Hetzel, 1826, chap. NOTE, p. 83


Notre-Dame de Paris (1831)[modifier]

Voir le recueil de citations : Notre-Dame de Paris (roman)

Claude Gueux, 1834[modifier]

Au moment où l'aide le liait sur la hideuse mécanique, il fit signe au prêtre de prendre la pièce de 5 francs qu'il avait en sa main droite, et lui dit : "Pour les pauvres".
Comme huit heures sonnait en ce moment, le bruit du beffroi de l'horloge couvrit sa voix, et le confesseur lui répondit qu'il n'entendait pas.
Claude attendit l'intervalle de deux coups et répéta avec douceur : "Pour les pauvres".
Le huitième coup n'était pas encore sonné que cette noble et intelligente tête était tombée.

  • Cette œuvre s'inscrit dans le combat de Victor Hugo contre la peine de mort.


Les Misérables, 1862[modifier]

Voir le recueil de citations : Les Misérables

Les Travailleurs de la mer, 1866[modifier]

Voir le recueil de citations : Les Travailleurs de la mer

L'Homme qui rit, 1869[modifier]

[...] cet art qu'on appelle la suggestion, et qui consiste à faire dans l'esprit des autres une petite incision où l'on met une idée à soi.


Quatrevingt-treize, 1874[modifier]

Voir le recueil de citations : Quatrevingt-treize

Théâtre[modifier]

Les Burgraves, 1843[modifier]

Un jour, espérons-le, le globe sera civilisé. Tous les points de la demeure humaine seront éclairés, et alors sera accompli le magnifique rêve de l'intelligence : avoir pour patrie le Monde et pour nation l'Humanité.
  • Les Burgraves (1843), Victor Hugo, éd. J. Hetzel, 1843, Préface, p. 22


Torquemada, 1869[modifier]


Le hasard a pétri la cendre avec l'instant ;
Cet amalgame est l'homme. Or, moi-même n'étant
Comme vous que matière, ah ! je serais stupide
D'être hésitant et lourd quand la joie est rapide,
De ne point mordre en hâte au plaisir dans la nuit,
Et de ne pas goûter de tout, puisque tout fuit !

  • Théâtre de Victor Hugo, Tome II (Partie I, Acte II, scène III, réplique du Chasseur), Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 1985, p. 319


Les Gueux, 1872[modifier]

Quand Dieu, qui pourrait tout faire du bout du doigt,
M'escamote en avril le printemps qu'il me doit,
Mauvais payeur faisant faillite aux échéances ;
Quand, le bien-être étant une de nos créances,
Ce Dieu, qui n'est pas Dieu s'il n'est la probité,
Nous donne trop d'hiver et pas assez d'été ;
[…]
Quand, sans pitié pour l'être affreux qu'il met au monde,
Procréant au hasard le laid, l'abject, l'immonde,
Il manque Antinoüs et réussit Veuillot,
J'aime mieux, ne voyant à personne à bon lot
Douter qu'il soit, plutôt que de conclure en somme
Que cet honnête Dieu n'est pas un honnête homme.

  • Théâtre de Victor Hugo, Tome II, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 1985, réplique de Mouffetard, p. 545


Discours[modifier]

(...) au dix-neuvième siècle, le blanc a fait du noir un homme ; au vingtième siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde.
  • « Discours sur l'Afrique » (1879), dans Actes et paroles, Victor Hugo, éd. J. Hetzel, 1879, vol. VII, chap. Depuis l’exil 1876-1885, p. 116 (texte intégral sur Wikisource)


Ce que Paris conseille, l'Europe le médite ; ce que Paris commence, l'Europe le continue.
  • « Ateliers nationaux » (20 juin 1848), dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. J. Hetzel, A. Quantin, 1883, vol. Actes et paroles. I, partie Assemblée constituante, p. 214 (voir la fiche de référence de l'œuvre)


Enfin, il y a un livre, un livre qui semble d'un bout à l'autre une émanation supérieure, un livre qui est pour l'univers ce que le Koran est pour l'islamisme, ce que les Védas sont pour l'Inde, un livre qui contient toute la sagesse humaine éclairée par toute la sagesse divine, un livre que la vénération des peuples appelle le livre, la Bible !
  • Assemblée nationale, séance du 15 janvier 1850. Discours prononcé par M. Victor Hugo, dans la discussion de la loi sur l'instruction publique, Victor Hugo, éd. Lyon : impr. de Boursy, 1850, p. 8


Le livre, comme livre, appartient à l'auteur, mais comme pensée, il appartient -le mot n'est pas trop vaste- au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous
  • Discours d'ouverture du Congrès littéraire international de 1878., Victor Hugo, éd. In Libro Veritas, 2005, p. 1

Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère.

Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli.

La misère, messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir jusqu'où elle est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au Moyen Âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?

Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n'ayant pour lits, n'ayant pour couvertures, j'ai presque dit pour vêtement, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures s'enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l'hiver.

Voilà un fait. En voulez-vous d'autres ? Ces jours-ci, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l'on a constaté, après sa mort, qu'il n'avait pas mangé depuis six jours.

Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !

Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière ; que je m'en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l'homme, que ce sont des crimes envers Dieu !

Vous n'avez rien fait, j'insiste sur ce point, tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral consolidé ![1]

  • Victor Hugo, discours du 9 juillet 1849 à l'Assemblée Nationale
Les coupables seront châtiés, certes, tous les coupables, et châtiés sévèrement, il le faut ; mais pas une tête ne tombera ; pas une goutte de sang, pas une éclaboussure d’échafaud ne tachera la robe immaculée de la République de Février. La tête même du brigand de décembre sera respectée avec horreur par le progrès. La révolution fera de cet homme un plus grand exemple en remplaçant sa pourpre d’empereur par la casaque de forçat. Non, nous ne répliquerons pas à l’échafaud par l’échafaud. Nous répudions la vieille et inepte loi du talion. Comme la monarchie, le talion fait partie du passé ; nous répudions le passé. La peine de mort, glorieusement abolie par la république en 1848, odieusement rétablie par Louis Bonaparte, reste abolie pour nous, abolie à jamais. Nous avons emporté dans l’exil le dépôt sacré du progrès ; nous le rapporterons à la France fidèlement. Ce que nous demandons à l’avenir, ce que nous voulons de lui, c’est la justice, ce n’est pas la vengeance
  • Discours sur la tombe de Jean Bousquet, 20 avril 1853., Victor Hugo, éd. Éditions Points, 2010, p. 49


Autres genres[modifier]

L’Archipel de la Manche, 1883[modifier]

L'Atlantique ronge nos côtes. […]. Ce prodigieux travail, aujourd'hui ralenti, a été terrible. Il a fallu pour le contenir cet éperon immense, le Finistère. Qu'on juge de la force du flux polaire et de la violence de cet affouillement par le creux qu'il a fait entre Cherbourg et Brest. […]. La dernière voie de fait décisive de l'océan sur notre côte a pourtant date certaine. En 709, soixante ans avant l'avènement de Charlemagne, un coup de mer a détaché Jersey de la France. D'autres sommets des terres antérieurement submergées sont, comme Jersey, visibles. Ces pointes qui sortent de l'eau, sont des îles. C'est ce qu'on nomme l'archipel normand.


Choses vues, 1830[modifier]

Voir le recueil de citations : Choses vues

William Shakespeare, 1864[modifier]

Le monde naît, Homère chante. C’est l’oiseau de cette aurore.
  • William Shakespeare, Victor Hugo, éd. A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, éditeurs, 1864, livre II, chapitre II, §1, p. 58


Post-scriptum de ma vie, 1901[modifier]

Le travail de l’homme, la fonction divine de sa liberté, le but de sa vie, c’est de construire sur la terre à l’état d’œuvres réelles, les trois notions idéales, c’est de faire chair le vrai, le beau et le juste, c’est en un mot de laisser après sa mort debout derrière lui sa conscience faite action.


Citations le concernant[modifier]

Gustave Flaubert[modifier]

HUGO (Victor). A eu bien tort, vraiment, de s'occuper de Politique !


