Friedrich Nietzsche

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Nietzsche

Friedrich Wilhelm Nietzsche est un philosophe et un philologue allemand né le 15 octobre 1844 à Röcken, Prusse, près de Leipzig, et mort le 25 août 1900 à Weimar (Allemagne).

Sommaire

[modifier] La Naissance de la tragédie, 1873

La connaissance tue l'action, pour agir il faut être obnubilé par l'illusion.

  • La Naissance de la tragédie (1872), Friedrich Nietzsche (trad. Hans Hildebrand et Laurent Valette), éd. 10/18, 1991 (ISBN 2-264-01447-4), partie 7, p. 73


[modifier] Vérité et Mensonge au sens Extra-Moral, 1873

Au détour de quelque coin de l'univers inondé des feux d'innombrables systèmes solaires, il y eut un jour une planète sur laquelle des animaux intelligents inventèrent la connaissance. Ce fut la minute la plus orgueilleuse et la plus mensongère de l'"histoire universelle", mais ce ne fut cependant qu'une minute. Après quelques soupirs de la nature, la planète se congela et les animaux intelligents n'eurent plus qu'à mourir. Telle est la fable qu'on pourrait inventer, sans parvenir à mettre suffisamment en lumière l'aspect lamentable, flou et fugitif, l'aspect vain et arbitraire de cette exception que constitue l'intellect humain au sein de la nature. Des éternités ont passé d'où il était absent; et s'il disparaît à nouveau, il ne se sera rien passé.

  • Vérité et Mensonge au sens Extra-Moral (1973), Friedrich Nietzsche (trad. Michel Haar et Marc Launay), éd. Éditions Gallimard, coll. Pléiade, 1975 et 2000, t. I, partie 7, chap. 1, p. 403


[modifier] Humain, trop humain, 1878

Le sentiment de plaisir fondé sur les relations humaines rend en général l'homme meilleur ; la joie goûtée en commun, le plaisir pris ensemble s'en trouvent accrus, donnent de l'assurance à l'individu, le rendent bienveillant, abolissent la méfiance, l'envie.

  • (fr) Open for business (2007), Jaap Bloem & Menno van Doorn (trad. Audrey Vuillermier), éd. VINT, 2007 (ISBN 978-90-75414-20-2), p. 149


Les médecins les plus dangereux sont ceux qui, comédiens nés, imitent le médecin-né avec un art consommé d'illusion.

  • (fr) Dictionnaire de citations du monde entier, Florence Montreynaud et Jeanne Matignon, éd. Le Robert, 1979, p. 60


[modifier] Le Gai Savoir, 1882

Être profond et sembler profond. — Celui qui se sait profond s'efforce d'être clair ; celui qui voudrait sembler profond à la foule s'efforce d'être obscur.

  • Le Gai Savoir, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1901, partie Livre 3, p. § 173


- Le plus important des événements récents, - le fait « que Dieu est mort », que la croyance au Dieu chrétien a été ébranlée - commence déjà à projeter sur l'Europe ses premières ombres.

  • Le Gai Savoir, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1901, p. § 343


[modifier] Ainsi parlait Zarathoustra, 1885

Mais une fois que Zarathoustra fut seul, il se dit en son cœur : « Serait-ce possible ! Ce vieux saint dans sa forêt n'a pas encore entendu dire que Dieu est mort ! »

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Geneviève Bianquis), éd. Flammarion, coll. GF-Flammarion, 1969, partie I, chap. « Prologue de Zarathoustra », 2, p. 47


Voici, je vous enseigne le Surhumain !
Le Surhumain est le sens de la terre. Que votre volonté dise : que le Surhumain soit le sens de la terre.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie I, chap. « Prologue de Zarathoustra », 3, p. 9


Je vous le dis : il faut encore porter en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez encore un chaos en vous.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie I, chap. « Prologue de Zarathoustra », 5, p. 14


Zarathoustra ne doit pas être le berger et le chien d'un troupeau ! Pour détourner beaucoup de gens du troupeau — voilà pourquoi je suis venu.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie I, chap. « Prologue de Zarathoustra », 9, p. 22


Je ne pourrais croire qu'à un Dieu qui saurait danser.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie I, chap. « Lire et écrire », p. 50


Et garde-toi des bons et des justes ! Ils aiment à crucifier ceux qui s'inventent leur propre vertu, — ils haïssent le solitaire.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie I, chap. « La Voie du Créateur », p. 84


Il y a des hommes à qui tu ne dois pas donner la main, mais seulement la patte : et je veux que la patte ait aussi des griffes.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie I, chap. « La Voie du Créateur », p. 84


L'homme doit être élevé pour la guerre et la femme pour le délassement du guerrier : tout le reste est folie !

