François Rabelais

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François Rabelais

François Rabelais (Près de Chinon, Indre-et-Loire, entre 1483 et 1494 – Paris, 9 avril 1553) est un médecin et écrivain français de la Renaissance. Rabelais est l'un des humanistes les plus connus de la Renaissance, qui lutta pour renouveler, à la lumière de la pensée antique, l'idéal philosophique et moral de son temps.

Pantagruel[modifier]

Sapience n'entre point en âme malivole, et science sans conscience n'est que ruine de l'âme

  • « Pantagruel » (1532), dans François Rabelais : tout ce qui existe de ses œuvres, François Rabelais, éd. Garnier, 1884, chap. VIII (« Comment Pantagruel, estant à Paris, receut letres de son pere Gargantua, et la copie d'icelles »), p. 131 (texte intégral sur Wikisource)


Quelque jour, je ne sais pas quand, Pantagruel se pourmenoit après soupper avecques ses compaignons par la porte dont l'on va à Paris. Là rencontra ur escholier tout jolliet, qui venoit par icelluy chemin ; et, après qu'ilz se furent saluez, luy demanda : " Mon amy, d'ont viens tu à ceste heure ? L'escholier luy respondit : "De l'alme, inclyte et celebre academie que l'on vocite Lutece.

­Qu'est ce à dire ? dist Pantagruel à un de ses gens ?
­C'est (respondit-il), de Paris.

­Tu viens doncques de Paris, dist il ? Et à quoy passez vous le temps, vous aultres messieurs estudiens, audict Paris ? " Respondit l'escolier : "Nous transfretons la Sequane au dilucule et crepuscule ; nous deambulons par les compites et quadrivies de l'urbe ; nous despumons la verbocination latiale, et, comme verisimiles amorabonds, captons la benevolence de l'omnijuge, omniforme, et omnigene sexe feminin. Certaines diecules nous invisons les lupanares, et en ecstase venereique, inculcons nos veretres es penitissimes recesses des pudendes de ces meritricules amicabilissimes ; puis cauponizons es tabernes meritoires de la Pomme de Pin, du Castel, de la Magdaleine et de la Mulle, belles spatules vervecines perforaminées de petrosil. Et si, par forte fortune, y a rarité ou penurie de pecune en nos marsupies, et soyent exhaustes de metal ferruginé, pour l'escot nous dimittons nos codices et vestes opignerées, prestolans les tabellaires à venir des Penates et Lares patriotiques." A quoy Pantagruel dist : "Que diable de langaige est cecy ? Par Dieu, tu es quelque heretique.

  • « Pantagruel » (1532), dans François Rabelais : tout ce qui existe de ses œuvres, François Rabelais, éd. Garnier, 1884, chap. VI (« Comment Pantagruel rencontra un Limosin qui contrefaisoit le langaige Francoys »), p. 50 (texte intégral sur Wikisource)


Gargantua[modifier]

AUX LECTEURS :
Amis lecteurs, qui ce livre lisez,
Despouillez vous de toute affection ;
Et, le lisant, ne vous scandalisez :
Il ne contient mal ne infection ;
Vray est qu'icy peu de perfection
Vous apprendrez, si non en cas de rire ;
Aultre argument ne peut mon cueur elire,
Voyant le dueil qui vous mine et consomme
Mieulx est de ris que de larmes escripre,
Pour ce que rire est le propre de l'homme.


Toute leur vie était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Ils sortaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et toute leur règle tenait en cette clause : FAIS CE QUE VOUDRAS. Parce que les gens libres, bien nés, bien éduqués, vivant en bonne société, ont naturellement un instinct, un aiguillon qu'ils appellent honneur et qui les pousse toujours à agir vertueusement et les éloigne du vice.


«Mies ! mies ! mies !» Mais, à haute voix, il s'écria : «À boire! À boire! À boire!», comme s'il invitait tout le monde à boire. Et si fort qu'il fut entendu dans tout le pays de Beuxes et le Bibarais.
Je suppose que vous ne nous croyez pas en cette étrange nativité. Si vous n'y croyez pas, je ne m'en soucie guère.

  • Pantagruel Gargantua (1534), François Rabelais, éd. Hatier, 2004 (ISBN 2-218-74758-8), Avertissement au lecteur, p. 127


Le bonhomme Grandgoussier, qui buvait et s'amusait avec les autres, entendit l'horrible cri qu'avait poussé son fils en entrant dans la lumière de ce monde, quand il bramait : «À boire! À boire! À boire!» C'est pourquoi il répondit :«Que grand tu as!». Entendant cela les invités déclarèrent que, vraiment, l'enfant devrait avoir Gargantua pour nom, puisque tel avait été le premier mot de son père au moment de sa naissance, suivant la coutume Hébreux. Grandgousier accepta, et cela plut beaucoup à Gargamelle

  • Pantagruel Gargantua (1534), François Rabelais, éd. Hatier, 2004 (ISBN 2-218-74758-8), Avertissement au lecteur, p. 129


Chapitre 51 - Comment fût bâtie et dotée l'abbaye de Thélème
Pour la construction et l'approvisionnement de l'abbaye, Gargantua fit verser comptant deux millions sept cent mille huit cent trente et un moutons à la grande laine et, pour chaque année, jusqu'à ce que tout fût achevé, il assigna, pris sur la recette de la Dive, un million six cent soixante-neuf mille écus au soleil, et autant à l'étoile Poussinière.
Pour son entretien, il donna, à titre perpétuel, deux millions trois cent soixante-neuf mille cinq cent quatorze nobles à la rose, comme rente foncière garantie et payable chanque année à la porte de l'abbaye. Il fit établir pour cela des actes notariés.

  • Pantagruel Gargantua (1534), François Rabelais, éd. Hatier, 2004 (ISBN 2-218-74758-8), Avertissement au lecteur, p. 209


Citations sur Rabelais[modifier]

La fiction était une décharge de contes extravagants ; avec sa grossièreté de déménageur, Rabelais vide la vieille maison fabuleuse. Et avec des délicatesses de déménageur pour transporter les porcelaines.

  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 717


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