Jacques Prévert

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Jacques Prévert

Jacques Prévert (4 février 1900 à Neuilly-sur-Seine — 11 avril 1977 à Omonville-la-Petite) est un poète et scénariste français. Son premier recueil, Paroles, annonce dès le départ le style qui fera le succès de sa poésie : jeux de mots, jeux sonores et surréalisme.

Paroles (1946)[modifier]

Notre Père qui êtes aux cieux
Restez-y
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelque fois si jolie

  • Paroles, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1992, Pater noster, p. 40


De deux choses lune
l'autre c'est le soleil

  • Paroles, Jacques Prévert, éd. Gallimard, 1949, Le paysage changeur, p. 87


Vous allez voir ce que vous allez voir

Une fille nue nage dans la mer
Un homme barbu marche sur l'eau
Où est la merveille des merveilles
Le miracle annoncé plus haut ?

  • Paroles, Jacques Prévert, éd. Gallimard, 1949, p. 180


Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France

Ceux qui pieusement...
Ceux qui copieusement...
Ceux qui tricolorent
Ceux qui inaugurent
Ceux qui croient
Ceux qui croient croire
Ceux qui croa-croa
Ceux qui ont des plumes
Ceux qui grignotent
Ceux qui andromaquent
[...]

  • Paroles, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1949, p. 3


Le temps des noyaux

Soyez prévenus vieillards
soyez prévenus chefs de famille
le temps où vous donniez vos fils à la patrie
comme on donne du pain aux pigeons
ce temps-là ne reviendra plus
c'est fini
le temps des cerises ne reviendra plus
et le temps des noyaux non plus [...]

  • Paroles, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1949, p. 48


La grasse matinée

Il est terrible
le petit bruit de l'œuf dur cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim [...]

  • Paroles, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1949, p. 54


Familiale
La mère fait du tricot
Le fils fait la guerre
Elle trouve ça tout naturel la mère
Et le père qu'est-ce qu'il fait le père ?
Il fait des affaires [...]

  • Paroles, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1949, p. 59


La crosse en l'air

Rassurez-vous braves gens
ce n'est pas un appel à la révolte
c'est un évêque qui est saoul et qui met sa crosse en l'air
comme ça en titubant

  • Paroles, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1949, p. 71


Écritures saintes

Dieu est un grand lapin
il habite plus haut que la terre
tout en haut là-haut dans les cieux
dans son grand terrier nuageux.

  • Paroles, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1949, p. 112


Barbara

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie

  • Paroles, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1949, p. 130


Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes
[...]
Quand on le laisse seul
Le monde mental
Ment
Monumentalement.

  • Paroles, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1949, p. 139


Le temps perdu

[...] Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c'est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron ?

  • Paroles, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1949, p. 146


Histoires (1946)[modifier]

C’est ma faute
C’est ma faute
C’est ma très grande faute d’orthographe
Voilà comment j’écris
Giraffe

  • Histoires, Jacques Prévert, éd. Folio Gallimard, 1963, Mea culpa, p. 83


Spectacle (1951)[modifier]

Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple.
  • Spectacle, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1992, Intermède, p. 378


Une pluie de larmes ne peut rien contre la sécheresse du cœur…
Pas plus que l’eau dans le vin pour en ranimer le bouquet.

  • Spectacle, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1992, Intermède, p. 381


Aubervilliers
Gentils enfants d'Aubervilliers
Vous plongez la tête la première
Dans les eaux grasses de la misère
Où flottent les vieux morceaux de liège
Avec les pauvres vieux chats crevés
Mais votre jeunesse vous protège [...]

  • Spectacle, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1992, p. 335


Les enfants qui s'aiment
Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt [...]

  • Spectacle, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1992, p. 337


La Pluie et le Beau Temps (1955)[modifier]

Entendez-vous gens du Viêt-Nam
Entendez-vous
Entendez-vous gens du Viêt-Nam
entendez-vous dans vos campagnes
dans vos rizières dans vos montagnes...
[...]

  • La Pluie et le Beau Temps, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1992, p. 651


Étranges étrangers
Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes des pays lon
cobayes des colonies
Doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d'Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d'Aubervilliers
[...]
Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés
[...]
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez.

  • La Pluie et le Beau Temps, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1992, p. 658/454


Histoires et d'autres histoires (1963)[modifier]

Le chat et l'oiseau
Un village écoute désolé
Le chant d'un oiseau blessé
C'est le seul oiseau du village
Et c'est le seul chat du village
Qui l'a à moitié dévoré [...]

  • Histoires et d'autres histoires, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1992, p. 825


En sortant de l'école
En sortant de l'école
nous avons rencontré
un grand chemin de fer
qui nous a emmenés
tout autour de la terre
dans un wagon doré
 [...]

  • Histoires et d'autres histoires, Jacques Prévert, éd. Pléiade Gallimard, 1992, p. 857


Arbres (1976)[modifier]

arbres
         chevaux sauvages et sages
à la crinière verte
au grand galop discret
         dans le vent vous piaffez
debout dans le soleil vous dormez
                              et rêvez

  • Arbres, Jacques Prévert, éd. Gallimard, 1976, p. 7


Jadis
        les arbres
étaient des gens comme nous

Mais plus solides
        plus heureux
        plus amoureux peut-être
        plus sages

C'est tout.

  • Arbres, Jacques Prévert, éd. Gallimard, 1976, p. 39


       qu'ils déboisaient déboisaient
                                   déboisaient
       on a trouvé qu'ils abusaient

       Bien sûr la fin des arbres
                ou la fin de la terre
       c'est pas la fin du monde
mais tout de même on s'était habitué
[...]
       Autrefois les bûcherons
avaient des égards pour les arbres
        autrefois les bûcherons
          buvaient à leur santé

  • Arbres, Jacques Prévert, éd. Gallimard, 1976, p. 58


deux amoureux humains
deux rescapés
s'approchèrent d'un peuplier
sur son cœur ils gravèrent
leurs cœurs et leurs noms enlacés
et furent épargnés.

  • Arbres, Jacques Prévert, éd. Gallimard, 1976, p. 69


Citations pêle-mêle[modifier]

L'amour est clair comme le jour, l'amour est simple comme bonjour, l'amour est un comme la main, c'est ton amour et le mien...
  • « Saint-Valentin - Amour, toujours - Citations », Jacques Prévert, Direct Soir, nº 700, Vendredi 12 février 2010, p. 9


Voir aussi[modifier]

Liens externes[modifier]

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