Vin

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Le vin (photo d'Amanda Velocet)

Le vin est une boisson alcoolisée obtenue par la fermentation du raisin, fruit de la vigne (Vitis vinifera).

Sommaire

Proverbes et dictons, Moyen-Âge[modifier]

Vin de singe, vin de lion, vin de pourceau

On dit d'un homme qu'il a mauvais vin pour dire qu'il est querelleur quand il a bu ; qu'il a un vin de singe pour dire qu'il ne demande qu'à rire et à folâtrer ; qu'il a un vin de lion pour dire qu'il devient furieux et qu'il a un vin de pourceau pour dire qu'il ne veut que dormir.

  • Locutions et proverbes d'autrefois, René Lagane, éd. Belin, Paris, 1983, p. 191


Le vin des papes, 1343[modifier]

Après le cinquième service, on apporta une fontaine surmontée d'une tour et une colonne d'où s'échappaient cinq espèce de vins. Les margelles de cette fontaine étaient garnies de paons, de faisans, de perdrix, de grues et de divers autres volatiles... Les vins venaient de Provence, de La Rochelle, de Beaune, de Saint-Pourçain et du Rhin... Lorsque le pape fut retiré dans ses appartements, on apporta du vin et des épices.

  • « Un banquet pontifical à Avignon (1343) », Florentin anonyme, dans La table provençale. Boire et manger en Provence à la fin du Moyen Âge, Louis Stouff, éd. Alain Barthélemy, Avignon, 1996, p. 182- 183


François Béroalde de Verville, XVIe siècle[modifier]

Le rire pour l'âme et le vin pour le corps

  • (fr) Le Moyen de parvenir, François Béroalde de Verville, éd. s.n., 1786, t. 1, XXXII, p. 138
Mirabeau-Tonneau, frère de Mirabeau-Tonnerre

Saint-Amant, La Vigne[modifier]

Quand ces pirates impudents,
Bacchus, te montrèrent les dents,
N'est-il pas vrai que ta vengeance
Ordonna pour son plus grand fléau,
Que cette misérable engeance
Ne boirait plus jamais que de l'eau ?

O quel sévère châtiment !
Boire de l'eau, Dieu quel tourment !

  • Les œuvres du sieur de Saint-Amant, Saint-Amant, éd. Jean Boulley, 1642, p. 193


Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort, XVIIIe siècle[modifier]

Celui-là fait plus pour un hydropique, qui le guérit de sa soif, que celui qui lui donne un tonneau de vin. Appliquez cela aux richesses.


Mirabeau : le séjour en Angleterre, 1784[modifier]

Le terroir du vin l'emporte sur celui du charbon de terre, même par l'influence sur le moral.

  • Mirabeau ou l'échec d'un destin, Duc de Castries, éd. Fayard, Paris, 1974, p. 225, Ch. VIII, 2.


Cahiers de doléances, 1789[modifier]

Qu'il plaise à Sa Majesté d'accorder à tous les habitants de la Bretagne les vins et les eaux-de-vie et autres liqueurs au même taux que les nobles et le clergé... N'est-ce point aujourd'hui une injustice manifeste que le pauvre paie plus que le riche cette denrée plus nécessaire au Tiers état qu'aux nobles et au clergé ?

  • « Il n'y a pas de joie sans vin », Artisans de Pont-l'Abbé, dans 1789, les Français ont la parole, Pierre Goubert et Michel Denis, éd. Julliard, Paris, 1962, p. 151


Ils sont journellement tourmentés par les aides, à peine ont-ils récolté leur vin que les commis dans cette partie arrivent chez eux et leur font impitoyablement payer une somme de 42 sols. Ils exigent le même droit pour pareilles pièces de demi-vin, qui n'est autre chose que de l'eau passée à différentes fois sur le marc auparavant très pressuré, seule et unique boisson du malheureux.

