Musique

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La Musique désigne l'art de combiner les sons, en respectant certaines règles.

Film[modifier]

Professeur Holland[modifier]

Glenn Holland : Vous savez, la musique c'est beaucoup plus que des notes sur une page. [Il met le 45 tours de Louie Louie interprété par les Kingsmen.] Ces gars-là par exemple, écoutez. De toute évidence, ils ne savent pas chanter et n'ont aucun sens de l'harmonie. Et puis, ils jouent les mêmes trois accords du début à la fin. Et ben j'adore ça ! Et vous, vous aimez ?
Gertrude Lang : Oui.
Glenn Holland : Pourquoi ?
Gertrude Lang : J'en sais rien du tout.
Glenn Holland : Faites un effort.
Gertrude Lang : Parce que ça balance.
Glenn Holland : Oui, voilà. Parce que faire de la musique, c'est amusant ou ça devrait l'être. Ça parle à notre cœur, ça parle de sentiments et d'émotions qu'on partage et de la sensation magnifique qu'il y a d'être en vie, et ce n'est pas des notes sur une page. Les notes, je peux très bien vous les apprendre, mais pas l'émotion !

  • Richard Dreyfuss et Alicia Witt, Professeur Holland (1995), écrit par Patrick Sheane Duncan


Ecrits[modifier]

Marie d'Agoult[modifier]

Ce soir-là, ses salons en stuc blanc chargé d'or étaient éclairés avec plus de splendeur que de coutume (...) Un orchestre puissant faisait retentir d'une musique provocante ces espaces sonores où les femmes aux courtes tuniques, aux cheveux parfumés, ruisselants de pierreries, les bras nus, les épaules nues, arrivaient une à une et se prenaient la main, comme des fées qui se rassemblent pour un joyeux sortilège.


Gabriele D'Annunzio[modifier]

[...] dans le silence favorable, s’éleva un prélude de violons. Les violes et les violoncelles unirent à cette plainte suppliante un plus profond soupir. N’était-ce pas, après la flûte et le crotale, après les instruments orgiaques dont les sons troublent la raison et provoquent le délire, n’était-ce pas l’auguste lyre dorienne, grave et suave, harmonieux support du chant ? Ainsi du bruyant Dithyrambe était né le Drame. La grande métamorphose du rite dionysiaque, la frénésie de la fête sacrée devenant la créatrice inspiration du poète tragique, était figurée dans cette alternance musicale.

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 56


— Ah ! rendre à la mélodie sa simplicité naturelle, sa perfection ingénue, sa divine innocence, la tirer toute vive de la source éternelle, du mystère même de la nature, de l’âme même de l’Univers ! As-tu jamais médité ce mythe qui se rapporte à l’enfance de Cassandre ? Une nuit, on la laissa dans le temple d’Apollon ; et, au matin, on la retrouva étendue sur le marbre, enlacée dans les anneaux d’un serpent qui lui léchait les oreilles. Depuis lors, elle comprit toutes les voix éparses dans l’air, elle connut toutes les mélodies du monde. La puissance de la Divinatrice n’était qu’une puissance musicale. Une partie de cette vertu apollinienne entra dans les poètes qui coopérèrent à la création du Chœur tragique. Un de ces poètes se vantait de comprendre les voix de tous les oiseaux ; et un autre, de s’entretenir avec les vents ; et un autre, d’entendre parfaitement le langage de la mer. Plus d’une fois j’ai rêvé que j’étais étendu sur le marbre, enlacé dans les anneaux de ce serpent… Pour qu’il nous fût donné de créer l’art nouveau, il faudrait, Daniele, que ce mythe se renouvelât !

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. II. L'empire du silence, p. 512


Pierre Amoyal[modifier]

Qui a deux femmes perd son âme, qui a deux violons perd la raison.

  • Pour l'amour d'un Stradivarius, Pierre Amoyal, éd. Robert Laffont, 2004, p. 214, un si long chemin


On me demande souvent comment je débusque un futur talent. Il n'y a pas de science exacte, mais le regard d'un enfant qui écoute de la musique ne trompe jamais. On y lit sa sensibilité, son émotion, son désir de faire. Et aussi son attention au silence : le silence d'avant le concert, et le silence après la dernière note.

  • Pour l'amour d'un Stradivarius, Pierre Amoyal, éd. Robert Laffont, 2004, p. 221, La dernière leçon


Antonin Artaud[modifier]

Le soleil a comme un regard. Mais un regard qui regarderait le soleil. Le regard est un cône qui se renverse sur le soleil. Et tout l'air est comme une musique figée, mais une vaste, profonde musique, bien maçonnée et secrète, et pleine de ramifications congelées.

  • L'Ombilic des Limbes suivi du Pèse-nerfs et autres textes, Antonin Artaud, éd. Gallimard, coll. Poésie/Gallimard, 1956, partie L'Ombilic des Limbes, « Description d'un État Physique », p. 64


Jean Cocteau[modifier]

L’oreille réprouve mais supporte certaines musiques ; transportons-les dans le domaine du nez, elles nous obligeraient à fuir.

