Michel Onfray

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Michel Onfray (né le 1er février 1959) est un philosophe français.

Sommaire

[modifier] Cynisme — Portrait du philosophe en chien, 1990

Il n'est d'autre remède aux tyrannies que de cultiver l'énergie des puissances singulières, des monades.

  • Cynisme — Portrait du philosophe en chien, Michel Onfray, éd. Grasset, 1990 (ISBN 2-246-42881-5), p. 26


[modifier] L'Art de jouir — Pour un matérialisme hédoniste, 1991

Mon corps paraissait s'échapper d'une faille pratiquée au rasoir sur ce que je ressentais comme le revers de mon cœur. La béance absorbait ma chair, mon sang et tout ce qui aurait pu se présenter sous forme d'âme.

  • L'Art de jouir. Pour un matérialisme hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, 1991 (ISBN 2-253-94198-0), p. 13


Le néant est souhaitable et paraît doux quand la douleur anéantit toute maîtrise et que le corps est transformé en architecture animale.

  • L'Art de jouir. Pour un matérialisme hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, 1991 (ISBN 2-253-94198-0), p. 15


Le langage, loin de combler l’abîme qui sépare les êtres, creuse la distance, il met en évidence la solitude et l’impossibilité de communiquer.

  • L'Art de jouir. Pour un matérialisme hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, 1991 (ISBN 2-253-94198-0), p. 248


[modifier] Le Désir d'être un volcan — Journal hédoniste I, 1996

Lorsque Barbey d'Aurevilly écrit sur Brummell, c'est pour extraire une théorie de ce qu'après Balzac on pourrait appeler la vie élégante. La plus belle réussite d'un dandy est l'emploi de son temps, et non son argent. Car il méprise l'or dans lequel croupissent les bourgeois. Son chef-d'oeuvre est sa liberté, l'acquisition de sa liberté. Je me souviens d'une belle phrase de Nietzsche qui écrivait qu'un homme qui ne dispose pas des deux tiers de son temps pour son propre usage n'est pas un homme libre.

  • Le Désir d'être un volcan — Journal hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, coll. Le Livre de Poche Biblio Essais, 1996 (ISBN 2-253-94263-4), chap. 9. Baudelaire, encore, p. 76


[modifier] Les Vertus de la foudre — Journal hédoniste II, 1998

Pourquoi faut-il que les hommes soient si peu conscients du fait que, dans quelques secondes ou dans quelques dizaines d'années, ce qui est identique en regard de l'éternité, ils sont tous condamnés à mort et qu'ils devraient vivre en conséquence ?

  • Les Vertus de la foudre. Journal hédoniste II, Michel Onfray, éd. Grasset, 1998 (ISBN 2-253-94291-X), p. 73


[modifier] La Lueur des orages désirés — Journal hédoniste IV, 2007

La philosophie, l'art et la religion existent parce que la mort oblige les hommes à inventer des parades pour ne pas avoir à succomber et à trembler d'effroi devant elle.

  • La Lueur des orages désirés. Journal hédoniste IV, Michel Onfray, éd. Grasset, 2007, p. 13


[modifier] Traité d'athéologie, 2005

Voir le recueil de citations : Traité d'athéologie

[modifier] Contre-histoire de la philosophie I — Les sagesses antiques, 2006

Contraindre un philosophe à rentrer dans une case de l’histoire des idées contribue à le dévitaliser, voire à désamorcer son originalité. La réputation se réduit toujours à la somme des malentendus accumulés sur son compte.

  • Contre-histoire de la philosophie I. Les sagesses antiques, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-64791-6), p. 53


L’hédonisme comporte une partie bien souvent oubliée. L’aspect positif de recherche du plaisir éclipse la plupart du temps son corrélat : l’évitement du déplaisir.

  • Contre-histoire de la philosophie I. Les sagesses antiques, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-64791-6), p. 73


Autrui ne constitue pas la mesure de soi, il s’agit de viser des objectifs plus élevés. Un quidam vaut moins, en termes d’idéal, qu’un objectif haut placé comme la vie bienheureuse.

  • Contre-histoire de la philosophie I. Les sagesses antiques, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-64791-6), p. 75


Très probablement, la joie philosophique consiste à vivre au-dessus des contingences habituelles, à côté des préoccupations du plus grand nombre, dans un autre endroit que sur la scène triviale du quotidien de l’homme de la rue.

  • Contre-histoire de la philosophie I. Les sagesses antiques, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-64791-6), p. 86


L’essentiel consiste à jouir de l’instant, à demander au présent ce qu’il peut donner, et rien d’autre. […] L’hédonisme célèbre l’instant et se défie du passé ou du futur : aller chercher ailleurs que dans cette dimension ponctuelle du temps les occasions de jubiler, voilà une erreur.

  • Contre-histoire de la philosophie I. Les sagesses antiques, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-64791-6), p. 122


La lucidité s’acquiert ainsi : ne pas se contenter de l’apparence, bien souvent trompeuse, récuser les évidences transmises de génération en génération pour préférer le travail philosophique, écarter les opinions, opter pour l’investigation.

  • Contre-histoire de la philosophie I. Les sagesses antiques, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-64791-6), p. 263


Quand le philosophe digne de ce nom travaille, le prêtre recule.

  • Contre-histoire de la philosophie I. Les sagesses antiques, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-64791-6), p. 275


Redescendre le ciel sur terre, voilà l’objectif de tout philosophe hédoniste. Et pour ce faire, la religion campe l’ennemi prioritaire. Les religions plutôt, toutes.