  • « Il n'y a pas de joie sans vin », Aulnay-sur-Saintonge, dans 1789, les Français ont la parole, Pierre Goubert et Michel Denis, éd. Julliard, Paris, 1962, p. 152


On ne sait ce qui l'emporte sur l'horreur ou le ridicule d'une législation qui condamne un homme pour avoir bu ou fait boire à ses amis, dans le cours d'une année, plus qu'il n'a été arbitré qu'il devait boire ; qui le punit si ses tonneaux sont trouvés mauvais et si son vin a été perdu ; qui ne règle même pas ce qui sera permis de boire dans une famille en raison des individus dont elle est composée ert qui n'accorde qu'une bouteille de plus au père de 12 enfants qu'au célibataire isolé ; qui ne permet même pas au curé de secourir ses paroissiens par quelque bouteille de vin de sa cave ; qui défend à tout particulier, vendant d'après une autorisation légale le vin de son cru, de donner à un infortuné un morceau de pain ou de bouillon s'il n'a pas payé le droit plus étendu de vendre son vin à l'assiette.

  • « Il n'y a pas de joie sans vin », Baillage de Nemours, dans 1789, les Français ont la parole, Pierre Goubert et Michel Denis, éd. Julliard, Paris, 1962, p. 154


Faust, 1808 et 1832[modifier]

Un bon Allemand ne peut souffrir les Français, mais pourtant il boit leurs vins très-volontiers.


Du vin et du hachisch, 1851[modifier]

Le vin est semblable à l'homme : on ne saura jamais jusqu'à quel point on peut l'estimer et le mépriser, l'aimer et le haïr, ni de combien d'action sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable. Ne soyons donc pas plus cruels envers lui qu'envers nous-mêmes, et traitons-le comme notre égal.

  • « Du vin et du hachisch », dans Œuvres complètes (1980), Charles Baudelaire, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2004, p. 217 (texte intégral sur Wikisource)


Moniteur Vinicole, 1856[modifier]

Vins à pots renversés : On désigne ainsi les vins des environs de Paris que les vignerons viennent vendre eux-mêmes près des barrières.

  • « Les vins de Paris », Achille Larive, Le Moniteur Vinicole. Journal de Bercy et de l'Entrepôt, nº 17, mercredi 15 octobre 1856, p. 3


Moniteur Vinicole, 1857[modifier]

.Liqueur Transforest dite Sève ou Essence de Médoc concentrée et perfectionnée. Cette composition donne aux vins de moindres crus une sève délicieuse qui rivalise avec la vraie sève du Médoc. Elle conserve le vin et lui donne une qualité vraiment précieuse. Elle a pour les expéditions d'outre-mer des avantages depuis longtemps constatés. Un flacon de Liqueur Transforest conserve, parfume, bonifie et vieillit une barrique de vin de 250 litres. Se méfier des contrefaçons. Prix du flacon : 2 F.

  • « Publicité », Maison Transforest, Le Moniteur Vinicole. Journal de Bercy et de l'Entrepôt, nº 18, mercredi 4 mars 1857, p. 4


Vin de grenade

.Le propriétaire de vieilles vignes en bons plants, voyant les vins travaillés prendre la place de ceux en nature, a changé son système de culture. Le consommateur trompé sur la qualité et souvent sur la quantité ne croit plus à rien. Il faut au commerce des vins la plus grande liberté, mais la franchise ne doit pas en être exclue.

  • « Les vins trafiqués », M. Damotte, propriétaire à Tonnerre, Le Moniteur Vinicole. Journal de Bercy et de l'Entrepôt, nº 20, mercredi 20 mars 1857, p. 2


La Compagnie Générale des Vins Factices a la prétention de livrer chaque jour à la consommation parisienne 350 hectolitres de vins fabriqués sans un seul raisin. Les vins, blancs ou rouges, peuvent s'appeler impunément Madère, Malaga, Vermouth et même Champagne. Ils auraient le goût et l'aspect des vins dont ils ont emprunté le nom.

  • « La Compagnie Générale des Vins Factices », I. Pezeyre, Le Moniteur Vinicole. Journal de Bercy et de l'Entrepôt, nº 21, mercredi 27 mars 1857, p. 2


La fête de Bercy nous a paru plus joyeuse cette année que l'an passé. L'espoir d'une abondante et bonne récolte, un temps magnifique épanouissaient tous les visages des visiteurs et des buveurs, longtemps inquiets par l'absence de produits de la vigne.

  • « La Fête de Bercy », Correspondant anonyme, Le Moniteur Vinicole. Journal de Bercy et de l'Entrepôt, nº 31, mercredi 5 août 1857, p. 3


Amélioration des vins. Bouquet de vins vieux de Bourgogne. Un flacon au prix de 3 F. Communique instantanément aux vins de tous les crus la bouquet, le goût, la douceur des vins vieux de Bourgogne. Ce flacon suffit pour 230 litres. Lebœuf, quai des Augustins, 39, à Paris.

