Science

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La Science (du latin scientia, connaissance) relève historiquement de l'activité philosophique, et fut pendant longtemps un exercice spéculatif visant à élucider les mystères du monde par l'exercice de la raison. À la fin du Moyen Âge, la science s'est progressivement détachée de l'emprise de la théologie et de la philosophie. Au cours de son histoire, elle s'est structurée en disciplines scientifiques : mathématiques, chimie, biologie, physique, mécanique, optique, astronomie, économie, sociologie

Aujourd'hui, la science désigne à la fois une démarche intellectuelle reposant idéalement sur un refus des dogmes et un examen raisonné et méthodique du monde1 et de ses nécessités visant à produire un ensemble de connaissances résistant au temps e aux critiques rationnelles. La science désigne aussi l'ensemble organisé de ces connaissances, souvent structuré en théories et modèles (ex: théorie de l'électromagnétisme en électricité, théorie de l'offre et de la demande en économie, modèle masse-ressort en mécanique rationnelle…).

François Rabelais, Pantagruel[modifier]

Sapience n'entre point en ame malivole, et science sans conscience n'est que ruine de l'ame.

  • « Pantagruel » (1532), dans François Rabelais : tout ce qui existe de ses œuvres, François Rabelais, éd. Garnier, 1884, chap. VIII (« Comment Pantagruel, estant à Paris, receut letres de son pere Gargantua, et la copie d'icelles »), p. 131

Bertolt Brecht, La Vie de Galilée[modifier]

Galilée : Une des causes principales de la misère dans les sciences est qu’elles se croient riches, le plus souvent présomptueusement. Leur but n’est pas d'ouvrir une porte à la sagesse infinie mais de poser une limite à l’erreur infinie.

  • La Vie de Galilée, Bertolt Brecht (trad. Éloi Recoing), éd. L’Arche, 1990 (ISBN 2-85181-248-3), scène 9, p. 90


Galilée : La science ne connaît qu’une loi : la contribution scientifique.

  • La Vie de Galilée, Bertolt Brecht (trad. Éloi Recoing), éd. L’Arche, 1990 (ISBN 2-85181-248-3), scène 14, p. 129


Wilhelm Liebknecht[modifier]

Le style n'est pas seulement l'homme, il est aussi la matière, et il faut qu'il s'adapte à la matière. « There is no royal road to science » : Il n'y a pas de grande route vers la science. Ici, il faut que chacun fasse des efforts pour gravir les cîmes, même s'il a le meilleur guide.

  • Souvenirs sur Marx (1935), Paul Lafargue et Wilhem Liebnknecht, éd. Editions de Sandre, 2005 (ISBN 978-2-914958-84-4), chap. IV, Souvenirs sur Marx (Extraits), p. 38


Paul Lafargue[modifier]

Tout en estimant que toute science doit-être cultivée pour elle-même et que, dans aucune recherche scientifique, on ne doit se soucier de ces conséquences éventuelles, il était cependant d'avis que le savant, s'il ne voulait pas s'abaisser lui-même, ne devait jamais cesser de participer activement à la vie publique et ne devait rester confiné dans son cabinet de travail ou dans son laboratoire, comme un ver dans son fromage, sans jamais se mêler à la vie et aux luttes politiques et sociales de ses contemporains

  • Souvenirs sur Marx (1935), Paul Lafargue et Wilhem Liebnknecht, éd. Editions de Sandre, 2008 (ISBN 978-2-914958-84-4), chap. I, Karl Marx, Souvenirs personnels, p. 4


La science ne doit pas être un plaisir égoïste: ceux qui ont la chance de pouvoir se consacrer aux études scientifiques doivent-être aussi les premiers à mettre leurs connaissances au service de l'humanité

  • Souvenirs sur Marx (1935), Paul Lafargue et Wilhem Liebnknecht, éd. Editions de Sandre, 2008 (ISBN 978-2-914958-84-4), chap. I, Karl Marx, Souvenirs personnels, p. 4


Une science n'était vraiment développée que quand elle pouvait utiliser les mathématiques

  • Souvenirs sur Marx (1935), Paul Lafargue et Wilhem Liebnknecht, éd. Editions de Sandre, 2008 (ISBN 978-2-914958-84-4), chap. I, Karl Marx, Souvenirs personnels, p. 9


Gaston Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique[modifier]

La science de la réalité ne se contente plus du comment phénoménologique ; elle cherche le pourquoi mathématique.

  • La Formation de l'esprit scientifique, Gaston Bachelard, éd. Vrin, 1938, p. 5


Une expérience scientifique est […] alors une expérience qui contredit l'expérience commune.

  • La Formation de l'esprit scientifique, Gaston Bachelard, éd. Vrin, 1938, p. 10


La science est l'esthétique de l'intelligence.

