Platon

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Platon (sous les traits de Léonard de Vinci) dans L'École d'Athènes de Raphaël

Platon (né en 428 av. J.-C. et mort en 348/347 av. J.-C.) est un philosophe grec, disciple de Socrate.


Gorgias[modifier]

Socrate : Je suis de ceux qui ont plaisir à être réfutés, s'ils disent quelque chose de faux, et qui ont plaisir aussi à réfuter les autres, quand ils avancent quelque chose d'inexact, mais qui n'aiment pas moins à être réfutés qu'à réfuter. Je tiens en effet qu'il y a plus à gagner à être réfuté, parce qu'il est bien plus avantageux d'être soi-même délivré du plus grand des maux que d'en délivrer autrui ; car, à mon avis, il n'y a pour l'homme rien de plus funeste que d'avoir une opinion fausse sur le sujet qui nous occupe aujourd'hui.

  • Socrate s'entretient avec Gorgias concernant l'art de la rhétorique.
  • Gorgias, Platon (trad. Emile Chambry), éd. Flammarion, coll. « Librio », 2013  (ISBN 978-2-290-05865-7), p. 24


Critias[modifier]

Тimée : Avec quel plaisir, Socrate, j’arrive au terme de ce discours ; il me semble que je respire enfin après une longue route. Puisse ce Dieu que nous venons d’établir et de proclamer tout à l’heure, bien qu’il ne soit pas nouveau, nous tenir compte des vérités que nous avons pu dire, et nous imposer la punition que nous méritons s’il nous est échappé involontairement des choses indignes de lui. Or, la punition due à celui qui s’égare, c’est de l’éclairer. Nous prions donc ce Dieu, pour qu’à l’avenir, en traitant de la génération des Dieux, nous puissions dire la vérité ; nous le prions de nous accorder le plus sûr et le meilleur talisman, la science.


La République[modifier]

Voir le recueil de citations : La République

Il y a, selon moi, naissance de société du fait que chacun de nous, loin de se suffire à lui-même, a au contraire besoin d'un grand nombre de gens.

  • La République (IVème siècle av. J.-C.), Platon, éd. Pleiade, 1950, partie II, (369c), p. 914


Et, par conséquent, en ce sens encore, la possession, autant que l'accomplissement de ce qui nous est propre et qui est nôtre, on s'accorderait à dire que c'est justice.

  • La République (IVème siècle av. J.-C.), Platon, éd. Pleiade, 1950, partie IV, (433c), p. 1000


Le contraire de cette injustice serait donc la justice, qui consisterait pour chaque classe - celle de l'homme d'affaire, celle du militaire auxiliaire, celle du gardien - à exercer ses propres activités dans la cité ; c'est cela qui rendrait la cité juste. [...] Une cité semblait précisément être juste quand les trois groupes naturels présents en elle exerçaient chacun sa tâche propre, et elle nous semblait modérée, ou encore courageuse et sage, en raison d'affections et de dispositions particulières de ces mêmes groupes.

  • La République (IVème siècle av. J.-C.), Platon, éd. GF Flammarion, 2002, partie IV, (434c-435b), p. 239


Il faut, répondis-je, d'après ce dont nous sommes convenus, que, le plus souvent possible, ce soit l'élite des hommes qui ait commerce avec l'élite des femmes, et, au contraire, le rebut avec le rebut; que les rejetons des premiers soient élevés, non ceux des seconds, si l'on veut que le troupeau garde sa qualité éminente.

  • La République (IVème siècle av. J.-C.), Platon, éd. Pleiade, 1950, partie V, (459c), p. 1033


Aucun homme libre ne doit s'engager dans l'apprentissage de quelque connaissance que ce soit comme un esclave.

  • La République (IVème siècle av. J.-C.), Platon, éd. GF Flammarion, 2002, partie VII, (536e), p. 393


Si l'on arrive pas, ou bien à ce que les philosophes règnent dans les cités, ou bien à ce que ceux qui à présent sont nommés rois et hommes puissants philosophent de manière authentique et satisfaisante, et que coïncident l'un avec l'autre pouvoir politique et philosophie; et à ce que les nombreuses natures de ceux qui à présent se dirigent séparément vers l'une ou l'autre carrière en soient empêchées par la contrainte, il n'y aura pas de cesse aux maux des cités, ni non plus il me semble, du genre humain.

  • La République (IVème siècle av. J.-C.), Platon (trad. Pierre Pachet), éd. Folio essais, 1993, partie V, 473d, p. 293


Apologie de Socrate[modifier]

Voir le recueil de citations : Apologie de Socrate (Platon)

Une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue.