  • « Publicité », Maison Lebœuf, Le Moniteur Vinicole. Journal de Bercy et de l'Entrepôt, nº 35, mercredi 2 septembre 1857, p. 4


S'il est des quartiers de Paris où la vigne n'est plus qu'une plante exotique, il en est d'autres où on la cultive en treilles luxuriantes et vermeilles. Malgré les envahissement de la bâtisse, qui ne respecte rien, surtout l'ombrage ou la verdure, on compte encore quelques perties du Faubourg-Saint-Germain et au Marais, de petits vignobles intra-muros. Dans le Maris, la récolte est abondante, et s'il faut en croire les propriétaires, elle n'est pas d'une qualité inférieure. Cepandant cette qualité varie selon les rues : un peu plus j'aurai dit selon les clos.

  • « Viticulture urbaine », Achille Larrive, Le Moniteur Vinicole. Journal de Bercy et de l'Entrepôt, nº 38, mercredi 21 septembre 1857, p. 3


En 1837, les "Jardins du Marais" étaient très souvent des champs de vignes qui produisaient des vins rouges et blancs. Les plus nombreux se trouvaient dans la rue Saint-François, célèbre par ses treilles, ainsi que dans les rues des Filles-du-Calvaire et des Minimes. D'autres vins dont "on parlait avec quelque estime" étaient produits grâce aux treilles dans les rues des Trois-Pavillons, des Blancs-Manteux et des Francs-Bourgeois. Mais aucun ne valait le vin d'Argenteuil.

  • « Viticulture urbaine », Achille Larrive, Le Moniteur Vinicole. Journal de Bercy et de l'Entrepôt, nº 38, mercredi 21 septembre 1857, p. 3


Lettres de mon moulin, 1866[modifier]

Voyez-vous, mes enfants, quand le blé est mûr, il faut le couper ; quand le vin est tiré, il faut le boire.


Petits poèmes en prose, 1869[modifier]

J'ouvre le Kreisleriana du divin Hoffmann, et j'y lis une curieuse recommandation. Le musicien consciencieux doit se servir du vin de Champagne pour composer un opéra-comique. Il y trouvera la gaieté mousseuse et légère que réclame le genre. La musique religieuse demande du vin du Rhin ou du Jurançon. Comme au fond des idées profondes, il y a là une amertume enivrante; mais la musique héroïque ne peut pas se passer de vin de Bourgogne. Il a la fougue sérieuse et l'entraînement du patriotisme. Voilà certainement qui est mieux, et outre le sentiment passionné d'un buveur, j'y trouve une impartialité qui fait le plus grand honneur à un Allemand.


Une saison en Enfer, 1873[modifier]

Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient.
Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère. - Et je l'ai injuriée.


Amédée Rolland, L'assassin, vers 1880[modifier]

Le vin falsifié n’enseigne rien de bon :
Il est couleur de sang et vous bestialise.

  • Amédée Rolland, cité dans :
  • Curiosités littéraires et bibliographiques., Charles Monselet, éd. Librairie des Bibliophiles,, 1890, p. 50


Paul Arène, 1889[modifier]

Un enfant joufflu, coiffé de raisins, à cheval sur un tonneau

Je retourne donc à l'auberge, après avoir, au préalable, admiré, détail qui m'échappa ce matin, l'étonnante enseigne : « Au Bacchus navigateur » - représentant un enfant joufflu, coiffé de raisins, à cheval sur un tonneau qu'assiègent les flots en furie.

  • La chèvre d'or, Paul Arène, éd. Marcel Petit, Culture provençale et méditerranéenne, Raphèles-lès-Arles, 1994, p. 48


L'oursin se mange sur le rivage, en écoutant battre le flot. À six heures du matin, quand le soleil chasse la brume, pourvu que j'ai du bon pain tendre, une bouteille de clairet, je viens à bout de mes six douzaines.

