Croissance économique

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La croissance économique désigne la variation positive de la production de biens et de services marchands dans une économie sur une période donnée, généralement une période longue. En pratique, l'indicateur le plus utilisé pour la mesurer est le produit intérieur brut ou PIB. Il est mesuré « en volume » ou « à prix constants » pour corriger les effets de l'inflation. Le taux de croissance, lui, est le taux de variation du PIB. On utilise souvent la croissance du PIB par habitant comme indication de l'amélioration de la richesse individuelle, assimilée au « niveau de vie ».

Citations[modifier]

Matthieu Auzanneau[modifier]

Tous les gouvernements promettent la croissance sans expliquer d’où elle vient. On assume que la croissance du PIB provient du capital et du travail. Cependant, les économistes Reiner Kummel et Robert Ayres ont démontré que l’énergie, en particulier le pétrole, est la force principale derrière la croissance du PIB. Ils ont conclu que notre société consumériste se base sur une énergie bon marché. Une corrélation historique entre croissance et énergie, et particulièrement le pétrole, supporte leur conclusion.
  • (fr) « Énergies, économie, pétrole : revue mondiale novembre 2018 », Laurent Horvath, Le temps, 1er décembre 2018 (lire en ligne)


Kenneth E. Boulding[modifier]

Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste.
  • (en) Anyone who believes exponiential growth can go on forever in a finite world is either a madman or an economist.


Masanobu Fukuoka[modifier]

Pourquoi avez-vous à développer ? Si la croissance économique s'élève de 5 à 10 %, le bonheur va-t-il doubler ? Quel mal y a-t-il dans un taux de croissance de 0 % ? N'est-ce pas un type d'économie plutôt stable ? Pourrait-il y avoir quelque chose de mieux que de vivre simplement et sans souci ?
  • La révolution d'un seul brin de paille : Une introduction à l'agriculture sauvage, Masanobu Fukuoka, éd. Guy Trédaniel Éditeur, 2005, p. 179


Hervé Kempf[modifier]

Alors ? La croissance réduit-elle l'inégalité ? Non, comme le constatent les économistes pour la dernière décennie.
Réduit-elle la pauvreté ? Dans la structure sociale actuelle, seulement quand elle atteint des taux insupportables durablement, comme en Chine, où même ce progrès atteint ses limites.
Améliore-t-elle la situation écologique ? Non, elle l'aggrave.
Tout être censé devrait, soit démontrer que ces trois conclusions sont fausses, soit remettre en cause la croissance. Or on ne trouve pas de contestation sérieuse de ces trois conclusions dont conviennent mezzo voce plusieurs organismes internationaux et nombres d'observateurs. Et pourtant, personne parmi les économistes patentés, les responsables politiques, les médias dominants, ne critique la croissance, qui est devenue le grand tabou, l'angle mort de la pensée contemporaine.
Pourquoi ? Parce que la poursuite de la croissance matérielle est pour l'oligarchie le seul moyen de faire accepter aux sociétés des inégalités extrêmes sans remettre en cause celles-ci. La croissance crée en effet un surplus de richesse apparentes qui permet de lubrifier le système sans modifier la structure.


Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers[modifier]

Il fut un temps où les limites à la croissance appartenaient à un futur éloigné. Elles sont bien là, aujourd'hui. Il fut un temps où le concept d'effondrement était inconcevable. Il fait aujourd'hui son apparition dans les discours publics [...]. Nous estimons qu'il faudra encore 10 ans pour pouvoir observer clairement les conséquences du dépassement et 20 ans pour que le dépassement soit accepté comme un état de fait.


[...] une croissance exponentielle ne peut jamais continuer très longtemps dans un contexte d'espace et de ressources finis.


C'est pourquoi à partir d'un certain moment, on ne peut plus dire que la croissance va permettre à l'économie de d'être assez riche pour financer la dépollution. La croissance entraîne en réalité l'économie dans une augmentation non linéaire des coûts jusqu'au moment où toute dépollution supplémentaire ne peut plus être financée. Arrivée à ce stade, une société raisonnable stopperait l'expansion de son activité puisque la poursuite de la croissance n'améliore plus le bien-être de ses citoyens.


Jean-Marie Pelt[modifier]

Il paraît chaque jour plus évident que la croissance économique ne se poursuit qu’au prix d’une décroissance écologique, tout comme une tumeur cancéreuse ne s’alimente qu’au détriment de l’organisme qu’elle épuise : dans les deux cas, le bilan final est désastreux.

  • L’Homme re-naturé, Jean-Marie Pelt, 1977
  • « Hommage : Jean-Marie Pelt et les flambeaux de notre vie », Johannes Hermann, Revue Limite, 24 décembre 2015 (lire en ligne)


Joël de Rosnay[modifier]

On confond en effet la croissance zéro avec un arrêt du progrès technique et intellectuel de l'humanité. Ou avec un équilibre statique. Or natalité et production industrielle sont des flux. L'objet de l'économie stationnaire devait être le maintien de la richesse à un niveau désiré, grâce à la régulation de ces flux à leur début minimum. S'efforcer de les accroître comme s'ils représentaient en eux-mêmes une richesse est absurde.
  • Le Macroscope, Joël de Rosnay, éd. Le Seuil, 1975, p. 238


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