Guy Debord

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Guy Debord (28 décembre 1931 - 30 novembre 1994) est un écrivain et cinéaste français.

La Planète malade, 1971[modifier]

Le vieil océan est en lui-même indifférent à la pollution ; mais l'histoire ne l'est pas. Elle ne peut être sauvée que par l'abolition du travail-marchandise. Et jamais la conscience historique n'a eu tant besoin de dominer de toute urgence son monde, car l'ennemi qui est à sa porte n'est plus l'illusion, mais sa mort.

  • La planète malade (1971), Guy Debord, éd. Gallimard, coll. Quarto, 2006, p. 1066


Panégyrique, 1989[modifier]

Toute ma vie, je n'ai vu que des temps troublés, d'extrêmes déchirements dans la société, et d'immenses destructions ; j'ai pris part à ces troubles.

  • Panégyrique (1989), Guy Debord, éd. Gallimard, 1993, p. 11


Il y avait les rues froides et la neige, et le fleuve en crue : "Dans le Mitan du lit – la rivière est profonde." Il y avait les écolières qui avaient fui l’école, avec leurs yeux fiers et leurs douces lèvres ; les fréquentes perquisitions de la police ; le bruit de cataracte du temps. "Jamais plus nous ne boirons si jeunes."

  • Panégyrique (1989), Guy Debord, éd. Gallimard, 1993, p. 38


Après les circonstances que je viens de rappeler, ce qui a sans nul doute marqué ma vie entière, ce fut l'habitude de boire, acquise vite. Les vins, les alcools et les bières ; les moments où certains d'entre eux s'imposaient et les moments où ils revenaient, ont tracé le cours principal et les méandres des journées, des semaines, des années.

  • Panégyrique (1989), Guy Debord, éd. Gallimard, 1993, p. 41


J'ai d'abord aimé, comme tout le monde, l'effet de la lègère ivresse, puis très bientôt j'ai aimé ce qui est au-delà de la violente ivresse, quand on a franchi ce stade : une paix magnifique et terrible, le vrai goût du passage du temps.

  • Panégyrique (1989), Guy Debord, éd. Gallimard, 1993, p. 43


Préface à la 4ème édition italienne de La société du spectacle, 1979[modifier]

Il est juste de reconnaître la difficulté et l’immensité des tâches de la révolution qui veut établir et maintenir une société sans classes. Elle peut assez aisément commencer partout où des assemblées prolétariennes autonomes, ne reconnaissant en dehors d’elles aucune autorité ou propriété de quiconque, plaçant leur volonté au-dessus de toutes les lois et de toutes les spécialisations, aboliront la séparation des individus, l’économie marchande, l’État. Mais elle ne triomphera qu’en s’imposant universellement, sans laisser une parcelle de territoire à aucune forme subsistante de société aliénée. Là, on reverra une Athènes ou une Florence dont personne ne sera rejeté, étendue jusqu’aux extrémités du monde ; et qui, ayant abattu tous ses ennemis, pourra enfin se livrer joyeusement aux véritables divisions et aux affrontements sans fin de la vie historique.

  • La société du spectacle (1967), Guy Debord, éd. Gallimard, coll. Quarto, 2006, p. 1473


In girum imus nocte et consumimur igni, 1978[modifier]

Considérant les grandes forces de l'habitude et de la loi, qui pesaient sans cesse sur nous pour nous disperser, personne n'était sûr d'être encore là quand finirait la semaine ; et là était tout ce que nous aimerions jamais. Le temps brûlait plus fort qu'ailleurs, et manquerait. On sentait trembler la terre.

  • In girum imus nocte et consumimur igni (1978), Guy Debord, éd. Gallimard, 1999, p. 34


La Société du spectacle, 1967[modifier]

Le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images.

  • La Société du spectacle (1967), Guy Debord, éd. Gallimard, coll. Quarto, 2006, p. 767 (thèse 4)


Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux.

  • La Société du spectacle (1967), Guy Debord, éd. Gallimard, coll. Quarto, 2006, p. 768 (thèse 9)


Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n'exprime finalement que son désir de dormir.

  • La Société du spectacle (1967), Guy Debord, éd. Gallimard, coll. Quarto, 2006, p. 771 (thèse 21)


Ce qui a affirmé avec la plus parfaite impudence sa propre excellence définitive change pourtant, dans le spectacle diffus mais aussi dans le spectacle concentré, et c'est le système seul qui doit continuer : Staline comme la marchandise démodée sont dénoncés par ceux-là mêmes qui les ont imposés.

  • La Société du spectacle (1967), Guy Debord, éd. Gallimard, coll. Quarto, 2006, p. inconnue (thèse 70)


Etalée partout, la bureaucratie doit être la classe invisible pour la conscience, de sorte que c'est toute la vie sociale qui devient démente

  • La Société du spectacle (1967), Guy Debord, éd. Gallimard, coll. Quarto, 2006, p. inconnue (thèse 106)


Commentaires sur la société du spectacle, 1988[modifier]

Surveillants et surveillés fuient sur un océan sans bords

  • Commentaires sur la société du spectacle (1988), Guy Debord, éd. Gallimard, coll. Quarto, 2006, p. inconnue, thèse XXVIII


« Cette mauvaise réputation... », 1993[modifier]

Partout la spéculation est, pour finir, devenue la part souveraine de toute la propriété. Elle s'autogouverne plus ou moins, selon les prépondérances locales, autour des Bourses, ou des États, ou des Mafias : tous se fédérant dans une sorte de démocratie des élites de la spéculation. Le reste est misère. Partout l'excès du simulacre a explosé comme Tchernobyl, et partout la mort s'est répandue aussi vite et massivement que le désordre. Plus rien ne marche et plus rien n'est cru.

  • « Cette mauvaise réputation... » (1993), Guy Debord, éd. Gallimard, 1993, p. 107


Panégyrique tome second, 1997[modifier]

Les tromperies dominantes de l'époque sont en passe de faire oublier que la vérité peut se voir aussi dans les images.

  • « Panégyrique tome second » (1997), Guy Debord, éd. Librairie Arthème Fayard, 1997, p. 9


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