  • La chèvre d'or, Paul Arène, éd. Marcel Petit, Culture provençale et méditerranéenne, Raphèles-lès-Arles, 1994, p. 101


D'après lui, le vin coulait par les rues du village comme coule l'eau après qu'il a plu. C'est pour cela que toutes les maisons ont de si vastes caves, avec des cuves briquetées pareilles à des tours, et des tonneaux de pierre taillé, en prévision des années exeptionnelles où les tonneaux de bois ne suffisaient pas.

  • La chèvre d'or, Paul Arène, éd. Marcel Petit, Culture provençale et méditerranéenne, Raphèles-lès-Arles, 1994, p. 179-180


Révolte des vignerons languedociens, 1907[modifier]

Depuis l'épidémie de phylloxéra, le pays n'avait pas connu une semblable misère. Il y avait trois ans qu'elle montait. Les vignerons tournaient dans leurs caves comme des fauves autour de leurs grilles. Les ouvriers sans travail promenaient par les rues leurs visages terreux. Des femmes aux chignons croulants montraient le poing au ciel. Les enfants pleuraient. Jamais la détresse humaine n'était apparue plus poignante que dans ce terroir d'abondance et de soleil.

  • Le vin pur, Ludovic Massé, éd. P.O.L, Paris, 1984, p. 189


Éloge du Vin, 1935[modifier]

Le vin, fils du soleil, de la terre et du travail

En effet, le vin n'est pas notre ennemi, c'est un conseiller qui veut jouir en nous du crédit issu d'une longue carrière de bienfaisance.

  • Discours prononcé lors de l'inauguration de la Foire Internationale de Bruxelles, le 2 mai 1935, in Proses et poésies diverses, Paul Claudel, éd. Gallimard, 1987, p. 123


Si la vertu a disparu de la terre, elle se retrouve au fond des bouteilles, et éminemment de ces bouteilles de vins français qui entre tous se glorifient de justifier l'épithète de généreux.

  • Discours prononcé lors de l'inauguration de la Foire Internationale de Bruxelles, le 2 mai 1935, in Proses et poésies diverses, Paul Claudel, éd. Gallimard, 1987, p. 124


Le vin est le fils du soleil et de la terre, mais il a eu le travail comme accoucheur.

  • Discours prononcé lors de l'inauguration de la Foire Internationale de Bruxelles, le 2 mai 1935, in Proses et poésies diverses, Paul Claudel, éd. Gallimard, 1987, p. 125


Oublieuse mémoire, 1949[modifier]

Pâle soleil d'oubli, lune de la mémoire,
Que draines-tu au fond de tes sourdes contrées ?
Est-ce donc là ce peu que tu donnes à boire
Ces gouttes d'eau, le vin que je te confiai ?


Spectacle, 1951[modifier]

Une pluie de larmes ne peut rien contre la sécheresse du cœur…
Pas plus que l’eau dans le vin pour en ranimer le bouquet.

  • Spectacle, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1992, chap. Intermède, p. 381


Vins, alcools et spiritueux de France, 1951-1952[modifier]

C'est une loi biologique bien établie que la finesse du vin et la délicatesse de son bouquet se développent au maximum près de la limite septentrionale de la culture de la vigne.

  • Vins, alcools et spiritueux de France, professeur J. R. Roger, éd. Maurice Ponsot, Paris., 1951-1952, p. 351


Un singe en hiver, 1962[modifier]

Dis-toi bien que si quelque chose devait me manquer, ce ne serait plus le vin, ce serait l'ivresse !


Les vins de France, 1964[modifier]

La perfidie des allusions qui alimentent la campagne anti-vin rend suspecte la sincérité dans l'erreur, qu'en raisonnable buveur de vin, je serais généreusement tenté d'accorder aux œnophobes de toute obédience.

  • Les vins de France, Louis Orizet, éd. Presses Universitaires de France, 1964, p. 96


Dans leur hantise, les hygiénistes s'obstinent à comparer l'alcool contenu dans le vin à l'alcool distillé. S'ils ont, l'un et l'autre, le même pouvoir calorifique, leur nocivité (au-delà d'une certaine dose) ne saurait être comparée.

  • Les vins de France, Louis Orizet, éd. Presses Universitaires de France, 1964, p. 97


Guide du vin, 1967[modifier]

Le vin n'est pas une fabrication régie par des règles scientifiques, mais un art dépendant uniquement du goût.