Alexandre Najjar[modifier]

Souviens-toi avec quelle sérénité M. de Chasteuil a affronté le départ de sa mère. Victor Hugo, qui a perdu sa fille, disait que « les morts sont des invisibles, mais non des absents ! » Ta maman est toujours présente, même si on ne la voit pas. Prête l’oreille au silence, tu l’entendras…
  • Kadicha, Alexandre Najjar, éd. Plon, 2011, p. 188


Sainte-Beuve[modifier]

Dans ce recueil des Ombres et Rayons, il y a des choses aussi belles que jamais, mais aussi il y en a de plus détestables et d'insupportables vraiment. Conçoit-on par exemple que, parlant de l'amour, et après une longue et assez poétique énumération,
«Aimer, c'est comprendre les cieux,
C'est mettre (qu'on dorme ou qu'on veille)
Une lumière dans ses yeux,
Une musique en son oreille,»
il ajoute comme chose toute simple :
«C'est se chauffer à ce qui bout !»
N'est-ce pas exactement comme si, au plus beau milieu du plus beau salon, on apportait tout d'un coup une marmite ? Il y a désormais force de ces incongruités-là chez Hugo ; ce ne sont plus des taches, ce sont des immondices.

  • Mes Poisons, Sainte-Beuve, éd. La Table Ronde, 2006  (ISBN 2-7103-2862-3), chap. IV. Sur Victor Hugo, p. 48


Hugo enfin veut être de l'Académie ; il s'en occupe, il vous en entretient gravement, il s'y appesantit durant des heures, il vous reconduit par distraction du boulevard Saint-Antoine à la Madeleine, à minuit, tout en vous en parlant. Dès que Hugo tient une idée, toutes ses forces s'y portent en masse et s'y concentrent ; et l'on entend arriver du plus loin sa grosse cavalerie d'esprit, artillerie et train, et métaphores.

  • Mes Poisons, Sainte-Beuve, éd. La Table Ronde, 2006  (ISBN 2-7103-2862-3), chap. IV. Sur Victor Hugo, p. 50


Hugo croit les hommes et le monde plus bêtes en vérité qu'ils ne le sont. Le monde est malin. Lui, le jeune et illustre Caliban, il y est pris, il le sera toujours. Son orgueil lui bouche la fenêtre. Les Girardin le flattent, l'exaltent, l'accaparent : cela me fait l'effet d'une pêche à la baleine ; ils le pêcheront.

  • Mes Poisons, Sainte-Beuve, éd. La Table Ronde, 2006  (ISBN 2-7103-2862-3), chap. IV. Sur Victor Hugo, p. 51


Hugo a du grossier et du naïf (je l'ai dit souvent, et je le redis ici d'après une personne qui le connaît encore mieux que moi). Juliette [Drouet] vieillie le garde par ses flatteries basses auxquelles il est pris. L'acteur Frédérick l'avait dit dès le premier jour : «Elle le prendra en lui disant : Tu es grand! Et elle le gardera en lui disant: Tu es beau! Il y va chaque jour parce qu'il a besoin de s'entendre dire : Tu rayonnes, et elle le lui dit. Elle le lui écrit jusque dans ses comptes de cuisine qu'elle lui soumet (car avec cela il est ladre),» et elle prend note ainsi : «Reçu de mon trop chéri…, reçu de mon roi…, de mon ange, de mon beau Victor, etc. tant pour le marché, — tant pour le blanchissage — quinze sous qui ont passé par ses belles mains, etc.»

  • Mes Poisons, Sainte-Beuve, éd. La Table Ronde, 2006  (ISBN 2-7103-2862-3), chap. IV. Sur Victor Hugo, p. 55


Camille Saint-Saëns[modifier]

A mesure que j'avançais en âge, mon « hugolâtrie » grandissait, et chaque nouvelle œuvre du poète, attendue avec impatience, était dévorée dès son apparition. Si j'entendais autour de moi grincer d'irritantes critiques, je me réconfortais en causant avec Berlioz, qui voulait bien m'honorer de son amitié et dont l'admiration pour Hugo égalait la mienne.
  • Regards sur mes contemporains, Camille Saint-Saëns, éd. Ed. Bernard Coutaz, 1990, p. 162


Citations rapportées[modifier]

Le président de la république : en France, l'égal de tous les citoyens ; hors de France, l'égal de tous les souverains.
  • Choses vues, le 29 septembre 1848.
  • L'élection présidentielle en France 1958-2007, Michel Winock, éd. Flammarion, 2007, p. 7


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