Bande dessinée

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Un choix d'exemples d'albums montrant la diversité de la bande dessinée. De gauche à droite : des mangas, des bandes dessinées franco-belges, des comics et des romans graphiques.

Une bande dessinée (dénomination communément abrégée en BD ou en bédé) est une forme d'expression artistique, souvent désignée comme le « neuvième art », utilisant une juxtaposition de dessins (ou d'autres types d'images fixes, mais pas uniquement photographiques), articulés en séquences narratives et le plus souvent accompagnés de textes (narrations, dialogues, onomatopées). Apparue au cours du XIXe siècle, elle se répand massivement au XXe siècle en se diversifiant beaucoup et acquiert peu à peu une reconnaissance critique et publique. Aux États-Unis, on parle de comics, tandis qu'au Japon cet art est appelé manga.

Citations[modifier]

Claire Bretécher[modifier]

L'Express : Vous avez été une pionnière dans le monde très masculin de la bande dessinée. Cela a-t-il été difficile ?
Claire Bretécher : J'ai toujours été bien accueillie. C'était comme une distraction de voir débarquer une fille. Je n'ai jamais ressenti de misogynie. C'était mal vu, à une époque, de dire cela. Il fallait raconter qu'on avait dû lutter durement !

  • « Claire Bretécher: "Je suis raisonnablement misanthrope" », Claire Bretécher, propos recueillis par Marion Festraëts, L'Express, 19 mars 2019 (lire en ligne)


Thierry Cailleteau[modifier]

Avant, j'étais auteur et intransigeant avec mes éditeurs parce que je ne les comprenais pas - ni eux ni leurs problèmes - et je pensais qu'ils ne comprenaient pas les miens. Donc le dialogue n'était pas toujours évident. J'ai donc pu voir les deux facettes et, à l'arrivée, je me rends compte que le boulot d'éditeur n'est pas facile, je demande donc moins de choses à mes éditeurs mais plus fermement.
  • « Interview de Thierry Cailleteau & Olivier Vatine. Aquablue », Thierry Cailleteau (propos recueillis par Catherine Henry), BD Paradisio, 2004 (lire en ligne)


André Franquin[modifier]

Gaston représenté sur une fresque à la station Janson du métro léger à Charleroi (Belgique).
On s'en fichait quand on a commencé mais quand on a commencé, la bande dessinée était vraiment méprisée. En France un peu plus qu'ici parce qu'ils sont plus littéraires. Mais maintenant on a pris la bande dessinée très au sérieux. Je trouve que la vedette d'une bande dessinée c'est le héros, c'est pas le dessinateur. Je ne suis pas une star, bon Dieu, mince la star, c'est... Gaston !


Jean Giraud[modifier]

Télérama : Pourquoi la BD a-t-elle aussi peu de reconnaissance officielle en France ?
Parce qu'elle porte un péché originel : avoir travaillé pour les enfants. Quand je suis arrivé dans le métier à la fin des années 1950, le mot d'ordre était : « Pas de vagues. » Tout le monde était dans le collimateur de la police, au moindre faux pas, une image dérangeante, un dialogue pas clair, c'était la convocation au Quai des Orfèvres et le risque d'être suspendu, au nom de la protection de l'enfance.

  • « Mœbius : “J'ai très tôt été attiré par l'envers du décor” », Jean Giraud, propos recueillis par Stéphane Jarno, Télérama, 1er octobre 2010 (lire en ligne)


Nous étions une phalange d'aventuriers fous, Gotlib, Mandryka, Bretécher, Druillet qui prétendions changer le regard porté sur la BD. Nous ne supportions plus qu'Hergé ou Jacobs soient considérés comme des auteurs mineurs, nous voulions démontrer que notre « sous-genre » pouvait sans se renier accompagner les lecteurs dans l'âge adulte. Jusqu'alors, quand on devenait « grand », on brûlait symboliquement deux choses : les culottes courtes et les bandes dessinées. Grâce à nous, les adultes d'aujourd'hui n'ont plus honte de faire leur coming out bédéphile.
  • « Mœbius : “J'ai très tôt été attiré par l'envers du décor” », Jean Giraud, propos recueillis par Stéphane Jarno, Télérama, 1er octobre 2010 (lire en ligne)


Bruno Maïorana[modifier]

J’aime faire des dessins libres, pleine page, en m’amusant sur la composition ou le sujet. Et si j’ai arrêté de faire de la BD, c’est tout simplement parce que ma façon de dessiner, le fait que je sois exigeant -je ne parle pas de talent mais d’exigence en terme de travail, donc en terme de temps de travail- est clairement incompatible matériellement avec l’accélération forcenée de la production actuelle.
  • Sur son choix d'arrêter de faire de la bande dessinée en 2014.
  • « Bruno Maïorana : « La BD me manquera jusqu’à la fin de ma vie. » », Bruno Maïorana, ActuaBD, 16 décembre 2015 (lire en ligne)