  • Guide du vin, Raymond Dumay, éd. Stock, 1967, p. 268


Juan Gris (1919)
Nature morte à la bouteille de bordeaux

Il y a des caves légères et des caves sérieuses, des caves populacières et des caves aristocratiques, il peut même y avoir des caves jansénistes, mais que Bacchus me garde ! je souhaite ne jamais voir ni cave triste, ni triste cave.

  • Guide du vin, Raymond Dumay, éd. Stock, 1967, p. 300


Militaire, vous aurez des vins d'avant-garde, des vins de choc, voire des vins de retraite. Musicien, vous aurez des vins pour écouter Mozart, le jazz et la musique sérielle. Peintre, vous les classerez en primitifs, classiques, abstraits. Lecteur, vous aurez un flacon pour lire Ronsard, un autre pour Valéry.

  • Guide du vin, Raymond Dumay, éd. Stock, 1967, p. 301


Tous les amateurs de vin en conviennent, il y a plus de bonnes bouteilles que d'invités dignes de les boire.

  • Guide du vin, Raymond Dumay, éd. Stock, 1967, p. 375


Comme les civilisations, les vins sont mortels.

  • Guide du vin, Raymond Dumay, éd. Stock, 1967, p. 387


Ce n'est que dans la cave que se révèle le fécond mystère du vin.

  • Guide du vin, Raymond Dumay, éd. Stock, 1967, p. 408


Connaissance du vin, 1976[modifier]

La destinée normale d'un jus de raisin ne serait pas de produire du vin mais plutôt du vinaigre ! Il faut donc, pour que l'on ait vraiment du vin, que la science et la technique viennent au secours de la nature.

  • Connaissance du vin, Constant Bourquin, éd. Marabout services, Verviers, 1976, p. 18


Tel cépage convient à tel sol, tel autre ne convient pas. Plantez dans le Bordelais le pinot noirien et le pinot blanc chardonnay, les deux cépages rois de Bourgogne, et vous obtiendrez des vins rouges et blancs fort quelconque. Venez en Bourgogne avec les grands cépages de Bordeaux, le résultat ne sera pas meilleur. La première leçon à retenir est donc celle qui s'exprime dans la correspondance d'un sol et d'un cépage.

  • Connaissance du vin, Constant Bourquin, éd. Marabout services, Verviers, 1976, p. 22


Ceux qui aiment l'alcool ont bien tort de boire du vin. Ils perdent leur temps et leur argent.

  • Connaissance du vin, Constant Bourquin, éd. Marabout services, Verviers, 1976, p. 27


Le goût du consommateur ! L'une des plus mirobolantes inventions de ces humains de charme dont la raison d'être consiste à nous vendre du vin. Notre goût, lequel : celui qui est authentiquement notre ou bien celui qu'à force de patience et de persuasion l'on a bien réussi à conditionner chez nous ?

  • Connaissance du vin, Constant Bourquin, éd. Marabout services, Verviers, 1976, p. 37


Je vois un certain avantage et même un avantage certain à n'aimer le vin que par gourmandise et, par conséquent, à n'être point du tout attiré (et c'est mon cas) par l'alcool. S'il était possible qu'un bon vin fût l'équivalent de ce qu'il est sans contenir de l'alcool, sans hésiter, je serais amateur de ce vin-là. Or le vin n'est vin qu'en raison de sa teneur naturelle en alcool. Alors, je m'incline et me fais une raison. Sentiment que je pourrais exprimer à la façon d'Anatole France : Hélas, volontiers.

  • Connaissance du vin, Constant Bourquin, éd. Marabout services, Verviers, 1976, p. 104


Le Crabe-tambour, 1977[modifier]

Willsdorf, le Crabe-tambour : Une bouteille pleine de vin, c'est déjà du rêve. Mais avec un bateau dedans, toutes voiles dehors...

  • Jacques Perrin, Le Crabe-tambour (1977), écrit par Jean-François Chauvel et Pierre Schoendoerffer


Les passions schismatiques, 1977[modifier]

Dans les époques troublées la transgression est un cordial plus revigorant que le vin d'Espagne.


Guide des vins régionaux de France, 1985[modifier]

On a dit que le cépage donne au vin sa personnalité et le terrain où pousse la vigne son âme.

  • Guide des vins régionaux de France, Steven Spurrier, préface de Jacques Puisais, traduit de l'anglais par Claude Dovaz, éd. Dursus, Paris, 1985, p. 12


Le choix d'un vin sera nécessairement un compromis entre vos désirs, éclairés par la dégustation, et vos possibilités financières.

