Mensonge
Le mensonge est l'énoncé d'un fait contraire à la vérité, ou la dissimulation de cette vérité.
[modifier] Cinéma
[modifier] Christopher Walken, True Romance, 1993
Vincenzo Coccotti : Vous savez, les Siciliens sont des menteurs-nés, les meilleurs du monde. Je suis sicilien, mon père était le champion toutes catégories des menteurs siciliens. À ses côtés, j'ai appris tout jeune l'art de la pantomime. Lorsqu'un homme dit un mensonge, il y a dix-sept façons de reconnaître les mimiques qui le trahissent. Les hommes ont dix-sept pantomimes, les femmes en ont vingt, nous dix-sept seulement mais, si on les connaît comme les doigts de sa main, ça vaut tous les détecteurs de mensonge. Alors, entre moi et vous, c'est un jeu de « je montre rien et je dis rien ». Vous voulez rien me montrer et rien me dire du tout mais vous allez tout me dire.
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Christopher Walken, True Romance (1993), écrit par Quentin Tarantino
[modifier] Enseignement
[modifier] Cours de littérature européenne
[modifier] Vladimir Nabokov, Littératures, 1941-1958
Le philistin aime éblouir ; il aime être ébloui, voilà ce qui explique qu'il crée et que se crée autour de lui un monde de mensonge et de tromperie.
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Littératures (1980), Vladimir Nabokov (trad. Marie-Odile Fortier-Masek), éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010, partie Littératures II, p. 894
[modifier] Littérature
[modifier] Écrit intime
[modifier] Anaïs Nin, Henry et June — Les cahiers secrets, 1986
Janvier (1932)
Je ne peux rien avaler en sa présence. Extérieurement, je suis calme, avec cette placidité orientale si trompeuse. Elle boit et elle fume. En un sens, elle est complètement folle, sujette à des peurs et des passions incontrôlées. Sa conversation, essentiellement inconsciente, serait très révélatrice pour un analyste, mais je suis incapable d'analyse. Ce sont surtout des mensonges. Pour elle, tout ce qu'elle imagine devient réalité. Mais que construit-elle avec tant de soin ? Essaie-t-elle de gonfler, de fortifier, de glorifier sa personnalité ? Dans la douce chaleur de mon admiration, elle s'épanouit.
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Henry et June — Les cahiers secrets (1986), Anaïs Nin (trad. Béatrice Commengé), éd. Stock, 2007 (ISBN 978-2-234-05990-0), Janvier (1932), p. 33
[modifier] Prose poétique
[modifier] André Breton/Philippe Soupault, Les Champs Magnétiques, 1919
Une histoire n'a jamais su m'endormir et je trouve un sens à mes petits mensonges d'alors, jolis sorbiers de la forêt.
- Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton.
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« Les Champs Magnétiques partie II Saisons », André Breton/Philippe Soupault, Littérature, nº 9, Novembre 1919, p. 3
[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924
L'un de ceux qui retinrent son attention fut une femme en proie à un amour partagé et sur laquelle le professeur T tentait une dépersonnalisation progressive dont il attendait des résultats prodigieux. C'est ainsi que chaque matin on remettait à cette femme une lettre émanant soi-disant de son bien-aimé et qui était le plus bel échantillon qu'on pût imaginer de toutes les figures de pensée dont le nouvelles variétés, particulièrement vénéneuses, venaient d'être acclimatées. D'un mélange adroit de mensonges insignifiants et de ces fleurs rares, l'expérimentateur attendait un effet si nocif qu'autant dire que le sujet était condamné.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 11, p. 60
[modifier] René Crevel, Le Pont de la mort, 1926
Enfin, les prostituées ont compris que les pieds n'étaient pas faits pour des tortures de velours noir mais pour une nudité de peau à même une nudité de sable. Alors les talons, sur lesquels, depuis des siècles, elles chaviraient, tous les talons se sont brisés, et des fleurs sans semence ont jailli du macadam. Parce que nul mensonge ne pouvait plus être toléré, fût-il celui si mince des semelles de ficelle, les voyous ont jeté plus loin que l'horizon leurs espadrilles.