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie I, chap. « La vieille et la jeune femme », p. 87


« TOUS LES DIEUX SONT MORTS : MAINTENANT, VIVE LE SURHUMAIN ! »

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie I, chap. « De la vertu qui donne », p. 106


Créer, c'est la grande délivrance de la douleur, et l'allègement de la vie.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie 2, chap. « Sur les îles bienheureuses », p. 115


« Vouloir » délivre.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie 2, chap. « Sur les îles bienheureuses », p. 115


   Il fait nuit : voici que s'élève plus haut la voix des fontaines jaillissantes : et mon âme, elle aussi, est une fontaine jaillissante.

   Il fait nuit : c'est maintenant que s'éveillent tous les chants des amoureux. Et mon âme, elle aussi, est un chant d'amoureux.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie 2, chap. « Le Chant de la nuit », p. 144


Ils ne sont pas non plus assez propres pour moi : ils troublent tous leurs eaux pour les faire paraître profondes.

  • À propos des poètes.
  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie 2, chap. « Des poètes », p. 180


L'homme est quelque chose qui doit être surmonté.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie 3, chap. « Des vieilles et nouvelles tables », 4, p. 282


Être véridiques : peu de gens le savent ! Et celui qui le sait ne veut pas l'être !

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie 3, chap. « Des vieilles et nouvelles tables », 7, p. 284


Ce qui a son prix a peu de valeur.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie 3, chap. « Des vieilles et nouvelles tables », 12, p. 288


La vie est une source de joie : mais pour celui qui laisse parler son estomac gâté, le père de la tristesse, toutes les sources sont empoisonnées.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie 3, chap. « Des vieilles et nouvelles tables », 16, p. 292


Je trace des cercles autour de moi et de saintes frontières ; il y en a toujours moins qui montent avec moi sur des montagnes toujours plus hautes : j'élève une chaîne de montagnes toujours plus saintes.

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie 3, chap. « Des vieilles et nouvelles tables », 19, p. 292


Deviens qui tu es !

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie 4, chap. « L'Offrande du miel », p. 335


Avez-vous du courage, ô mes frères ? Êtes-vous résolus ? Non pas du courage devant des témoins, mais du courage de solitaires, du courage d'aigles dont aucun dieu n'est plus spectateur ?

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1898, partie 4, chap. « De l'homme supérieur », 4, p. 407


[modifier] Par-delà bien et mal, 1886

On commence à se méfier des personnes très avisées dès qu'elles sont embarrassées

  • Par-delà le bien et le mal, Friedrich Nietzsche (trad. Angèle Kremet-Marietti), éd. L'Harmattan, 2006 (ISBN 229600041X), chap. IV (« Maximes et intermèdes »), § 88, p. 102


La maturité de l’homme : cela veut dire retrouver le sérieux que l'on avait au jeu, étant enfant.

  • Par-delà le bien et le mal, Friedrich Nietzsche (trad. Angèle Kremet-Marietti), éd. L'Harmattan, 2006 (ISBN 229600041X), chap. IV (« Maximes et intermèdes »), § 94, p. 103


[modifier] Crépuscule des idoles, 1888

Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort.


Sans la musique, la vie serait une erreur, une besogne éreintante, un exil.

  • Le Crépuscule des idoles, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Société du Mercure de France, 1906, partie Maximes et flèches, §33, p. 113 (texte intégral sur Wikisource)


Parvenir à la puissance se paie cher : la puissance abêtit.


Pour vivre seul, il faut être une bête, ou un dieu, dit Aristote. Reste un troisième cas : il faut être les deux à la fois... philosophe.

  • Le Crépuscule des idoles, Friedrich Nietzsche (trad. Jean-Claude Hémery), éd. Gallimard, 1974 (ISBN 2-07-032474-5), partie Maximes et traits, p. 11


Comment ? Tu cherches à te multiplier par dix, par cent ? Tu cherches des disciples ? Cherche alors des zéros !

  • Le Crépuscule des idoles, Friedrich Nietzsche (trad. Jean-Claude Hémery), éd. Gallimard, 1974 (ISBN 2-07-032474-5), partie Maximes et traits, p. 13


Qui ne sait mettre sa volonté dans les choses, y met au moins un sens : cela revient à croire qu'une volonté s'y trouve déjà (principe de la "foi").

