Jeunesse

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YouthWilliam Bouguereau (1893)

La jeunesse est une classe d'âge. Elle réunit une population non adulte, généralement de moins de 25 ans.Le terme jeunesse peut aussi désigner l'aspect corporel du corps, tout comme l'état des facultés intellectuelles d'une personne.

Pierre Choderlos de Laclos, Traité sur l'éducation des femmes, 1903[modifier]

Des femmes et de leur éducation

[...] le sujet qui existe trop tôt n'existe jamais pleinement. Si surtout il se presse d'user de sa jouissance, s'il s'y livre avec trop peu de ménagement, il n'a bientôt plus qu'une vie languissante et faible ; en vain cherche-t-il des ressources dans des aphrodisiaques, souvent illusoires, et toujours dangereux, il ne fait qu'empirer son mal. Le plaisir s'obstine à le fuir ; si même il le rencontre quelquefois, ce plaisir lui semble imparfait, il n'a plus la force de le goûter ; semblable à ces fruits précoces, que l'art arrache à la nature, il n'a ni qualité ni saveur, ce n'est qu'une apparence vaine : ainsi se venge la nature de l'être imprudent qui ose violer ses lois.


Vladimir Nabokov[modifier]

Avant d'aller en Allemagne, Roudine avait étudié à l'université de Moscou. Un de ses amis nous parle ainsi de leur jeunesse : « Une demi-douzaine de jeunes gens, une seule et unique chandelle de suif [...], le thé le meilleur marché, de vieux biscuits secs [...], mais nos regards flamboient, nos joues sont empourprées, notre cœur bat [...] et nous parlons de Dieu, de la Vérité, de l'Avenir et l'Humanité, de la Poésie – nous disons parfois des sottises, mais qu'importe ! »

  • Littératures (1980), Vladimir Nabokov (trad. Marie-Odile Fortier-Masek), éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2010, partie Littératures II, Ivan Tourguéniev (1818-1883), p. 607


Littérature[modifier]

Critique[modifier]

Charles-Augustin Sainte-Beuve, Portraits Contemporains, 1835[modifier]

Il y avait dans ce jeune talent une connaissance prématurée de la passion humaine, une joute furieuse avec elle. Amour, fléau du monde, exécrable folie, n'avait jamais été étreint plus au vif et, pour ainsi dire, plus au sang. Le poète de dix-neuf ans remuait l'âme dans ses abîmes, il en arrachait la vase impure à une étrange profondeur ; il culbutait du pied le couvercle de la tombe : à lui les femmes en cette vie, et le néant après ! La vieillesse était apostrophée, foulée en maint endroit, secoué par le menton, comme décrépite.

  • Le siècle du progrès — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. Hermann (éditeurs des sciences et des arts), coll. « Collection savoir : lettres », 1992  (ISBN 2-7056-6179-4), partie Alfred de Musset, Février 1835. Portraits contemporains, t. II, p. 102


Poésie[modifier]

Paul Éluard , Capitale de la douleur, 1926[modifier]

L'hiver sur la prairie

J'ai rencontré la jeunesse.
Toute nue aux lis de satin bleu,
Elle riait du présent, mon bel esclave.

  • Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1926), Paul Éluard, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1966  (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Nouveaux poèmes, L'hiver sur la prairie, p. 112


Prose poétique[modifier]

Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927[modifier]

Tu passes rarement sur mon chemin. Je suis à l’âge où l’on commence à regarder ses doigts maigres, et où la jeunesse est si pleine, si réelle qu’elle ne va pas tarder à se flétrir. Tes lèvres font monter les larmes à mes yeux ; tu couches toute nue dans mon cerveau et je n’ose plus dormir.