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« Le Pont de la mort », René Crevel, La Révolution Surréaliste, nº 7, 15 juin 1926, p. 28
[modifier] René Char, Fureur et mystère, 1948
L'absent
Ce frère brutal mais dont la parole était sûre, patient au sacrifice, diamant et sanglier, ingénieux et secourable, se tenait au centre de tous les malentendus tel un arbre de résine dans le froid inalliable. Au bestiaire de mensonges qui le tourmentait de ses gobelins et de ses trombes il opposait son dos perdu dans le temps. Il venait à vous par des sentiers invisibles, favorisait l'audace écarlate, ne vous contrariait pas, savait sourire. Comme l'abeille quitte le verger pour le fruit déjà noir, les femmes soutenaient sans le trahir le paradoxe de ce visage qui n'avait pas des traits d'otage.
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Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), L'absent, p. 39
[modifier] Roman
[modifier] Jean-Jacques Rousseau, Julie ou La nouvelle Héloïse, 1761
Mais au fond, que penses-tu qu'on apprenne dans ces conversations si charmantes ? A juger sainement des choses du monde ? à bien user de la société ? à connaître au moins les gens avec qui l'on vit ? Rien de tout cela, ma Julie. On y apprend à plaider avec art la cause du mensonge, à ébranler à force de philosophie tous les principes de la vertu, à colorer de sophismes subtils ses passions et ses préjugés, et à donner à l'erreur un certain tour à la mode selon les maximes du jour. Il n'est point nécessaire de connaître le caractère des gens, mais seulement leurs intérêts, pour deviner à peu près ce qu'ils diront de chaque chose.
- Concernant le grand monde.
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Julie ou La nouvelle Héloïse (1761), Jean-Jacques Rousseau, éd. Garnier-Flammarion, coll. GF Flammarion, 1967 (ISBN 2-08-070148-7), partie II, Lettre XIV à Julie, p. 164
[modifier] Marie d'Agoult, Nélida, 1866
Avec quel art merveilleux on parvient à maintenir debout cet édifice bâti de préjugés et de mensonges, dont chaque partie est près de tomber de vétusté, et dont l'ensemble pourtant présente encore une masse assez imposante ! Cette société affirme qu'elle est chrétienne ; l'éducation qu'elle donne à la jeunesse destinée de génération en génération à la renouveler est de tous points, assure-t-elle, conforme aux enseignements de l'Evangile. Elle en fait gloire et feint de ne pas s'apercevoir que la parole du Christ est la réprobation sévère de l'esprit qui l'anime ; car le fils du charpentier enseignait le mépris des richesses, la vanité des plaisirs, le néant des grandeurs, et le monde pratique ouvertement l'avide poursuite de tous ces faux biens, le culte aveugle de l'opinion, l'estime immodérée des honneurs et de la fortune. Cette contradiction est à tel point enracinée dans les moeurs qu'elle ne soulève pas une difficulté, pas un doute ; elle est disciplinée et ordonnée à la satisfaction de tous.
- Il est ici question du grand monde.
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Nélida (1866), Marie d'Agoult, éd. Calmann-Lévy, 2010 (ISBN 978-2-7021-4127-4), partie Première partie, chap. V, p. 75
Nulle transaction ne se présentait dans son esprit entre la liberté illimitée et le rigide devoir. Ô saint orgueil des chastetés délicates, tu ne fus pas insulté un moment dans le coeur de cette noble femme. Abriter sous le toit conjugal un sentiment parjure, céder à un amant en continuant d'appartenir à un époux, marcher environnée des hommages que le monde prodigue aux apparences hypocrites, jouir enfin, à l'ombre d'un mensonge, de lâches et furtifs plaisirs, ce sont là les vulgaires sagesses de ces femmes que la nature a faites également impuissantes pour le bien qu'elles reconnaissent et pour le mal qui les séduit ; également incapables de soumission ou de révolte ; aussi dépourvues du courage qui se résigne à porter des chaînes que de la hardiesse qui s'efforce à les briser !
Nélida, on l'a vu, n'était pas faite ainsi.