  • Le Crépuscule des idoles, Friedrich Nietzsche (trad. Jean-Claude Hémery), éd. Gallimard, 1974 (ISBN 2-07-032474-5), partie Maximes et traits, p. 13


Seules les pensées que l'on a en marchant valent quelque chose.

  • Le Crépuscule des idoles, Friedrich Nietzsche (trad. Jean-Claude Hémery), éd. Gallimard, 1974 (ISBN 2-07-032474-5), partie Maximes et traits, p. 16


Et qui, aujourd'hui, rit le mieux, rira le dernier.

  • Le Crépuscule des idoles, Friedrich Nietzsche (trad. Jean-Claude Hémery), éd. Gallimard, 1974 (ISBN 2-07-032474-5), partie Maximes et traits, p. 18


[modifier] L’Antéchrist, 1888

Tenir pour sincère un Paul de Tarse, dont la patrie était le centre du rationalisme stoïcien, lorsqu'il arrange une hallucination en preuve de la “survie” du Rédempteur ou simplement lui prêter la foi qu'il raconte qu'il a eu cette hallucination, voilà qui serait pure niaiserie de la part d'un psychologue : Paul voulait la fin, par conséquent il voulait aussi les moyens... Ce que lui-même ne croyait pas, les imbéciles parmi lesquels il répandait sa doctrine le crurent. - Son besoin à lui, c'était le pouvoir : en Paul, c'était encore le prêtre qui aspirait au pouvoir, - tout ce qu'il lui fallait, c'étaient des idées, des enseignements, des symboles, grâce auxquels il pût tyranniser les masses, former des troupeaux. Quel est le seul emprunt que, plus tard, Mahomet fît au christianisme ? L'invention de Paul, son moyen d'asseoir la tyrannie des prêtres, de former des troupeaux : la croyance en l'immortalité - c'est-à-dire la doctrine du "jugement".

  • L’Antéchrist (1888), Friedrich Nietzsche, éd. Gallimard, 2006 (ISBN 2070325571), aphorisme 25, p. 45


Si l’Islam méprise le christianisme, il a mille fois raison : l’Islam suppose des hommes pleinement virils.

  • L’Antéchrist (1888), Friedrich Nietzsche, éd. Gallimard, 2006 (ISBN 2070325571), aphorisme 59, p. 85


Un pas de plus dans la psychologie de la conviction, de la « foi ». Il y a longtemps déjà que j’ai fait remarquer que les convictions sont peut-être des ennemis plus dangereux de la vérité que les mensonges (Humain, trop humain ; I, Aph. 483).

  • L’Antéchrist (1888), Friedrich Nietzsche, éd. Gallimard, 2006 (ISBN 2070325571), aphorisme 55, p. 77


Le christianisme nous a frustrés de la moisson de la culture antique, et, plus tard, il nous a encore frustrés de celle de la culture islamique. La merveilleuse civilisation maure d’Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce, a été foulée aux pieds (et je préfère ne pas penser par quels pieds!) - Pourquoi? Parce qu’elle devait le jour à des instincts aristocratiques, à des instincts virils, parce qu’elle disait oui à la vie, avec en plus, les exquis raffinements de la vie maure!... Les croisés combattirent plus tard quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière -une civilisation en comparaison de laquelle meme notre XIX siècle semblerait pauvre et retardataire! Voyons donc les choses comme elles sont! Les croisades? Une piraterie de grande envergure, et rien de plus! [...] La noblesse allemande est à peu près absente de l’histoire de la culture supérieure: on en devine la cause… Le christianisme, l’alcool - les deux grands moyens de corruption... En soi, on ne devrait même pas avoir à choisir entre l’islam et le christianisme, pas plus qu’entre un Arabe et un Juif. La réponse est donnée d’avance: ici, nul ne peut choisir librement. Soit on est un tchandala, soit on ne l’est pas. « Guerre à outrance avec Rome! Paix et amitié avec l’Islam. » C’est ce qu’a senti, c’est ce qu’a fait ce grand esprit fort, le seul génie parmi les empereurs allemands, Frédéric II Hohenstauffen.

  • L’Antéchrist (1888), Friedrich Nietzsche, éd. Gallimard, 2006 (ISBN 2070325571), aphorisme 60, p. 85


[modifier] Ecce homo, 1888

[modifier] Préface

Mais la disproportion entre la grandeur de ma tâche et la petitesse de mes contemporains s'est traduite par le fait qu'on ne m'a ni entendu, ni même perçu. Je vis sur le crédit que je m'accorde moi-même, peut-être mon existence se réduit-elle à un préjugé ?...