  • La Formation de l'esprit scientifique, Gaston Bachelard, éd. Vrin, 1938, p. 10


La science, dans son besoin d'achèvement comme dans son principe, s'oppose absolument à l'opinion. S'il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l'opinion, c'est pour d'autres raisons que celles qui fondent l'opinion, de sorte que l'opinion a, en droit, toujours tort. L'opinion pense mal, elle ne pense pas , elle traduit des besoins, en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s'interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l'opinion : il faut d'abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en la maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L'esprit scientifique nous interdit d'avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu'on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d'eux-mêmes. C'est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique toute connaissance est une réponse a une question. S'il n'y a pas eu de questions il ne peut pas avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n'est donné. Tout est construit.

  • La Formation de l'esprit scientifique, Gaston Bachelard, éd. Vrin, 1938, p. 14


Ainsi toute culture scientifique doit commencer […] par une catharsis intellectuelle et affective.

  • La Formation de l'esprit scientifique, Gaston Bachelard, éd. Vrin, 1938, p. 18



Guy Debord[modifier]

La domination spectaculaire a fait abattre l’arbre gigantesque de la connaissance scientifique à seule fin de s’y faire tailler une matraque. Pour obéir à cette ultime demande sociale d’une justification manifestement impossible, il vaut mieux ne plus trop savoir penser, mais être au contraire assez bien exercé aux commodités du discours spectaculaire. Et c’est en effet dans cette carrière qu’a lestement trouvé sa plus récente spécialisation, avec beaucoup de bonne volonté, la science prostituée de ces jours méprisables.

  • La Societé du spectacle, Guy Debord, éd. Éditions Gérard Lebovici, coll. Commentaires XIV, 1988, p. 35


François Jacob[modifier]

Mythe et science remplissent une même fonction. Ils délimitent tous deux le champ du possible.

  • Titre du livre, François Jacob, éd. Fayard, 1987, p. 13


Pierre-Gilles de Gennes, Science et Vie Junior n°214[modifier]

Le vrai point d'honneur [d'un scientifique] n'est pas d'être toujours dans le vrai. Il est d'oser, de proposer des idées neuves, et ensuite de les vérifier.


Stephen Jay Gould[modifier]

La science a été longue à prendre en compte des explications de type historique - et les interprétations formulées jusqu'ici ont souffert de cette omission. Elle a aussi tendu à dénigrer l'histoire lorsqu'elle y a été confrontée, considérant toute invocation de la contingence comme moins élégantes basées directement sur des "lois de la nature" intemporelles.

  • La vie est belle (1989), Stephen Jay Gould, éd. Points, 1998 (ISBN 2.02.035239.7), p. 57


Selon le grand géologue Charles Lyell, une hypothèse scientifique, pour être à la fois élégante et passionnante, doit aller à l'encontre du bon sens.

  • Darwin et les grandes énigmes de la vie (1977), Stephen Jay Gould (trad. Daniel Lemoine), éd. Points, coll. Sciences, 1997 (ISBN 978-2.02.006980.9), partie 4, chap. 14, p. 131


Il est certain que la science n'est pas exempte de tout reproche. Nous avons persécuté les dissidents, instauré un catéchisme et essayé d'exercer notre autorité dans le domaine de la morale, où elle ne peut se justifier. Pourtant, sans la science et le rationalisme, maintenus dans leur domaine, jamais les problèmes qui se posent à nous ne pourront être résolus. Mais les Yahoos n'abandonnent jamais.

  • Darwin et les grandes énigmes de la vie (1977), Stephen Jay Gould (trad. Daniel Lemoine), éd. Points, coll. Sciences, 1997 (ISBN 978-2.02.006980.9), partie 5, chap. 17, p. 156


Des faits nouveaux rassemblés dans le cadre d'une nouvelle théorie sont rarement le prélude à une réelle évolution de la pensée. Les faits ne « parlent pas d'eux-même » ; ils sont interprétés à la lumière de la théorie. La pensée créatrice, dans les sciences autant que dans les arts, est le moteur du changement. La science est une activité essentiellement humaine, non l'accumulation mécanique, automatique d'information objectives qui conduirait, grâce aux lois de la logique, à des conclusions inévitables.

  • Darwin et les grandes énigmes de la vie (1977), Stephen Jay Gould (trad. Daniel Lemoine), éd. Points, coll. Sciences, 2001 (ISBN 978-2.02.006980.9), chap. 20, p. 173


Divers[modifier]

La science fabrique de l'idéologie, c'est même son principal déchet (...)

  • « Qu'est-ce que l'ethnopsychiatrie? La réponse inconvenante de Tobie Nathan », Tobie Nathan in L'influence qui guérit, Odile Jacob, 1994, cité par Ludovic Maubreuil, Éléments (revue), nº n°111, décembre 2003, p. 50


new knowledge [of] the objects of investigation comes not through observation and experiment (as happens on the empirical level) but through logical judgments in the framework of a given or newly developed theory (i.e., special groups of concepts and statements united by rules of logic).

  • in Foundations of the logical theory of scientific knowledge (Complex Logic), Alexandre Zinoviev, éd. Reidel Publishing Company, 1973, partie editorial introduction, p. VIII (citation de la partie Logical and Physical implication, p.91 in Problems of the Logic of Scientific Knowledge (1964))


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