  • Contre-histoire de la philosophie I. Les sagesses antiques, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-64791-6), p. 275


Une vie heureuse, bien remplie, dont on ne regrette rien conduit à la sérénité : le sentiment d’accomplissement vaut tous les sédatifs ; idem si l’on a eu une existence sinistre, déplorable et nulle : on n’a dès lors aucune raison de regretter la fin d’une triste partie. Dans les deux cas, et personne n’échappe à cette alternative – vie réussie ou ratée … -, la mort n’est pas une catastrophe.

  • Contre-histoire de la philosophie I. Les sagesses antiques, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-64791-6), p. 280


[modifier] Contre-histoire de la philosophie II — Le christianisme hédoniste, 2006

Si le royaume des cieux appartient aux pauvres, nul doute qu’au Vatican se compte un nombre considérable de damnés.

  • Contre-histoire de la philosophie II. Le christianisme hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-68901-5), p. 99


Puisque Dieu donne aux hommes la possibilité de vivre dans le plaisir, qu’est-ce qui justifie qu’on y renonce ? Quelle étrange perversion ? Sinon une singulière haine de soi, une pulsion de mort retournée contre sa propre personne …

  • Contre-histoire de la philosophie II. Le christianisme hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-68901-5), p. 131


L’écriture peut-elle viser autre chose qu’une mise au point avec soi, une catharsis, une purification aristotélicienne ? Viscérale, sincère, authentique, la fabrication d’un livre obéit aux lois de la psychologie des profondeurs.

  • Contre-histoire de la philosophie II. Le christianisme hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-68901-5), p. 209


Seule une bonne et belle vie, bien remplie, bien pleine, pas ratée, permet d’aborder sereinement la mort.

  • Contre-histoire de la philosophie II. Le christianisme hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-68901-5), p. 261


Seul penser la mort apprend à vivre ; ce qui se lit aussi à l’envers : seul penser la vie apprend à mourir.

  • Contre-histoire de la philosophie II. Le christianisme hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-68901-5), p. 261


La mesure permet d’éviter la satiété qui engendre le dégoût. Trop avoir, tout avoir ne permet pas une satisfaction simple ni sereine.

  • Contre-histoire de la philosophie II. Le christianisme hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-68901-5), p. 264


Dans notre rapport à l’autre sexe, à notre désir et notre plaisir, nous agissons en chrétiens – même si nous nous croyons athées, agnostiques ou mécréants.

  • Contre-histoire de la philosophie II. Le christianisme hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-68901-5), p. 277


Les bibliothèques ne servent qu’à cela : offrir des occasions de méditer, penser, réfléchir sa vie, son existence.

  • Contre-histoire de la philosophie II. Le christianisme hédoniste, Michel Onfray, éd. Grasset, 2006 (ISBN 2-246-68901-5), p. 288


[modifier] Personnalités politiques

Sarkozy exprime la quintessence des gens de ressentiment : fort avec les faibles, faible avec les forts. D'autant plus impitoyable avec les victimes sans défense. C'est sans risque. Et fermant les yeux avec les autres, les bêtes de proie sans foi ni loi, ceux avec lesquels se conduisent les campagnes présidentielles, se fomentent les réseaux utiles pour parvenir au pouvoir et s'y maintenir. [...] Bientôt fort de son image, et de sa seule image, Sarkozy pourra briguer le fauteuil de monarque républicain. Le seul endroit ou un délinquant peut vivre en toute impunité...

  • La philosophie féroce : Exercices anarchistes, Michel Onfray, éd. Galilée, 2004 (ISBN 2718606134), p. 66


La pensée sarkozyenne ne mériterait guère le détour tant elle est superficielle et mensongère. Mais elle nous mène au chaos. Qu'il lui ait fallu récupérer un concept d'un philosophe de gauche est le signe de la nécessité de trouver une enveloppe humaine à une politique de civilisation visant en vérité à la déshumanisation.

  • « Une politique de régression », Michel Onfray et Patrick Braouezec, Le Monde, mardi 22 janvier 2008, p. 20


Voynet irradie autant qu’un déchet nucléaire du paléolithique.

  • « Le Bal des faux-culs », Michel Onfray, ReSPUBLICA, nº 531, 23 avril 2007, p. 1


[modifier] Divers

Qu’est-ce qu’être de gauche ? C’est croire à un certain nombre de valeurs que sont la solidarité, la fraternité, le partage, la générosité, la communauté, le don, la gratuité… Croire à ces valeurs n’est pas suffisant, il faut aussi les pratiquer quotidiennement dans sa vie, les incarner au jour le jour. La gauche a ses croyants ; je préfère ses pratiquants. Etre de gauche, ça n’est pas voter à gauche (ce serait trop simple…), c’est mener une vie de gauche. La preuve de la gauche n’est donc ni le bulletin de vote, ni l’adhésion à un parti, ni la revendication tonitruante d’une appartenance idéologique, mais la vie de gauche qu’on mène – ou non….


Comme jadis on crut, avec Jean-Paul Sartre, que le marxisme était l'horizon indépassable de l'époque, l'élite ayant pignon sur rue dans les médias psalmodie sans relâche que le libéralisme constitue un même horizon indépassable. C'est faux. Le libéralisme est une idéologie dont l'utopie fait des dégâts considérables avec des victimes et des morts jamais comptabilisés - les suicides, l'alcoolisme, la drogue, la violence, les antidépresseurs, la délinquance, la criminalité en procèdent largement. Cette religion aussi sotte que le marxisme en son temps affirme que, le marché faisant la loi, une régulation naturelle s'ensuit qui, à terme, produit le bonheur et la prospérité de tous. Or, chacun le voit bien, le marché qui fait la loi, c'est la dictature de l'argent et le règne des mafias. Le jardin promis accouche de la jungle et non d'un Versailles entretenu par une main invisible, avatar déiste des libéraux du XVIIIe siècle


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