La BD classique a un gros problème, majeur et fondamental, c’est qu’elle exige du temps. Simplement du temps. Et on n’en a plus. J’ai arrêté parce que la bande dessinée ne me permettait tout simplement plus de vivre. C’est tout. Si on dessine des BD dans le même style que moi, on ne peut faire que ça à temps plein, vraiment que ça, on en est prisonnier. Et pourtant on ne peut pas faire deux albums dans une année, ce n’est pas possible. On se heurte à des problèmes vraiment concrets.
  • Sur son choix d'arrêter de faire de la bande dessinée en 2014.
  • « Bruno Maïorana : « La BD me manquera jusqu’à la fin de ma vie. » », Bruno Maïorana, ActuaBD, 16 décembre 2015 (lire en ligne)


Va-t-on dire à un ébéniste qu’il va trop lentement quand on lui demande de nous faire une commode Louis XIV ? Non ! On considère qu’il prend le temps qu’il faut. Un dessinateur lent, ça n’existe pas. Même si on s’est évertué à nous le faire croire depuis ces dernières années. C’est faux : un dessinateur prend juste le temps qu’il faut pour faire une BD !
  • « Bruno Maïorana : « La BD me manquera jusqu’à la fin de ma vie. » », Bruno Maïorana, ActuaBD, 16 décembre 2015 (lire en ligne)


Jean-Claude Mézières[modifier]

Jean-Claude Mezieres en 2007.
Ce qui était essentiel en fait, c'est que nous étions payés pour faire des progrès ! Ce n'est plus le cas maintenant. Aujourd'hui, les jeunes auteurs doivent être nettement plus aboutis pour espérer signer un contrat d'album, et faire leurs preuves.
  • Au sujet de ses premières publications dans Le Journal des jeunes, Cœurs vaillants et Fripounet.


Moi, je ne m'intéresse pas au dessin seul (je rencontre d'ailleurs des tas de gens qui dessinent beaucoup mieux que moi), mais je sais exactement si un dessin raconte ce qu'il doit raconter. Je trouve d'ailleurs que beaucoup de grands professionnels ne sont pas assez lucides sur ce problème. Il faut montrer ce qui est nécessaire au récit et pas seulement se faire plaisir graphiquement. Il n'y a pas de règles. On ne peut pas définir ce qui fait une bonne mise en scène ou ce qui permet de bien mener un récit. Il faut voir au cas par cas. A petites doses, c'est passionnant.
  • À propos de ses ateliers de bande dessinée assurés pour Canal Choc dans les années 1970.


Benoît Peeters[modifier]

Sans doute le travail théorique mené par certains d’entre nous a-t-il porté quelques fruits, mais c’est surtout l’évolution de la bande dessinée elle-même au cours des dernières années qui a joué un rôle décisif dans la reconnaissance de son statut culturel. Aujourd’hui, les grands auteurs – qu’il s’agisse des Américains Art Spiegelman et Chris Ware ou des Français David B., Joann Sfar, Lewis Trondheim et Emmanuel Guibert – sont aussi de grands connaisseurs de l’histoire du genre. Ils travaillent davantage les particularités de cet outil et produisent des œuvres très élaborées. De sorte que nous ne sommes guère surpris de voir Joann Sfar faire la couverture d’un hebdomadaire généraliste ou la BD entrer au musée.
  • « Hors-série Books : interview de Benoit Peeters », Benoît Peeters (propos recueillis par la revue Books), Actualitté, 10 avril 2010 (lire en ligne)


Certains intellectuels font même profession de mépris pour cet univers, à l’instar d’Alain Finkielkraut, qui continue d’associer Internet et bande dessinée – et probablement aussi le rock – comme autant de manifestations de la sous-culture. Mais il s’agit surtout d’ignorance et d’incuriosité. Bien sûr, une immense partie de la production est médiocre. Mais c’est aussi le cas en littérature ou dans n’importe quel domaine artistique. Le problème, c’est que le grand public manque des outils critiques, comme ceux déployés par la presse à propos du cinéma ou du roman, lui permettant de s’orienter au milieu de la production pléthorique des dernières années.
  • « Hors-série Books : interview de Benoit Peeters », Benoît Peeters (propos recueillis par la revue Books), Actualitté, 10 avril 2010 (lire en ligne)


Patrice Pellerin[modifier]

Il faut se rendre compte qu'il y a des tas de choses dont on ne parle pas. C'est un travail au quotidien, on n'attend pas que l'inspiration nous tombe du ciel, on va la chercher en travaillant.
  • Au sujet du métier dessinateur, qu'il a appris entre autres au contact de Pierre Joubert.
  • À propos de L'Épervier (2005), Patrice Pellerin (propos recueillis par Stephan Caluwaerts et Philippe Wurm), éd. éditions À propos, 2005, p. 12


