Aller au contenu

Utilisateur:Jean Po/Brouillon

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.

François-Régis de La Bourdonnaye, né en 1767 à La Varenne et mort en 1839 au château du Mésangeau, est un homme politique français et un ultraroyaliste.

Discours

[modifier]

Discours du 11 novembre 1815 sur l'amnistie

[modifier]
Le moment de la justice est arrivé; ses effets doivent être prompts et terribles, pour que le calme et la tranquillité renaissent de toutes parts.
  • Histoire du gouvernement parlementaire en France, 1814-1848: précédée d'une introduction (1816), Prosper Duvergier de Hauranne, éd. L. G. Michaud, 1816, p. 308-309 (lire en ligne)


C'est en précipitant ces hommes superbes de la hauteur où leurs crimes les ont élevés que vous donnerez des leçons utiles de modération et de vertu.
  • Histoire du gouvernement parlementaire en France, 1814-1848: précédée d'une introduction (1816), Prosper Duvergier de Hauranne, éd. L. G. Michaud, 1816, p. 308-309 (lire en ligne)


Pour arrêter leurs trames criminelles, il faut des fers, des bourreaux, des supplices. La mort, la mort seule peut effrayer leurs complices et mettre fin à leurs complots. Et vous remarquerez, messieurs, dans l'histoire même de notre Révolution, que c'est sous les gouvernements les plus modérés que les rébellions ont été les plus fréquentes, tandis que, sous le règne de la Convention, sous le sceptre de fer du tyran, les efforts les plus dangereux contre la tyrannie n'ont pu réunir qu'un petit nombre de conspirateurs.
  • Histoire du gouvernement parlementaire en France, 1814-1848: précédée d'une introduction (1816), Prosper Duvergier de Hauranne, éd. L. G. Michaud, 1816, p. 308-309 (lire en ligne)


Ce ne sera qu'en jetant une salutaire terreur dans l'âme des rebelles que vous préviendrez leurs coupables projets. Ce ne sera qu en faisant tomber la tête de leurs chefs que vous isolerez les factieux... Défenseurs de l'humanité, sachez répandre quelques gouttes de sang pour en épargner des torrents.
  • Histoire du gouvernement parlementaire en France, 1814-1848: précédée d'une introduction (1816), Prosper Duvergier de Hauranne, éd. L. G. Michaud, 1816, p. 308-309 (lire en ligne)


Discours du 28 décembre 1816 sur la loi électorale

[modifier]
Il était naturel de penser qu’une loi aussi regrettée serait reproduite ; cependant, le même ministère qui l’avait si vigoureusement défendue l’abandonne aujourd’hui, et vous soumet un projet de loi d’élection dans un système absolument opposé ! Comme si, depuis la dernière session, une invasion de barbares, renversant le gouvernement établi, bouleversant à la fois notre système politique et celui des propriétés, avait fait de nous un peuple nouveau ; ou que l’introduction d’un seul ministre dans le conseil eût pu changer les maximes de la monarchie et les principes sur la matière. Étrange inconstance ! Tâtonnement politique ! Parce que loin d’asseoir sur ses bases le gouvernement légitime, il l’ébranle chaque jour, remettant sans cesse en question ce qui était résolu, rappelant la discussion sur les points les plus délicats, et démontrant si clairement l’incertitude des principes d’après lesquels nous sommes gouvernés, qu’étonné de sa situation précaire, chacun se demande la matin si elle ne changera pas avant la fin du jour. De là, pour l’homme privé, le tourment de vivre sans projet, sans calculs et sans avenir ; de là, l’incertitude des fonctionnaires publics, leur conduite équivoque ; et pour tous, l’empressement extrême de deviner tout changement possible, redoutant beaucoup moins les plus inconcevables que le danger d’en paraitre surpris. État révolutionnaire qui tue l’esprit public, qui fait que l’on n’est plus ni Français, ni sujet, ni magistrat, ni citoyen, mais cosmopolite indifférent dans sa propre patrie, sans attachement pour ce qui existe, sans opinion pour l’avenir, uniquement occupé à accroître, à quelque prix et par quelque moyen que ce soit, une fortune indépendante, et facile à faire disparaitre.
  • Chambre des députés. Opinion de M. le comte de la Bourdonnaye, député de Maine et Loire, sur le projet de loi relatif aux élections: séance du 28 décembre 1816 (1816), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. L. G. Michaud, 1816, p. 3 (lire en ligne)