  • Guide des vins régionaux de France, Steven Spurrier, préface de Jacques Puisais, traduit de l'anglais par Claude Dovaz, éd. Dursus, Paris, 1985, p. 162


Vinho verde, 1986[modifier]

La viticulture de l'avenir ne peut être celle du passé.

  • Une région délimitée, une appellation d'origine : le vinho verde, Amândio Galhano, éd. Comissâo de viticultura da regiâo dos vinhos verdes, Porto, 1986, p. 41


Marié, deux enfants, 1987 - 1997[modifier]

Al : Alors comme ça, le vin est gratuit ? Les travailleurs payent pour tout. Mais quelques Français et des types qui n'aiment pas les filles s'en tirent à bon compte.

  • Ed O'Neill (Al Bundy), Mariés, deux enfants, 7, 7, écrit par Ron Leavitt, Michael Moye, première diffusion par M6 France, 1998.


Panégyrique, 1989[modifier]

Ce qui a sans nul doute marqué ma vie entière, ce fut l'habitude de boire, acquise vite. Les vins, les alcools et les bières ; les moments où certains d'entre eux s'imposaient et les moments où ils revenaient, ont tracé le cours principal et les méandres des journées, des semaines, des années.

  • Panégyrique (1989), Guy Debord, éd. Gallimard, 1993, p. 41


Le vin des Historiens, 1990[modifier]

Boire et parler du vin, c'est consommer de l'espace et du temps. C'est être intensément historien.

  • Le vin des Historiens, Gilbert Garrier, éd. Actes du colloque « Vin et histoire », Suze La Rousse, Université du vin, 1990, p. 13


L'Orage de vivre, 1994[modifier]

Bois avec moi, ami,
le vin ne s'est pas fait seul,
il ne faut pas le boire seul

  • L'Orage de vivre, Pascal de Duve, éd. Librairie générale française, coll. Le livre de poche, 1994 (ISBN 2-253-13872-X), p. 89


Sommelier versant un vin décanté

L'amour du vin, 1995[modifier]

Le vin est plaisir et joie. Il évolue comme évolue notre civilisation en matière de goût et de technique : la civilisation du vin conquiert le monde et peu de peuples échappent à l'attrait qu'exerce cette boisson.

  • L'amour du vin, Arthur Choko, éd. Les éditions de l'amateur, Paris, 1995, p. 15


Je trouve suspect un vin de quelques années sans dépôt : les particules des fonds des vieilles bouteilles sont gages de son âge autant que de son authenticité.

  • L'amour du vin, Arthur Choko, éd. Les éditions de l'amateur, Paris, 1995, p. 40


Rien n'est plus désagréable qu'un repas de circonstance où ne s'accordent pas les mets et les vins.

  • L'amour du vin, Arthur Choko, éd. Les éditions de l'amateur, Paris, 1995, p. 114


Contes de fins de nuits, 1995[modifier]

L'homme est fou. Il a tout pour être heureux, les langoustes, les truffes, la gastronomie, les grands vins, la terre qui est si belle et les femmes si jolies, mais il s'obstine à vouloir des sous.

  • « L'argent qu'est-ce ? », Roland Topor, Contes de fins de nuits, Journal de Topor, Centre de la gravure et de l'image imprimée de La Louvière, 1995, p. II


Le petit livre (du) rouge, 1997[modifier]

Pour savoir qu'un verre de vin rouge est de trop, encore faut-il l'avoir bu.

  • « Littérature viticole », Olivier de Kersauson, dans Le petit livre (du) rouge, Huguette Maure (sous la direction de), éd. Michel Lafon, Paris, 1997, p. 36


Le vin, en définitive, vaut ce que vaut l'homme et l'ignorant ne fait du bon vin que par hasard.

  • « Littérature viticole », Émile Peynaud, dans Le petit livre (du) rouge, Huguette Maure (sous la direction de), éd. Michel Lafon, Paris, 1997, p. 46


Tous ces gens-là sont jaloux par ce que je suis le seul homme d'extrême gauche à savoir boire du vin.

  • « Littérature viticole », Jean Edern Hallier, dans Le petit livre (du) rouge, Huguette Maure (sous la direction de), éd. Michel Lafon, Paris, 1997, p. 47


Le pinard, ça devrait être obligatoire.