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Nélida (1866), Marie d'Agoult, éd. Calmann-Lévy, 2010 (ISBN 978-2-7021-4127-4), partie Troisième partie, chap. XV, p. 188
[modifier] Marcel Proust, Albertine disparue, 1927
Le mensonge est essentiel pour l’humanité. Il y joue peut-être un aussi grand rôle que la recherche du plaisir, et d’ailleurs est commandé par cette recherche.
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À la recherche du temps perdu, Marcel Proust, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1989, chap. Albertine disparue, p. 189
Citation choisie citation du jour pour le 10 décembre 2011.
[modifier] Isaac Asimov, Seconde Fondation, 1953
Seul le mensonge qui n'a pas honte de lui-même est susceptible de réussir.
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Seconde Fondation, Isaac Asimov (trad. Pierre Billon), éd. Denoël, 1966 (ISBN 2-207-24913-1), partie II.Arcadia Darell, p. 109 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Citation choisie citation du jour pour le 11 décembre 2011.
[modifier] Dominique de Roux, Le Cinquième Empire, 1977
À ce point de mensonge, ils ne savent plus ce que c'est que le mensonge. L'esprit de négation a aplati en eux toute spiritualité. Il les rabaisse, les matérialise et les enferme dans la mentalité petite-bourgeoise avec ses hiérarchies à rebours.
- À propos des communistes.
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Le Cinquième Empire (1977), Dominique de Roux, éd. Le Rocher, coll. Motifs, 2007 (ISBN 2-268-06229-7), p. 63
[modifier] Isaac Asimov, Fondation foudroyée, 1982
Plus proche on est de la vérité, meilleur est le mensonge, et la vérité elle-même, quand on peut en faire usage, est encore le meilleur des mensonges.
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Fondation foudroyée, Isaac Asimov (trad. Jean Bonnefoy), éd. Denoël, 1983 (ISBN 2-207-24930-1), chap. 12, p. 285 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Citation choisie citation du jour pour le 12 décembre 2011.
[modifier] Orson Scott Card, La Stratégie Ender, 1985
Parfois, il était plus facile de se fier aux mensonges qu'à la vérité.
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La Stratégie Ender, Orson Scott Card (trad. Daniel Lemoine), éd. Librairie Générale Française, 1989 (ISBN 2-253-05004-0), p. 12 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] William S. Burroughs, Ultimes Paroles, 1997
Ce n'est pas la vérité qui blesse, c'est le mensonge éhonté.
- (en) It is not the truth that hurts, it is the outrageous lie.
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Ultimes Paroles, éd. Christan Bourgois éditeur, 1997 (ISBN 978-2-267-01885-1), p. 71 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Psychologie
[modifier] Paul-Claude Racamier, Pensée perverse et décervelage, 1992
De la pensée perverse au désordre de pensée
[La pensée perverse] n’enveloppe rien ni personne. En revanche, à la manière d’une araignée, elle emballe ses proies, dans un filet serré de faux-semblants, de demandes non-dites et de mensonges explicites. Elle n’est faite que pour confondre l’autre. Elle fait effraction de toutes façons, y compris par l’agir et par l’extr’agir, dans le moi de l’autre ou du groupe. Elle contraint, empiète, pénètre, absorbe et dilacère, elle « prend la tête », opérant insidieusement à la façon d’une grenade à fragmentation.
Cette fragmentation, cette démentalisation, à la fois dévalorisante et disqualifiante, atteindra le partenaire obligé : le thérapeute par exemple. Comme elle essaime avec autant de force qu’elle disjoncte et disjoint, elle pourra contaminer des familles, des institutions et des sociétés entières.
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Pensée perverse et décervelage, 1992, De la pensée perverse au désordre de pensée, dans [1], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.
Noyaux pervers
[...] je pense, oui je pense avec force et avec ténacité à la victoire de la vérité qui se libère sur les mensonges qui purulent ; de l’authentique sur le toc ; de la connaissance qui se gagne sur l’imbécillité qui se pavane ; et des charmes de la créativité libidinale sur les miasmes inféconds de la perversité.
Oui, je pense avec ferveur à la qualité de l’esprit.
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Pensée perverse et décervelage, 1992, Noyaux pervers Lever de rideau sur un final, dans [2], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.
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