Forêt

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Ivan Chichkine

La forêt s'apparente à une grande étendue de terrain couverte d'arbres.

Alexandre Dumas[modifier]

Aucune route n'était tracée dans la forêt ; mais, avec l'instinct du chasseur et la science du marin, il n'eût qu'à jeter un coup d’œil sur la terre et le ciel pour s'orienter à l'instant ; il s'avança donc sans hésitation, comme s'il eût été familier avec ces immenses solitudes ; plus il pénétrait dans la forêt, plus elle prenait un caractère grandiose et sauvage. Peu à peu la voûte feuillée s'épaissit au point que le soleil cessa d'y pénétrer ; les arbres poussaient rapprochés les uns des autres, droits et élancés comme des colonnes supportant un toit impénétrable à la lumière. Le vent lui-même passait sur ce dôme de verdure, mais sans se glisser dans ce séjour des ombres : on eût dit que, depuis la création, toute cette partie de la forêt avait sommeillé dans un crépuscule éternel.
  • Le Capitaine Pamphile (1839), Alexandre Dumas, éd. Gallimard, coll. « Folio Classiques », 2003  (ISBN 978-2-07-042652-2), chap. XII Comment le capitaine Pamphile passa deux nuits fort agitées, l'une sur un arbre, l'autre dans une hutte, p. 165


Jean Giono[modifier]

Du haut d'un tertre ils aperçurent le dessus de la grande forêt qu'ils étaient en train de traverser. Elle était fourrée comme une peau de mouton. Elle couvrait un pays bossu, bleu sombre, sans grand espoir. Les arbres se réjouissaient égoïstement de la pluie proche. Ces vastes étendues végétales qui menaient une vie bien organisée et parfaitement indifférente à tout ce qui n’était pas leur intérêt immédiat étaient aussi effrayantes que le choléra.


Ernst Jünger[modifier]

Voici le bois des contes, avec ses loups mangeurs d'hommes, ses sorcières et ses géants, mais où l'on trouve aussi le bon chasseur, les haies de roses de la Belle au Bois dormant, à l'ombre desquelles le temps suspend son vol.
  • Traité du rebelle (1951), Ernst Jünger (trad. Henri Plard), éd. Christian Bourgois, 1981, p. 75


Aldo Leopold[modifier]

C'est au cœur de l'hiver qu'il m'arrive de glaner auprès de mes pins quelque chose de plus important que la politique des bois ou les nouvelles de la météo. Cela arrive de préférence par quelque soirée lugubre, quand tous les détails superflus sont ensevelis sous la neige et que le silence de la tristesse élémentaire pèse à nouveau sur toute forme de vie. Mes pins se tiennent droits comme des piquets, chacun sous sa charge de neige, en rangées successives ; dans la pénombre derrière eux, je sens la présence des autres par centaines. Dans ces moments-là, je ressens une curieuse transfusion de courage.
  • Almanach d'un comté des sables, Aldo Leopold, éd. Aubier, 1995  (ISBN 2700728475), partie I (« Almanach d'un comté des sables »), p. 118


Henri de Régnier[modifier]

Mais regarde, là-bas, venir sur la prairie
Le Crépuscule lent et l’Automne qui tient
Son sceptre rouge où pend une grappe meurtrie.

L’un et l’autre, à leur tour, te prendront par la main ;
Ils savent les sentiers de la forêt fatale
Où tes pieds saigneront aux ronces du chemin.

  • « La corbeille des heures  », dans Les jeux rustiques et divins, Henri de Régnier, éd. Mercure de France, 1897, p. 215


Friedrich Nietzsche[modifier]

J'aime la forêt. On vit mal dans les villes : il y a trop d'humains en rut.
Ne vaut-il pas mieux tomber aux mains d'un meurtrier que dans les rêves d'une femme en chaleur ?

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. « Les Classiques de Poche », 1972  (ISBN 978-2-253-00675-6), partie I, chap. « De la chasteté », p. 72


Gaston Bachelard[modifier]

Dans la rêverie d'Edgar Poe, pour un rêveur vivant, fidèle à la clairvoyance du rêve, comme Edgar Poe, une des fonctions du végétal est de produire de l'ombre comme la seiche produit de l'encre. A chaque heure de sa vie la forêt doit aider la nuit à noircir le monde.
  • L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière (1942), Gaston Bachelard, éd. Le Livre de Poche, coll. « Biblio Essais », 1993  (ISBN 978-2-253-06100-7), partie IV, chap. II Les eaux profondes — Les eaux dormantes — Les eaux mortes, « L'eau lourde » dans la rêverie d'Edgar Poe, p. 67


Alexandre Najjar[modifier]

La forêt de Cahoonzie ne ressemblait pas tellement à la Kadicha, mais, en y pénétrant, Gibran sentit ses souvenirs d’enfance remonter à la surface comme une épave. Les cascades, les rochers, les conifères, les oiseaux... comment ne pas penser à la Vallée sainte en s’immergeant dans cette oasis de verdure ?
  • Kadicha, Alexandre Najjar, éd. Plon, 2011, p. 217