État

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L’État est une entité gouvernant l’organisation d'un pays, dont la structure est juridique, qui est délimité par des frontières territoriales et constitué d’institutions lui assurant un pouvoir suprême (la souveraineté).

Histoire politique[modifier]

Apocryphe attribuée à Louis XIV[modifier]

L'État, c'est moi.
  • France Under Mazarin, James Breck Perkins, éd. G.P. Putnam's Son, 1886, p. 280


Louis XIV, Sur son lit de mort, 1715[modifier]

Je m’en vais, mais l’État demeurera toujours.
  • Prononcé sur son lit de mort
  • Histoire Des Idees Politiques, Jean Touchard, éd. Presses Universitaires de France, 1959, p. 342


Lénine, L'État et la Révolution, 1917[modifier]

L’État est l'organisation spéciale d’un pouvoir ; c'est l’organisation de la violence destinée à mater une certaine classe
  • Originalement dans L'État et la Révolution
  • Précis historique et théorique de marxisme-léninisme, Jean Roux, éd. Laffont, 1969, p. 347


Médias[modifier]

Presse[modifier]

Frédéric Bastiat, Journal des débats, 1848[modifier]

L’État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.
  • Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, mises en ordre, Frédéric Bastiat, éd. Guillaumin et Cie, 1854, p. 332
  • Journal des débats (1848), Frédéric Bastiat, éd. Guillaumin, 25 septembre 1848, t. 4, p. 330


Phillip Blond, Revue limite, 2015[modifier]

Qui peut croire encore réellement que l'État peut être la solution aux inégalités et délivrera les pauvres de leurs destins. L'État est un mécanisme pour assister les gens, dont les liens sociaux sont détruits par le libéralisme. L'État prend les gens au piège, les coince là où ils sont, créant et institutionnalisant la pauvreté ; les taxant inutilement pour dépenser ensuite l'argent dans des interventions inefficaces. L'État est en train de devenir totalement inefficace. Il devient un agent d'atomisation, de fragmentation, d'isolation.
  • « Phillip Blond, Le clivage entre droite et gauche est complètement obsolète », Eugénie Bastié, Limite, nº 1, Septembre 2015, p. 19


Littérature[modifier]

Écrit intime[modifier]

Jean de Pange, Journal t.I, 1927-1930[modifier]

[...] l'État est peu de chose, notre lien avec lui est toujours révocable, ce qui compte, c'est le clan, le petit groupe d'hommes liés entre eux par des attaches héréditaires et tenant au sol par la même racine nourricière.


Essai[modifier]

Curzio Malaparte, La Technique du coup d'État, 1931[modifier]

Parmi les dangers auxquels est exposé l’État moderne, un des plus graves est la vulnérabilité des Parlements. Tous les Parlements sans exception, sont plus ou moins vulnérables. L’erreur des démocraties parlementaires, c’est leur excessive confiance dans les conquêtes de la liberté, alors que rien n’est plus fragile dans l’Europe moderne. C’est une dangereuse illusion que de croire que le Parlement soit la meilleure défense de l’État contre une tentative bonapartiste, et qu’on puisse défendre la liberté par l’exercice de la liberté même, et par des mesures de police.

  • La Technique du coup d'État (1931), Curzio Malaparte (trad. Juliette Bertrand), éd. Grasset, 1948, p. 147


La nature particulière de l’État moderne, la complexité et la délicatesse de ses fonctions, la gravité des problèmes politiques, économiques et sociaux qu’il est appelé à résoudre, en font le lieu géométrique des faiblesses et des inquiétudes des peuples, augmentant ainsi les difficultés à surmonter pour assurer sa défense. L’État moderne est plus exposé qu’on ne croit au danger révolutionnaire.

  • La Technique du coup d'État (1931), Curzio Malaparte (trad. Juliette Bertrand), éd. Grasset, 1948, p. 225


Philosophie[modifier]

John Stuart Mill, De la liberté, 1859[modifier]

La valeur d'un État, à la longue, c'est la valeur des individus qui le composent ; et un État qui sacrifie les intérêts de leur élévation intellectuelle à un peu plus d'art administratif - ou à l'apparence qu'en donne la pratique - dans le détail des affaires ; un État qui rapetisse les hommes pour en faire des instruments dociles entre ses mains, même en vue de bienfaits, un tel État s'apercevra qu'avec de petits hommes ; rien de grand ne saurait s'accomplir, et que la perfection de la machine à laquelle il a tout sacrifié n'aboutit finalement à rien, faute de cette puissance vitale qu'il lui a plu de proscrire pour faciliter le jeu de la machine.


Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1885[modifier]

L'État, c'est le plus froid des monstres froids. Il est froid même quand il ment ; et voici le mensonge qui s'échappe de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »
  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Geneviève Bianquis), éd. Flammarion, coll. « GF-Flammarion », 1969  (ISBN 2-08-070881-3), partie I, chap. « De la nouvelle idole », p. 87


Des destructeurs sont ceux qui tendent des pièges pour des multitudes et les appellent l'État : ils suspendent au-dessus d'eux un glaive et cent appétits. Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l'État et il le hait comme un mauvais œil et comme un péché contre les coutumes et les droits.
  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. « Les Classiques de Poche », 1972  (ISBN 978-2-253-00675-6), partie I, chap. « De la nouvelle idole », p. 66


Il naît beaucoup trop d'humains : pour ceux qui sont en trop, on a inventé l'État !
Regardez donc comme il les attire, ces trop-nombreux ! Comme il les ingurgite, et mâche et remâche !