Ces faits connus, il en résulte que les éligibles, c'est-à-dire les grands propriétaires, n'auront aucune influence dans les collèges électoraux. A la vérité, la Charte exige que ce soit parmi eux que l'on choisisse les députés; mais il est évident que ce seront seulement ceux qui, par leurs intérêts et leurs opinions, se rapprochent davantage de la portion influente des collèges qui réuniront les suffrages.
  • Chambre des députés. Opinion de M. le comte de la Bourdonnaye, député de Maine et Loire, sur le projet de loi relatif aux élections: séance du 28 décembre 1816 (1816), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. L. G. Michaud, 1816, p. 6 (lire en ligne)


La grande propriété sans défenseurs sera sans cesse attaquée, parce qu'elle possède ce que les hommes recherchent le plus, la considération et la fortune. Dépouillée peu à peu, elle retombera bientôt dans la classe influente; et là, comme Anthée, reprenant de nouvelles forces en touchant la terre, elle se relèvera en attaquant à son tour jusqu à ce qu elle soit précipitée de nouveau. Lutte fatigante, vicissitude impolitique dans une monarchie où tout doit tendre à consolider la hiérarchie du pouvoir, à vieillir la propriété, pour donner au trône plus d appui et au peuple plus de garantie!
  • Chambre des députés. Opinion de M. le comte de la Bourdonnaye, député de Maine et Loire, sur le projet de loi relatif aux élections: séance du 28 décembre 1816 (1816), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. L. G. Michaud, 1816, p. 6 (lire en ligne)


Dans le système qui vous est présenté, voyez, au contraire, quels sont ceux dont vous excitez l'ambition, dont vous réveillez l'audace ? Des hommes que leur éducation, l'habitude de réfléchir ne portent que trop à se croire dignes d'arriver à tout, et que la modicité de leur fortune a forcé de se réduire à peu. Et vous croyez que des âmes ardentes, que leurs désirs et leurs facultés ont établies dans une lutte continuelle entre ce qu'elles peuvent et ce qu'elles ambitionnent, verront tomber la barrière qui les arrête, sans se lancer avec impétuosité dans la lice, sans y porter cette soif de richesses, cet amour du pouvoir qui, depuis vingt-cinq ans, ne nous ont que trop agités ?
  • Chambre des députés. Opinion de M. le comte de la Bourdonnaye, député de Maine et Loire, sur le projet de loi relatif aux élections: séance du 28 décembre 1816 (1816), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. L. G. Michaud, 1816, p. 9 (lire en ligne)


Que deviendront alors tous les raisonnements que j entendis hier partir de cette tribune sur l'indispensable nécessité de ne faire qu un collége électoral de tous les imposés à 300 francs de chaque département, lorsque les départements, immensement accrus, nous offriront un nombre triple d'électeurs accourant de cinquante lieues de leur domicile pour venir se reposer dans ces édifices hospitaliers que la munificence de deux orateurs nous a solennellement promis, et qui, bâtis sans doute sur les gigantesques proportions des caravenserails de l'Asie, nous rappelleront, par leur forme et leur usage, ce gouvernement de l'Orient, auquel on essaie si maladroitement de nous façonner?
  • Chambre des députés. Opinion de M. le comte de la Bourdonnaye, député de Maine et Loire, sur le projet de loi relatif aux élections: séance du 28 décembre 1816 (1816), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. L. G. Michaud, 1816, p. 10-11 (lire en ligne)