René Char, Fureur et mystère, 1948[modifier]

Le Requin et la mouette

Quand je dis : j'ai levé la loi, j'ai franchi la morale, j'ai maillé le cœur, ce n'est pas pour me donner raison devant ce pèse-néant dont la rumeur étend sa palme au delà de ma persuasion. Mais rien de ce qui m'a vu vivre et agir jusqu'ici n'est témoin alentour. Mon épaule peut bien sommeiller, ma jeunesse accourir. C'est de cela seul qu'il faut tirer richesse immédiate et opérante.

  • Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1962  (ISBN 2-07-030065-X), partie LE POEME PULVERISE (1945-1947), Le Requin et la mouette, p. 190


Théâtre[modifier]

Corneille, Le Cid, 1637[modifier]

Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées,
La valeur n'attend point le nombre des années.

  • Don Rodrigue au Comte


Roman[modifier]

Marie d'Agoult, Nélida, 1866[modifier]

Il était impossible que l'esprit sérieux, l'âme délicate, le caractère invinciblement porté à la droiture de Nélida ne fussent point froissés par ce qu'il y avait de faux dans cette société devenue la sienne. Mais la jeunesse est lente à se rendre compte de ses impressions et à les transformer en jugement. Il faut une force rare pour s'arracher au joug de la coutume. L'opinion établie semble tout naturellement l'opinion respectable, et les intelligences les plus fermes se défient d'elles-mêmes lorsqu'elles se sentent portées à franchir le cercle tracé par des mots aussi solennels que ceux de religion, de famille, d'honneur : mots trois fois saints, à l'abri desquels le monde a su placer les choses les moins dignes de vénération et de sacrifice. Aussi Nélida, surprise, incertaine, cherchait vainement à mettre d'accord ce qu'elle voyait et ce qu'elle entendait avec la voix intime de sa conscience. Tantôt, elle se sentait attirée par des grâces si nobles qu'elles semblaient presque des vertus ; tantôt elle était repoussée par des hypocrisies grossières ou des maximes d'un égoïsme cynique. Les entretiens des jeunes filles avec lesquelles elle s'était liée n'étaient qu'un commentaire plus libre des conversations du couvent, et les fades galanteries des jeunes gens au bal blessaient sa simple fierté qui n'y trouvait rien à répondre. Un ennui insurmontable la gagnait, son cœur attristé se rouvrait au désir de la vie religieuse.


Conrad, Jeunesse, 1902[modifier]

« Ô jeunesse ! Quelle force, quelle foi, quelle imagination en elle ! Pour moi ce n'était pas une vieille guimbarde trimbalant par le monde un tas de charbon pour toute cargaison — pour moi ce bateau était l'effort, l'épreuve, la pierre de touche de la vie. J'y pense avec plaisir, avec affection, avec regret — comme on pense à un cher disparu. Je ne l'oubierai jamais... Passez-moi la bouteille. »


« Ah ! L'enchantement de la jeunesse ! Ah ! Le feu de la jeunesse, plus éblouissant que les flammes du navire embrasé, et qui jette une lueur magique sur la terre immense et bondit avec audace jusqu'au ciel, et que le temps, plus cruel, plus impitoyable, plus âpre que la mer, aura tôt fait d'éteindre — semblable aux flammes du navire incendié cerné par une nuit impénétrable. »


Colette, Le Blé en herbe, 1923[modifier]

Le bain quotidien, joie silencieuse et complète, rendait à leur âge difficile la paix et l'enfance, toutes deux en péril. Vinca se coucha sur le flot, souffla de l'eau en l'air comme un petit phoque. Le foulard tordu découvrait ses oreilles roses et délicates, que les cheveux abritaient pendant le jour, et des clairières de peau blanche aux tempes qui ne voyaient la lumière qu'à l'heure du bain. Elle sourit à Philippe, et sous le soleil d'onze heures le bleu délicieux de ses prunelles verdit un peu au reflet de la mer. Son ami plongea brusquement, saisit un pied de Vinca et la tira sous la vague. Ils « burent » ensemble, reparurent crachant, soufflant, et riant comme s'ils oubliaient, elle ses quinze ans tourmentés d'amour pour son compagnon d'enfance, lui ses seize ans dominateurs, son dédain de joli garçon et son exigence de propriétaire précoce.


