Société secrète

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Une société secrète est une organisation sociale qui demande que ses membres gardent une partie de ses activités et de ses motivations loin des regards de personnes qui lui sont étrangères, des médias et de l'État. Les buts supposés de ces sociétés sont fréquemment d'ordre politique et dans ce cas on peut parler de conspirationnisme, mystique ou criminel. Les membres ont parfois l’obligation de ne pas dévoiler ou de nier leur appartenance au groupe.

Histoire[modifier]

Jacques Crétineau-Joly, L'église romaine en face de la Révolution, tome II, 1859[modifier]

Ces termites rongent à l'intérieur les poutres d'une maison, et, avec un art admirable, ils savent laisser intacte la surface du bois ainsi rongé. Mais cette surface est si mince que le doigt de l'homme, en si appuyant, fait craquer la poutre. Ce procédé des termites est à l'usage de toutes les Sociétés secrètes ; la haute vente l'appliqua contre le Siège romain.
  • À propos de la Alta Vendita (la Haute Vente) des Carbonari.
  • L'église romaine en face de la Révolution, tome II, Jacques Crétineau-Joly, éd. Henri Plon, Paris, 1859, p. 91-92


John Dickie, Cosa Nostra — La mafia sicilienne de 1860 à nos jours, 2004[modifier]

[...] Les loges maçonniques, importées de France vers la Sicile en passant par Naples aux alentours de 1820, devinrent rapidement populaires parmi les ambitieux opposants des classes moyennes au régime des Bourbons. Elles organisaient des cérémonies d'initiation, et leurs lieux de réunion étaient souvent décorés de poignards ensanglantés, avertissement adressé aux traîtres potentiels. Les membres d'une secte maçonnique appelés les carbonari (brûleurs de charbon) s'étaient également fixé pour objectif la révolution patriotique. En Sicile, certaines de ces loges se transformèrent parfois en factions politiques ou en gangs criminels ; un rapport officiel de 1830 parle d'un cercle carbonaro cherchant à obtenir le monopole des marchés publics locaux.
  • Cosa Nostra — La mafia sicilienne de 1860 à nos jours, John Dickie (trad. Anne-Marie Carrière), éd. Perrin, coll. « Tempus », 2007  (ISBN 978-2-262-02727-8), partie Initiation, chap. 1 — Genèse de la Mafia 1860-1876, p. 65


Pour la Mafia, devenir une seule et unique société secrète utilisant les rites maçonniques présentait de nombreux avantages. Une cérémonie d'initiation inquiétante et une constitution mettant en préambule la punition des traîtres aidaient à créer la confiance au sein de l'oganisation ; c'était là un bon moyen de faire monter le prix de la traîtrise parmi les criminels qui, sans cela, se seraient trahis les uns les autres sans la moindre hésitation.
  • Cosa Nostra — La mafia sicilienne de 1860 à nos jours, John Dickie (trad. Anne-Marie Carrière), éd. Perrin, coll. « Tempus », 2007  (ISBN 978-2-262-02727-8), partie Initiation, chap. 1 — Genèse de la Mafia 1860-1876, p. 65


Littérature[modifier]

Essai[modifier]

Paul Copin-Albancelli, Le Drame maçonnique — Le Pouvoir occulte contre la France, 1908[modifier]

Les vrais conspirateurs ont senti le défaut d'une pareille conception de la société secrète. […] le plus sûr était de ne prendre aucune précaution pour cacher l'existence de la société secrète ; mais qu'il fallait organiser celle-ci de telle façon qu'elle apparût au public et même aux adhérents comme ayant un but tout autre que celui qu'elle est destinée à réaliser.
  • Le Drame maçonnique. Le Pouvoir occulte contre la France, Paul Copin-Albancelli, éd. Lyon et Paris, Emmanuel Vitte et La Renaissance française, 1908, chap. I, Qu'est-ce qu'une société secrète ? La franc-maçonnerie en est-elle une ?, p. 66


Le progrès dans les sociétés secrètes supérieures consiste en ceci : un peu plus de perversité mieux organisée sans cesse ajouté à l'héritage de la secrète organisation des perversités anciennes.
  • La Guerre occulte, les sociétés secrètes contre les nations, Paul Copin-Albancelli, éd. Perrin et Cie, Paris, 1925, chap. XI, p. 232


La véritable lutte contre les sociétés secrètes se résume en ces trois mots : empêcher leur recrutement.
  • La Guerre occulte, les sociétés secrètes contre les nations, Paul Copin-Albancelli, éd. Perrin et Cie, Paris, 1925, chap. Conclusion, p. 281

Roman[modifier]

Leonardo Sciascia, Le Jour de la chouette, 1961[modifier]

— Mettons tout de même les choses sur un autre plan. Un procès a-t-il jamais révélé qu'il existe une association criminelle appelée mafia, à laquelle on puisse attribuer en toute certitude la commande et l'exécution d'un crime ? A-t-on jamais trouvé un document, un témoignage, une preuve quelconque établissant un rapport certain entre un fait criminel et ce qu'on appelle la mafia ? Si ce rapport n'existe pas, et en admettant que la mafia existe, moi je peux vous le dire : c'est une société de secours mutuels secrets, au même titre que la franc-maçonnerie. Pourquoi n'attribuez-vous pas certains crimes à la franc-maçonnerie ? Il y a tout autant de preuves que la franc-maçonnerie se livre à des actes criminels qu'il y en a contre la mafia...


Médias[modifier]

Presse[modifier]

Emmanuel Ratier, Réfléchir et Agir n°18, 2004[modifier]

Dans un système où l'information circule très vite, les sociétés secrètes [...] fonctionnent beaucoup moins bien qu'avant puisqu'il est loisible à chacun d'être informé rapidement.


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