  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. « Les Classiques de Poche », 1972  (ISBN 978-2-253-00675-6), partie I, chap. « De la nouvelle idole », p. 66


J'appelle État le lieu où sont tous ceux qui boivent du poison, qu'ils soient bons ou mauvais ; État, l'endroit où ils se perdent tous, les bons et les méchants ; État, le lieu où le lent suicide de tous s'appelle — « la vie ».
  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. « Les Classiques de Poche », 1972  (ISBN 978-2-253-00675-6), partie I, chap. « De la nouvelle idole », p. 67


Là où cesse l'État, c'est là que commence l'homme, celui qui n'est pas superflu : là commence le chant de ce qui est nécessaire, la mélodie unique et irremplaçable.
  • Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. « Les Classiques de Poche », 1972  (ISBN 978-2-253-00675-6), partie I, chap. « De la nouvelle idole », p. 69


Friedrich Engels, La Guerre Civile en France, 1891[modifier]

Mais, en réalité, l'État n'est rien d'autre qu'un appareil pour opprimer une classe par un autre, et cela, tout autant dans la république démocratique que dans la monarchie...


Paul Valéry, La France veut la liberté, 1938[modifier]

Si l'État est fort, il nous écrase ; s'il est faible, nous périssons
  • La France veut la liberté, Paul Valéry, éd. Plon, 1938, p. xxiv


Religion[modifier]

Encyclique[modifier]

Benoît XVI, Deus caritas est, 2005[modifier]

Nous n’avons pas besoin d’un État qui régente et domine tout, mais au contraire d’un État qui reconnaisse et qui soutienne, dans la ligne du principe de subsidiarité, les initiatives qui naissent des différentes forces sociales, et qui associent spontanéité et proximité avec les hommes ayant besoin d’aide.
  • Deus Caritas Est, 28, 25 janvier 2005, Vatican, dans site du Vatican, Benoît XVI.


Sociologie[modifier]

Pierre Bourdieu, Sur l'État, 2012[modifier]

L'État est un des principes de l'ordre public ; et l'ordre public n'est pas simplement la police et l'armée, comme le suggère la définition wéberienne — monopole de la violence physique. L'ordre public repose sur le consentement : le fait que l'on se lève à l'heure, cela suppose qu'on accepte l'heure.


Attention, toutes les phrases qui ont pour sujet l'État sont des phrases théologiques — ce qui ne veut pas dire qu'elles soient fausses dans la mesure où l'État est une entité théologique, c'est-à-dire une entité qui existe par la croyance.


On pourrait dire que l'État [...] renforce un point de vue parmi d'autres sur le monde social, qui est le lieu de lutte de tous les points de vue. Il dit de ce point de vue que c'est le bon point de vue, le point de vue des points de vue, le « géométral de toutes les perpectives ». C'est un effet de divinisation. Et pour cela, il doit faire croire que lui-même n'est pas un point de vue. Pour cela, il est capital qu'il fasse croire qu'il est le point de vue sans point de vue.


Je voudrais rappeler ce que j'avais dit longuement en m'appuyant sur Marx, Durkheim, Weber et quelques autres : j'avais essayé de montrer comment, pour penser l'État moderne, il fallait dépasser l'opposition entre ces trois grandes traditions et leurs prolongements dans la science actuelle, pour penser l'État comme un instrument d'organisation sociale capable de fonder un conformisme logique et un conformisme moral et, du même coup, un consensus, mais en un sens très spécial. J'avais insisté sur le fait que cette intégration logique et morale que produit l'État est la condition même de la domination que l'État peut exercer au service de ceux qui peuvent s'approprier l'État. Il n'y a pas d'alternative entre les deux, les deux étant articulés de manière effectivement complexe.


Max Weber, Le Savant et le Politique, 1919[modifier]

Il faut concevoir l’État contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d’un territoire déterminé […], revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime.
  • (de) Staat ist diejenige menschliche Gemeinschaft, welche innerhalb eines bestimmten Gebietes […] das Monopol legitimer physischer Gewaltsamkeit für sich (mit Erfolg) beansprucht.
  • « Le métier et la vocation de savant », Max Weber (1919), dans Le Savant et le Politique, Max Weber (trad. Julien Freund, Eugène Fleischmann, Éric de Dampierre), éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1963  (ISBN 2-264-00209-3), p. 125


Jacques Guigou, “État-réseau et genèse de l'État“, 2012[modifier]

Dans l’État-réseau d’aujourd’hui, le consen­sus est de type imma­nent, immédiat, mobile, fluide et mul­ti­ple. Les ancien­nes représen­ta­tions de la sta­bi­lité et de la per­ma­nence ten­dent à se résorber dans l’immédiateté des réalités vir­tuel­les. Toujours ins­ta­ble et chao­ti­que, il doit parer sans cesse aux ris­ques de chaos qui le mena­cent : la panne, l’atta­que, le pillage, le blo­cage, etc. •revue Temps critiques n°16 2012, p. 137-147 - éditions de l'impliqué- ISBN 1146-6197 - http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article291

Voir aussi[modifier]

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