Intelligence

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L'intelligence est l'ensemble des facultés mentales permettant de comprendre les choses et les faits, de découvrir ces relations entre elles pour aboutir à une connaissance conceptuelle et rationnelle. Elle peut être également définie comme la faculté d'adaptation.

Allégorie de l'intelligenceCesare Dandini (1656)

Daniel Pennac, Chagrin d'école, 2007[modifier]

La naissance de la délinquance, c'est l'investissement secret de toutes les facultés de l'intelligence dans la ruse.

  • Chagrin d'école, Daniel Pennac, éd. Gallimard, 2007, partie 1 (« La poubelle de Djibouti »), chap. 8, p. 37


Victor Hugo, Les Misérables, 1862[modifier]

La pensée est le labeur de l’intelligence, la rêverie en est la volupté.


Marie d'Agoult, Nélida, 1866[modifier]

— Et pourquoi voulez-vous que je m'irrite de ce qui se fait, se dit et se pense, là où je ne me soucie pas d'être ? dit Ewald à Guermann dans une discussion souvent renouvelée depuis la soirée de la taverne. Que m'importe à moi, je vous prie, cette espèce de prison dorée que vous appelez le monde, quand je possède de droit divin la création tout entière, avec tout ce qu'elle renferme de visible à mon oeil et d'appréciable à mon intelligence ?


Virginia Woolf, Les Vagues, 1952[modifier]

Repu comme l'enfant qui a pris le sein, je suis maintenant libre de m'enfoncer, profondément, dans ce qui se passe, cette vie, omniprésente, générale. (Comme tout dépend, me dis-je, du pantalon ; une tête intelligente est totalement handicapée par un pantalon élimé).


Marc Lévy, Et si c'était vrai..., 2000[modifier]

Identifier le bonheur lorsqu’il est à ses pieds, avoir le courage et la détermination de se baisser pour le prendre dans ses bras... et le garder. C’est l’intelligence du cœur. L’intelligence sans celle du cœur ce n’est que de la logique et ça n’est pas grand-chose.


Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce, 1947[modifier]

Nous savons au moyen de l'intelligence que ce que l'intelligence n'appréhende pas est plus réel que ce qu'elle appréhende.


Alain, Discours de distribution des prix au lycée de Lorient, 1895.[modifier]

Cultivez donc votre intelligence, chers élèves, mais prenez bien garde aussi qu'elle ne se subordonne tout le reste, et qu'ainsi l'accessoire ne devienne le principal. Que votre cœur ne soit pas la dupe de votre esprit. Pascal a dit : « Le cœur a ses raisons que la Raison ne connaît pas » ; ce mot profond n'est pourtant pas d'une exactitude absolue. Car si le cœur a ses raisons, la Raison les connaît et s'y reconnaît.
Toute l'oeuvre de la Raison consiste à subordonner l'Intelligence au Cœur.

  • Discours de distribution des prix au lycée de Lorient, en 1895.
  • à la jeunesse, anthologie de textes, discours à la jeunesse de France, éd. Librio, 2016 (ISBN 978-2-290-12061-3), p. 55


Presse[modifier]

Charles-Augustin Sainte-Beuve, Causeries du lundi[modifier]

Homme d'étude et de pensée, détaché d'assez bonne heure des passions et n'ayant du moins jamais été entraîné par elles, il habita et vécut dans la fermeté de l'intelligence. Très bon dans le particulier, naturel et simple, il mérita d'être aimé de tout ce qui l'entourait ; mais, même dans ses parties les plus humaines, on retrouverait ce côté ferme, indifférent, une équité bienveillante et supérieure plutôt que la tendresse de l'âme.

  • Les lumières et les salons — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. Hermann (éditeurs des sciences et des arts), coll. Collection savoir : lettres, 1992 (ISBN 2-7056-6178-6), partie Montesquieu, 18 et 25 octobre. Causeries du lundi, t. VII, p. 118


Littérature, Enquête — Pourquoi écrivez-vous ?, 1920[modifier]

Le vrai des choses entré dans l'intelligence, l'objet fait esprit, devient communicable.

  • « Notre enquête — Pourquoi écrivez-vous ? », Louis Dimier, Littérature, nº 11, Décembre 1920, p. 22


Albert Camus, L'homme révolté, 1951[modifier]

L'intelligence dans les chaînes perd en lucidité ce qu'elle gagne en fureur.

  • L'homme révolté (1951), Albert Camus, éd. Gallimard, coll. Folio/Essais, 1985 (ISBN 978-2-07-032302-9), partie 2 La révolte métaphysique, chap. La négation absolue, p. 57


Psychologie[modifier]

Paul-Claude Racamier, Les Schizophrènes, 1980[modifier]

Préambule et divertimento

Persée part chez la Gorgone. Encore lui faut-il savoir le chemin. Sur le conseil d'Athéna il s'en alla demander l'adresse des Gorgones à leurs trois autres soeurs, les Grées. Et dès lors apparaît le thème du regard, car pour obtenir ces renseignements, Persée dérobe aux vieilles Grées l'unique oeil qu'elles se partagaient à elles trois.
Persée ne part pas non plus sans armes : des Nymphes il reçoit le casque d'Hadès, qui rend invisible ; d'Hermès il reçoit des sandales ailées et une serpe ; d'Athéna enfin il reçoit un bouclier de peau poli comme un miroir, et un conseil : celui de ne regarder Méduse que dans ce miroir.
Après un vol sans histoire, Persée trouva enfin Méduse. Il la voit dans le miroir qui réfléchit — qui réfléchit : au lieu de se laisser piéger par les paradoxes médusants, Persée réfléchit sur le paradoxe, utilisant à cet effet l'instrument confié par la déesse de l'intelligence. Dès cet instant-là, Méduse est perdue, son pouvoir est annulé : la voilà qui dort. Alors il lui coupe le cou.


Schizogrammes

illusion Il ne faudrait quand même pas s'imaginer qu'un débile qui devient schizophrène soit pour autant intelligent.


De la pensée perverse au désordre de pensée

Cette pensée qui déstabilise le mental, serait-ce une pensée véritablement paradoxale ? Pas du tout : le paradoxe déroute, mais il donne quand même à penser. Il peut se muer en humour. Pas la pensée perverse. En vérité elle ne fait qu’attraper le moi ; elle décourage, démobilise et démolit la compréhension dans son principe même. Ses deux anti-mamelles sont la créativité et l’intelligence. Serait-elle simplement sotte — Elle est pire : anti-intelligente.

  • Pensée perverse et décervelage, 1992, De la pensée perverse au désordre de pensée, dans [1], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.


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