  • « Show Business », Coluche, dans Le petit livre (du) rouge, Huguette Maure (sous la direction de), éd. Michel Lafon, Paris, 1997, p. 58


Quand j'étais plus jeune, j'échangeais un concert contre des bouteilles de vin.

  • « Show Business », Pierre Vassiliu, dans Le petit livre (du) rouge, Huguette Maure (sous la direction de), éd. Michel Lafon, Paris, 1997, p. 62


Mon vin, il n'est pas fait pour sentir, il est fait pour boire.

  • « Show Business », Gérard Depardieu, dans Le petit livre (du) rouge, Huguette Maure (sous la direction de), éd. Michel Lafon, Paris, 1997, p. 64


Un vin automnal, des vins aux tonneaux.

  • « Poésie viticole », Tom Novembre, dans Le petit livre (du) rouge, Huguette Maure (sous la direction de), éd. Michel Lafon, Paris, 1997, p. 104


Boire du vin rouge, c'est boire du génie !

  • « Les camarades », Salvador Dali, dans Le petit livre (du) rouge, Huguette Maure (sous la direction de), éd. Michel Lafon, Paris, 1997, p. 159


Paroles de vin, 2000[modifier]

Le vin, ça remet l'homme sur la femme.

  • « Les auteurs et le vin », Arletty, dans Paroles de vin, Marc Lagrange, éd. Féret Bordeaux, 2000, p. 10


Il y a des globules rouges, il y a des globules blancs, peut-être qu'il y a aussi des globules rosés.

  • « Les auteurs et le vin », Jean Carmet, dans Paroles de vin, Marc Lagrange, éd. Féret Bordeaux, 2000, p. 17


Si un jour les Japonais fabriquent du camembert et du vin rouge, il faudra fermer la France.

  • « Les auteurs et le vin », Coluche, dans Paroles de vin, Marc Lagrange, éd. Féret Bordeaux, 2000, p. 18


Histoires des passions françaises, 2003[modifier]

Le vin a joué dans la vie des Français un rôle aussi considérable et aussi complexe que celui joué par les idées politiques ou sociales.

  • Histoire des passions françaises, 1848-1945, Tome III, Goût et corruption, Théodore Zeldin, éd. Payot & Rivages, Paris, 2003, p. 458


Guerre et plaies, 2003[modifier]

Le troisième verre de vin est toujours de trop. Passez directement du deuxième au quatrième.

  • Guerre et plaies. De Chirac à l'Irak, Hervé Le Tellier et Xavier Gorce, éd. Eden, 2003 (ISBN 2-91324-565-X), p. 25


Kaamelott, 2005[modifier]

Arthur : Mais qu'est-ce que ça peut bien vous foutre ce que je picole, aujourd'hui, ça va pas mieux?
Séli : Le mari de ma soeur, il boit trois pichets par repas il a déjà huit gosses!
Guenièvre : Je vois pas bien le rapport avec le vin.
Séli : C'est viril, c'est tout! Quand on est un homme, on boit beaucoup de vin!
Léodagan : Alors quand je rentre de la taverne à quatre pattes à deux heures du matin vous piquez des crises à rallonge, et subitement, tout à coup, quand on est un homme, on picole?
Séli : J'me comprends!
Léodagan : Et ben j'sais pas comment vous faites! Ma parole, des engins comme vous, ça devrait être fourni avec une notice!

  • Alexandre Astier, Anne Girouard, Joëlle Sevilla, Lionnel Astier, Kaamelott, Livre I, La potion de fécondité, écrit par Alexandre Astier.


Présidentielles, 2007[modifier]

Le vin n'est pas une drogue. Assimiler le vin au tabac ou à la drogue c'est une erreur.

  • Quelques jours après que « le seul des candidats à la magistrature suprême à fuir l'onction bachique » (Revue du vin de France, numéro daté de mars 2007) ait déclaré : « Je vais vous dire un truc qui va vous décevoir, je ne bois pas de vin. Enfin je ne bois pas d'alcool plutôt ».