Qui pourrait comparer des colléges électoraux peu nombreux, composés d'hommes graves, en relations habituelles, façonnés dès long-temps aux formes sociales; des colléges où l'ordre et le silence conservent leur empire, à l'aggrégation fortuite de plusieurs milliers d'électeurs, sans liens et sans rapports entre eux; à défaut d'édifices assez vastes, réunis à leur arrivée sur les places publiques, groupés par partis, excités par des chefs, enflammés par leurs opinions, irrités par leurs souvenirs et mis hors d'eux-mêmes par ces traits d'une éloquence passionnée si communs dans nos assemblées politiques?
  • Chambre des députés. Opinion de M. le comte de la Bourdonnaye, député de Maine et Loire, sur le projet de loi relatif aux élections: séance du 28 décembre 1816 (1816), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. L. G. Michaud, 1816, p. 13 (lire en ligne)


Discours du 14 mars 1825 lors du débat sur le "milliard des émigrés"

[modifier]
On parle de l'intérêt des contribuables. Les contribuables voient le rétablissement de la tranquillité , de la concorde publiques ; ils voient toutes les classes replacées dans le même état qu'avant la révolution , dans un état calme et prospère. Ils sentent que de tels résultats ne seront point trop chèrement achetés.


Discours du 14 juillet 1828 sur la réorganisation de la Garde nationale de Paris

[modifier]
Une proposition vous est soumise, elle a pour but de présenter une humble adresse à Sa Majesté; de la supplier de rapporter l'ordonnance du licenciement de la Garde Nationale de Paris. Devez-vous la prendre en considération ou la rejeter? Telle est la question que je vais essayer de résoudre.
  • Opinion de M. le comte de La Bourdonnaye,... sur la proposition de M. Eusèbe Salverte, tendante à supplier le roi d'ordonner la réorganisation de la Garde nationale de Paris: comité secret du 14 juillet 1828 (1828), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. A. Henry, 1828, p. 2 (lire en ligne)


Ce n'est pas seulement, en effet, du licenciement de la Garde Nationale de Paris qu'il s'agit en ce moment, de son rétablissement, de l'influence de ce rétablissement sur le maintien ou le relâchement des règles de la subordination dans toutes les Gardes Nationales du royaume, dans l'armée elle-même; c'est du pouvoir du chef suprême de l’État sur la force publique, que vous délibérez.
  • Opinion de M. le comte de La Bourdonnaye,... sur la proposition de M. Eusèbe Salverte, tendante à supplier le roi d'ordonner la réorganisation de la Garde nationale de Paris: comité secret du 14 juillet 1828 (1828), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. A. Henry, 1828, p. 4 (lire en ligne)


Sans doute cet outrage à la Majesté royale ne fut que le tort du très-petit nombre. Mais fut-il réprimé à l'instant? fut-il seulement constaté officiellement de manière à faire connaître les coupables et à garantir que le résultat d'une procédure ne serait pas plus scandaleux encore que l'offense, et la punition plus fâcheuse que la mesure inculpée?
  • Opinion de M. le comte de La Bourdonnaye,... sur la proposition de M. Eusèbe Salverte, tendante à supplier le roi d'ordonner la réorganisation de la Garde nationale de Paris: comité secret du 14 juillet 1828 (1828), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. A. Henry, 1828, p. 6-7 (lire en ligne)


Pour juger celle qui nous est faite aujourd'hui, il suffit de se demander de bonne foi quel gouvernement représentatif serait possible dans un pays où non-seulement les Chambres auraient le droit de demander le renvoi des ministres, mais où elles s arrogeraient celui de réclamer l'impunité pour la force publique qui, par des cris tumultueux aurait impérieusement exigé ce renvoi, les armes à la main. Par cette impunité n'en feraient elles pas une garde prétorienne? N'appelleraient-elles pas tous les désordres et tous les désastres du Bas-Empire?
  • Opinion de M. le comte de La Bourdonnaye,... sur la proposition de M. Eusèbe Salverte, tendante à supplier le roi d'ordonner la réorganisation de la Garde nationale de Paris: comité secret du 14 juillet 1828 (1828), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. A. Henry, 1828, p. 7 (lire en ligne)