[modifier] Pourquoi je suis si avisé

En tout cela – dans le choix de l'alimentation, du lieu et du climat, du délassement – c'est un instinct de conservation qui commande, lequel s'exprime de la façon la moins équivoque comme instinct d'autodéfense. Refuser de voir, d'entendre, de laisser approcher toutes sortes de choses – première intelligence, première preuve qu'on n'est pas un hasard, mais une nécessité. Le mot courant pour cet instinct d'autodéfense est le goût. Son impératif n'enjoint pas seulement de dire non, là où le oui serait du « désintéressement », mais encore de dire non le moins possible. Se séparer, se couper de tout ce qui obligeait toujours plus à dire non. La raison, en cela, c'est que les dépenses défensives, si petites qu'elles soient, quand elles deviennent la règle, l'habitude, provoquent un appauvrissement extraordinaire et parfaitement superflu. Nos grandes dépenses sont les petites qui s'accumulent. Se défendre, ne pas laisser approcher, c'est une dépense – qu'on ne s'y trompe pas –, une force dilapidée pour des buts négatifs. On peut, dans la détresse constante de la défense, s'affaiblir suffisamment pour n'être plus capable de se défendre.


[modifier] Pourquoi j'en sais si long

Je ne saurais voir dans l'athéisme un résultat, un événement : il est chez moi instinct naturel. Je suis trop curieux, trop sceptique, trop hautain pour accepter une réponse grossière. Dieu est une réponse grossière, une goujaterie à l'égard du penseur ; ce n'est même, au fond, qu'une grossière interdiction à notre endroit : Défense de penser...


[modifier] Divers

J'aime ceux qui ne savent vivre que pour disparaître : ce sont eux qui passent au-delà.

  • (fr) Manager en toutes lettres, guide d'action et de culture (1995), François Aélion, éd. Les éditions d'organisation, 1999 (ISBN 2-7081-1803X), p. 260


On veut la liberté aussi longtemps qu'on n'a pas la puissance. Mais si on a la puissance, on veut la suprématie. Si l'on ne réussit pas (si on est trop faible), on veut la "justice", c'est à dire une puissance égale.

  • (fr) Manager en toutes lettres, guide d'action et de culture (1995), François Aélion, éd. Les éditions d'organisation, 1999 (ISBN 2-7081-1803X), p. 179


Il n'existe pas de phénomènes moraux, mais seulement une interprétation morale des phénomènes.


Nous, nouveaux, sans-nom, difficiles à comprendre, nous, enfants précoces d'un avenir encore non assuré - nous avons besoin pour un nouveau but d'un nouveau moyen aussi, à savoir d'une nouvelle santé, plus forte, plus rusée, plus opiniâtre, plus téméraire que ne l'ont été toutes les santés jusqu'à présent.


La question, posée à propos de tout et de chaque chose, "veux-tu ceci encore une fois et encore d'innombrables fois ?" ferait peser sur ton agir le poids le plus lourd.


Quiconque a sondé le fonds des choses pressent tout ce qu'il y a de sagesse chez l'homme à rester superficiel. C'est son instinct de conservation qui lui enseigne à être hâtif, léger et faux.


Aucun peuple ne pourrait vivre sans d'abord fixer des valeurs.


La fortune ne devrait être possédée que par les gens d'esprit : autrement elle représente un danger public.


Ce qui ne tue pas renforce.


Être indifférent, cela aussi est une forme de force.


"Nous avons inventé le bonheur" diront les derniers hommes et ils cligneront de l'œil.


Être heureux, c'est savoir oublier.


Le bonheur est une femme.

  • (fr) Dictionnaire des proverbes, sentences et maximes, Collectif, éd. Larousse, 2009 (ISBN 978-2-03-584566-5), p. 71


L'état, le plus froid de tous les monstres froids...

  • (fr) Dictionnaire de citations du monde entier, Florence Montreynaud et Jeanne Matignon, éd. Le Robert, 1979, p. 61


Nous avons l'art afin de ne pas mourir de la vérité.

  • (fr) Dictionnaire de citations du monde entier, Florence Montreynaud et Jeanne Matignon, éd. Le Robert, 1979, p. 64


[modifier] Citations sur Nietzsche

Le renversement (Umkehrung en allemand) se fait, pour Nietzsche, en deux moments historiques et culturels : premièrement, avec ce qu'il appelle la scission de l'ancienne aristocratie en une "aristocratie guerrière" et une "aristocratie sacerdotale", et deuxièmement, avec l'avènement du judaïsme et sa lutte ultérieure avec la culture romaine sous la forme du christianisme. A ces deux moments, le faible l'emporte sur le fort, et la métaphysique prend un essor culturel dont le dernier avatar est le nihilisme moderne.