Le vin, c'est toute une histoire, 2009[modifier]

Le vin est en péril. Tant de scélérats, de faibles d'âme et de malheureux, de tristes moralisateurs pleins de leur bonne conscience veulent sa mort : les industriels de la bière et des alccols uniformisés pour qui il est un dangeureux concurrent, les amateurs d'ivresse rapide, destinée à leur faire oublier les soucis de la vie ou le désir de vivre tout court, les puritains qui confondent consommation joyeuse et excès dégrandant pour le corps et pour la responsabilité.

  • Le vin, c'est toute une histoire, Michel Bouvier, éd. Jean-Paul Rocher, Paris, 2009, partie Préface de Jean-Robert Pitte, membre de l'Institut, p. 7


L'Abominable Vérité, 2009[modifier]

Gerard Butler  : C'est qui le mec, Monsieur Perfection, celui qui est tellement capable d'aimer, qui sait comment il est...
Abby Richter : Il est intelligent, il est séduisant mais il ne le sait pas, il a réussi mais c'est un travail noble qui sert à quelque chose, il aime le vin rouge, les pique-niques, il adore la musique classique...
Gerard Butler : Heu... tu es sûr que c'est un américain dont tu parles, t'appelle pas de l'Europe ou un truc dans le genre...


Jean-Claude Rodet, Vins biologiques, 2012[modifier]

Un grand nombre des 60 études épistémologiques illustrant le phénomène bio-thérapeutique du vin utilisent l’appellation paradoxe français.


Littérature[modifier]

Nouvelle[modifier]

André Pieyre de Mandiargues, Le Musée noir, 1924[modifier]

Le sang de l'agneau

Un très jeune garçon aux poignets velus presque à l'excès, même pour sa race, et à la chemise peu fraîche, leur avait servi une purée de tomates, d'aubergines et d'olives noires écrasées avec des herbes et des aromates ; des petites pieuvres et de très grosses crevettes frites ensemble dans une singulière union de queues, de pinces, d'antennes et de tentacules ; des beignets de miel, des confitures de cédrats et de roses. Elles avaient bu du vin résiné, horriblement amer, et du café bourbeux, mais suave.


Marceline vit leurs bouches peintes en violet foncé, leurs langues bleuies par le vin de mûres, leurs chevelures plus noires d'être lissées au gras de viande et parées de mouches vives, leurs gros seins roulant comme des vagues dans les corsages écumant de mousseline, toutes choses qui lui plurent tant qu'elle se retourna maintes fois pour les regarder encore, tandis que Mme Caïn hâtait le pas avec un dégoût.


Prose poétique[modifier]

Novalis, Hymne à la nuit, 1800[modifier]

Autrefois (...) Le vin était meilleur, versé par les mains de la jeunesse, un dieu était dans la grappe.

  • « Hymne à la nuit », Novalis, Nouvelle revue germanique, nº 14, 1833, p. 236


Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924[modifier]

[...] la vierge blonde trempe ses cheveux dans mon café ; il est midi, le vin devient colombe dans le litre légal déposé sur la table à côté d'un verre à côtes.


Récit de voyage[modifier]

Guy de Maupassant, La Vie errante, 1890[modifier]

Lassitude

[...] pas un ami qui dîne chez lui ou qui consente à dîner chez vous.
Quand on l’invite, il accepte à la condition qu’on banquettera sur la tour Eiffel. C’est plus gai. Et tous, comme par suite d’un mot d’ordre, ils vous y convient ainsi tous les jours de la semaine, soit pour déjeuner, soit pour dîner.
Dans cette chaleur, dans cette poussière, dans cette puanteur, dans cette foule de populaire en goguette et en transpiration, dans ces papiers gras traînant et voltigeant partout, dans cette odeur de charcuterie et de vin répandu sur les bancs, dans ces haleines de trois cent mille bouches soufflant le relent de leurs nourritures, dans le coudoiement, dans le frôlement, dans l’emmêlement de toute cette chair échauffée, dans cette sueur confondue de tous les peuples semant leurs puces sur les sièges et par les chemins, je trouvais bien légitime qu’on allât manger une fois ou deux, avec dégoût et curiosité, la cuisine de cantine des gargotiers aériens, mais je jugeais stupéfiant qu’on pût dîner, tous les soirs, dans cette crasse et dans cette cohue, comme le faisait la bonne société, la société délicate, la société d’élite, la société fine et maniérée qui, d’ordinaire, a des nausées devant le peuple qui peine et sent la fatigue humaine.


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