Constituerez-vous la force dans la force (comme on dit dans un pays voisin), c'est-à-dire, reconnaîtrez-vous la force légale dans la force armée, l'autorité publique dans les baïonnettes, le pouvoir celui qui les fait mouvoir? alors vous êtes assurés, sans doute, que ce qu'on put faire demander l'an passé contre les Ministres, on ne pourra jamais le faire demander contre les Chambres? car une reconnu et proclamé, le droit du plus fort n'a plus besoin que de recevoir l'impulsion. La délibération passe du forum dans les camps, et l'ordre légal n'est plus que l'ordre du jour et l'arbitraire du moment.
  • Opinion de M. le comte de La Bourdonnaye,... sur la proposition de M. Eusèbe Salverte, tendante à supplier le roi d'ordonner la réorganisation de la Garde nationale de Paris: comité secret du 14 juillet 1828 (1828), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. A. Henry, 1828, p. 7-8 (lire en ligne)


A pareil jour, à pareille heure, peut-être, excitées par des discussions imprudentes, en 1789, les passions de la multitude renversèrent en quelques instans une monarchie de quatorze siècles, que tant d'inté rêts prescrits par le tems, que tant d'institutions consacrées par nos mœurs semblaient rendre inébranlable. Elle s'est écroulée, cette monarchie, devant l'opinion publique qu'on avait égarée. Elle s'est écroulée en ensevelissant sous ses débris une partie de la famille royale et le plus juste des Rois! Elle s'est écroulée en entraînant dans sa chute les fortunes privées et la fortune publique, les monumens de notre gloire et la religion de nos pères, la génération qui l'avait sapée dans ses fondemens, et la génération qui l'avait défendue.
  • Opinion de M. le comte de La Bourdonnaye,... sur la proposition de M. Eusèbe Salverte, tendante à supplier le roi d'ordonner la réorganisation de la Garde nationale de Paris: comité secret du 14 juillet 1828 (1828), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. A. Henry, 1828, p. 11-12 (lire en ligne)


Messieurs, avant de prendre en considération la proposition qui vous est faite, rappelez-vous le 14 juillet, et comparez ce qu'il faut d'efforts pour renverser une monarchie de quatorze siècles et une restauration de quatorze années!
  • Opinion de M. le comte de La Bourdonnaye,... sur la proposition de M. Eusèbe Salverte, tendante à supplier le roi d'ordonner la réorganisation de la Garde nationale de Paris: comité secret du 14 juillet 1828 (1828), François-Régis de La Bourdonnaye, éd. A. Henry, 1828, p. 12 (lire en ligne)


Autres

[modifier]
Quand je joue ma tête, je veux au moins tenir les cartes.
  • Propos tenus le 8 novembre 1829 envers le roi Charles X en déposant sa démission du cabinet du prince de Polignac
  • Souvenirs historiques parlementaires du comte de Pontécoulant: Extraits de ses papiers et de sa correspondance, 1764-1848 (1863), Comte Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant, éd. Michel Lévy frères, 1863, vol. 3-4, p. 173


Sur le comte de La Bourdonnaye

[modifier]
M. de La Bourdonnaye la faction de 1815, avec ses amnisties meurtrières, ses lois de proscriptions, sa clientèle de massacreurs méridionaux.
  • Extrait d'un article du journaliste Saint-Marc dans le Journal des débats du 15 aout 1829 réagissant à la composition du cabinet du prince de Polignac
  • La duchesse de Berry et la cour de Charles X (1888), Imbert de Saint-Amand, éd. Dentu, 1888, p. 317 (lire en ligne)


Bibliographie

[modifier]
  • Discours du 28 décembre 1816 sur le projet de loi électorale.[1]
  • Discours du 25 janvier 1817 sur la liberté des journaux [2]
  • Discours de 1818 sur le projet de loi sur le recrutement dans l'armée. [3]
  • Discours de 1819 sur le budget des dépenses du ministère de la guerre. [4]
  • Discours du 16 mai 1821 projet de loi sur les pensions ecclésiastiques. [5]
  • 14 juillet 1828 [6]