François Schuiten

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François Schuiten (prononciation : « s’cueille-teun »1, [skœj.'tœn]), né le 26 avril 19562 à Bruxelles, est un dessinateur de bande dessinée et scénographe belge, rendu célèbre par la série de bande dessinée fantastique Les Cités obscures réalisée en collaboration avec le scénariste Benoît Peeters.

Citations[modifier]

Au sujet des Cités obscures[modifier]

Je trouve que la plus belle chose qui puisse arriver à un auteur - pour reprendre la métaphore de la cartographie - c'est de continuer à explorer et à cartographier son imaginaire. Le problème, c'est que tout est là pour vous fossiliser, les gens attendent que vous fassiez le même livre parce qu'ils l'ont aimé. Et toi, tu DOIS les décevoir pour pouvoir survivre. C'est une telle équation ! Et tellement douloureuse ! Les gens me disent : est-ce que tu ne pourrais pas me dessiner quelques immeubles, quelques bâtiments Art Nouveau, etc… Et j'ai envie de leur répondre : c'est presque vulgaire, ce que vous me demandez ! Pour moi, tout ça, c'est le résultat de récits et de personnages, mais ça ne m'intéresse pas de dessiner des briques !
  • « Interview de François Schuiten à l'occasion de la sortie de "La Frontière Invisible" », François Schuiten (propos recueillis par Thierry Bellefroid), BD Paradisio, 2002 (lire en ligne)


À propos d'E.P. Jacobs[modifier]

Pourquoi les histoires d’E. P. Jacobs sont-elles si profondément inscrites en nous ? Les images nous reviennent avec la même force qu’à la première lecture, et on ne peut s’empêcher d’y revenir, inlassablement, comme pour percer à jour le secret de leur envoûtement. Entrer dans cette œuvre, c’est partir en quête d’une source qui a nourri notre enfance.
  • « "Le Dernier Pharaon", l’hommage de François Schuiten à Blake et Mortimer », François Schuiten (propos recueillis par ActuaBD), ActuaBD, 28 mai 2019 (lire en ligne)


Au sujet du monde de la bande dessinée[modifier]

Si je prends un peu de recul avec toutes mes années de labeur, je me rends compte que je ne suis plus en phase avec le système de la BD actuelle. Je ne sais pas m’adapter à cela. Ce système d’édition, qui pousse les auteurs à la surproduction d’albums, m’inquiète et me fait peur.
  • « François Schuiten: «Arrêter la BD? Il ne faut jamais dire jamais!» », Sindbad Rumney Guggenheim, Le Figaro, 6 juin 2019 (lire en ligne)


J’ai le sentiment qu’aujourd’hui un dessinateur de BD vit de moins en moins bien de son art. Moi-même, au fur et à mesure de ma carrière, j’ai dû me diversifier. Je me suis tourné vers l’illustration, l’affiche, la scénographie. Pour financer la création longue de mes BD, j’ai dû parfois avoir recours à la vente d’originaux. C’est une équation que je n’arrive plus à résoudre. C’est pour cette raison que j’ai envie de tirer le signal d’alarme pour moi comme pour les autres dessinateurs. Le scénariste Yann disait il y a peu que «les dessinateurs de BD étaient la variable d’ajustement de la création»... Je vois un système qui s’affole... Cela m’inquiète fortement.
  • « François Schuiten: «Arrêter la BD? Il ne faut jamais dire jamais!» », Sindbad Rumney Guggenheim, Le Figaro, 6 juin 2019 (lire en ligne)


À propos de la conservation du patrimoine de la bande dessinée[modifier]

La Belgique ne remplit pas son rôle ! L’État n’a pas accueilli (et n’accueille toujours pas) les planches. Le Centre Belge de la Bande Dessinée n’a pas les fonds pour prendre le relais. Et par défaut, la Fondation Roi Baudouin est devenue le principal acteur patrimonial de la bande dessinée belge.
  • « François Schuiten : « L’Affaire Jacobs nous pose à tous un cas de conscience » », François Schuiten (propos recueillis par ActuaBD), ActuaBD, 10 février 2018 (lire en ligne)


Je pense surtout que les Institutions sont en retard par rapport au marché. Elles n’ont pas pris conscience de la nécessité de protéger ce travail artistique. Par exemple, je ne comprends pas que certains auteurs de bande dessinée passent leurs derniers jours (ou années) dans des conditions très difficiles, alors que l’État pourraient les aider en échange d’un don patrimonial de leurs planches. Le cas de Jidéhem [fameux auteur de BD mort dans la pauvreté] est à ce titre aussi emblématique que triste ! En dépit de son apport incontestable à la bande dessinée, le Ministère de Finances n’a pas fait l’effort de trouver une solution digne pour lui, et bénéficiaire pour l’État. L’hypocrisie règne… Et pas seulement en Belgique ! Le Centre Beaubourg n’a jamais acheté une planche de bande dessinée. La planche du Lotus bleu qu’ils détiennent est un don. Pourtant, ils s’intéressent à la photographie, l’architecture, la publicité… Mais pas à la BD !
  • « François Schuiten : « L’Affaire Jacobs nous pose à tous un cas de conscience » », François Schuiten (propos recueillis par ActuaBD), ActuaBD, 10 février 2018 (lire en ligne)


Selon moi, il y a encore un mépris institutionnel face à la bande dessinée… ce qui provoque les débordements du monde marchand. Lorsque Beaubourg réalise une exposition Franquin, elle est constituée en majeure partie de fac-similés. Ils n’ont pas la même rigueur, la même ambition que pour les autres arts ! Et tant que dessinateur, cela me révolte !
  • « François Schuiten : « L’Affaire Jacobs nous pose à tous un cas de conscience » », François Schuiten (propos recueillis par ActuaBD), ActuaBD, 10 février 2018 (lire en ligne)


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