  • Le Coq et l'Arlequin — Notes autour de la musique, Jean Cocteau, éd. Ed. De la Sirène, 1918, p. 17


La ressemblance, en musique, ne consiste pas en une représentation, mais en une puissance de vérité masquée.

  • Le Coq et l'Arlequin, Jean Cocteau, éd. Ed. De la Sirène, 1918, p. 51


Roger-Pol Droit[modifier]

Les choses destinées à la musique forment une tribu à part. Leur relation au corps est tout à fait singulière. Elles lui dictent leur loi, en même temps, elles attendent tout de lui.
[…] Choses et corps donnent et reçoivent, se complètent, se maîtrisent réciproquement. Impossible de savoir qui joue de quoi, l'humain de la chose ou la chose de l'humain. Ils jouent l'un et l'autre et l'un de l'autre, en cela consiste le permanent miracle de la musique.

  • Dernières nouvelles des choses — Une expérience philosophique, Roger-Pol Droit, éd. Odile Jacob, 2003, p. 190-191


Witold Gombrowicz[modifier]

S'ils n'avaient pas su que Chopin était un génie et le pianiste aussi, peut-être auraient-ils écouté avec moins d'ardeur. Il est également possible que si chacun, pâle d'enthousiasme, applaudit, bisse et se démène, c'est parce que les autres aussi se démènent et poussent des cris ; en effet chacun pense que les autres éprouvent d'extraordinaires délices, des émotions célestes, de sorte que sa propre émotion commence à grandir sur le modèle d'autrui ; et il peut très bien arriver ainsi que, dans une salle de concert, nul ne soit directement enchanté, mais que tous manifestent leur enchantement parce que chacun se modèle sur ses voisins.

  • Ferdydurke (1937), Witold Gombrowicz (trad. Georges Sédir), éd. Gallimard, coll. Quarto, 1996 (ISBN 2-07-074493-0), chap. 4 Introduction à « Philidor doublé d'enfant », p. 333


Claire Julliard[modifier]

Pour le père de Chloé et de Colin, l'Amérique est avant tout la patrie du jazz qui insuffle à son texte des volutes de phrases sinueuses et bleutées.

  • La biographe Claire Julliard concernant Boris Vian.
  • Boris Vian (2007), Claire Julliard, éd. Folio, coll. Biographies, 2007 (ISBN 978-2-07-031963-3), L'écume et la Nausée, p. 105


Charles Robert Maturin[modifier]

J'étais amateur de musique ; je chantais souvent involontairement pendant l'office ; ma voix était belle, et ma profonde mélancolie lui donnait une expression peu ordinaire : ils en profitèrent pour m'assurer que mes chants étaient comme inspirés.


Camille Saint-Saëns[modifier]

On a pris la fâcheuse habitude de croire que, là où il y a des sons musicaux, il y a nécessairement de la musique. Autant voudrait dire qu'il y a littérature partout où l'on bavarde, peinture partout où l'on barbouille.

  • Regards sur mes contemporains, Camille Saint-Saëns, éd. Ed. Bernard Coutaz, 1990, p. 221


Alberto Savinio[modifier]

Le charme de l’harmonie est la plus grave atteinte à l’honneur de l’homme libre. Parmi les principales causes de criminalité par dégénérescence il faut placer — en premier lieu la musique : bien avant l’alcoolisme !
Des populations denses de gens idiots, ignorants, sales, malades, dégénérés, entrent dans le Temple de la Musique comme chez eux. Ils s’y trouvent — en effet — parfaitement chez eux, car on y célèbre un culte à la portée de toutes les plus répugnantes misères de l’esprit : c’est l’Assistance Publique pour tout le rejet de l’humanité.

  • « Un vomissement musical », Alberto Savinio, Dada, nº 1, Juillet 1917, p. 6


Boris Vian[modifier]

Il y a seulement deux choses : c'est l'amour, de toutes les façons, avec de jolies filles, et la musique de la Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington.

  • Propos de Boris Vian rapportés par la biographe Claire Julliard.
  • Boris Vian (2007), Claire Julliard, éd. Folio, coll. Biographies, 2007 (ISBN 978-2-07-031963-3), L'écume et la Nausée, p. 27


[...] A la Bastille, si vous jouez autre chose que de l'accordéon, vous vous faites tuer. Aux Champs-Elysées, soit vous jouez autre chose que de la musique douce, soit vous vous faites tuer. Et dans les autres endroits, en général, si vous jouez autre chose que des sambas, vous vous faites tuer. Il ne reste guère que Saint-Germain-des-Prés.

  • Boris Vian (2007), Claire Julliard, éd. Folio, coll. Biographies, 2007 (ISBN 978-2-07-031963-3), Histoires de caves, p. 155


Renée Vivien[modifier]

Les Soeurs du silence

Les fenêtres [du monastère] étaient larges, et, toujours grandement ouvertes sur la mer, elles contenaient toute la courbe glorieuse de l’Arc-en-Ciel. Lorsque l’orgue répandait la tempête de ses foudres et de ses tonnerres, lorsque les violons sanglotaient toute l’angoisse divine, les vagues mêlaient aux chants l’éternité de leur rythme monocorde.

  • La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, Les Soeurs du silence, p. 54



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