Ce que j'aime dans la bande dessinée par rapport à la peinture contemporaine, c'est qu'elle n'a absolument pas renié toutes les richesses apportées au cours des siècles passés. Les dessinateurs réalistes ont cette culture de la peinture classique. Nous utilisons les mêmes techniques de dessin, de perspective, etc... Nous n'avons rien rejeté, tout en créant un art inédit.
  • À propos de L'Épervier (2005), Patrice Pellerin (propos recueillis par Stephan Caluwaerts et Philippe Wurm), éd. éditions À propos, 2005, p. 23


En dessin réaliste, si vous dessinez un nez de travers ou si un de vos personnages louche, vous le constaterez toujours ou on vous le fera remarquer. Une erreur d'écriture est nettement plus difficile à corriger.
  • Au sujet de la difficulté d'écrire les scénarios.
  • À propos de L'Épervier (2005), Patrice Pellerin (propos recueillis par Stephan Caluwaerts et Philippe Wurm), éd. éditions À propos, 2005, p. 31


François Schuiten[modifier]

Selon moi, il y a encore un mépris institutionnel face à la bande dessinée… ce qui provoque les débordements du monde marchand. Lorsque Beaubourg réalise une exposition Franquin, elle est constituée en majeure partie de fac-similés. Ils n’ont pas la même rigueur, la même ambition que pour les autres arts ! Et tant que dessinateur, cela me révolte !
  • « François Schuiten : « L’Affaire Jacobs nous pose à tous un cas de conscience » », François Schuiten (propos recueillis par ActuaBD), ActuaBD, 10 février 2018 (lire en ligne)


J’ai le sentiment qu’aujourd’hui un dessinateur de BD vit de moins en moins bien de son art. Moi-même, au fur et à mesure de ma carrière, j’ai dû me diversifier. Je me suis tourné vers l’illustration, l’affiche, la scénographie. Pour financer la création longue de mes BD, j’ai dû parfois avoir recours à la vente d’originaux. C’est une équation que je n’arrive plus à résoudre. C’est pour cette raison que j’ai envie de tirer le signal d’alarme pour moi comme pour les autres dessinateurs. Le scénariste Yann disait il y a peu que «les dessinateurs de BD étaient la variable d’ajustement de la création»... Je vois un système qui s’affole... Cela m’inquiète fortement.
  • « François Schuiten: «Arrêter la BD? Il ne faut jamais dire jamais!» », François Schuiten, propos recueillis par Olivier Delcroix, Le Figaro, 6 juin 2019 (lire en ligne)


Bill Watterson[modifier]

Beaucoup de strips ont, vous savez, le personnage comique, l'homme droit, le faire-valoir... ces personnages sont des stéréotypes, et assez plats. Le rôle de ces personnages dans le strip est entièrement défini par leur fonction en tant que membre d'un groupe social ou d'un groupe d'âge, etc. et j'essaie d'éviter cela aussi complètement que je le peux. J'essaie de conférer à chaque personnage, même ceux qui ne sont pas si importants, une personnalité unique qui, au fil du temps, va se développer.
  • (en) Many strips have, you know, the funny character, the straight man, the foil — those characters are stereotypes and fairly flat. The role of these characters in the strip is entirely defined by their function as a member of a social group or age group, or whatever, and I’m trying to avoid that as much as I possibly can. I try to make each character, even the ones that aren’t that important, a unique personality that, over time, will develop.
  • (en) « The Bill Watterson Interview », Bill Watterson (propos recueillis par Richard Samuel West) (trad. Wikiquote), The Comics Journal, nº 127, mars 1989 (republié en ligne le 6 décembre 2013) (lire en ligne)


L'aspect visuel des BD est ce qui m'a fait choisir ce métier au départ.
  • (en) The visual aspect of comics is what got me into the profession in the first place.
  • (en) « The Bill Watterson Interview », Bill Watterson (propos recueillis par Richard Samuel West) (trad. Wikiquote), The Comics Journal, nº 127, mars 1989 (republié en ligne le 6 décembre 2013) (lire en ligne)


Le problème de la taille est crucial pour quiconque s'intéresse à la qualité des BD. Pour économiser de la place, des emplacements d'articles et de l'argent, les journaux ont constamment réduit la taille des BD pendant des années. Cela en est arrivé au point que les BD ne peuvent plus faire ce qu'elles font le mieux. Les planches de BD consistent en mots et en images, mais ne reste plus que peu de place pour les uns et pour les autres.
  • (en) The size issue is crucial to anyone who cares about quality in cartoons. To save space, newsprint, and money, newspapers have been reducing the size of comics for years. It has gotten to the point now, where cartoons can no longer do what they do best. Comic strips are words and pictures, but there is little room for either any more.
  • Sur la place de plus en plus restreinte accordée aux BD par les journaux.
  • (en) « The Bill Watterson Interview », Bill Watterson (propos recueillis par Richard Samuel West) (trad. Wikiquote), The Comics Journal, nº 127, mars 1989 (republié en ligne le 6 décembre 2013) (lire en ligne)


Articles connexes[modifier]

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