Colette, La Maison de Claudine, 1922[modifier]

Il est un jeune chat, gracieux à toute heure. La boule de papier l’intéresse, l’odeur de la viande le change en dragon rugissant et minuscule, les passereaux volent trop vite pour qu’il puisse les suivre de l’œil, mais il devient cataleptique, derrière la vitre, quand ils picorent sur la fenêtre. Il fait beaucoup de bruit en tétant, parce que ses dents poussent… C’est un petit chat, innocent au milieu d’un drame.

  • La Maison de Claudine (1922), Colette, éd. Imprimerie Moderne de Nantes, coll. « Super-Bibliothèque », 1976  (ISBN 2-261-00093-6), Les Deux Chattes, p. 216


Le propre de la jeunesse[modifier]

C’est le propre de la jeunesse d’être entière. Elle est sans détour!


C'est le propre de la jeunesse de comparer la brise à un tourbillon.

  • Le dernier continent, Edmund Cooper, éd. Bibliothèque Marabout, 1974, p. 167


Jeunesse et société[modifier]

Hécube[modifier]

Hécube : Tout pays est le pays de la jeunesse. Il meurt quand la jeunesse meurt.

  • La Guerre de Troie n'aura pas lieu (1935), Jean Giraudoux, éd. Librairie Générale Française (LGF), coll. « Le Livre de poche », 1972  (ISBN 2-253-00489-8), acte I, scène 6, p. 84


Michel Houellebecq[modifier]

Dans un monde qui ne respecte que la jeunesse, les êtres sont peu à peu dévorés.

  • Les Particules élémentaires (1998), Michel Houellebecq, éd. J'ai lu, coll. « Nouvelle génération », 2006  (ISBN 2-290-35171-7), p. 112


Co-Auteurs Christian Merret-Palmair, Benoît Poelvoorde, Pascal Lebrun[modifier]

C'est toujours la même histoire avec la jeunesse, on leur donne une opportunité une occasion pour briller et ça merde !

  • Jean-Luc Bideau, Les Portes de la gloire (2001), écrit par Christian Merret-Palmair, Benoît Poelvoorde, Pascal Lebrun


La jeunesse... et après[modifier]

La vieillesse aime le peu, et la jeunesse aime le trop.

Il n'y a pas de qualité si plaisante de la jeunesse qui ne puisse, à vieillir, se gâter.


La jeunesse éternelle est impossible, même s'il n'y avait pas d'autre obstacle, l'introspection s'y opposerait.


Poésie[modifier]

Donc, si vous me croyez mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne,
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

  • Les œuvres de Pierre de Ronsard, Pierre de Ronsard, éd. Buon, 1578, t. 2, ode XVII (« À Cassandre »), p. 102 (texte intégral sur Wikisource)


(…)
Hélas que deviendront tant de souris charmants ?
Ce teint brillant, ces bras, ces lèvres et ces dents,
Tout cela n'est-il fait que pour votre famille ?
Je veux vous en montrer un usage plus doux :
Sachez, trop innocente fille,
Que tout cela n'est fait que pour quelqu'un de nous.
(…)
Rennes est, de toutes les villes,
Celle où le dieu d'amour est le plus triomphant ;
Toutes, dès quatorze ans, y font les grandes filles,
Et vous seule après seize y vivez en enfant.
(…)
Vous vous verrez bientôt à l'âge de vingt ans,
Et vous n'aurez plus, en ce temps,
Pas un de vos jours qui n'emporte
Quelque peu de la fleur de vos jeunes beautés ;
Employés ou perdus, n'importe,
Ils ne laisseront pas de vous être comptés.

  • Annales poétiques, ou almanach des muses. Tome XXIV., Mathieu de Montreuil, éd. Mérigot, 1783, p. 16-18


Voir aussi[modifier]

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