  • Apologie de Socrate - Criton - Phédon, Platon (trad. Émile Chambry), éd. Garnier-Flammarion, 1965, partie 38a, p. 51


Il n'y a pas de mal possible pour l'homme de bien, ni pendant sa vie, ni après sa mort.

  • Apologie de Socrate - Criton - Phédon, Platon (trad. Émile Chambry), éd. Garnier-Flammarion, 1965, p. 54


Mais voici l'heure de nous en aller, moi pour mourir, vous pour vivre. Qui de nous a le meilleur partage, nul ne le sait, excepté le dieu.

  • Apologie de Socrate - Criton - Phédon, Platon (trad. Émile Chambry), éd. Garnier-Flammarion, 1965, p. 55


Phédon[modifier]

Socrate à Cébès : Il ne faut pas se tuer avant que Dieu nous en impose la nécessité, comme il le fait aujourd'hui pour moi.

  • Apologie de Socrate - Criton - Phédon, Platon (trad. Émile Chambry), éd. Garnier-Flammarion, 1965, p. 110


Socrate à Simmias : Simmias, à parler exactement, aucune âme n’aura part au vice, si elle est une harmonie ; car il est hors de doute qu’une harmonie, si elle est pleinement ce qu’est une harmonie, n’aura jamais part à la dissonance.

  • Phédon, Platon (trad. Émile Chambry), éd. Garnier - Flammarion, 1973, p. 100


Socrate à Cébès : Lorsqu’on a ressenti la violence d’un plaisir ou d’une peine, d’une peur ou d’un appétit, le mal qu'on subit en conséquence n’est pas tellement celui auquel on pourrait penser, mais celui qu’on subit sans s’en rendre compte.

  • Phédon, Platon (trad. Monique Dixsaut), éd. Garnier - Flammarion, 2008, p. 1203


Citations rapportées de Platon[modifier]

L'excès de liberté ne peut tourner qu'en un excès de servitude.


Qu'est-ce que craindre la mort, sinon se prétendre en possession d'un savoir que l'on n'a pas ?

  • Citation de Socrate


Citations sur Platon[modifier]

Charles Huit[modifier]

L’histoire de la philosophie ne renferme pas un second exemple d’un penseur aussi illustre effaçant de son œuvre les moindres traces de sa personnalité, afin de faire spontanément hommage de ses méditations les plus profondes, de ses inspirations les plus éloquentes à celui dont les leçons lui avaient ouvert la voie de la vérité.

  • La Vie et l’Œuvre de Platon, Charles Huit, éd. Librairie Thorin et fils, 1893, t. I, partie La Vie de Platon, chap. III. Platon jusqu’à la mort de Socrate, p. 47


Joseph Joubert[modifier]

Il y a des citations dont il faut faire usage, pour donner au discours plus de force, pour y ajouter des tons plus tranchants, en un mot, pour en fortifier les pleins. Il en est d’autres qui sont bonnes pour y jeter de l’étendue, de l’espace, et, pour ainsi dire, du ciel, par des teintes plus délayées. Telles sont celles de Platon.


Platon trouva la philosophie faite de brique, et la fit d’or.


Dans Platon, l’esprit de poésie anime les langueurs de la dialectique.


Platon doit être traduit d’un style pur, mais un peu lâche, un peu traînant. Ses idées sont déliées ; elles ont peu de corps, et, pour les revêtir, il suffit d’une draperie, d’un voile, d’une vapeur, de je ne sais quoi de flottant. Si on leur donne un habit serré, on les rend toutes contrefaites.


Michel de Montaigne[modifier]

Cléombrotus Ambraciota, ayant lu le Phédon de Platon, entra en si grand appétit de la vie à venir que, sans autre occasion, il s'alla précipiter en la mer.


Jacqueline de Romilly[modifier]

On lit aujourd’hui plus volontiers les présocratiques que Platon : Nietzsche, en ce domaine, a montré la voie. Et notre époque en général pourrait bien être un terrain défavorable : elle est à la fois trop matérialiste, trop hantée par l’absurde et la relativité, trop ouverte, aussi, à toutes les tolérances, pour se reconnaître en Platon.

  • Pourquoi la Grèce ? (1992), Jacqueline de Romilly, éd. Éditions de Fallois, coll. « Le Livre de poche », 1994  (ISBN 978-2-253-13549-4), chap. VIII. La Philosophie, p. 288-289


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